Le Forum Catholique
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( 954556 )
Jeûne eucharistique et messe de Minuit par Halbie (2022-10-22 12:06:43)
Communier à la messe de Minuit impliquait-il de ne rien manger le 24 avant Pie XII ? Les fidèles communiaient plutôt à la messe du matin ?

( 954563 )
Au contraire ! par jl dAndré (2022-10-22 12:57:47)
[en réponse à 954556]
La messe de minuit étant le 25 décembre, la règle du jeune eucharistique n'imposait d'être à jeun que depuis minuit le même jour. Il en résultait qu'on pouvait manger jusqu'au 24 décembre 23h59 !
Je n'étais qu'un petit garçon à l'époque, mais je me souviens fort bien que nous profitions allègrement de cette possibilité qui n'avait lieu que deux fois par an (la messe de la nuit de pâques étant aussi à minuit).

( 954565 )
Moui ... par Meneau (2022-10-22 13:10:15)
[en réponse à 954563]
Je pense que nos ancêtre étaient plus chrétiens que cela et s'attachaient plus à faire une bonne communion à Noël qu'à savoir quand ils allaient pouvoir faire ripaille en composant avec les règles du jeûne. On se souvient du curé de Daudet qui se dépêche de dire ses trois messes avant de rompre le jeûne.
Donc ils ne faisaient pas bombance avant la communion à la Messe de minuit. Selon le CIC 1917 (canon 1252, § 2) et jusqu'en 1959, la Vigile de Noël était d'ailleurs jour de jeûne et d'abstinence.
Cordialement
Meneau
- qui réveillonne volontiers le 24 au soir ...

( 954567 )
S'empiffrer par Lenormand (2022-10-22 13:29:53)
[en réponse à 954563]
avant la messe quelle indélicatesse !!!
A cette époque les enfants avaient le droit à une collation à l'heure du repas du soir vers 19 h 00, et certains parents emmenaient des morceaux de sucre pour que les enfants tiennent le coup. Les adultes eux faisaient ceinture bien entendu. Les plus petits s'endormaient pendant la messe et certains adultes aussi.... le 24 n'étant pas forcement chômé. il me semble que de toutes façons le jeûne n'est pas pour les petits.
Et puis le joie est bien moindre lorsque l'on a déjà mangé avant la naissance du Sauveur.
Les cadeaux étaient bien offerts après le messe de minuit, non ? Et au réveil le lendemain-matin pour les tout-petits.

( 954579 )
Cadeaux par Lycobates (2022-10-22 16:29:42)
[en réponse à 954567]
Les cadeaux étaient bien offerts après le messe de minuit, non ?
Oh oui, quel souvenir !
On ouvrit les cadeaux, qui se trouvaient depuis la veille sous l'arbre de Noël, à côté de la crèche (on a toujours eu les deux, depuis le XIXe s.), après le retour de la messe de minuit (vers 1 heures 30, ou plus tard si on avait eu droit au trois messes de Noël de suite) avant de prendre le petit déjeuner, bien opulent, et bien mérité après quelques 8 ou 9 heures de jeûne.
Le grand repas familial de Noël, du gibier traditionnellement, c'est le 25 à partir de 14 heures.

( 954578 )
Traditionnellement ... par Lycobates (2022-10-22 16:17:38)
[en réponse à 954556]
la sainte communion n'est
jamais distribuée pendant le messe de minuit à Noël, seulement à la messe de l'aurore et éventuellement à la messe du jour.
Traditionnellement, c'est-à-dire jusqu'après la première guerre mondiale.
Ce n'est que Saint-Pie X qui le premier élargit cet indulte (car c'en est un), octroyé avant à quelques communautés de moniales en Espagne (Urgel) et en Autriche (Gorizia/Görz) depuis le XVII/XVIIIe s. (voir Decr. auth. 3254 et 2267 de la Congrégation des Rites).
Pour la communion des fidèles après cette date (j'ai posé la question à ma mère -première communion en 1938-, qui se souvient parfois bien mieux de ce qui se passait avant la guerre que ce que j'ai pu lui dire il y a quelques jours) la règle était : jeûne eucharistique (donc jeûne absolu, pas de nourriture, pas de boisson, même pas l'eau, avant 1953) à partir de 18 heures, pour qui voulait communier à la messe de minuit, et cela fut bien, autant que j'ai pu voir ailleurs, le règle générale.
Je me souviens bien que ma grand-mère, quand elle était là, veillait à ce que nous, enfants, n'entrâmes point à la cuisine après six heures pour y grignoter quelque chose.
Il n'y avait pas de repas du soir, bien entendu, on attendait le petit déjeuner (qui était, de fait, plutôt un grand déjeuner, servi après la messe de minuit)
La vigile de Noël est par ailleurs un jour de jeûne et d'abstinence, nous l'avons toujours observé en famille.
On en parlait
ICI et dans les posts qui suivent ce message.

( 954581 )
Donc jeûne de 6h par Halbie (2022-10-22 17:00:24)
[en réponse à 954578]
Il me semble que j'étais tombé sur une autorisation de ce type accordée par Léon XIII aux pèlerins de Lourdes mais je ne sais plus dans quel cadre...
Il y avait-il d'autres messes où on ne distribuait pas la communion, outre celle des présanctifiés ?

( 954582 )
Celles des obsèques par Alexandre (2022-10-22 17:02:30)
[en réponse à 954581]
... a écrit quelque part Lycobates !

( 954584 )
Messes sans communion des fidèles par Lycobates (2022-10-22 17:23:45)
[en réponse à 954581]
Il y avait-il d'autres messes où on ne distribuait pas la communion, outre celle des présanctifiés ?
En général (en tout cas jusqu'au pontificat de Pie XI +1939, le dernier pontificat "normal" ou "traditionnel", la guerre ayant bousculé à jamais pas mal de traditions et de coutumes, les pastoraux aidant), la distribution de la communion était réservée aux messes basses matinales, alors que pendant les grands-messes à grande affluence et les messes tardives la communion n'était en général pas distribuée (ou si elle l'était, après la messe, pour un groupe restreint, et pour ne pas prolonger la célébration outre-mesure)
(Jusqu'en 1953 il n'y avait pas de messes du soir, et l'on pouvait commencer la célébration de la messe jusqu'à 13 heures, pas au-delà, exceptés quelques privilèges de réguliers (capucins notamment, depuis 1578) qui pouvaient entamer leurs dernières messes du jour à 14 heures, mais cela ne posait pas un grand problème ce type de religieux jeûnant en permanence jusqu'au soir, voir P. Paulin van Gemert,
Promptuarium rubricarum ac caeremoniarum, 1935, n. 163)
Pendant les messes de requiem, notamment des funérailles, la communion n'est pas distribuée non plus, sans prendre en compte l'heure de la célébration, selon l'
usus Romanus.

( 954588 )
Quid du célébrant ? par Halbie (2022-10-22 17:43:50)
[en réponse à 954584]
Communiait-il à ces messes ?

( 954590 )
Bien sûr par Lycobates (2022-10-22 18:09:54)
[en réponse à 954588]
Communiait-il à ces messes ?
Bien sûr, et en restant à jeun.
Lorsque, chez nous, pendant les visites amicales de la Royal Air Force en 1944 et 1945 les messes devaient souvent être interrompues à l'improviste (même un sacre épiscopal dans une cathédrale allemande dut être interrompu temporairement), un indult du Pontife régnant permettait de les reprendre plus tard dans la journée, notamment le soir, le danger passé.
La communion n'était jamais distribuée dans ces messes, et le célébrant jeûnait jusqu'à ce qu'il pût les achever.
Cet indult, des messes du soir, fut élargi en 1953 à l'Église universelle, mais sans que la discipline apostolique (aux dires même du Pape) du jeûne eucharistique ne fût pleinement respectée.

( 954595 )
..... par Alexandre (2022-10-22 18:44:24)
[en réponse à 954588]
C'est curieux, comme question.
Le célébrant d'une messe communie TOUJOURS.

( 954597 )
Je me demandais justement si c'était une règle absolue par Halbie (2022-10-22 19:11:07)
[en réponse à 954595]
Par rapport au jeûne.

( 954598 )
Oui c'en est une par Meneau (2022-10-22 19:17:54)
[en réponse à 954597]
La communion du prêtre est nécessaire à la consommation (dans tous les sens du terme) du Sacrifice.
Cordialement
Meneau

( 954623 )
Vous faites bien de poser la question par Nemo (2022-10-23 20:40:00)
[en réponse à 954597]
Il y a des rubriques complexes que je ne vais pas expliquer ici car on rentrerait trop dans le détail, surtout si regarde les variations de disciplines et indults accordés en fonction des circonstances et des époques pour les prêtres qui célèbrent plusieurs messes à la suite, que ce soit à Noël, au jour des morts, quand ils binent.
En effet les ablutions ne doivent pas rompre le jeûne eucharistique. Dans le cas des binages par exemple on doit considérer si le prêtre bine dans une seule église ou s'il se déplace entre temps...
Aujourd'hui ces points qui furent respectés de façon très stricte jusqu'au concile de funeste mémoire sont ignorés de la plupart des prêtres et évêques.

( 954642 )
Entre les jeûnes et le poids relatif de l'office par Halbie (2022-10-24 10:31:46)
[en réponse à 954623]
Les prêtres avaient un mode de vie monacal.
J'imagine que Noël et le jour des morts devaient être particulièrement difficiles à tenir.

( 954646 )
En effet l ascèse par Roger (2022-10-24 10:40:34)
[en réponse à 954642]
Était une réalité profonde dans le quotidien des prêtres...

( 957939 )
Nouvel élément intéressant par Halbie (2022-12-26 14:14:03)
[en réponse à 954588]
Voici ce que dit Rubricarius au sujet de Noël :
"After Communion at the first Mass, when the celebrant is to celebrate one or two of the other Masses the abultions are not taken - so the fast is not broken - but the unpurified chalice is placed on the corporal and covered with the purifictor, pall and veil. Albutions are taken after the last Mass."
https://ordorecitandi.blogspot.com/2022/12/the-nativity-of-lord.html?m=1

( 957962 )
pas tellement nouveau par Lycobates (2022-12-27 00:35:42)
[en réponse à 957939]
C'est la rubrique classique du missel romain :
p. ex. ICI
¶ In prima et secunda Missa, si Sacerdos aliam Missam sit celebraturus, sumpto divino Sanguine, non purificat neque abstergit Calicem, sed eum ponit super Corporale, et Palla tegit; dein, junctis manibus, dicit in medio Altaris : Quod ore súmpsimus, etc., et subinde in vase cum aqua parato digitos abluit, dicens : Corpus tuum, Dómine, etc., et abstergit [seulement les doigts, pas le Calice, ni la bouche]. Hisce peractis, Calicem super Corporale adhuc manentem, deducta Palla, iterum disponit et cooperit, uti mos est, scilicet primum Purificatorio linteo [sans le presser à l'intérieur du Calice], deinde Patena cum Hostia consecranda et Palla, ac demum Velo.
Rubrique reprise au XXe s., lors de la généralisation des trois messes des défunts le 2 novembre, dans le missel à ce jour (édition typique de 1920).
Le Calice n'est donc purifié qu'après la dernière messe, et c'est à ce moment là que l'ablution est consommée.
Le prêtre purifie évidemment ses doigts après chaque communion, dans de l'eau seulement, pas avec du vin, et sans la consommer, sinon après la dernière messe (les ablutions des deux ou trois messes).
Cette rubrique est observée si les deux ou trois messes se célèbrent de façon continue au même autel. Le Calice reste toujours sur le corporal.
Si les trois messes sont célébrées avec un certain délai mais toujours dans la même église, le Calice reste sur l'autel (si un autre prêtre ne doit pas y célébrer), ou est inclu dans le tabernacle (sans le voile). On peut aussi le remettre dans la sacristie dans un lieu fermé (on le pose sur une pale inversée).
Si les messes sont célébrées dans des églises diverses, on y transporte le Calice non purifié pour le réutiliser. Si ce n'est pas possible de transporter le Calice, le célébrant doit purifier le Calice avec de l'eau après avoir terminé la messe (après le dernier évangile). Cette eau est versée dans un vase et est laissée à la sacristie pour sècher (on peut aussi absorber l'eau avec du coton et le brûler, ou garder l'eau jusqu'au jour suivant pour l'ablution et la consommer si le même célébrant y retourne pour célébrer la messe).
(Instruction de la SCR du 12.9.1857).

( 957963 )
Nouveau pour moi par Halbie (2022-12-27 00:53:38)
[en réponse à 957962]
Je précise

( 954618 )
Et les messes de mariage par Halbie (2022-10-23 17:49:17)
[en réponse à 954584]
(sans Gloria !) avaient lieu le matin ?

( 954637 )
Oui par Alexandre (2022-10-24 10:06:25)
[en réponse à 954618]
Les messes de mariage, comme les autres, étaient célébrées le matin. Mes parents se sont mariés à Paris en octobre 1966 et "comme tout le monde" le matin... du moins, comme tous ceux qui voulaient une messe, car j'imagine que lorsqu'il y avait six ou sept mariages un samedi, dans une église de quartier, comme en témoignent des registres que j'ai pu consulter, tous n'avaient pas la messe "Pro Sponsis". (Notez que ce n'était pas aussi commode que la pratique courante d'aujourd'hui, car il y avait d'abord le déjeuner - familial au sens large dans le cas de mes parents -, puis le dîner et la soirée ouverts à de nombreux invités.)
Quant aux messes du soir, la Semaine Religieuse de Paris, déjà dans les années Cinquante, donnait la liste des messes du (dimanche) soir célébrées dans la capitale. Avant Christus Dominus (1953) et surtout Sacram Communionem (1957), la communion n'était sûrement pas distribuée à ces messes. Elles permettaient aux retardataires de remplir leur devoir dominical.

( 954653 )
Oui par Lycobates (2022-10-24 11:45:14)
[en réponse à 954618]
Les messes de mariage ont lieu le matin.
Mes parents se sont mariés avec une grand'messe à dix heures du matin, à en croire les invitations (je n'y étais pas, forcément :-)

( 954585 )
A propos d'obsèques par Alexandre (2022-10-22 17:24:38)
[en réponse à 954581]
Un organiste qui devint titulaire d'une église parisienne en 1963 m'a raconté qu'alors, on ne célébrait jamais de messes d'obsèques l'après-midi. Des funérailles avaient bien lieu à ce moment de la journée, mais on chantait les vêpres des défunts puis le prêtre donnait l'absoute. En 1963, donc dix ans après Christus Dominus et six après Sacram Communionem... On est loin de la messe pontificale d'obsèques célébrée par un évêque de la FSSPX à 14h30 !

( 954586 )
impossible par Lycobates (2022-10-22 17:27:32)
[en réponse à 954585]
On est loin de la messe pontificale d'obsèques célébrée par un évêque de la FSSPX à 14h30 !
Impossible !
(je sais bien qu'elle a eu lieu, quand on est sa propre règle de la foi, ça marche)

( 954656 )
Ces six heures de jeûne par Lycobates (2022-10-24 12:09:07)
[en réponse à 954581]
correspondent à peu près au délai pour les messes matinales, avec une première messe à six heures du matin.
Évidemment une messe pourrait être célébrée avant six heures (dépendant de l'aurore), surtout chez certains réguliers*, mais de telles messes très matinales sont plutôt l'exception.
De toute façon, avant 1953, ce jeûne était prolongé au delà pour les messes même tardives.
** Ma mère me raconte que dans sa ville natale un couvent de capucins était très populaire pour ses messes matinales.
La première avait lieu deux heures avant l'aurore, et comme il y avait une quinzaine de pères (sans compter les frères), les messes se relayaient et se suivaient pendant toute la matinée.
Ainsi, les fêtards (et fêtardes) qui revenaient tôt le dimanche matin d'un bal du samedi soir pourraient assister à la messe de 4 heures ou 4 heures et demi avant d'aller enfin se coucher, sans manquer une de leurs obligations dominicales.
D'autre part ceux qui partaient en excursion ou en voyage un dimanche avaient l'occasion d'ouïr une messe avant un départ même très matinal.

( 954689 )
Ces six heures se retrouvent également par Halbie (2022-10-24 17:27:11)
[en réponse à 954656]
chez les orthodoxes. On me disait que si je ne pouvais pas tenir toute la journée pour les Présanctifiés, six heures suffisaient.
Voici ce que j'ai trouvé concernant Léon XIII :
https://books.google.fr/books?id=T0NxDwAAQBAJ&pg=PA154&lpg=PA154&dq=leo+xiii+fast+eucharist+six+hours+lourdes&source=bl&ots=pvMewHOwrn&sig=ACfU3U31IsHujeCsfgPwn2iqqmm8QD-8Jw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi2z8DGlvn6AhUa8xoKHZ7AA98Q6AF6BAgTEAI#v=onepage&q=leo%20xiii%20fast%20eucharist%20six%20hours%20lourdes&f=false