( 954961 )Faut-il célébrer Vatican II (le club des hommes en noir) par Jean-Paul PARFU (2022-10-28 21:20:33)
Autour de Philippe Maxence sont réunis Laurent Dandrieu, Guillaume de Thieulloy, les abbés Célier, de Tanoüarn et Danziec
( 954980 )Subvertir ou transmettre, il faut bien choisir, or ils ont mal choisi par Scrutator Sapientiæ (2022-10-29 10:35:58)
[en réponse à 954961]
Bonjour Jean-Paul PARFU,
Les experts, les pères et les papes du Concile ont eu le choix entre la subversion, sous couvert de rénovation, et la transmission, qui aurait très bien pu ne pas être une pure et simple répétition du Magistère de Pie XI et de Pie XII, comme Jean-Paul II l'a prouvé dans ses trois grandes encycliques "anthropologiques" des années 1990.
Entre la subversion et la transmission, il fallait donc bien choisir, or les théologiens, les évêques, les cardinaux et les papes du Concile ont mal choisi, et ils l'ont fait dès la première semaine de la première session.
Compte tenu de ce mauvais choix initial, c'est la moindre des choses que, par la suite, ils n'aient pas assez accordé une autorité régulatrice ad intra à certains textes : DV, LG, SC, et aient beaucoup trop accordé une autorité libératrice ad extra à d'autres textes : DH, NA, UR.
Quant à la réception post-conciliaire de GS, le moins que l'on puisse dire est qu'elle a pâti de la réception de Populorum progressio de Paul VI, publiée en 1967, notamment et surtout en Amérique du sud.
Bonne journée.
Scrutator.
( 954981 )Vatican II a été bien puni par la dynamique de dépassement portée par lui par Scrutator Sapientiæ (2022-10-29 11:13:51)
[en réponse à 954961]
Rebonjour,
Force est de constater que Vatican II a été bien puni par la dynamique de dépassement, du dépassement du Magistère pontifical et de la théologie officielle antérieurs à son annonce par Jean XXIII, qui a été portée voire prônée par ce Concile.
Or, dans cet ordre d'idées, on ne parle presque jamais du fait que, dès la fin des années 1960, chez les Dominicains et chez les Jésuites, un "nouvel âge de la théologie" et une nouvelle génération de théologiens ont commencé à se déployer dans le dépassement de la composante de la théologie neo-moderniste qui a inspiré, entre autres, Balthasar, Daniélou, de Lubac, Ratzinger, Wojtyla.
En d'autres termes, au sein du paysage intellectuel catholique, la "ringardisation" de la composante la moins imprudente, la moins infidèle ou la moins innovante de la théologie neo-moderniste qui a inspiré le Concile, a commencé à se produire juste après sa clôture, ce qui a grandement contribué à l'absence de réception, ultérieure, des enseignements les plus éclairants et exigeants de Paul VI puis de Jean-Paul II.
C'est l'une des raisons pour lesquelles, depuis lors, toute tentative de recentrage conciliaire conservateur qui mettrait l'accent sur une lecture prudemment rénovatrice de AG, DV, LG, SC, au préjudice de la lecture ardemment transformatrice de DH, NA, GS, UR, serait fréquemment dépourvue de relais intellectuels influents, chez les Dominicains et chez les Jésuites.
Bonne journée.
Scrutator.
( 955004 )Analyse très intéressante par Roger (2022-10-29 15:19:49)
[en réponse à 954981]
Cher Scrutator
Je vous en remercie
( 955022 )Concile ouvrier ou bourgeois ? par Roger (2022-10-29 20:57:59)
[en réponse à 954961]
J ai noté une divergence inattendue u sujet des forces sociales en jeu à l arrière plan du Concile
S agissait il pour l Église d attirer à elle la classe ouvrière ? Thèse de l'abbé de Tanouarn
Ou d ube manœuvre du capitalisme bourgeois pour imposer la modernité libéral aux catholiques ? Thèse de Guillaume de Thieulloy.
( 955032 )Le Concile n'est pas marxiste, mais l'après-Concile a été marxisant par Scrutator Sapientiæ (2022-10-30 10:15:36)
[en réponse à 955022]
Bonjour Roger,
Je crois que vous attribuez à chacun des deux intervenants que vous citez la position qui est en fait celle de son vis-à-vis, mais en un sens peu importe.
Le Concile n'est pas marxiste, il suffit de relire Gaudium et spes pour en prendre la mesure, mais libéral, en anthropologie comme en politologie.
C'est l'après-Concile qui a été marxisant, ce qui pose le problème ou la question du dévoiement de la réception du Concile, dans un contexte idéologique et géopolitique qui y a été pleinement propice, car il a été marqué par la bi-polarisation entre le nord et le sud et par celle entre l'ouest et l'est.
En fait, quand vous lisez Gaudium et spes, surtout la deuxième partie, vous vous rendez compte du fait que l'exercice de style s'apparente à une tentative de sécularisation interne du regard et du discours qui consiste, d'une part, à s'inspirer de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, et qui consiste, d'autre part, à aller plus loin que Jean XXIII dans Mater et Magistra et surtout dans Pacem in terris.
Avec le recul, et à la lumiere de la lecture du Journal du Concile d'Henri Fesquet, on ne qu'être stupéfait que des hommes d'Eglise aient été littéralement en admiration devant leurs propres audaces, bienveillantes jusqu'à la complaisance ad extra, alors que le regard et le discours "humanistes" de bon nombre d'entre eux ne sont pas particulièrement caractérisés par des considérations surnaturelles et théologales...
Bon dimanche.
Scrutator.
( 955079 )L'adhésion au Concile est devenue plus ringarde que sa critique par Scrutator Sapientiæ (2022-10-31 13:10:57)
[en réponse à 954961]
Bonjour Jean-Paul PARFU,
Notamment grâce à internet, l'adhésion au Concile, en tant qu'événement synonyme d'avenement iréniste et utopiste d'une double dynamique, d'adunation ad extra et de libération ad intra, est devenue plus ringarde que sa critique, notamment prorata temporis ou ratione temporis, et personne, pas même le pape François, n'y peut rien.
En particulier, l'adhésion "mémorielle" au Concile en tant qu'événement instaurateur est synonyme d'adhésion à une demi-décennie qui a souvent été placée sous le signe de l'enthousiasme auto-entretenu, davantage chez les théologiens que chez les évêques, à un point tel que l'on a aujourd'hui plus de mal à l'imaginer qu'à le désapprouver.
Sous un autre angle, force est de constater que la poursuite de l'imposition aux fidèles de l'adhésion au Concile semble vraiment de plus en plus réductible à un enjeu de pouvoir, ou à un objet brandi par ceux qui ont le pouvoir, comme s'ils brandissaient des fourches caudines sous lesquelles les fidèles peuvent et doivent "cheminer ensemble", bien que le cheminement bergoglien, périphériste et synodaliste, s'éloigne parfois, d'une manière aussi impressionnante que préoccupante, de ce que l'on trouve dans les documents du Concile et dans l'interprétation, non périphériste en anthropologie ni synodaliste en ecclésiologie, qui en a été faite par ses prédécesseurs.