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images/icones/FleurDeLys.png  ( 953885 )Ex-libris. « La Restauration française » d'Antoine Blanc de Saint-Bonnet par Vexilla Galliae (2022-10-08 16:50:15) 

Antoine BLANC de SAINT-BONNET, La Restauration française, éd. Le Drapeau blanc, coll. « La Légitimité », 2022, 444 p.

On ne le connaît communément que de nom. Il est plus que jamais temps de le connaître en substance… Antoine Blanc de Saint-Bonnet, en bon royaliste, est un adversaire de la République dont l’essence est la démocratie, ce fruit de la Révolution, qui, matérialiste, se termine dans le socialisme. C’est tout ce que nous avons vu se dérouler sous nos yeux dans l’Histoire après qu’il eut écrit tout cela en 1848-1851 dans son maître ouvrage d’économie politique : La Restauration française. Mémoire adressé au clergé et à l’aristocratie.

Plein de lyrisme, Saint-Bonnet se posait d’emblée en adversaire de la modernité démocratique :


« La démocratie triomphe, et je viens combattre la démocratie. Les aristocraties sont repoussées, et je viens dire que ce sont elles qui ont créé les peuples ; les dogmes sont rejetés, et je viens dire que ce sont les dogmes qui ont créé les aristocraties et le capital, ces deux colonnes de toute Civilisation. L’industrie, le crédit, les banques, les emprunts, sont proclamés, et je viens dire qu’ils ruineront les peuples. Partout la fausse liberté et la Révolution s’annoncent, et je viens, avec ma conscience seule, combattre la Révolution ! »



Pourquoi tant en vouloir à la Révolution… ? Le gros du personnel politique l’appelle de nos jours de ses vœux… C’est que ces gens-là sont acquis à l’erreur :


« Les hommes, aujourd’hui, s’enfoncent dans une méprise qui est un océan d’erreurs. Ils s’imaginent que la Révolution apporte le bonheur au monde, tandis qu’elle est sur le point de le faire périr… En outre, pour fonder la civilisation nouvelle, ils comptent sur une liberté que la Révolution annonce, et cette liberté les conduit à la mort ! Car ce qu’ils nomment de la sorte, n’est point la liberté, mais leur orgueil… » (p. 429).



Selon Saint-Bonnet, le « progrès démocratique » est le baromètre de la décadence nationale :


« Remarquerons-nous que la progression de toutes nos causes de décadence va en raison du progrès démocratique ? D’abord, par cette simple raison, que toute augmentation de fausse liberté n’est qu’une augmentation du mal » (p. 309).



L’un des principaux griefs que Blanc de Saint-Bonnet impute à la démocratie, c’est sa propension à miner l’autorité et la morale :


« En détruisant les mœurs et l’autorité, elles [les classes qui ont épuisé les mœurs et retiré le respect au pouvoir] ont détruit du haut en bas la Société. Car la Société n’est pas les individus, mais le ciment qui les unit » (p. 171).



Mettant l’accent sur la religion, à l’instar d’un Maistre ou d’un Bonald qui trouvait la cause de tous les maux politiques dans des maux spirituels, Antoine de Saint-Bonnet rattache logiquement la démocratie au péché d’orgueil de Lucifer et de nos premiers parents :


« Ce qu’on a pris pour la Démocratie, n’est que l’explosion universelle de l’orgueil » (p. 147).



Les tentatives, réussies ou non (si tant est que l’on puisse vraiment parler de « réussite » en une telle matière…), d’instauration de la démocratie passent souvent par des soubresauts révolutionnaires donnant lieu à de l’anarchie. Cette dernière, d’après Blanc de Saint-Bonnet, correspond à l’exacerbation de la liberté, ce terme figurant au triptyque de la République (dite) française :


« L’Anarchie consiste précisément à donner à la liberté la même autorité qu’à la [vraie] loi ou qu’à Dieu. C’est là toute l’erreur de l’époque ! » (p. 245).



L’anarchie est donc un composant essentiel de la démocratie, au moins pour un tiers si l’on en croit la devise maçonnique de nos républicains.

Une autre partie intégrante de la République et de la démocratie, c’est le parlementarisme. Voilà pour la démocratie parlementaire ou représentative, qui peut au besoin se déguiser sous des oripeaux royaux ou aristocratiques, comme en témoigne encore le Royaume-Uni (entre autres). Sans surprise, les assemblées ne recueillent point les faveurs de notre auteur qui a commencé sa carrière littéraire, rappelons-le, en signant un volumineux ouvrage intitulé L’Unité spirituelle :


« Rien n’est moins un, rien n’est moins sage et rien n’est moins responsable qu’une Assemblée : rien ne l’est plus, au fond, qu’un Roi. Il est déjà assez difficile de gouverner, sans y apporter encore des obstacles. Les peuples ont raison d’avoir confiance en un Roi qui choisit son conseil ; non en une réunion d’avocats, qui pensent moins à gouverner qu’à contenter leur ambition personnelle. Au bout de tout principe, il faut arriver au fait, et le fait, on vient de l’énoncer » (p. 248).



Le philosophe reproche encore à ce régime d’assemblée d’être une incarnation de la Révolution et le plus sûr moyen de subir le despotisme :


« Chez nous, les parlements sont la Révolution en permanence… Et, sous ce régime d’impuissance, les lois usent d’autant plus d’arbitraire sur les individus que les mœurs et les traditions ne les mettent plus à l’abri. Il n’y a eu de tyrannie positive que sous le gouvernement parlementaire.
Depuis un demi-siècle, les familles, les mœurs, l’agriculture, n’ont connu quelques libertés réelles que sous les gouvernements absolus déclarés. Elles ont été, depuis ce temps, froissées, asservies et sacrifiées par tous les gouvernements prétendus libres fondés par le libéralisme ou la Révolution.
Un gouvernement fort n’est tel que contre les partis, il peut rester d’autant plus doux à l’égard des particuliers. Absolu contre le mal, contre toute atteinte à la souveraineté, il ne conserve que plus de justice pour tout ce qui concourt avec lui au bien et à la paix.
Aucun Français, assurément, ne désire un gouvernement absolu, car c’est une humiliation en même temps qu’une suprême ressource. Mais ce qu’un Français redoute plus encore, c’est de revoir le despotisme détrempé d’impostures auquel depuis 1830 il a été soumis. Le gouvernement parlementaire n’a été chez nous que la tyrannie des classes moyennes, réduisant la nation au niveau de leurs idées et de leurs sentiments. Un tel gouvernement a fait dégénérer la France sans ombre de compensation » (p. 411).



Le caractère bourgeois, et plus précisément juridique (pour ne pas dire procédurier), de la Révolution française et des régimes politiques qui en sont sortis est ainsi attaqué de front. La République aurait troqué l’unité, la sagesse et la responsabilité contre la liberté, l’égalité et la fraternité théoriques, illusoires. Le résultat de telles assemblées démocratico-parlementaires n’a rien de surprenant, c’est celui que nous observons chaque jour à notre époque : « Les Assemblées parlementaires perdront à la fin les États, qui, lancés par elles à travers tous les écueils de la Révolution, finiront par se briser » (p. 248).

Assez paradoxalement, Blanc de Saint-Bonnet évoque à l’instar des carlistes espagnols une « démocratie réelle et légitime », laquelle serait le contraire de la démocratie moderne : elle serait l’absence même de démocratie, par l’aristocratisation de tous les hommes. Laissons-le plutôt s’expliquer :


« Le XVIIIe siècle a rendu impossible l’avènement de la démocratie réelle et légitime [par l’accroissement des vertus et la christianisation progressifs de tous]. Celle qu’on veut produire artificiellement par des lois, ramènera les nations au point où la civilisation les a prises, et d’où elle les a soulevées à si grand-peine par la force des aristocraties. – Certes, on ne défend pas ces dernières dans leurs torts, on ne fait au contraire que les blâmer. Mais la démocratie serait la destruction finale » (p. 310).



L’antithèse du démocratisme, une antithèse qui comporte des bienfaits temporels, c’est donc le christianisme, qui enrichit et perfectionne tout ce qu’il touche :


« L’Europe, la moins fertile des quatre parties du monde, porte une richesse qui vaut plusieurs fois la richesse des autres. Que le christianisme cesse d’y prêcher le travail et la modération dans les jouissances [que les démocrates exacerbent], vous saurez ce qui restera ! » (p. 345).



Le chrétien est un antidémocrate et un aristocrate en ce sens où il cherche à s’élever, vraiment et non superficiellement dans le paraître. Il incarne, non pas le gouvernement aveugle du nombre, mais celui, plus que sensé, de l’exemple :


« Pour le moment, il n’y a rien de mieux à faire, si vous vous obstinez dans un pouvoir issu de la Révolution, que de contenir le plus que vous pourrez la liberté des foules, et d’appuyer aussi le plus que vous pourrez la liberté de ceux qui font le bien. Il est une puissance qui a plus de force que les gouvernements ; seulement, il faut prendre la peine de l’exercer : c’est l’Exemple » (p. 378).



Ce n’est cependant pas le personnel de la République qui va nous offrir de bons exemples :


« Pour juger de la République, voyez quels sont ceux qui la veulent, et quels sont ceux qui la redoutent. Si parmi ceux qui la demandent, se trouvent les ambitieux, les déclassés, les fanatiques, les rêveurs, puis les hommes de sang, c’est qu’ils l’estiment propre à remplir leurs desseins… » (p. 381).



Il enfonce encore le clou :


« Quand la canaille crie : Vive la République ! la question est jugée. On n’aurait pour preuve de l’excellence de la Royauté que la préférence témoignée par les justes et les âmes en paix, qu’il n’en faudrait pas chercher d’autre » (p. 381).



En effet, logiquement, en disqualifiant la république démocratique, Saint-Bonnet doit exalter la monarchie :


« Le Roi est celui qui maintient et qui personnifie la loi. Le mot rex n’est que la contraction des deux mots regere et lex. Le Roi est la vivante loi. On a cru qu’une Assemblée posséderait plus d’esprit. La plupart du temps, c’est l’esprit qui perd les nations : c’est une volonté droite qu’il leur faut ! » (p. 383).



En dernier ressort, cette « volonté droite » est celle qui recherche et fait celle de Dieu ; toute volonté perverse, c’est-à-dire seulement humaine en excluant Dieu, débouche sur le pire despotisme, contraire à la liberté des hommes bien entendue : « Le despotisme, nous l’avons dit précédemment, n’est que la substitution de la volonté humaine à la loi » (p. 391). Et toujours sur ce chapitre de la volonté :


« La doctrine qui croyait la loi le résultat de la volonté générale, a été une réaction contre la doctrine qui croyait la loi le résultat de la volonté d’un homme [c’est le faux droit divin des protestants]. Et celle-ci, que l’on rencontre à l’origine des peuples païens, est elle-même une réaction contre l’anarchie de l’état barbare » (p. 392).



L’autorité n’est en rien contradictoire avec la liberté véritable : « la vérité est que la liberté a besoin de l’autorité ; la vérité est que l’homme ne naît pas libre, mais en puissance de le devenir. L’autorité n’a été établie que pour conduire délicatement un être si faible à la liberté » (p. 431). Cette conciliation entre autorité et liberté est dans les faits le propre de la royauté chrétienne :


« Comme jamais on ne pourrait accroître l’autorité, au point d’écarter tout le mal, ni diminuer la liberté au point de ne tolérer que le bien ; comme dès lors il y aura à la fois dans toute Constitution écrite et trop d’autorité et trop de liberté, en même temps que pas assez de l’une et de l’autre, la solution se trouve toute dans la pratique, ou dans la marche historique des peuples. Cette solution est la seule que la Société dans sa sagesse ait pu saisir depuis l’origine des choses. La pratique consiste à maintenir l’autorité dans les mains paternelles que Dieu ménage à chaque peuple, en lui choisissant une race royale qui, prise dans le sein de ce peuple, en partage les destinées » (p. 432).



L’autorité n’est envisageable et légitime qu’en fonction de Dieu. Elle est donc verticale et à son image, puisqu’il est l’auteur de toutes choses :


« Dieu ne désigne pas toujours le souverain, mais il communique son autorité, c’est-à-dire le Droit divin, à celui qui possède légitimement le pouvoir. Il est vrai que la manière légale de le posséder, ainsi que sa forme, varie selon les lieux. Mais celui qui a créé ou conservé une nation, a évidemment sur elle un droit que n’ont pas ceux qui n’eussent jamais reçu le jour sans lui.
Tel est le Droit historique et sa profonde légitimité » (p. 391).



C’est la célèbre distinction entre légalité et légitimité, entre pays légal et pays réel… La légitimité suppose la légalité, mais une légalité apparente peut s’imposer en lieu et place de la légitimité : la République l’a suffisamment montré en France. Cette légalité illégitime-là, c’est une force brute, ennemie du droit véritable :


« Le souverain, c’est-à-dire celui qui exerce la souveraineté, est légitime lorsqu’il possède le Pouvoir de droit et qu’il est conforme à la loi. Si le pouvoir n’est pas légitime, c’est-à-dire, ainsi que l’indique le mot, conforme à la loi, il ne diffère plus de la force, et nul dès lors n’est tenu de lui obéir. Que les Rois montrent le Droit et cachent l’homme, car l’homme, c’est le peuple ! Le système de la souveraineté du peuple a pris naissance sur le trône où l’on a méconnu les droits de Dieu » (p. 393).



Comme le rappellerait quelques décennies plus tard le pape Léon XIII dans son encyclique Diuturnum, le pouvoir civil ne trouve pas son origine dans un quelconque pacte ou contrat social, mais en Dieu même :


« La souveraineté nationale ne fut également inventée que pour couvrir d’un nom plus convenable la souveraineté de la foule. En soi, la souveraineté n’est pas plus dans la multitude que dans la minorité, pas plus en haut qu’en bas, pas plus chez la noblesse que dans le peuple, puisque ce ne sont là que des hommes.
La souveraineté est en Dieu : et elle est déposée dans les mains de celui qui se conforme à sa justice. Le peuple est moins capable que tout autre d’exercer cette souveraineté : c’est lui dont les besoins et l’état la réclament ! Une telle fonction, dans l’intérêt même du peuple, revient à ceux qui, sachant se bien conduire eux-mêmes et se placer dans la justice, peuvent dès lors y conduire les autres.
Si la nation est souveraine, pourquoi lui imposer un gouvernement ? Si le peuple est souverain, pourquoi ne pas le livrer à lui-même ? il porte en lui la justice, la paix, et il n’a pas besoin de vous… Quand cessera-t-on de vouloir puiser la souveraineté dans celui qui en a besoin, dans celui qui nous la demande ? » (p. 399).



Or, c’est le propre de la démocratie, établie par la Révolution, que de substituer une souveraineté du peuple fictive à la souveraineté bien réelle de Dieu (et ses négateurs devront en convenir lors du Jugement dernier) :


« Imaginée par le dix-huitième siècle, la souveraineté du peuple est un athéisme déguisé qui coûtera cher à la France. Les souverains qu’une telle souveraineté lui imposera, lui feront regretter d’une façon lamentable ceux que Dieu nous avait choisis, et qu’il avait introduits sans secousse dans la trame de notre histoire » (p. 400).



Et encore, avec une identité à signaler avec la doctrine carliste en Espagne critiquant le faux « droit divin » :


« Ce qu’on dit aujourd’hui sur la souveraineté, soit à l’égard du souverain, soit à l’égard du peuple, est absolument faux. Ce sont là des idées protestantes. La Souveraineté ne vient ni de l’un ni de l’autre… C’est quand on reconnaîtra d’où elle vient qu’on reverra la liberté. Jusque-là, toujours du despotisme, venant ou d’en haut ou d’en bas » (p. 434).



Cette souveraineté révolutionnaire est le contraire de la légitimité :


« […] Que devient le principe de la Légitimité si celui de la souveraineté du peuple subsiste ?

Lorsque l’assemblée sera contraire au Roi, inévitable dénouement, laquelle des deux souverainetés cédera ? Si la souveraineté du peuple casse la souveraineté du roi, plus de nation. Si la souveraineté du roi, comme en 1830, casse la souveraineté du peuple, une révolution… Voilà l’écueil ! Sachez-le bien, en abolissant les assemblées purement parlementaires, vous n’enlevez rien d’utile au pays, et d’un seul coup vous enlevez sa tête à la Révolution.

Que tout gouvernement soit représentatif, pour exprimer et garantir nos intérêts moraux en même temps que nos intérêts matériels ; et non parlementaire, pour remettre d’aussi grands intérêts tous les jours en question !

Il ne saurait pas plus y avoir, au fond, de gouvernement parlementaire que de société parlementaire ou de famille parlementaire : on ne parlemente pas sur les conditions de la vie. Chez nous, d’ailleurs, ces gouvernements-là ont fait sortir de terre toutes les ambitions et toutes les erreurs.

Vous, Girondins, hommes de l’illusion, qui tenez si éperdument au principe de la souveraineté populaire, restez en république, vous verrez jusqu’où vous irez ! » (p. 414).



On en arrivera toujours là : l’athéisme, et son lot de châtiments. C’est le fin mot de tout ce qui répand des erreurs et mine la religion. La République devient ainsi, dans la pensée de Blanc de Saint-Bonnet, l’avatar de cet athéisme, tandis que la royauté est censée représenter Dieu : « Déclarer que le Roi ne peut revenir, c’est déclarer que Dieu ne peut nous secourir » (p. 406). Le salut de la France doit passer par le retour des Français prodigues vers leur monarque terrestre, image du Roi du Ciel :


« Il suffit de jeter les yeux sur la conduite des lois morales, pour déclarer que le retour du Roi est aussi immanquable que celui de la miséricorde après le repentir. Et il n’y a qu’à voir la marche de la Révolution, pour affirmer que ce retour s’opérera dans des circonstances telles, que loin de faire des conditions au Roi, la France ira se jeter dans ses bras » (p. 407).



C’est presque un leitmotiv, avec quelques pages plus loin : « Ce n’est point le Roi, c’est la France qui se fait attendre » (p. 415). Effectivement, la France et son roi forment de nécessité un couple indissoluble :



« Ah ! il faut le Roi à ce peuple ; la mer se passerait de ses rivages et non ce peuple de son Roi ! Les fléaux descendaient sur notre pays à mesure qu’on égarait ses Princes ; et quand on les lui enleva, il tomba, comme un captif, aux mains de tous ses exploiteurs.
Qui, d’un cœur généreux et d’une résolution souveraine, le garantira désormais des accapareurs de crédit, des propagateurs d’industrie, des créateurs d’emprunt, des fondateurs de monopoles, des destructeurs de sa Foi, de ses mœurs, de son pain, de son sang, et de son territoire ? Le Roi » (p. 416).



Pourquoi ? C’est tout simple :


« Le Roi est une personnification des droits de la nation entière. Du même acte il rétablit tout, l’ordre, les mœurs, les libertés, les droits et les principes, parce qu’il est le principe du droit se substituant à l’absence de tout principe et de tout droit » (p. 413).



La démocratie républicaine n’existe quant à elle qu’en rongeant et dilapidant le capital acquis par les siècles traditionnels. C’est en cela qu’elle n’est guère durable, en plus de n’être que terrestre et anthropocentrée :


« Si la république dure, ce sera comme ces maladies séniles auxquelles on ne peut toucher sans amener la crise finale… — Mais les efforts des aristocraties ? mais la noblesse ne se relèvera-t-elle pas ? — Elle est depuis longtemps absente ! Et la bourgeoisie ? Elle tient trop à l’argent et raisonne trop mal ! les esprits moyens ont maintenant l’empire » (p. 410).



Ne nous y trompons donc pas : point de vraie monarchie en France sans la vraie religion dans toute son intégralité. L’exigence, voilà le maître mot.

Jean de Fréville

Pour consulter l'article original et les notes de bas de page : https://www.vexilla-galliae.fr/royaute/idees/un-adversaire-de-la-democratie-antoine-blanc-de-saint-bonnet/
images/icones/idee.gif  ( 953888 )Vous êtes contre la démocratie et une monarchie par JVJ (2022-10-08 18:29:09) 
[en réponse à 953885]

parlementaire, si je vous suis bien, pour aujourd'hui ?

Le modèle est l'Arabie Saoudite ou la Russie de 1750 ?

Difficile de vivre plus en vase clos que vous...

Et le rapport avec la liturgie traditionnelle ?

Faites attention, Maistre était maçon.

A San Marin et en Suisse, il faut aussi être royaliste ?

C'est triste de dévoyer à ce point les idées royalistes... Le Père Viot, à côté de ce penseur des Alpes, est un fieffé jacobin malgré ce qu'il a pu dire et écrire.

On peut comprendre les positions de votre Antoine à son époque, mais pour aujourd'hui, c'est totalement lunaire.

Si jamais il a écrit sur les moines sous la Restauration, je suis preneur, car le voltairien Louis XVIII n'a rien fait pour les faire revenir... Et comment auraient-ils pu leur restituer leurs biens ? Un mou direz-vous !

C'est avec des doux-dingues comme lui que la Restauration ne s'est pas faite dans les années 1870 (et on ne verra jamais un drapeau tricolore chez moi).

On joue aux purs en principe avant d'avoir 20 ans, après, chez les conservateurs, on réfléchit un peu entre ce qui peut se faire avec mille conditions et ce qui ne se fera jamais. Moi aussi je voudrais qu'il y ait une chartreuse dans chaque diocèse, mais cela n'a jamais existé et n'existera jamais. Je manque de foi...

Antoine ne ferait pas tapisserie au milieu de Pol Pot et de Lénine, qui détestaient eux aussi la démocratie bourgeoise...

Un vrai monarchiste ne va pas voter de nos jours dans le cadre du régime de la Gueuse. Ok. Mais du coup, ce sont les "autres" qui décident à la place de ceux qui veulent garder les mains hautes et pures. Cela a donné 1905, après les lois Ferry. Si les catholiques monarchistes étaient si convaincants, on n'aurait pas eu des assemblées républicaines sous la IIIe. Je comprends que voter gêne, si c'est pour se prendre veste sur veste.

images/icones/1d.gif  ( 953894 )Toujouurs aussi provocateur, mais bien peu raisonnable par baudelairec2000 (2022-10-08 20:16:20) 
[en réponse à 953888]

"C'est triste de dévoyer à ce point les idées royalistes", écrivez-vous, mais que savez-vous de la royauté: dans l'espace ? dans le temps - un terminus a quo ? Qu'en ont pensé les philosophes et les juristes - je crains que cela ne commence à faire trop pour un esprit fragile qui à tendance à s'éparpiller. Pour vous permettre de rester concentré, je permets d'abréger: quels sont les principes qui la sous-tendent?

Je laisse de côté la différence entre la démocratie classique et la démocratie moderne, toujours pour ne pas vous perturber et nous épargner par la même occasion des jugements de valeur sans fin, assaisonnés à l'acide.

Nous serions tous attentifs ne serait-ce qu'à un début de raisonnement, à un énoncé construit...

Si seulement vous pouviez nous mettre en référence des auteurs, des ouvrages sur le sujet; je suis, nous sommes tous preneurs.
images/icones/1d.gif  ( 953896 )"Nous" ? Vous êtes "nous" ? par JVJ (2022-10-08 21:12:50) 
[en réponse à 953894]

On peut me reprocher de dire "je", mais ceux qui parlent au nom de "nous" ont un melon démesuré...
Ici, chacun ne devrait parler qu'en son nom propre, non au nom d'une chapelle ou d'un groupe comme vous le faites. L'anarchiste de droite en moi se méfie des mouvements grégaires.

N'ayez crainte, des personnes comprennent parfaitement ce que je dis.

Il est confortable d'être plus royaliste que le roi dans le Ve arrondissement en buvant un pastis entre jeunes aux crânes bien rasés, chevalière aux armes usurpées au doigt ou comtesses désargentées sur le retour pour faire potiche dans un salon aux lames élimées.

Je ne vois pas comment le penseur sorti du formol en 2022 serait du moindre intérêt pour aider à restaurer un roi. Maurras était aussi une belle machine à penser, mais on connaît les critiques relatives à l'Inaction Française. En février 1934 par exemple... Il était plus aisé de faire un journal et se montrer sourd (!) aux sollicitations pressantes, que de se lancer à l'assaut de l'assemblée nationale.

Et de 1934 procède le front populaire...

La tête haute, les mains propres, pas de vote !

Votre Auguste est parti avant le suffrage féminin, heureusement pour lui le pauvre vieux...

Je vois d'ici ces quelques raides se réunir dans des arrière-boutiques parisiennes, attendant le signe du chef - licencié en droit - les autorisant à se fouetter en cercle, protégés toutefois par leur cuir frappé d'une croix plus celtique que catholique. Soirées entre hommes du reste, avec parfois la même fascination qu'un Benoist-Méchin ou qu'un Montherlant pour certaines plastiques...

images/icones/1e.gif  ( 953901 )réponse du melon à la courge par baudelairec2000 (2022-10-08 21:35:50) 
[en réponse à 953896]

Je craignais le pire, en réalité vous relevez de la psychiâââtrie.

"des personnes comprennent parfaitement ce que je dis." En êtes-vous sûr ?

On vous parle de Blanc de Saint-Bonnet, vous comprenez Joseph de Maistre...

J'attends toujouuuurs vos références sur la monarchie et la royauté; cela sera plus intéressant que vos divagations et sarcasmes. Même un "anarchiste de droite" ne descendrait pas aussi bas.

baudelairec2000 psychiâââtre qui préconise pour tout remède la camisole de force...
images/icones/1a.gif  ( 953906 )De la poésie pour finir en beauté par baudelairec2000 (2022-10-08 22:15:14) 
[en réponse à 953901]

Car nul n'ignore ici le lien qui unit l'art et la beauté.

Honneur à un poète survolé par le Lagarde et Michard, heureusement réévalué depuis les années 90: Saint Amant (1594-1661), poète qualifié de baroque et qui illustre parfaitement le premier XVIIe siècle. Vous remarquerez qu'il naît au début du règne du roi Henri IV et qu'il meurt l'année même où Louis XIV commence son règne personnel. Nous sommes dans le sujet: La royauté; celle de l'Ancien régime, étudié abondamment par Roland Mousnier.

La figure du melon ayant été initiée dans ce fil par JVJ, je rebondis sur cette image brillamment exploitée par Saint-Amant. Cela pourra paraître long à certains liseurs; je ne saurais trop leur conseiller de se servir un verre de rosé bien frais pour apprécier ces quelques vers.


Le melon
(extraits)

Quelle odeur sens-je en cette chambre ?
Quel doux parfum de musc et d'ambre
Me vient le cerveau réjouir
Et tout le coeur épanouir ?
Ha ! bon Dieu ! j'en tombe en extase :
Ces belles fleurs qui, dans ce vase,
Parent le haut de ce buffet,
Feraient-elles bien cet effet ?
A-t-on brûlé de la pastille ?
N'est-ce point ce vin qui pétille
Dans le cristal, que l'art humain
A fait pour couronner la main
Et d'où sort, quand on en veut boire,
Un air de framboise à la gloire
Du bon terroir qui l'a porté
Pour notre éternelle santé ?

Non, ce n'est rien d'entre ces choses,
Mon penser, que tu me proposes.
Qu'est-ce donc ? je l'ai découvert
Dans ce panier rempli de vert :
C'est un MELON, où la nature,
Par une admirable structure,
A voulu graver à l'entour
Mille plaisants chiffres d'amour,
Pour claire marque à tout le monde
Que, d'une amitié sans seconde,
Elle chérit ce doux manger
Et que, d'un souci ménager,
Travaillant aux biens de la terre,
Dans ce beau fruit seul elle enserre
Toutes les aimables vertus
Dont les autres sont revêtus.

... Ha ! Soutenez-moi, je me pâme,
Ce morceau me chatouille l'âme ;
Il rend une douce liqueur
Qui me va confire le coeur ;
Mon appétit se rassasie
De pure et nouvelle ambroisie,
Et mes sens, par le goût séduits,
Au nombre d'un sont tous réduits.

Non, le cocos, fruit délectable
Qui lui tout seul fournit la table
De tous les mets que le désir
Puisse imaginer et choisir,
Ni les baisers d'une maîtresse
Quand elle-même nous caresse,
Ni ce qu'on tire des roseaux
Que Crète nourrit dans ses eaux,
Ni le cher abricot que j'aime,
Ni la fraise avecque la crème,
Ni la manne qui vient du ciel,
Ni le pur aliment du miel,
Ni la poire de Tours sacrée,
Ni la verte figue sucrée,
Ni la prune au jus délicat,
Ni même le raisin muscat
(Parole pour moi bien étrange),
Ne sont qu'amertume et que fange
Au prix de ce MELON divin,
Honneur du climat angevin.

... Ô manger précieux ! Délices de la bouche !
Ô doux reptile herbu, rampant sur une couche !
Ô beaucoup mieux que l'or, chef-d'oeuvre d'Apollon !
Ô fleur de tous les fruits ! Ô ravissant MELON !
Les hommes de la Cour seront gens de parole,
Les b... de Rouen seront francs de vérole,
Sans vermine et sans gale on verra les pédants,
Les preneurs de pétun auront de belles dents,
Les femmes des badauds ne seront plus coquettes,
Les corps pleins de santé se plairont aux cliquettes,
Les amoureux transis ne seront plus jaloux,
Les paisibles bourgeois hanteront les filous,
Les meilleurs cabarets deviendront solitaires,
Les chantres du Pont-neuf diront de hauts mystères,
Les pauvres quinze-vingt vaudront trois cents Argus,
Les esprits doux du temps paraîtront fort aigus,
Maillet fera des vers aussi bien que Malherbe,
Je haïrai Faret, qui se rendra superbe,
Pour amasser des biens, avare je serai,
Pour devenir plus grand, mon coeur j'abaisserai.

Bref, Ô MELON succrin, pour t'accabler de gloire,
Des faveurs de Margot je perdrai la mémoire.
Avant que je t'oublie et que ton goût charmant
Soit biffé des cahiers du bon gros SAINT-AMANT.
images/icones/1a.gif  ( 953905 )il est évident par jejomau (2022-10-08 22:07:29) 
[en réponse à 953888]

que la monarchie est le meilleur système politique.

Quant au plan liturgique, le rite tridendin souligne à la perfection combien nous sommes les sujets du Roi, le Christ, de qui tout part et vers qui tout revient

Je ne suis qu'à peine étonné de votre stupéfaction ici... à partir du moment où vous n'êtes pas un fidèle de cette liturgie
images/icones/neutre.gif  ( 953910 )jugement suspendu en cette matière par Luc Perrin (2022-10-08 23:49:29) 
[en réponse à 953905]

L'Église catholique, apostolique et romaine n'a jamais eu un jugement autre que suspendu à ce sujet qui est affaire de l'autonomie des choses terrestres.

La Sérénissime république oligarchique de Venise et les cités-états du Moyen Âge étaient-elles plus mauvaises ou meilleures que le royaume de Naples et/ou de Sicile, le Saint empire romain germanique ou le royaume d'Écosse ? Tous ces états (ou conglomérat d'états) avant le XVIe siècle étaient également catholiques.

Bien malin qui pourrait dirimer cette insoluble comparaison et même l'acribie de l'esprit de Charles Maurras serait, sans doute, un peu à la peine.

La couleur bleue est-elle meilleure que la jaune ou la blanche ou la rouge ou la noire ... la confiture de fraise ou d'orange amère ...
Je me garderai bien de disputer des goûts et des couleurs en cette matière.
images/icones/1x.gif  ( 953912 )Suspension du jugement ou supsension d'une discussion par baudelairec2000 (2022-10-09 07:54:42) 
[en réponse à 953910]

Etonnant cette façon de faire pour mettre un terme à une discussion autour d'un sujet fondamental qui touche à la fois à la politique et à l'histoire de notre pays.

"L'Église catholique, apostolique et romaine n'a jamais eu un jugement autre que suspendu à ce sujet qui est affaire de l'autonomie des choses terrestres."

C'est ce qu'écrit Luc Perrin, spécialiste du XIXe siècle, baigné, peut-être baptisé dans la pensée "politique" de Léon XIII. Celui-ci n'écrivait-il pas, avec une certaine part de mauvaise foi, aux Catholiques français que l'Eglise était indifférente à la forme des régimes politiques:

"Divers gouvernements politiques se sont succédé en France dans le cours de ce siècle, et chacun avec sa forme distinctive : empires, monarchies, républiques. En se renfermant dans les abstractions, on arriverait à définir quelle est la meilleure de ces formes, considérées en elles-mêmes; on peut affirmer également en toute vérité que chacune d'elles est bonne, pourvu qu'elle sache marcher droit à sa fin, c'est-à-dire le bien commun, pour lequel l'autorité sociale est constituée; il convient d'ajouter finalement, qu'à un point de vue relatif, telle ou telle forme de gouvernement peut être préférable, comme s'adaptant mieux au caractère et aux moeurs de telle ou telle nation.

Dans cet ordre d'idées spéculatif, les catholiques, comme tout citoyen, ont pleine liberté de préférer une forme de gouvernement à un autre, précisément en vertu de ce qu'aucune de ces formes sociales ne s'oppose, par elle-même, aux données de la saine raison, ni aux maximes de la doctrine chrétienne. Et c'en est assez pour justifier pleinement la sagesse de l'Eglise alors que, dans ses relations avec les pouvoirs politiques, elle fait abstraction des formes qui les différencient, pour traiter avec eux les grands intérêts religieux des peuples, sachant qu'elle a le devoir d'en prendre la tutelle, au-dessus de tout autre intérêt. Nos précédentes Encycliques ont exposé déjà ces principes; il était toutefois nécessaire de les rappeler, pour le développement du sujet qui nous occupe aujourd'hui. »

Ces propos sont tirés de la lettre encyclique du 16 février 1892 Au milieu des sollicitudes.


Autrement dit, Rome a parlé, circulez! La discussion est close. On ne doit plus revenir sur le sujet, du moins remettre en cause le point de vue romain. On comprend pourquoi notre spécialiste du XIX siècle tient tant à rajouter aux caractères "catholique" et "apostolique" de l'Eglise celui de "romain"...


On remarquera que pour proclamer son indifférentisme en matière politique Léon XIII ne s'en tient qu'à l'histoire récente de France, celle du XIX e siècle, celle qui suit les profonds changements de la Révolution; au mieux, l'histoire de France ne commencerait qu'en 1789, alors qu'un Maurras la faisait commencer au mieux avec François Ier, au pire avec Louis XIV.

A vrai dire, et Luc Perrin en conviendra, l'histoire de notre pays commence bien avant ce stupide XIX e siècle. Avec Charles le Chauve (années 841-843)? Avec les premiers Capétiens? Difficile de répondre à cette question. Des historiens du haut Moyen Age ont écrit sur le sujet: Rolf Grosse et Karl Ferdinand Werner.

Je me contenterai enfin de faire remarquer au même sieur Perrin que Jejomau, dans son post, ne se limitait pas au plan religieux.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 953913 )De nombreux historiens contemporains par Vexilla Galliae (2022-10-09 08:08:23) 
[en réponse à 953912]

comme Charles Mériaux, confirment la tradition millénaire en faisant du baptême de Clovis et de ses soldats l'élément fondateur de notre pays.

Gesta Dei per Francos !
images/icones/1a.gif  ( 953916 )Prière de nuancer ! par baudelairec2000 (2022-10-09 09:03:04) 
[en réponse à 953913]

cher Vexilla Galliae, je ne nie pas l'historicité du baptême de Clovis, bien qu'on ne puisse affirmer avec certitude que celui-ci eut lieu en 496. D'ailleurs, on ne sait que très peu de choses sur cet évèvement; je vous renvoie à l'ouvrage de Bruno Dumézil paru chez Gallimard, Le Baptême de Clovis.

Baptême de Clovis, oui; baptême de la France, l'affirmation relève de l'aventure, du moins du roman. Je ne vous apprendrai pas que la France, à la fin du Ve siècle n'existe pas et que Clovis est à la fin de son règne est roi des Francs, le royaume des Francs s'étendant sur une partie de la Belgique actuelle, sur la rive gauche du Rhin et une bonne partie de la Gaule.

Il faut ajouter à ces éléments géographiques que la Gaule, que dis-je, que les différentes provinces de la Gaule, parties de l'Empire romain, étaient déjà chrisianisées, même si le christianisme était essentiellement urbain du fait de la nature du diocèse: l'évêque résidait dans la civitas, chef-lieu du diocèse. Il faudra d'ailleurs des décennies, des siècles pour convertir les campagnes et leurs pagani (les païens sont les habitants du pagus), notamment la tribu des Sicambres.
images/icones/fleche2.gif  ( 953925 )[réponse] par Vexilla Galliae (2022-10-09 10:29:47) 
[en réponse à 953916]

Évidemment, le royaume de Clovis n'était qu'une esquisse de notre France, réalisée par la Providence, qui en fera bientôt le chef-d’œuvre que nos ancêtres ont pu connaître, en se servant de nos rois comme de Ses instruments.

Il faut noter toutefois qu'il n'existait plus de païens en Gaule sous les Mérovingiens (sauf exceptions peut-être ?). Charles Mériaux l'explique et le démontre très bien. C'est un mythe formé par les chroniqueurs de l'époque qui, très érudits, calquaient leur savoir sur la réalité, qu'ils ne connaissaient pas forcément. Dans les campagnes, les hommes étaient en réalité des chrétiens peu formés et superstitieux (il leur arrivait donc de vénérer des fontaines ou des arbres, mais sans qu'il y ait derrière une cosmogonie précise, polythéiste en particulier), d'où cette comparaison entre eux et les païens de l'Antiquité.
images/icones/1f.gif  ( 953927 )La France est le seul royaume voulu par la Providence ? par JVJ (2022-10-09 11:32:41) 
[en réponse à 953925]

Je n'en crois pas un seul instant et je laisse la Providence de côté.
Si j'osais, je dirais que seul le royaume des Juifs a été voulu par la Providence.

Allez parler de Providence à Charles Mériaux et même à la Grégorienne chez les historiens !

Vous êtes au courant que Charlemagne est un usurpateur de son titre impérial, avec complicité de la papauté qui trouva un intérêt à se faire des Etats ? Essayez de voir Charlemagne depuis Byzance, vous allez voir... Et les Pippinides ont flanqué vos mérovingiens à la porte... Les royalistes autoritaires de 2022 devraient suspecter l'accession de Capet au trône, après une "élection"... Quand on mélange religion, histoire et idéologie, cela donne de la bouillie.

Si vous étiez né portugais, vous parleriez aussi de ce royaume du XIIe siècle providentiel ?
Ou alors, par votre réflexion, vous seriez devenu français pour appartenir à ce royaume si singulier ?
Et si vous êtes catholique en Algérie, vous voulez aussi un roi catholique ?

La Providence a un peu du plomb dans l'aile concernant la France, et bien avant 1789. Joseph de Maistre la voyait aussi dans la mort de Louis XVI, ce qui est proprement dégoûtant chez un Sarde dont le roi finira jésuite...

Si vous étiez islandais ? Vous voulez le retour à la Couronne danoise ? Et russe, il faut la conversion d'un Romanov (lequel ?) au catholicisme ?
Les Jacobites anglais, qui se comptent sur le bout des doigts, ont un roi homosexuel aujourd'hui, comme certains carlistes d'ailleurs. S'ils avaient adopté un enfant, cela aurait pu intéresser les canonistes... Et que faire du prince consort à l'église puisque le roi de Bavière et d'Angleterre a officialisé son union (c'est plus hypocrite sur d'autres bancs, y compris d'un prétendant proche de la FSSPX, que je respecte infiniment).

N'annexez pas à vous l'universitaire de Lille pour laisser croire qu'il entre dans vos raisonnements.

Et ne faites pas de Clovis un Père de l'Eglise qui voulut diffuser la foi. Sa conversion dans la foulée de son armée d'invasion a aussi un aspect politique et opportuniste pour se mettre les évêques dans la poche. Il convoque à Orléans les évêques qui veulent bien lui répondre et entend, comme Constantin, se mêler de ces choses. Constituer en quelque sorte une Eglise "nationale" à sa main. Clovis était un envahisseur mal dégrossi et sa descendance ne lisait pas des oeuvres pieuses le dimanche après-midi... Si certains pensent qu'il parlait Trinité avec saint Remi et regardait sa femme faisant du crochet au coin du feu...

J'espère que la Gallia irradiata vous a appris qu'on ne savait rien du clergé séculier mérovingien dans le nord de la Gaule. Mais on sait que la plupart avait femme et enfants, soumis au laïc qui avait financé l'église du lieu.
En bon médiéviste, Ch. M. reprend aussi les dossiers des listes épiscopales, et à la remorque de Mgr Duchesne (je sais que cela fera plaisir à ceux qui ont le pistolet à anathème sur le côté), fait place nette à tous les faux évêques historiques et aux faux saints.
St Vaast n'était pas plus évêque d'Arras que je ne suis pape. En revanche, on peut comprendre pourquoi on eut intérêt à l'inventer et à le faire croire.
Je viens d'aller voir la notice védastienne de wiki, c'est effrayant. Et ne comptez pas en biblio à y trouver Charles Mériaux... "selon la légende" etc. J'adore le mille-feuilles, mais chez le pâtissier. Dire que des étudiants vont se servir de cela au lieu d'aller à la BU...

Je ne suis pas bien sûr que les Bretons du Ve s. avaient des convictions bien chrétiennes, comme ceux des confins de la mer du Nord... Le monachisme commence à peine en Gaule. C'est le brouillard avant longtemps pour approcher la foi des gens et leurs pratiques. Et c'est d'ailleurs un problème chronique. Celui qui me dit que la France est un "pays catholique" au XVIIIe s., au XIXe s. ou de nos jours doit être myope sur les bords. Il faudrait s'entendre sur l'expression, sans pour autant vouloir des familles formatées à dix enfants tous bien élevés et propres sur eux. Du côté Bourbon, cela n'entrerait pas dans ce cadre, pour commencer, en raison de leur infertilité chronique. Les Orléans sont fertiles mais consanguins comme la branche aînée...



images/icones/fleche2.gif  ( 953928 )[réponse] par Vexilla Galliae (2022-10-09 11:48:44) 
[en réponse à 953927]

Nos propos sont nos propos et ceux de Charles Mériaux sont ceux de Charles Mériaux, il n'y a pas d'ambigüité là-dessus. Nous ne connaissons pas les convictions, ni politiques, ni religieuses, de cet historien, et ne prétendons pas les connaître, encore moins les partager.

PS : Nous nous sommes arrêté à la troisième ligne de votre message, par manque de courage et de masochisme, nous ne pouvons donc répondre pour les autres questions, reproches, insultes, critiques et/ou autres propos plus ou moins organisés, sensés et compréhensibles...
images/icones/hum2.gif  ( 953918 )Vous n'avez rien compris à ce que Luc Perrin par JVJ (2022-10-09 09:45:51) 
[en réponse à 953912]

a écrit, et vous l'insultez... Vous êtes dans votre sillon, et êtes incapable de réfléchir, ou même un jour de penser contre vous-même (je vous accorde une pensée).

Un monarchiste aussi éthéré que vous doit considérer que la France n'existe plus aujourd'hui (je ne suis pas loin de le penser, en tout cas, il n'y a plus d'Etat et beaucoup d'usurpateurs).

Je préfère être de son côté, s'il veut bien me laisser un tabouret, plutôt que des raides qui s'accaparent une idéologie qui a plus à voir avec Franco et Salazar, friands de pluralisme politique et de nationalisme dit catholique, qu'avec la monarchie...

Il faudrait "rétablir" aussi un roi aux Etats-Unis et au Chili...
J'ai cité San Marin ou la confédération helvétique dans le même esprit comparatiste.
Allez demander à st Augustin ou à st Benoît s'ils militent pour une Europe ou une Afrique du Nord monarchique ! C'est tout ce que l'on dit. Ne me dites pas que vous croyez au pré carré de toute éternité préparé depuis les temps apostoliques ?

Depuis quand LP a-t-il écrit que la France commençait au XIXe s. ?

Vous avez beau citer des historiens, cela n'impressionne personne. On serait impressionné si vous étiez capable de lire les mêmes sources qu'eux, avec le même esprit critique.
Vous faites un grande découverte en parlant des Francs... seule la propagande républicaine en préfecture et un peu partout y croit, mais chacun sait que Louis XIV est français. Clovis ne l'était pas, pas plus que Charlemagne. Ils étaient francs.

Je connais très bien Charles Mériaux (que vous citez sait-on pourquoi car son propos défoncerait une porte ouverte ?) et Rolf Grosse m'a fait travailler pour les comptes rendus de Francia. Et vous ?

Nos ancêtres les Francs (à partir de l'invasion de Clovis de la région située entre la Loire et la Meuse...), évidemment, mais cela se complique si vous êtes savoyard, alsacien, bretons ou niçois.

Les idéologues, en liturgie comme en pseudo-histoire, ont oublié la chronologie, les sources et les cartes. Tout ce qui n'entre pas dans leurs théories, façon Maurras (qui est un grand bonhomme injustement saqué par l'Eglise de Rome et quelques évêques...), mérite le mépris. Cela vous fait un point commun avec LFI et Robespierre.
Vous instrumentalisez l'Histoire au profit d'une idéologie, qui a peu à voir avec l'histoire compliquée de nos rois. La loi salique fait un peu penser à certaines inventions liturgiques ou à la donation de Constantin : prière de croire que c'est très très ancien, et non pas une invention de telle époque en raison de tel contexte.

Vous reprochez d'en être au XIXe s. alors que vous jugez utile de publier un texte oublié du... XIXe s. en laissant croire qu'il est de la moindre utilité pour aujourd'hui.

Il serait bon que vous nous disiez de quelle période et de quelles sociétés vous êtes spécialiste. Pas du XIXe s., car vous avez oublié les changements de régime de la France et que votre Augustin était encore moins lu que Bloy (qui, lui, n'était pas plus monarchiste que Barrès). Vous nous ferez aussi un petit paragraphe sur l'abdication de Charles X, qu'il a ensuite annulée dans un esprit de grand sérieux... Parlez-nous aussi du flair du comte de Chambord dans les années 1870. Cela m'a permis de méditer dans l'église qu'il a construite loco citato puis devant son trône neuf et vide. Il aurait dû dissoudre l'assemblée et gouverner "seul" en autocrate, ce qu'aucun roi de France n'a jamais fait.
images/icones/nounours.gif  ( 953930 )Saint Benoît républicain ? par jejomau (2022-10-09 13:41:02) 
[en réponse à 953918]

J'aurais tout vu !

Moi aussi j'aurais dû m'arrêter à la troisième ligne
images/icones/1e.gif  ( 953934 )LFI ! Vous n'en êtes pas très loin par baudelairec2000 (2022-10-09 14:11:08) 
[en réponse à 953918]

merci pour cette réponse ! Cela part dans toutes les directions. Vous êtes tellement confus et agité que vous me prêtez une référence à Charles Mériaux. Vous devez vous tromper de contradicteur.

Je suis heureux d'apprendre que vous le connaissez ainsi que Rolf Grosse. Quel carnet d'adresses! Très impressionnant. On se demande bien qui a le melon.

A la revoyure.
images/icones/1n.gif  ( 953950 )Pardon mais… par Luc de Montalte (2022-10-09 19:22:30) 
[en réponse à 953912]

… M. Perrin a cité la république de Venise, les cités-États du Moyen Âge qui ne datent pas du XIXe à a connaissance. Rappelons qu’à Lépante que nous commémorions récemment, le roi de France n'était pas là, il préférait s'allier aux Turcs. Venise et Gênes, si.
images/icones/1a.gif  ( 953922 )ma position sur le sujet par jejomau (2022-10-09 10:03:55) 
[en réponse à 953910]

se réfère à celle de Sainr Thomas d'Aquin qui donne clairement sa préférence à un régime de forme royale parce qu'il est le régime qui reproduit le mieux le gouvernement divin.

Personnellement je fais mienne cette position.

Léon XIII, à son époque, avait bien compris que les troubles qui agitaient alors la France (et d'autres puissances européens) trouvaient leur source dans la Révolution et qu'il était important maintenant de trouver une stabilité pour permettre la ré-évangélisation et la christianisation de ces pays. Au fond le régime politique devenait secondaire pour l'église.

Maintenant je ne sais pas s'il aurait fait le même choix s'il avait su que le ministre du Roi, le Seigneur, allait devenir le "président d'une assemblée" dans le cadre de la liturgie réformée par Vatican II. Là, la Révolution parachevait son œuvre... dans le sein de l'église même

Quant à Montesquieu, loin d'être un idiot, s'il donne sa préférence au système démocratique, il précise bien toutefois que ce régime ne peut marcher que si le peuple est vertueux. Sans quoi, ce régime tournera ensuite à la dictature.

Un vrai prophète, non ?
images/icones/1e.gif  ( 953938 )Un sujet stratégique par Rex Vaincra (2022-10-09 16:53:57) 
[en réponse à 953885]

Vexilla Galliae bonjour,

Cet ouvrage est surement très intéressant pour ceux qui étudient l'histoire des idées et réflexions autour de s régimes politiques en France.
Mais la messe est dite. On peut le regretter, porter cilice et traces de flagellations, militer dans des groupuscules.
Mais voilà…
La France est une république.
Pas la peine de convoquer l’Eglise sur ce sujet.
Next. On passe à autre chose/ je pense comme 98% de la population française, il y a surement des sujets plus importants que cette recherche d’une tête couronnée…
O, Vive la République.