Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 953294 )La lente libération de la parole au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X par Bernard Joustrate (2022-09-28 15:38:22) 

La lente libération de la parole au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
Issue de la rupture de Mgr Lefebvre en 1988, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a été sollicitée dans le cadre des travaux ayant abouti au rapport Sauvé. Mais elle a refusé d’ouvrir ses archives, alors que les victimes d’abus commis dans ses rangs prennent la parole.

Un article de Pierre Jova pour La Vie, en libre accès, en cliquant ici.
images/icones/fleche2.gif  ( 953354 )Le diocèse de Bayonne a rejeté la CIASE ! par Cristo (2022-09-29 13:35:12) 
[en réponse à 953294]

Je l'ignorais et je trouve le geste louable au vu de l'amateurisme méthodologique (volontaire ?) de ses travaux.
Quant à la FSSPX, je peux comprendre ses réserves à elle aussi à condition qu'elle fasse le ménage en interne sans que jamais sa main ne tremble.
images/icones/1f.gif  ( 953371 )Une seule réaction, eh ben ! par JVJ (2022-09-29 17:59:46) 
[en réponse à 953354]

Et même aucune réaction pour dire à B.J. qu'il a eu tort de diffuser cette mauvaise rumeur, qu'il relaie le libéralisme et le relativisme.

Je me méfie des articles de presse et des sites privés qui balancent... même si je suis allé voir du côté peu reluisant du Gabon.

Pour faire bon poids, je signale que cette semaine Mansour Labaky a été renvoyé de l'état ecclésial par le pape (et j'espère bien qu'il a le droit !).

Prêtre maronite.

Condamné à 15 ans de prison par la justice française pour des crimes sexuels (comme c'est devenu très très très répandu).

Et ce type n'a pas le courage de se rendre à la justice, évidemment, et son évêque a été très timoré.
Qu'une journaliste de La Croix se taise quand elle parle d'un ex-prêtre lyonnais, puisque dans son livre, elle dit bien qu'elle savait tout de longue date (tout en n'écrivant rien au procureur !).

J'ai assisté à une conférence à Dijon dans un cercle catholique conservateur il y a plus de vingt ans.
Il était prodigieux et brillant. J'avais rarement entendu un prêtre parler aussi bien. Il s'agissait de la sainteté en France. J'ai encore en tête et sa soutane... Il nous disait : vous Français, vous n'avez pas le droit d'abandonner les combats, vous buttez sur la sainteté, à chaque pas qu'on fait dans votre pays, il y a des saints partout !

Et si cela se trouve, ce prêtre allait s'en prendre à des enfants quelques jours plus tard.

Les frères et soeurs de Saint-Jean n'ont pas fini de payer leur fondateur, son frère... Dans ma jeunesse, ils étaient les phares de bonnes revues de la Nouvelle Evangélisation.

Dans le cadre de ma préparation au mariage (fort sérieuse et hors paroisse NOM évidemment), le théologien que vous savez nous avait fait lire par exemple du Anatrella.
Ces livres sont partis à la poubelle.

Il y a haute trahison, un peu partout, et aucun lieu n'en est exempt, même là où Trente est partout à la bouche.

Et de grâce, que le procès par exemple du fondateur des chanoines de Lagrasse s'accélère. Y. Chiron parle de procès en cours depuis 2006 ! Et je n'avais rien entendu à ce sujet auparavant. Si l'abbé est innocent ? Et s'il est coupable, on se moque de qui ? (YC est bien informé et même dit avoir échangé avec l'actuel abbé). De fait j'avais trouvé drôle que dans le livre des écrivains en séjour à l'abbaye (excellente idée, mais la moitié est sans intérêt, Onfray prépare un livre particulier sur son séjour), il n'était jamais question de Wladimir. Cependant, certains s'étendent sur la fondation...

Il y aurait grand intérêt à faire un tri sérieux et drastique, car tout cela rejaillit sur l'Eglise et le clergé en particulier. Je connais au moins un évêque qui s'est fait insulter dans le métro, et quelques prêtres...

Il m'est arrivé de me trouver en photo à côté d'un religieux lui aussi réduit à l'état laïc, à qui on aurait bien donné la mitre. Il confessait notamment celui avec qui il couchait. Pratique.

Et dire qu'on exige de ne fauter avec sa femme que dans l'intention de procréer... Et dire qu'un adolescent ira davantage au Purgatoire s'il embrasse son amoureuse... Libéral !

Vu la pétaudière à Rome et un peu partout, je préfère mon libéralisme au pharisaïsme et au système vermoulu. Les officialités ont fait faillite à ne pas vouloir juger des cas relevant d'elles. Sur les rayons d'archives diocésaines, les archives d'officialité font jusqu'à une boîte pour cent ans ! Ouah...

Des évêques justiciers ont aussi la suspicion pratique contre des prêtres. On sait où cela peut mener (et globalement tout le monde s'en moque). La Vérité n'est même que rarement rétablie, y compris en des lieux bien catholiques... Quand le mal est fait, il est trop tard.

Ces mêmes évêques qui jouent aux prudes et signent des conventions, donnent des garanties... ont eux-mêmes pris connaissance d'anciens dossiers et muter des prêtres aujourd'hui réduits à l'état laïc, comme si de rien n'était. Mais comme la justice et les journalistes (surtout ceux de La Croix) ne sont pas du tout connaisseurs du fonctionnement ecclésial et qu'ils ne sont pas fichus de prendre le cursus d'un curé avec une chronologie, il est commode qu'un évêque régnant renvoie toute la responsabilité sur l'évêque émérite. Il arrive que ce dernier se sacrifie pour l'honneur de son ancienne Eglise, ce en quoi il est bien bête, car les frais d'avocat ne sont pas payés par l'ancien diocèse (j'imagine).

Même si c'est moins grave à mes yeux que de s'en prendre à un enfant et sans rapport avec la justice civile, les prêtres et religieux qui vivent avec femme ou homme, de longue date, sont aussi soigneusement protégés par une hypocrisie ecclésiale énorme. Les supérieurs ont déserté et ne mettent pas les gens en face de choix à faire. Dans les années 70, on pouvait envoyer aux études à Paris... On déplace un curé dans un autre diocèse sous couvert d'une jolie histoire (sans lui permettre de faire payer ses conférences). On a le droit de chuter (La puissance et la gloire, lisez !!!), mais qu'on essaie vaguement de le faire comprendre.

Et les diacres veufs qui vivent avec une nouvelle femme, qui concélèbrent à l'autel avec l'évêque. Je dois dire que les cas que je connais ne soulèvent absolument aucun intérêt chez les vieux laïcs pratiquants.

Punir et surveiller... les laïcs !

Entre la lamentable Ciase et les synodes, je me demande qui peut encore s'intéresser à l'Eglise de France.


images/icones/1n.gif  ( 953378 )Le problème par Rex Vaincra (2022-09-29 19:39:07) 
[en réponse à 953371]

C'est la "gestion" humaine.
Comme toute institution humaine, entreprise privée ou autre organisation.
Les prédateurs vont toujours chercher leurs proies. Cela explique le nombre important d’affaires dans l’éducation nationale, dans les circuits associés à la jeunesse en général, l’armée quand il y avait encore le service national obligatoire, les associations, …
Et l’Eglise bien sûr.

La gestion du problème ?
Premier réflexe, on néglige ou dépose un tapis pour étouffer les rumeurs ou premières alertes.
Puis on déplace en espérant se débarrasser du mistigri.
Enfin on reste dans le déni quand les faits éclatent au grand jour.
SHUT ! Pas de cela chez nous…

O, Un ancien liseur qui reprend du service…
images/icones/fleur.gif  ( 953379 )Oui, et vous êtes le deuxième après mille lectures du premier message... par JVJ (2022-09-29 21:24:53) 
[en réponse à 953378]

Les rumeurs sont détestables et parfois un prêtre n'a aucun recours face à l'évêque pantocrator, prompt à ouvrir le parapluie. Surtout quand il pleut et qu'il fait nuit en ce moment, je ne peux m'empêcher à la tombe d'un jeune prêtre en Sologne qui s'est suicidé sous l'effet de fausses accusations et en raison aussi d'un manque total de sollicitude épiscopale (lequel évêque n'est même pas allé accompagner le cercueil devant l'église et encore moins au cimetière). Cet abbé a été passé par pertes et profits, sauf chez ses amis et chez quelques prêtres. On est très vite oublié. Je ne le connaissais pas, et pourtant je suis venu à ses obsèques un jour qu'il faisait froid, avec ma jeune aînée.

Ce qui me stupéfie est le fait qu'un prêtre, de tous les milieux mais y compris des milieux wojtyliens ou tradis, puisse dire sa messe, se confesser... et y aller de bon coeur avec des enfants, jusqu'au crime.

Et après le même nous baratinera avec le corps, temple de l'Esprit-Saint, avec le respect dans la manière de communier...

Les directeurs spirituels de ces clercs ont-ils une conscience ? Ou sont-ils parfois aussi vermoulus et contaminés que les prêtres qu'ils dirigent ?

Et les confesseurs ont donné l'absolution à tour de bras à des prêtres qui auraient dû se faire secouer et remonter, comme au XVe s., au pénitencier de l'évêque.

Désolé, ce que l'on peut juger en Histoire pour les siècles passés, peut se dire aussi pour aujourd'hui et les décennies passées.

La défense de l'Eglise a trop souvent tourné à l'apologétique d'une boutique et à la couverture d'un milieu.

Et l'Eglise devrait être impeccable.

Quand j'ai abordé ici les anciens séminaires d'avant le concile avec des livres de témoignages sur lesquels on ne peut douter, ou sur les charniers de maisons tenues par des religieuses, j'ai au mieux un silence pieux, au pire une attaque contre ma méchanceté relativiste et libérale.

Quand je fréquentais une maison de retraite diocésaine régulièrement et que je faisais souvent le tour le dimanche des chambres (qui le fait chez les tradis ? si la compagnie des vieux prêtres souvent abandonné ne dérange pas...), le supérieur, un grand ami, m'a dit dès le début : tu ne vas pas chez un tel.
J'ai assez vite compris ce qui s'est passé.
Son affaire n'a pas été jugée, car dans les années 80, la justice ne s'en mêlait.
On peut mettre à l'actif de l'évêque d'alors de l'avoir mis à la retraite à la maison diocésaine, assez rapidement.

Vue de l'extérieur, l'Eglise, par son clergé, est tout de même le repère d'un sacré nombre de détraqués. Et elle a montré qu'elle était incapable de les punir, de les soigner et de prévenir. Elle doit être bien plus impeccable en principe que toute autre religion et que l'école nationale !
J'ai une pelletée d'amis ou de connaissances qui sont encore plus sévères, mais qui ne disent rien, pour ne pas me faire de peine. Ils ne connaissent pas de prêtres, souvent. Et ils sont encore plus scandalisés que certains d'entre nous, "presque" habitués au clergé déliquant... Seul l'historien ne doit pas être surpris, mais le croyant...

L'idée de penser à ces religieuses, que j'ai entendues sur arte, parler de leurs confesseurs, y compris des Père Philippe... Pauvres femmes. Et si on veut bien chercher, j'avais émis de gros doutes à la canonisation du Père d'Ornellas de Jean Vanier, à ses obsèques un peu olé olé. Si on sait où vivait Vanier et au contact de tels prêtres, on pouvait avoir quelques doutes sur au moins sa complicité et son aveuglement.



Et ceux qui pensent que les monastères et couvents sont des lieux confinés de tendresse et de charité... Pas plus aujourd'hui que demain. On peut vivre dans un carmel en pleine haine, comme on peut fermer les yeux dans un couvent sur la vie dissolue de son frère, sans passer par la correction fraternelle. Les presbytères de nos jours peuvent être des lieux épouvantables de cohabitation et de méchanceté, comme les maisons de retraite de prêtres (les vieux curés n'étaient pas faits pour vivre en communauté).

images/icones/tao.gif  ( 953741 )peu de demandes d'indemnisation car peu de victimes ? par Cristo (2022-10-05 15:38:23) 
[en réponse à 953354]

tout ce petit monde-là ne se prendrait pas les pieds dans le tapis ?
Le drame est que l'Eglise va trainer comme un boulet ce chiffre de 200/300 000 victimes.



Pédophilie dans l'Église : le processus d'indemnisation est "stratosphérique d'incompétence" (François Devaux)
De France Bleu Isère, mercredi 5 octobre 2022, par Théo Hetsch

Il y a un an jour pour jour, le rapport Sauvé révélait l'ampleur de la pédophilie dans l'Eglise et lançait un processus d'indemnisation. Mais celui-ci est à la peine. "C'est stratosphérique d'incompétence", juge même le lyonnais François Devaux, fondateur de l'association La Parole Libérée.

Un an jour pour jour après la publication du rapport Sauvé sur la pédophilie dans l'Église, où est-on en ce 5 octobre ? On pense notamment en Isère aux victimes du père Louis Ribes, ce prêtre surnommé "Le Picasso des églises" et qui a abusé de dizaines d'enfants notamment lorsqu'il exerçait à Vienne. Un an après, le niveau d'indemnisation est loin d'être suffisant, estime sur France Bleu Isère François Devaux, le fondateur de l'association lyonnaise La Parole Libérée.



France Bleu Isère : Cela fait un an jour pour jour que le rapport Sauvé a fait le point sur le fléau de la pédophilie dans l'Église et sur les indemnisations nécessaires. Un an après, quel bilan vous en faites ?

François Devaux : Le travail de la Cimade avait été vraiment exemplaire, sur la forme, dans son organisation, dans le chemin pris pour les conduire vers la vérité. Mais si c'était vrai sur la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église), à l'inverse ,je crois est vrai pour les deux instances qui tentent de réparer ces crimes sexuels de masse, mais en bâclant les principes élémentaires de la réparation.


En un an effectivement, l'Instance nationale de reconstruction et de réparation a reçu un millier de demandes d'indemnisation de victimes et n'a pris que 60 décisions de réparation. Pourquoi aussi peu, l'Église traîne des pieds ?

Alors ce n'est pas tant les 60 dossiers de réparation le problème, c'est plutôt le millier de dossiers. Quand la Ciase compte 10.000 témoignages directs et qu'elle fait une enquête en population qui révèle 200.000 à 300.000 victimes en France, le fait de ne recevoir que mille dossiers à traiter, ce sont des chiffres assez ridicules.
Il faut comprendre que dans le fonds de solidarité et de lutte contre les agressions sexuelles sur mineurs (Selam) de 20 millions, il n'y a que 5 millions attribués pour l'indemnisation des victimes. Le reste du montant était censé être des frais de formation, des frais de publicité. Je vous défie de trouver un seul site internet d'un diocèse qui parle, en première page, de ces instances de réparation. Quand on ne veut pas, en fait, on n'y arrive pas. Et j'en viens à me demander si finalement ce n'est pas la stratégie souhaitée pour réduire la facture. Est-ce qu'on ne va pas faire exprès de rendre le truc inefficace ? J'en viens à me poser la question tellement c'est stratosphérique d'incompétence.
La Ciase a fait l'unanimité auprès des victimes. Ce n'est pas très compliqué en fait, il suffit de décrocher votre téléphone, d'accueillir les victimes, de prendre en considération et d'entendre ce qu'on vous dit. C'est ce qu'a fait la Ciase. En revanche, ces deux instances de réparation ne répondent à rien, à aucune question et ils imposent aux victimes un processus de réparation dont on n'arrête pas de dire qu'il est mauvais.


Je rappelle que vous aviez dissous l'an dernier votre association "La Parole libérée", après le rapport Sauvé. Est-ce que désormais vous regrettez cette dissolution ?

Non, parce que je n'y peux rien, et puis je crois que cette histoire d'Église catholique est une fiction qui est périmée et qui ne répond plus à rien. Le catholicisme est devenu d'une hypocrisie... Le pape a refusé de lire le rapport, il a refusé la responsabilité institutionnelle de l'Église catholique.
On a quand même Monsieur Sauvé, qui est le vice-président du Conseil d'Etat, qui est au sommet de l'appareil judiciaire en France et qui parle d'un crime systémique de 200 à 300.000 personnes. Et comme dit Macron, "ça lui en bouge une sans faire bouger l'autre...". Donc bon, effectivement je n'y crois plus. Cette histoire est en train de se terminer en laissant tout un tas de victimes sur le carreau et des responsables catholiques qui sont à côté de la plaque.

https://www.francebleu.fr/infos/societe/pedophilie-dans-l-eglise-le-processus-d-indemnisation-est-stratospherique-d-incompetence-francois-1664962059
images/icones/fleur.gif  ( 953756 )Quelques précisions par ptk (2022-10-05 21:39:40) 
[en réponse à 953741]



Jean-Marc Sauvé qui était SGG depuis 1995 est nommé au poste de vice-président du Conseil d'État le 14 septembre 2006, et prend officiellement ses fonctions le 3 octobre 2006 en remplacement de Renaud Denoix de Saint Marc, atteint par la limite d'âge.

Il quitte ces fonctions pour faire valoir ses droits à la retraite le 29 mai 2918. Bruno Lasserre lui succède.

Le Conseil d'Etat est au sommet de la justice administrative.

La Cour de Cassation est au sommet de la justice judiciaire.