Le Forum Catholique
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Le transgendérisme n'est qu'un avatar de l'idéalisme via le nominalisme par Candidus (2022-09-29 09:41:05)
En vertu de quoi sommes-nous « homme » ou « femme » ?
Deux réponses s’affrontent à notre époque : celle des transgendéristes qui se rattachent au courant nominaliste médiéval, et plus généralement à celui de l’idéalisme, et celle des réalistes, prônée par des conservateurs essentialistes qui se retrouvent à cette occasion unis aux modernistes (rationalistes progressistes qui dans la filiation de la philosophie des Lumières demeurent rétifs au nihilisme postmoderne).
Les premiers, les transgendéristes, considèrent que ce qui fait l’homme ou la femme, c’est l’énoncé performatif, l’autodésignation autoréalisatrice, l’« identification » d’un individu à un nom qui ne serait qu'un simple « flux verbal ». Autrement dit, il n’existerait aucune réalité objective qui s’imposerait au sujet pensant sous les noms d’« homme » et de « femme » ; ces mots ne seraient que des étiquettes interchangeables (« fluides ») au gré de chacun, même si dans la réalité les tenants de cette position réintroduisent subrepticement une forme d'essence de la masculinité et de la féminité en mutilant leur corps par exemple, afin de le mettre au diapason de leur ressenti, ce qui indique qu'il y aurait bien des "corps d'homme" et des "corps de femme" supposant un lien entre le biologique et le genre, nié pourtant par le transgendérisme.
Les seconds, les réalistes, affirment qu’il existe des réalités physiques voire métaphysiques qui s’imposent au sujet pensant sous les noms d’« homme » et de « femme » qui les désignent.
N’est-il pas fascinant d’observer que neuf siècles après la Querelle des Universaux, vingt-quatre siècles après l’affrontement entre Platon, idéaliste, et Aristote, réaliste, le monde des idées se trouve toujours divisé entre les tenants de ces deux philosophies de la connaissance, déclinées depuis sous des formes multiples et variées ?

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idéalisme et matérialisme ? par jejomau (2022-09-29 10:41:56)
[en réponse à 953336]
Vous notez avec justesse que "les tenants de cette position réintroduisent subrepticement une forme d'essence de la masculinité et de la féminité en mutilant leur corps"
Bien sûr, puisque les tenants de cet idéalisme sont obligés de rejoindre le matérialisme pour entrer dans la réalité vécue par l'humanité au quotidien.. via ici le transhumanisme dont le transgendérisme cité là n'est qu'un aspect dans la tentative de créer une espèce d'être interchangeable à volonté en attendant le but encore lointain de l'immortalité recherchée
Je le vois plutôt ainsi

( 953339 )
c'est juste mais ... par Luc Perrin (2022-09-29 10:42:47)
[en réponse à 953336]
Vous faîtes beaucoup d'honneur aux monstres promoteurs du transgenrisme qui est devenu une marque distinctive assumée et de plus en plus imposée aux enfants mineurs et très jeunes (8-13 ans) par le régime américain de Joseph Biden, celui qui fait sauter des gazoducs aussi et lance des guerres pouvant aboutir à l'apocalypse nucléaire.
Vous avez pleinement raison quant au rapprochement philosophique qu'eux-mêmes ne font pas. Toutefois il y a une différence de taille avec la querelle autour du nominalisme au Moyen Âge : elle ne débouchait pas sur des applications pratiques dans le monde d'ici bas. Cela restait une joute intellectuelle entre une poignée d'érudits dispersés à la surface de l'Europe.
Cette fois, la chimie et la chirurgie contemporaines aidant, la folie de se prendre pour Dieu et de prétendre usurper sa place et ses pouvoirs - cf. l'effrayant Homo deus de Noah Yoval Harari qui a théorisé tout cela et se trouve être un des plus jeunes penseurs autour de Klaus Schwab du Forum économique mondial - trouve une application.
Le transgenrisme mutile à grande échelle aux USA : c'est devenu une industrie avec le plein soutien du pouvoir actuel qui a institué une journée de célébration du transgenrisme et impose un étrange drapeau que les représentations diplomatiques états-uniennes arborent à l'occasion et qui est répandu dans les écoles primaires, collèges, lycées et universités. La violence du transgenrisme américain sur les enfants est telle que des groupes homosexuels hostiles au transgenrisme ont fait leur apparition.
La grande bataille scolaire aux USA porte là dessus principalement avec le concept "nouveau" (sarcasme) de "parental rights" (droit parental) que des mères et pères opposent aux bureaux scolaires qui prétendent inciter et parfois mettre sous produits chimiques des enfants sans consentement des parents et à leur insu. Plusieurs états ont ainsi fait inscrire comme en Floride les droits parentaux dans la loi. La bataille porte également sur une éducation néo-raciste qui vise à opposer "blancs" et "people of colour" (POC). La politique de frontière ouverte au Sud est à relier avec cela.
Cela a pris une tournure si extrême qu'on approche d'un "semi fascisme" pour citer J. Biden parlant de ceux qui s'y opposent fort justement au nom de la loi naturelle, de la Bible et des autres textes de référence des autres religions ou du simple bon sens. Le "semi fascisme", c'est bien entendu lui et son régime qui a pris une tournure sans précédent en moins de deux ans.
Bref on est passé de la disputatio théorique entre une micro-minorité de savants aux ... travaux pratiques à échelle industrielle et perspective mondiale.
Tout récemment, la semaine passée, au Texas dans la First Christian church à Houston, une cérémonie style cabaret avec parade de transgenres à moitié nues a eu lieu dans une église (protestante) pleine pour "édifier" les jeunes.
En 2021, un synode californien a élu le premier évêque luthérien de l'ECLA (Église évangélique luthérienne d'Amérique), la structure luthérienne la plus "nominaliste"-libérale-radicale existant outre Atlantique. "Ils" - la Révérend-e Megan Rohrer s'autodéfinit au pluriel "they" - étaient le premier pasteur transgenre admis de cette Église en 2014.
D'une certaine façon, comme toujours, la voie est tracée pour le néo-catholicisme "californien" qui se déploie aujourd'hui. On ne se revendique plus de Guillaume d'Ockham - à vérifier si Harari l'athée militant y renvoie - mais on le met en oeuvre d'une façon qui aurait sans doute horrifié tous les nominalistes médiévaux parce que la Modernité qui reprend la tentation exprimée par le démon dans la Genèse entend défier Dieu tandis que les nominalistes d'antan restaient des chrétiens fervents.
Le dernier cardinal états-unien nommé en 2022 par le Pontife régnant est Mgr Robert W. McElroy évêque de San Diego en ... Californie.
McElroy, un néo-catholique affiché, avait été choisi par Benoît XVI (bien mal inspiré dans cette matière comme la plupart du temps) en 2010 comme évêque auxiliaire de San Francisco et translaté au siège de San Diego en 2015 par François qui n'a eu qu'à puiser dans le vivier que ses deux prédécesseurs avaient bien tristement constitué.
La devise épiscopale conservée du cardinal McElroy est "dignitatis humanae", tout un programme et bien en rapport avec l'idéologie woke qui opprime au nom de la dignité justement.

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Le syndrome de la coquille vide par Candidus (2022-09-29 14:29:58)
[en réponse à 953339]
Le nominalisme médiéval certes "ne débouchait pas sur des applications pratiques", mais si on le considère de plus près, il les rendait possible.
La nature a horreur du vide, une fois que le concept (« l'homme », « la femme » en l'occurence) fut réduit à une forme vide, un appel d'air était créé qui devait immanquablement conduire notre subjectivité à le combler. Subjectivité toujours plus toxique et délirante au fur et à mesure que l'homme occidental s'émancipait de la Révélation chrétienne.

( 953363 )
Sans doute par Jean-Paul PARFU (2022-09-29 15:11:50)
[en réponse à 953360]
Avez-vous raison. Mais n'oubliez pas quand même qu'avant la Révélation chrétienne, les hommes savaient ce qu'est un homme et une femme.
Ce qui pose problème, c'est une société qui s'élève, puis qui apostasie. Elle devient pire, alors, que ce qu'elle était avant sa conversion.

( 953365 )
Le rejet de Dieu par jejomau (2022-09-29 15:33:47)
[en réponse à 953360]
Le subjectivisme est de toutes les époques. Platon déjà le définit à merveille.
Il me semble surtout que c'est l'athéisme contemporain, depuis que Marx le théorise, qui permet à l'homme d'être coupé (déraciné) de tout lien à ce qui est. Désormais il s'autorise toutes les folies et surtout peut se permettre de mettre en œuvre ces folies car la masse suit et participe, collabore, à ce que pensent et décident sur ces sujets leurs élites (en particulier scientifiques)

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Certaines victimes, grâce à Dieu, se rendent compte par Jerailu (2022-09-29 11:06:49)
[en réponse à 953336]
de l'erreur qu'est cette chose !
Provenant d'un forum dédié aux personnes désirant inverser le processus de transition médical, quelque témoignages (traduits en français par mes soins, j'ai choisi de laisser tout les mots crus).
31/05/2022: Ma poitrine me manque tellement-De Grublove
Je suis assise sur mon lit et je pleure parce que mes seins me manquent. J'ai été opérée à 18 ans, j'en ai maintenant 27. Même si je décidai d'avoir une poitrine artificielle, ces seins ne seraient pas les miens. Je veux qu'on me rende les miens. Non seulement ils m'appartenaient, mais ils étaient beaux. Je ne les aurai jamais de nouveau. Jamais.Je n'ai pas pensé que cela pourrait m'arriver [la détransition], j'ai toujours été certaines à 10 000 000% d'avoir prise la bonne décision. Mais ces dernières années j'ai enfin réalisé que ça ne l'était pas et c'est putain de dire de le digérer et de l'accepter. Je suis dans une phase de ma vie où je fais le deuil de mon ancien corps. Il me manque tellement. Je regarde les femmes de nos jours, n'importe quelle femme et je suis complètement jalouse. Au-moins, elles ont encore un corps naturelle. J'ai l'impression d'être une imposteur, comme si je ne pouvais même pas prétendre que je suis une fille alors que c'est le cas. Ma voix est déréglée, je n'ai pas de seins, j'ai toujours peur de ne pas être reconnue comme une femelle alors que j'en suis une. Je regrette tellement ma transition, ça me bouffe de l'intérieur.
26/06/2020: Je suis en colère-De ResetEarthPleaz
Je suis en colère parce que je suis un homme majeur et vacciné avec des putains de nichons. Je suis en colère parce que je me hais de m'être laissé fait endoctriner par la section transexuelle de Reddit [le forum d'où proviennent les témoignages] qui a mis le merdier dans mon corps. Je suis en colère parce que le corps médical n'a pas su m'aider.
Je sais que je suis responsable de mes actes, mais les médecins sont supposés savoir mieux que moi ce qui est le mieux pour moi. La politique du «consentement informé», qui est en-réalité dès qu'on donne le feu vert une usine à prescription d'hormones, est plus qu'irresponsable.
J'étais un alcoolique vulnérable avec son lot de TOC et encore bien d'autres maladies mentales, et pourtant, tout ce qu'ils m'ont donné comme solution c'est «bah, prend ces pillules qui te donneront des tétés ^_^». J'ai pris dans les 100 livres [dans les 45 kg] à cause du manque de testostérone et j'ai maintenant un bonnet D. Je ressemble à un monstre.
Que je sois maudis si dans la décennie qui vient il n'y pas de jeunes adultes comme moi qui foutent des procès au cul à droite à gauche aux médecins qui sont responsables de ça. Je déteste le fait que je fasse parti de cette expérience bâclée à grande échelle.
J'arrête de me plaindre. Désolé, je suis bourré.
30/05/2021: Pourquoi personne ne m'a dit la Vérité sur la transition hormonale ?-De 02jackwinchester
Je n'ai pas transitionnée parce que je voulais être un mec, j'ai transitionnée parce que je voulais être un mâle. Je pensais que j'aurai dû naître comme ça, et je détestais le fait que je sois née dans le mauvais corps. Pourquoi personne ne m'as jamais dit que mon corps était normal ? Que, peu importe comment je me sentais par rapport à celui-ci, l'idée n'allait mener nul part ?
Les principales choses sur lesquelles portaient ma dysphorie [le nom de la maladie mentale de ceux qui ne ressentent pas être dans le bon corps] étaient en fait biologique. Je n'aurai jamais de chromosomes XY. Je n'aurai jamais de pénis. Je ne serai jamais un père. Et pourtant j'ai persisté ? Pour quoi ? Ce dont j'avais besoin, c'est d'accepter que je suis une femme. J'ai passée des années à me haïr, je croyais que la transition pourrait me soigner mais ça n'a jamais été le cas.
Je haïssais les hommes parce qu'ils étaient des mâles. Je haïssais les femmes parce qu'elles étaient cisgenre [qui ne souffrent pas de dysphorie: les gens normaux] et arrivaient à l'accepter. J'aurai juste voulu que quelqu'un ait l'intelligence de me dire que ce n'est pas la transition qui aurait pu régler quelque chose. Je n'avais pas besoin de me changer, j'avais juste besoin de m'accepter comme je suis née. Et maintenant que c'est fait, j'ai l'impression d'être une idiote pour m'être poussée moi-même dans cet Enfer sur la Terre et je souhaiterai pouvoir retourner dans le temps pour me dire tout ce que je vous dis avant que je ne ruine inutilement ma vie.
Ces quelques témoignages, qui se comptent par centaines rien que sur ce forum, montrent à quel point ces personnes souffrent. L'idéologie trans est une arnaque !
In Christo,
Jerailu, bien dans son corps.

( 953346 )
C'est faire beaucoup trop d'honneurs par Jean-Paul PARFU (2022-09-29 11:47:21)
[en réponse à 953336]
comme l'écrit Luc Perrin, aux monstres qui ont produit cette idéologie que de la mettre sur le même plan, ou quasiment, que la loi morale naturelle, même si ce que vous dites n'est pas faux, bien entendu. En fait, vous avez raison sur l'analyse philosophique, mais vous donnez aux tenants de cette vision prométhéenne de l'homme, une trop grande importance. On pourrait presque vous reprocher un certain Manichéisme, au sens où vous mettriez face à face un dieu du Mal et un dieu du Bien. En outre, je ne pense pas que Platon aurait admis d'être considéré comme l'un des parrains de ce courant.
Selon un certain nombre d'auteurs, cette idéologie qui n'existe que dans le monde occidental vous le remarquerez, est apparue d'abord aux Etats-Unis. Cette folie, qui fait partie de la culture "Woke", est issue d'un post-protestantisme néo-puritain.
- La cause primordial, est que l'homme, à cause du péché originel, peut avoir du mal à se situer dans la nature. Pascal répond que "L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête".
- La cause secondaire, c'est, comme j'y reviens souvent, la confusion entre l'ordre naturel et l'ordre surnaturel. "Au Ciel, on est comme les Anges et on ne se marie plus". En vue du Ciel, "il n'y a plus ni juif ni Grec, ni homme ni femme, ni maître ni esclave". Cependant, sur Terre, on se marie et on ne vit pas encore comme les Anges, et il y a toujours, notamment des hommes et des femmes !


( 953386 )
Influence marxiste aussi, dans tout cela. par Paterculus (2022-09-29 22:31:40)
[en réponse à 953336]
Thèse : société dominée par les capitalistes ;
Antithèse : dictature du prolétariat ;
Synthèse : société sans "classe".
Thèse : société dominée par les mâles ;
Antithèse : société dominée par les femelles ;
Synthèse : société sans "genre".
Nos Zéliths sont toujours aussi tordues.
Votre dévoué Paterculus

( 953414 )
oui par jejomau (2022-09-30 14:08:03)
[en réponse à 953386]
Très exactement issu de Gramsci qui theorise la révolution culturelle... qu'il faut entendre dans son sens le plus large possible. La culture, ce n'est donc ainsi pas seulement les arts mais aussi l'aspect sociétal.