Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 954594 )Benoît XVI: ''La puissance positive du Concile émerge lentement'' par Chicoutimi (2022-10-22 18:33:05) 

Une vision plutôt étrange. Je pensais que nous étions passé de l'enthousiasme d'un Concile au désenchantement en y voyant ses fruits. Mais il semble que, pour Benoît XVI, c'est le contraire: nous serions passé du doute à la prise de conscience que ce Concile était significatif et nécessaire.

Un article de Vatican News:

Benoît XVI: beaucoup de doutes jadis sur le Concile, mais il s'est avéré nécessaire

22/10/2022

''Dans une lettre au président de l'Université franciscaine de Steubenville (Ohio, États-Unis), qui organise un symposium international sur l'ecclésiologie de Ratzinger, Benoît XVI explique comment «Vatican II a d'abord menacé de perturber et d'ébranler l'Église plus que de lui donner une nouvelle clarté pour sa mission». «Sa puissance positive émerge lentement», relève le Pape émérite de 95 ans.

Le doute, l'étonnement et surtout la crainte que le Concile ne «dérange et n'ébranle» l'Église dans ses fondements. Au contraire, Vatican II s'est avéré être non seulement «significatif» mais aussi «nécessaire». Dans l'un de ses désormais rares discours publics, le Pape émérite Benoît XVI revient 60 ans en arrière, sur l'annonce de Jean XXIII qui avait stupéfié les cardinaux réunis dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. (...)

«Une puissance positive» du Concile

«Pour la première fois, écrit encore le Pape émérite, la question d'une théologie des religions s'était montrée dans sa radicalité. Il en va de même pour la relation entre la foi et le monde de la "simple raison"». Des thèmes qui, tous deux, «n'avaient jamais été envisagés de cette manière»: ceci explique, note le Pape émérite bavarois, «pourquoi le Concile Vatican II, au début, menaçait davantage de perturber et d'ébranler l'Église que de lui donner une nouvelle clarté pour sa mission».

Entre-temps, ajoute-t-il dans la lettre, la nécessité de reformuler la question de la nature et de la mission de l'Église est devenue progressivement évidente. De cette façon, «la puissance positive du Concile émerge aussi lentement».

(...)

La juste compréhension de l'Église et du monde

«Lors de Vatican II, la question de l'Église dans le monde est finalement devenue le véritable problème central», affirme le Pape émérite dans les dernières lignes de sa lettre. (...)''

Pour lire en entier, c'est ICI.
images/icones/1i.gif  ( 954599 )Au fond, rien de nouveau !... par vistemboir2 (2022-10-22 19:26:57) 
[en réponse à 954594]

Benoît XVI a toujours été "conciliariste", même s'il a su ménager les traditionalistes pour établir une certaine paix dans l'Église post-conciliaire... De plus, Benoît XVI ne veut pas de confrontation avec son successeur, c'est son côté iréniste, dirons-nous...

Tél n'est pas le cas de Francois, qui veut démolir la Tradition (en ostracisant au passage les traditionalistes) sous le fallacieux prétexte de rétablir l'unité dans l'Église latine. Il fait semblant d'oublier simplement que l'Église catholique ne se réduit pas à l'Église latine et que la multiplicité des rites orientaux n'a jamais nui à son unité.
images/icones/fleche2.gif  ( 954604 )Benoît XVI a toujours par jejomau (2022-10-22 20:18:06) 
[en réponse à 954594]

fait la différence entre "l'esprit du Concile" et le Concile. Il l'a écrit. Et, pour aller plus loin, a théorisé l'herméneutique de la continuité qui permettait l'osmose entre les conciliaires et les traditionnalistes.

C'est son successeur qui rompt avec ce que permet le Concile en mettant en œuvre une herméneutique de la rupture pour orienter Vatican II dans une voie nouvelle en même temps que très ancienne, celle des années soixante... celle des modernistes
images/icones/fleche2.gif  ( 954620 )Non, il s'agit de l'herméneutique du renouveau dans la continuité par Scrutator Sapientiæ (2022-10-23 19:10:24) 
[en réponse à 954604]

Bonsoir jejomau,

D'une part, Joseph Ratzinger / Benoît XVI a distingué entre le véritable esprit du Concile et l'anti-esprit du Concile ou le faux esprit du Concile, notamment dans les Entretiens sur la foi.

D'autre part, l'herméneutique "bénédictine" n'est pas une herméneutique de la continuité, mais est une herméneutique du renouveau dans la continuité, ce qui n'est pas du tout la même chose.

Enfin, j'en suis désolé mais nul ne peut exclure que, au sortir de trois décennies de tentative de conciliation conciliaire conservatrice entre la rénovation ad intra et l'ouverture ad extra, nous ne soyons en présence d'un pontificat placé sous le double signe de la transformation ad intra et de l'alignement ad extra, non en dépit mais en raison de ce que le Concile, en tant qu'événement et non en tant qu'enseignement, a commencé à permettre dès l'année 1965-1966.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 954726 )Un Concile problématique à plusieurs titres est-il fécond ? par Scrutator Sapientiæ (2022-10-25 08:04:08) 
[en réponse à 954594]

Bonjour Chicoutimi,

Par quel miracle un tel Concile, dont la conception initiale, le décalage entre la préparation officielle et la préparation effective, le décalage entre le déroulement officiel et le déroulement effectif, le contenu doctrinal, et le décalage entre la réception officielle et la réception effective ont, tous, un caractère problématique, et suscitent tous plus de questions qu'ils n'apportent de réponses, peut-il être générateur et synonyme de fécondité, de fidélité, de fondamentaux, de sérénité, de solidité et de stabilité ?

Par ailleurs, il a souvent été question d'un Concile Vatican II essentiellement positif, en ce qu'il est dépourvu de condamnations, et en ce qu'il est ouvertement positif, au bénéfice des confessions chrétiennes non catholiques, des religions non chrétiennes, de la conception philosophiquement libérale de l'homme et du monde, etc.

Mais qui ne voit que, dans les faits, ou plutôt dans les conceptions et dans les conduites effectives, l'après-Concile se manifeste vraiment souvent comme un phénomène essentiellement négatif, en ce qu'il est fréquemment non seulement anti-controversiste et anti-exclusiviste, mais aussi anti-organiciste et anti-substantialiste, et surtout anti-traditionnel ou, en tout cas, anti-tridentiniste ?

Enfin, un " père" tel que Joseph Ratzinger / Benoît XVI accepterait-il de reconnaître, même discrètement et tardivement, quelques vérités plus ou moins cruelles sur son "fils", le Concile, qu'il persiste à aimer ?

Bonne journée.

Scrutator.