Homme de l'appareil... Pardon, Préfet de la Maison Pontificale, adsum.
Il est souvent le derrière entre deux chaises. Il se permet aussi, pourquoi pas, de rapporter entre guillemets des paroles de SAINT Paul VI qui, a posteriori, ne sont pas du tout à l'avantage des fruits du concile et du pape... On doit donc louer son honnêteté, sans doute involontaire.
On voit qu'il lit Rivarol tous les jours, d'ailleurs.
Je recommande vraiment ce livre, source comme une autre, et du plus près des papes.
On dirait qu'il ne connaît pas le principe de la boîte de Pandore...
Sous Paul VI :
p 138 : citant le pape : "Si vous saviez quelle souffrance c'est pour moi, cette démolition de l'Eglise par le dedans, de la part de ceux qui devraient la défendre !" (il cite même en italien)
au sujet de l'abandon du célibat des prêtres dans l'Eglise : "j'espère que Dieu me rappellera à lui avant de voir cela".
Je viens de parcourir rapidement ces pages, on retrouve les mêmes demandes formulées aujourd'hui : mariage, messe-symbole... A ceci près qu'on sent le pape actuel provoquer les demandes !
Paul VI ne comprend pas le colloque des théologiens de Concilium de septembre 1970 (eh ben...).
Défection de quatre Jésuites professeurs à la Grégorienne, svp.
Paul VI n'a pas dormi de la nuit le 1er juillet 1976 avant de sanctionner Mgr Lefebvre.
Au sujet de son credo, le pape lui-même dira plus tard à Martin :"il y a deux lacunes dans ce Credo : l'existence du diable et l'existence de l'enfer".
C'est à cela qu'on voit que le livre est honnête.
On parle de soviet français à la curie, dont Martin serait le chef.
p 151 (on a le droit de me dire merci ! surtout ceux qui n'ont pas le bouquin, ce qui est fou...)
l'humilité du pape l'amenait à s'en remettre au jugement des autres (comme Benoît XVI, NDLR).
deux exemples
"Le premier, ce fut la suppression de l'octave de la Pentecôte (les plus belles messes du Missel !) dans la nouvelle liturgie. Il en avait été comme moi surpris et peiné. "Ah, vous aussi", me dit-il, et il ajouta plaisamment : "siamo alleati ! (,nous sommes alliés)", en me conseillant de lui écrire. Et il écrivit lui-même à Bugnini, le grand auteur de la réforme. Bugnini expliqua que l'octave avait été remplacée par une neuvaine préparatoire... A quelque temps de là, revenant sur le sujet, Paul VI m'expliqua qu'ayant réuni dans une commission pour la réforme liturgique les plus grands spécialistes des principales nations, il était moralement obligé de s'en remettre à eux. Et l'octave de la Pentecôte ne reparut pas..."
Ce genre de passage prouve qu'on est dans le témoignage honnête, pas dans l'hagiographie à décharge comme on sait faire ici et là.
J'avais oublié que Paul VI avait rendi l'étendard (pourquoi le singuler ?) pris aux Turcs à Lépante, à la Turquie quand il s'y est rendu.
Genre de restitution illégale (et immorale) digne d'E. Macron avec les potentats africains.
p 189 : novembre 1968. Extension du climat de "contestation" à un point presque incroyable : les deux provinciaux des jésuites d'Allemagne refusent de transmettre à leurs religieux la lettre du général de la Compagnie commentant Humanae vitae !
Maintenant, le problème est réglé : plus de provinces jésuites en Allemagne.
On se souvient que ce fut un jésuite, teilhardien, qui a répandu la bonne parole au texte co-écrit avec le pape, en France.
AVril 1969. Continuation des extravagances (au sujet d'un article des Etudes qui trouve qu'un prêtre quittant son ministère n'est pas une faute).
"Le scandale est moins dans ces extravagances que dans la connivence de l'autorité".
Eh ben ! Cela n'a pas une ride.
Décembre 1970
"Toute une campagne en effet est menée pour arracher aux évêques l'ordination d'hommes mariés, d'où on passera au célibat "optionnel", c'est-à-dire au mariage des prêtres... en attendant l'ordination des femmes !"
Ben oui, Eminence, il fallait y penser avant...
Dieu se rit etc.
On comprend aussi qu'en France, Belgique et Allemagne, les vieux de la vieille pensent aux révolutions de leur jeunesse, comme un dernier chant du cygne, à ceci près qu'ils pensent avoir un soutien chez le pape (qui manque encore un peu de courage et d'audace évangélique...).
1 nov 1970
"Titre proposé pour la récente assemblée de l'épiscopat français à Lourdes : "le virage de l'Eglise de France vers le socialisme". Monseigneur Jenny 'Cambrai) qui en arrive, me décrit la pression à outrance la "base" pour un christianisme politique et socialisant" etc
(pardonnez de ne pas tout transcrire...)
Si la chose est vrai, des procès devant les officialités ne seraient pas de trop contre les évêques d'alors sinon leur mémoire !
Je n'avais pas le souvenir d'avoir lu cela dans Pelletier, toujours prêt à chouigner sur les chrétiens de gauche qui disparaissent.
Encore une pour la route (il n'y a pas plus vachard que des clercs entre eux, au plus haut des degrés, et c'est très bien ainsi...)
Il rapporte en 1963 le confiteor d'Ottaviani :
Bea culpa, Bea culpa, Bea maxima culpa.
Le Salve regina des Pères conciliaires :
Jesum nobis post hoc Concilium ostende !
(j'espère ne pas tomber sous le coup d'un anathème en rapportant ces paroles blasphématoires n'est-ce pas...).
Les cardinaux Ruffini et Ottaviani en barque durant la tempête. Les deux tombent à l'eau. Qui est sauvé ?
- La barque (L'Eglise) !
La mort de Jean-Paul Ier tient en deux phrases (on a connu plus loquace à ce poste...).
Vu des bureaux moelleux du Vatican dans les années 70, ce genre d'ecclésiastique pouvait penser que la barque pourrait tenir et que le concile, bon gré mal gré, avait enlevé quelques poussières à peine... Ses relations avec la France l'ont fait déchanter très vite, mais il était tenu par le système et la politique du cliquet.
Si Paul VI était mort en cours de concile ? Si, si, si...
Vu de Paris, on a aussi l'impression que les églises sont pleines... et vu des réunions à Lourdes, on a la certitude qu'il a une centaine de combattants prêts à en découdre avec le Siècle et le grand effondrement (pour suivre la conversation du club des hommes en noir). La capitulation au sujet des obsèques pendant le covid m'a encore plus scandalisé que l'interdit des messes. Les évêques, sauf exception, se sont comportés en bons petits citoyens macronistes (imagine-t-on une présidente MLP exiger à toute une société de se confiner, sans les tribunes épiscopales dans La Croix ?). Ma tante et ses enfants n'ont pu aller embrasser une dernière voir mon oncle en réa, car celle-ci était interdite à toute personne (des soignants, même débordés, n'étaient pas d'accord, mais le directeur de l'hôpital aurait appelé la police, et la gendarmerie contrôlait les routes, souvenez-vous, empêchant des fils d'enterrer leur père dans un autre département. "On vous appellera quand il sera mort". Et de fait. Des gens, comme un moine de St-Benoît-sur-Loire, n'ont pas eu de toilettes funèbres et furent inhumés en pijama.
