Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=953140
images/icones/bible.gif  ( 953140 )Un petit extrait de Lk 16, 19-31 (parabole) par AVV-VVK (2022-09-25 19:25:25) 

Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham

Source: AELF
En raison de quelle "vertu" précisément ce pauvre Lazare fut-il emporté au ciel ? Son sort misérable donc semblait suffire.
Merci.
images/icones/neutre.gif  ( 953155 )Et où avez-vous vu que c'était une parabole ? par jl dAndré (2022-09-25 21:36:49) 
[en réponse à 953140]

C'est une histoire vraie et qui se produit sans doute juste avant que Notre Seigneur la raconte.
Il ne cite aucun nom dans aucune parabole !
Révèlerait-il le nom du pauvre "Lazare" si ce n'était qu'une parabole ?
Et s'il ne révèle pas le nom du mauvais riche, c'est parce que ses cinq frères sont dans l'auditoire et qu'il espère toujours les convertir en dépit de la terrible prophétie d'Abraham.
images/icones/fleche2.gif  ( 953162 )Une parabole par AVV-VVK (2022-09-25 23:28:54) 
[en réponse à 953155]

(E.a.) Ici
images/icones/1a.gif  ( 953176 )Ses dispositions intérieures seules comptent par Glycéra (2022-09-26 13:54:06) 
[en réponse à 953140]


Le "pauvre" Lazare n'est pas sauvé par son adjectif. Ce serait du marxisme canonisant d'une procédure pharisaïque !

Certainement Jésus, qui lit dans les coeurs, perçoit que ce malheureux n'avait pas récriminé contre Dieu qui lui avait laissé cette condition affreuse et douloureuse.

Trois points pour avancer, pour se soigner, pour guérir :

Accepter sa condition, son inconfort, sa douleur.
Accueillir ce qui est, écouter le message qui y transparaît.
Aimer ce qu'y dit la vie, qui est la Vie, donc le Seigneur.

Enlever un des points casse tout, et ne met pas sur le chemin. Nul ne peut acquérir le "salus" (latin, c'est à la fois salut ET santé) en enlevant une des trois lignes de conduite.

Les thérapeutes le savent (sauf les médicastres à la solde des chimies industrielles), et tout soignant vise à indiquer ce chemin au patient qui demande son aide pour aller mieux, pour aller bien, pour marcher vers son but salutaire.


Parabole ? Figure géométrique, qui reçoit le parallélisme des rayons pour les concentrer en un point, nommé "foyer" où vient cuire le sens de la lumière proposée ... En algèbre, c'est encore plus: c'est du second degré !
(demander à un matheux de votre entourage si vous ne voyez pas mon dessin, ni le dessein de ceux qui parlent en paraboles)

Glycéra

qui apprécie vos efforts pour détailler ce que vous voulez dire quand vous postez un message ...
images/icones/fleur.gif  ( 953183 )Une belle interprétation par AVV-VVK (2022-09-26 16:47:24) 
[en réponse à 953176]

de cette parabole rhétorique dont la conclusion est brillante:
Abraham répondit :
‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.’ »

Néanmoins beaucoup de gens ne croient pas à un au-delà parce que personne n'en est revenue...
images/icones/1g.gif  ( 953184 )Pardon d'interférer par XA (2022-09-26 16:55:46) 
[en réponse à 953183]

mais il ne s'agit manifestement pas d'une parabole, mais bien d'une histoire vraie rapportée par le Christ. Et ce n'est pas parce que quelqu'un aurait employé cette expression que c'est vrai.
images/icones/fleche2.gif  ( 953185 )Selon Benoît XVI... par Chicoutimi (2022-09-26 17:32:21) 
[en réponse à 953184]

Il s'agit d'une parabole:


"Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité d’aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore." (Spe Salvi, n. 44: ICI)



Dire que c'est une parabole ne signifie aucunement que l'histoire n'est pas vraie. Notre-Seigneur n'a dit que la vérité, et très souvent en paraboles.

C'est un peu comme l'histoire de Job. Certains Pères de l'Église classèrent ce livre comme étant un livre historique, alors que beaucoup d'exégètes, aujourd'hui, le considèrent plutôt parmi les livres de sagesse. Il y a un questionnement légitime concernant le caractère historique d'un épisode biblique. Mais que ce soit historique ou parabolique, c'est toujours vrai car la Parole de Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper.
images/icones/fleche2.gif  ( 953186 )Ce n'est pas une "vertu" qui sauverait par Ion (2022-09-26 18:39:22) 
[en réponse à 953140]

Le nom de Lazare veut dire, en hébreu, "Dieu a secouru", il s'agit bien ici d'une parabole.

Le salut offert par Dieu est gratuit, il n'est pas donné en échange d'une vertu ou d'un mérite particulier. "Dieu a secouru" Lazare par pure et infinie bonté. Et Lazare a répondu oui à cette offre de salut. Contrairement au riche, qui n'a pas recherché comme bien ultime le salut et la gloire éternelle, mais sa propre gloire immédiate ici-bas, tellement occupé par cette recherche immédiate qu'il a quotidiennement dédaigné Lazare qui se tenait pourtant devant sa porte. Cette présence quotidienne et répétée de Lazare montre pourtant la patience de Dieu envers l'homme riche, envers nous tous, patience annoncée dans la Collecte de la messe de dimanche dernier où était proclamé cet évangile, patience dédaignée dans cette parabole.
images/icones/fleche2.gif  ( 953213 )le pauvre d'esprit par jejomau (2022-09-26 23:15:12) 
[en réponse à 953140]

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.
Amen.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 953230 )et pourquoi pas "simple d'esprit" ? Ah cette traduction ! par Glycéra (2022-09-27 11:24:43) 
[en réponse à 953213]



N'est pas mieux de traduire : celui qui a l'esprit de la pauvreté ?

Car c'est cela qui compte.
Etre avec "l'Esprit", le seul Vrai, le divin !

Jésus en est bien le modèle, lui qui ne possédait rien.
Il ne jouait même pas son "personnage", il était, c'est simple.

Devant son Père, Il ne possède rien, n'a même pas loué une pierre pour poser sa tête dans ses parcours sur nos chemins.

Jésus est tout "désapproprié", n'a rien en propre, est toute transparence, une vitre idéale, parfaite, pas un miroir qui bloque de son tain et qui renvoie une image, d'ailleurs inversée.

La vitre parfaite ne retient rien de la Lumière, elle laisse, elle donne tout ce qu'elle reçoit. Ainsi des saints.

Désappropriation ? mot que j'ai trouvé dans Maurice Zündel. S'il est long, et plutôt laid, ne dit-il pas à notre époque qui complexifie tant les données, quel est le sens de notre tâche intérieure ?

Agir selon le modèle divin, où le Père est tout donné à Sa création et à son Verbe qui est son Fils ; où le Fils n'a rien gardé pour lui, sa volonté même est déjà donnée, dès avant sa descente en Marie.

Aux siècles passés, on disait abandon (le saint abandon chez Dom Lehodey), renoncement (tout vider, chez Maître Eckhart), pauvreté (évangélique), dépouillement (Assise), etc. Des mots mal menés et malmenés, qui ont fait dévier la route des efforts à faire. Dévier de la route, c'est la racine du mot péché. Combien de directeurs ou de clercs mal-autoritaires se feront "remonter les bretelles" quand ils sauront le mal qu'ils ont fait dans les âmes conseillées, surtout si candides !

L'azare (assistant, aide, en hébreu, le *l* étant euphonique m'a-t-on dit) est la figure de celui qui fait confiance en tout, l'un pour revenir chez les vivants si "on" le ressuscite, ou l'autre pour y entrer, quand il passe la porte de la vie éternelle. Et ils sont des aides de Dieu ? Allez comprendre !

Oui, si l'on sait tout lâcher déjà en cette vie. Avant la mise en terre. D'ailleurs les juifs ne disent-ils pas "les cercueils n'ont pas de poche" ? les coeurs simples n'ont pas de replis, tout est clair en eux, et Dieu s'y voit.

Bonne journée à tous les liseurs, pardon pour les lourdeurs d'écriture.

Glycéra
images/icones/ancre2.gif  ( 953268 )Parabole ou non ? par Paterculus (2022-09-27 23:59:22) 
[en réponse à 953140]

J'ai toujours pensé que ce passage était une parabole.

Mais rien n'empêche qu'une parabole soit tirée d'un fait réel. Ainsi au chapitre 19 de son évangile, Saint Luc montre Jésus mettant en scène un personnage qui fait penser à Hérode premier le Grand.
Verset 12 :

Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.


Or Hérode tenait son pouvoir des Romains... et sa cruauté est avérée, pas seulement par le massacre des innocents rapporté par l'évangile.
Un autre passage de la parabole fait allusion à cette cruauté.
Verset 27 :

Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.”


Mais rien ne permet d'affirmer que le détail du prêt des mines soit historique.

Maintenant que dire des arguments de jl dAndré ?
Le nom de Lazare signifie "Dieu a secouru" : même si c'est le seul cas où un nom est cité dans une parabole, il peut être dans celle-ci en raison de sa signification, importante pour le sens de la parabole : le mauvais riche n'a pas secouru, Dieu l'a fait.
Le nom du mauvais riche n'est pas cité ? C'est normal, s'il s'agit d'une parabole ! Il y a une interprétation que j'aime bien : l'Evangile est le livre de vie, et les noms des damnés ne peuvent pas figurer au Livre de Vie...
Donc même si je ne considère pas ces arguments comme décisifs, je remercie jl dAndré de les avoir fait connaître.

Bref je me refuse à trancher.
Je garde les trois hypothèses : pure parabole, récit d'un fait réel, ou un mélange des deux.
Il faut respecter les mystères du texte sacré.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 953269 )Catena aurea par Meneau (2022-09-28 00:11:13) 
[en réponse à 953268]


" Il y avait aussi un mendiant nommé Lazare. " — S. Ambr. Il semble que ce soit ici une histoire plutôt qu’une parabole, puisqu’il y a désignation précise du nom. — S. Chrys. (comme précéd.) Dans la parabole, au contraire, on propose un exemple et on passe les noms sous silence. Le mot Lazare signifie qui est secouru ; en effet, il était pauvre et il avait Dieu pour soutien. — S. Cyr. Ou encore ce récit du mauvais riche et de Lazare, est présenté sous forme de parabole, pour apprendre à ceux qui possèdent de grandes richesses, qu’ils encourront une sévère condamnation, s’ils refusent de secourir les nécessités des pauvres. Une tradition juive rapporte qu’il y avait alors à Jérusalem un homme nommé Lazare, accablé tout à la fois sous le poids de l’indigence et de la maladie, et c’est lui que Notre-Seigneur prend ici pour exemple pour donner plus de clarté à ses divins enseignements.



Donc : pour St Ambroise et St Jean Chrys. une histoire réelle, et pour St Cyrille, une parabole basée sur un personnage réel.

Cordialement
Meneau
images/icones/ancre2.gif  ( 953314 )En faveur du caractère historique de Lazare... par Paterculus (2022-09-28 21:12:02) 
[en réponse à 953269]

... il y a le fait qu'il est l'objet d'un culte : les Ethiopiens le fêtent le 21 juin.
Par ailleurs il a donné son nom aux chevaliers de Saint Lazare, et par eux aux "Lazarets" - hôpitaux destinés surtout aux lépreux à l'origine.
(Source : "Dix mille saints", ouvrage des bénédictins de Ramsgate paru chez Brepols en 1991. Pour ce dont je peux juger, son érudition est bonne, mais ses interprétations sont parfois problématiques sans que je puisse déterminer si cela vient de l'original ou du traducteur.)
VdP
images/icones/fleche2.gif  ( 953319 )il y a Lazare et Lazare par Lycobates (2022-09-28 22:01:35) 
[en réponse à 953314]


... il y a le fait qu'il est l'objet d'un culte : les Ethiopiens le fêtent le 21 juin



C'est un argument, cher Paterculus, la liturgie (catholique !) étant sans doute aucun un lieu théologique, mais dans ce contexte il faudrait d'abord savoir de quels Éthiopiens il s'agit et depuis quand ce saint Lazare y est vénéré (les hérétiques et schismatiques ont leurs traditions multiséculaires aussi, mais qui ne sauraient faire poids) !
Peut-être vous pouvez nous renseigner davantage.

D'ailleurs de quel Lazare s'agit-il là ?

Du Lazare de Jean 11, ou de celui de Luc 16,19 ?
Les personnages ne sont manifestement pas les mêmes.

Personnellement je crois que le Lazare de Luc 16 est le personnage d'une parabole (ce qui n'exclut pas que ce personnage, ou des personnages semblables, exemplaires, aient pu exister au temps du Seigneur et pu inspirer cette narration, manifestement pédagogique), contrairement au Lazare de Jean 11, qui est un personnage éminemment historique (mentionné dans notre martyrologe au 17 décembre), mais, le consensus des Pères n'étant pas donné, la question sur le premier Lazare demeure libre.

(je mets en italiques les références aux Évangiles, parce que je cite les (apôtres et) évangélistes, non pas comme les saints hagiographes* qu'ils sont, mais, pour faire court, comme un simple titre d'ouvrage, vous m'aurez compris)

* autre acception de ce terme qui a fait l'objet ici d'une discussion forumesque : "hagiographe" dans le sens d' "auteur sacré (et inspiré)", donc fiable par excellence.
images/icones/ancre2.gif  ( 953320 )Il s'agit du Lazare de la parabole... par Paterculus (2022-09-28 22:11:44) 
[en réponse à 953319]

... qui n'est peut-être pas une parabole, et non du Lazare que Jésus a ressuscité. Celui-ci est l'objet d'une autre entrée dans le dictionnaire que j'ai cité.

Quels Ethiopiens ? Probablement et les monophysites et les catholiques. En effet quand des convertis d'une autre confession chrétienne forment un groupe dans l'Eglise catholique, ils reprennent la plupart du temps les livres liturgiques et les traditions du groupe dont ils viennent, en ne supprimant ou ne rajoutant que le nécessaire pour être vraiment catholiques. Mais mon dictionnaire est muet à ce sujet.

VdP
images/icones/fleur.gif  ( 953325 )La plupart du temps ... par Lycobates (2022-09-28 23:04:03) 
[en réponse à 953320]


En effet quand des convertis d'une autre confession chrétienne forment un groupe dans l'Eglise catholique, ils reprennent la plupart du temps les livres liturgiques et les traditions du groupe dont ils viennent, en ne supprimant ou ne rajoutant que le nécessaire pour être vraiment catholiques



Exactement.
Il faudrait savoir si le Lazare en question provient d'avant le Concile de 451 ou d'après.
Même si ce Lazare, quel qu'il fût (mais je crois qu'il y a, comme arrivé ailleurs, confusion avec le Lazare de l'évangile de Saint Jean 11, devenu évêque et saint pour de bon), est loin d'être un Photius ou un Palamas ...
images/icones/1b.gif  ( 953274 )Lazare ... plusieurs angles pour lire ce mot par Glycéra (2022-09-28 10:57:17) 
[en réponse à 953140]


Azar signifie "aide", assistant (en hébreu)

Lazare, ce riche et vaillant cousin de Jésus ? Anne-Catherine Emmerich dit même qu'il avait dans le pays un réseau d'auberges, et y a hébergé et nourri Jésus et sa compagnie lors de Ses marches évangélisatrices.

Lazare, ce pauvre mendiant (un lazarro est utilisé en italien), celui qui est là, que tant de passant passent et ne voient même pas. Quand il est vu, c'est que Dieu appelle.

Lazare le riche : Dieu donne, de manière visible, l'homme reçoit, quasi égotiste, sans devoir de retour.

Lazare le pauvre : Dieu donne, en donnant Son appel à l'aide ; il donne l'occasion de faire comme Lui, avec Lui, de donner, d'aider avec nos bras ou notre coeur. Service que Dieu nous rend ? Oui, cadeau que Dieu fait à notre journée, un présent quotidien, pour que nous ayons l'occasion d'une oeuvre divine en lui prétant forces, temps, ou biens pour aider. Et c'est celui qui donne qui reçoit le plus, car Il reçoit le plaisir de Dieu en donnant à Jésus, Seigneur, frère du demandeur qui mendie et qui aide ainsi.

Merci de l'occasion de voir mieux le parallèle.
Il n'y a pas de hasard, seulement des clins-Dieu ? ;-)