Le Forum Catholique
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( 952228 )
"débaptisations" en Allemagne : ?... par Père M. Mallet (2022-09-08 17:30:04)
Certains d'entre vous pourraient m'aider à y voir clair :
Je crois me rappeler que les autorités en Allemagne considéraient que le refus de payer l'impôt ecclésiastique était synonyme d'apostasie.
Et que Rome avait pris une position beaucoup plus souple, considérant que ce n'était pas véritablement un acte de défection formelle.
Nos amis Allemands ou assimilés pourraient-ils m'en dire plus ?
Merci !...

( 952229 )
Ces quelques éléments googlelisés par ptk (2022-09-08 18:07:28)
[en réponse à 952228]
Vous conviendraient-ils, Mon Père ?
La position du Saint-Siège en 2006
Va 2006 La Croix
La décision des évêques allemands en 2012
CEA 2012 La Croix
Les conséquences d’une « sortie » de l’Église catholique sont inscrites dans un « décret général » de la DBK, entré en vigueur le 24 septembre 2012 et approuvé par la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome : exclusion des sacrements, de toute fonction au sein de l’Église, du statut de parrain ou de marraine, pas d’accès à une cérémonie funéraire, droit restreint à une cérémonie de mariage.
C’est aussi un motif de licenciement selon le droit du travail de l’Église catholique en Allemagne, qui concerne par exemple les salariés de Caritas.
2015 La Croix

( 952231 )
On frise la simonie par Regnum Galliae (2022-09-08 18:12:48)
[en réponse à 952229]
pas d'argent = pas de sacrements ?

( 952232 )
Ils demandent la fiche d’impôts par Vincent F (2022-09-08 18:23:48)
[en réponse à 952229]
Au confessionnal ou à la communion ?

( 952233 )
Non par Meneau (2022-09-08 18:25:48)
[en réponse à 952232]
Par contre, pour un mariage, ça peut être plus compliqué.
Cordialement
Meneau

( 952230 )
Effectivement par Meneau (2022-09-08 18:10:27)
[en réponse à 952228]
En 2012, la conférence des évêques d'Allemagne a émis un décret qui confirmait peu ou prou ce qui se faisait déjà avant : le simple fait de quitter l'Eglise au civil (pour ne pas payer l'impôt d'Eglise - Kirchensteuer) était à interpréter automatiquement comme "actus formalis defectionis ab Ecclesia catholica") avec à peu près les mêmes conséquences qu'une excommunication.
Mais ce décret va beaucoup plus loin que le texte du conseil pontifical pour les textes législatifs de 2006
ICI, qui met trois conditions à cette interprétation extrême
1. Pour que l'abandon de l'Eglise catholique puisse être validement configuré comme un véritable actus formalis defectionis ab Ecclesia, avec effet quant aux exceptions prévues dans les canons ci-dessus, il doit se concrétiser ainsi:
a) la décision intérieure de sortir de l'Eglise catholique;
b) la mise en acte et la manifestation extérieure de cette décision;
c) la réception de cette décision par l'autorité ecclésiastique compétente.
2. Le contenu de l'acte de volonté doit porter sur la rupture des liens de communion – foi, sacrements et gouvernement pastoral – qui permettent aux fidèles de recevoir la vie de grâce à l'intérieur de l'Eglise. Cela signifie qu'un tel acte formel de défection n'a pas seulement un caractère juridique et administratif (sortir de l'Eglise au sens de l'état civil, avec les conséquences civiles qui s’ensuivent), mais qu’il se configure comme une vraie séparation vis-à-vis des éléments constitutifs de la vie de l'Eglise : il suppose donc un acte d'apostasie, d’hérésie ou de schisme.
3. L'acte juridique et administratif d'abandon de l'Eglise ne peut pas constituer à lui seul un acte formel de défection au sens du Code de Droit Canonique, puisque pourrait subsister la volonté de persévérer dans la communion de la foi.
La riche Eglise d'Allemagne ne badine pas avec ses sources de revenus...
Cordialement
Meneau

( 952236 )
Pas de "débaptisation", mais une notice dans le régistre par Lycobates (2022-09-08 18:49:15)
[en réponse à 952228]
Ceux qui veulent ne plus payer l'impôt ecclésiastique et veulent ainsi quitter l'Église (aujourd'hui : l'église conciliaire qui s'est approprié l'impôt) doivent le faire en notifiant le bureau d'état civil de leur municipalité politique où ils sont inscrits. Cela peut se faire oralement ou par écrit. Dans ce dernier cas il faut apposer dans certains Länder aussi une signature de notaire.
Le bureau d'état civil établit un acte qu'il transmet à la paroisse de l'intéressé.
Le curé qui reçoit cet acte appose une notice dans le régistre des baptêmes que l'intéressé a quitté l'Église (aujourd'hui : l'église conciliaire qui s'est approprié des paroisses et de ses régistres).

( 952361 )
Problèmes canoniques... par Père M. Mallet (2022-09-10 22:19:19)
[en réponse à 952236]
(déjà, avant de commencer, dans le cas d'un Français résident en Allemagne, comment les fonctionnaires allemands, ou même les diocèses, savent-ils où a eu lieu le baptême ?...)
Quelle formule va-t-on inscrire ? Pour une renonciation ordinaire au baptême, on écrit : "a renoncé à son baptême par lettre du ...".
Que va-t-on inscrire en France ?... "A refusé de payer le Kirchensteuer" ?
Refuser de payer l'impôt ecclésiastique est-il une cause d'excommunication ?...
Merci pour vos réponses...

( 952362 )
Plus précisément... par Père M. Mallet (2022-09-10 22:26:51)
[en réponse à 952236]
Ceux qui veulent ne plus payer l'impôt ecclésiastique et veulent ainsi quitter l'Église
Je suppose qu'il existe des gens qui ne veulent nullement quitter l'Eglise, mais qui veulent simplement ne pas payer le Kirchensteuer pour toutes sortes de raisons : pas d'accord avec les orientations de l'Eglise d'Allemagne ou de François, ou bien trouvent que l'Eglise d'Allemagne est beaucoup trop riche, parce qu'eux-mêmes sont trop pauvres, etc.
Moi, ça me tracasse...

( 952888 )
précision par Lycobates (2022-09-21 13:56:55)
[en réponse à 952362]
Je reviens à vous avec un certain retard, mes excuses.
L'épiscopat (conciliaire) allemand est d'avis que le refus de payer l'impôt de l'Église (
Kirchensteuer) équivaut à quitter l'Église.
Le concerné n'a donc plus droit à une sépulture ecclésiastique (conciliaire), entre autres.
Vous avez évidemment raison qu'il existe nombre de fidèles ("tradis" si vous voulez) qui désirent ne pas contribuer financièrement aux escapades doctrinales et morales (je suis gentil) de la Conciliaire dans leur pays, sans pour autant vouloir quitter l'Église catholique; au contraire leur démarche provient précisément de leur volonté de rester fidèles aux enseignements véritables de l'Église.
Le problème est que l'État qui gère l'impôt (qui par ailleurs équivaut, p.ex. en Bavière, à un dédommagement pour les spoliations de la sécularisation au début du XIXe s., ne l'oublions pas) ne distingue pas (il s'est déclaré incompétent) entre la société de droit publique "Église catholique romaine" habilitée à recevoir l'impôt, et la notion théologique d'Église catholique avec ses conditions d'appartenance et de juridiction.
Ceux qui désirent rester catholiques mais ne pas contribuer financièrement à la Conciliaire peuvent utiliser p.ex. un formulaire qu'a publié la revue Einsicht (
ICI) qui accompagne leur déclaration et doit être remis (si les autorités civils le font est une autre question, mais le document est notifié par un notaire) à la paroisse ou le diocèse en question.
Si vous lisez l'allemand vous verrez que dans ce texte est expliqué la raison pour laquelle l'impôt est refusé, alors qu'en même temps la personne concernée professe vouloir rester catholique et donc membre de l'Église.
La NOMenklatura conciliaire n'en a cure, évidemment, mais en même temps le document est enregistré par un notaire et un vrai catholique ne regrettera pas se voir refuser les "sacrements" conciliaires dont il ne veut de toute façon pas, ou la sépulture "ecclésiastique" "présidée" par une liturgette en étole.

( 952894 )
Bien reçu, merci. par Père M. Mallet (2022-09-21 14:33:34)
[en réponse à 952888]
Mais concrètement...
que faire ?...

( 952896 )
question difficile par Lycobates (2022-09-21 15:17:29)
[en réponse à 952894]
La réponse dépendra de la légitimité réelle ou perçue du "personnel" dans les paroisses et diocèses devenus conciliaires dans le chef du fidèle concerné.
S'il y a légitimité ou si leur légitimité est reconnue, même à tort, par le fidéle concerné, les décisions de ces autorités le concernent, même si elles sont un abus de pouvoir, la voie du recours à Rome étant ouverte.
S'il n'y a pas légitimité, les décisions de ces autorités ne concernent pas le catholique. Elle sont un abus de pouvoir.
En revanche si cette illégitimité est affirmée à tort par un fidèle (erreur de fait), les décisions de ces autorités le concernent, mais les peines encourues ne lui seraient pas imputables moralement, dans la mesure où il est de bonne foi.

( 952898 )
Etant précisé que je n'ai pas les coordonnées du fidèle concerné... par Père M. Mallet (2022-09-21 15:21:36)
[en réponse à 952896]
Je pense que je n'ai pas les coordonnées du fidèle concerné...
Et même si je les avais ?...

( 952901 )
Il y aura autant de cas ... par Lycobates (2022-09-21 15:31:16)
[en réponse à 952898]
qu'il y a de fidèles concernés, ou presque.
Beaucoup se trouvent face à cette imposture (car s'en est une, même aux yeux de la Rome actuelle qui a désavoué son épiscopat allemand, sans que rien ne change) devant un immense cas de conscience.

( 952902 )
J'imagine que les luthériens "orthodoxes" par Halbie (2022-09-21 16:02:42)
[en réponse à 952901]
Sont confrontés à la même problématique vis à vis de l'Eglise protestante officielle

( 952903 )
Sûrement par Lycobates (2022-09-21 16:06:11)
[en réponse à 952902]
... mais ils n'ont pas un droit canon aussi développé, et appliqué à géométrie variable, par les imposteurs de leur communauté.

( 952907 )
Et par défaut ? par Regnum Galliae (2022-09-21 16:56:21)
[en réponse à 952903]
Si le fidèle ne souhaite se rattacher à aucune religion, l'impôt en question n'est-il pas reversé à l’État ? Avec un emploi de la manne publique qui n'est pas forcément meilleur que celui de la hiérarchie catholique. Car au fond, que peut-on reprocher d'objectif à la gestion faite par l’Église catholique ? C'est un sujet indépendant de la prise de parole de quelques archevêques hérétiques. Pour un cardinal (Karl) Marx, combien de prêtres sinon saints du moins de bonne foi, de religieuses, d'écoles, peut-être plus catholiques qu'en France, d’œuvres de bienfaisance, etc. ? D'églises à entretenir en attendant qu'elles servent de nouveau à l'authentique culte catholique ? Bref, tout ne peut pas se résumer à la Pachamama et aux prélats sodomites du Vatican. A moins qu'une étude sérieuse de l'emploi du budget ecclésial ne permette de dire le contraire.

( 952921 )
Non par Meneau (2022-09-21 21:09:01)
[en réponse à 952907]
A ceux qui se déclarent "sans religion", l'impôt en question n'est pas prélevé.
Cordialement
Meneau

( 952915 )
Merci par N.M. (2022-09-21 19:03:03)
[en réponse à 952888]
Merci, cher Lycobates, pour le texte d'Einsicht.