CHAPITRE XX
Avoir une dévotion particulière à saint Jean l'Évangéliste
Ses lumières ont été admirables, et saint Jean Chrysostome enseigne que les anges ont appris plusieurs choses de ce saint, que les chérubins mêmes et les séraphins l'écoutaient avec attention.
Jamais, dit saint Ambroise, homme n'a connu Dieu avec une plus sublime sagesse ; il passe les vertus des cieux, s'élève au-dessus des anges, et va trouver le Verbe uni à Dieu : aussi était-il appelé le dépositaire des trésors du Verbe incarné.
Les païens mêmes ont admiré la profondeur de son style, et ont cru que ses paroles devaient être écrites en lettres d'or en tous les lieux les plus honorables.
La reine du ciel le députe pour donner une règle de foi à saint Grégoire, le faiseur de miracles. Le Saint-Esprit nous découvre assez la grandeur et la sainteté de ses écrits, puisqu'il déclare (Apoc. I, 3) bien heureux celui qui les lit et les entend.
Saint Paul, dit Origène, proteste qu'il a vu des choses qu'il n'est pas permis à un homme de dire, et cependant saint Jean les révèle dans le commencement de son Évangile ; donc il doit être plus qu'homme selon la pensée de cet ancien.
L'abbé Rupert écrit qu'après l'ascension de Notre-Seigneur, la très sainte Vierge vivant des biens qui étaient aumônés en commun pour les fidèles, saint Jean l'évangéliste avait soin d'aller prendre tous les jours ce qui lui était donné, et lui apportait avec beaucoup de respect, recevant une double portion, l'une pour sa très bonne mère et l'autre pour lui.
Mais il ne s'appliquait pas seulement à sa nourriture corporelle, il la nourrissait tous les jours de la communion vivifiante du précieux corps de son Fils, célébrant le très saint sacrifice de la messe en sa sainte présence.
Une si bonne mère ne pouvait se séparer de ce fils aîné de tous ses enfants adoptifs. Elle le suivit jusqu'à Éphèse, comme il est rapporté dans une lettre que le concile tenu en cette ville adresse au clergé de Constantinople ; et celle à qui toutes choses obéissent, à qui Dieu même a bien voulu s'assujettir, obéit à saint Jean.
Ô aimable favori du roi et de la reine du ciel, souffrez ici ces élans d'amour en votre glorieuse présence. Ô que les faveurs que le ciel vous fait sont rares ! Et que vos grâces sont précieuses ! Vous avez en votre suite la Mère d'un Dieu.
Ô bien-aimé disciple, que vous êtes heureux, et que votre suite est magnifique ! Elle est plus glorieuse que si elle était composée de toutes les têtes couronnées, elle est plus considérable que si tous les séraphins quittaient l'empirée pour vous accompagner.
Mais qui pourrait dire tous les mystères, tous les secrets que cette Mère de bonté a appris à cet aimable saint, tous les dons dont elle l'a ennobli ?
Si saint Jean-Baptiste a été sanctifié à une seule de ses paroles, que devons-nous penser de la sainteté à laquelle notre saint a été élevé par la conversation familière qu'il a eue avec elle durant tant d'années !
Si les plus impurs, à ses approches, se sentaient portés à la pureté, à quel comble de pureté ce saint est-il arrivé, qui a passé une partie de sa vie avec cette reine des anges ?
Si le coeur de la divine Marie était une fournaise d'amour, de quels feux son âme était-elle embrasée ? Nous lisons les vies des saints, et si l'on y rapporte que la très sainte Vierge leur ait parlé quelquefois, c'est ce qui fait le sujet de leurs éloges ; quelles louanges donc mérite cet enfant de Marie, qui a joui si longtemps, et avec des privautés si saintes, des entretiens de celle dont la seule voix réjouit tout le paradis ?
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde