Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 951777 )Cardinal Burke : "Rester dans l'Église et combattre"... par vistemboir2 (2022-08-30 12:34:34) 

Interview du Cardinal Burke à l’hebdomadaire catholique allemand Die Tagespost, lequel indique qu’il « reste une voix forte pour les catholiques fidèles, qui apprécient sa défense franche de la doctrine et de la pratique authentiques de l'Église ». (26/08/2022).
(Traduit de l’allemand à l’aide de Deepl.com)

Éminence, en Allemagne, de nombreux catholiques quittent l'Eglise catholique en tant que corporation de droit public. Même les catholiques fidèles à l'Eglise envisagent de la quitter pour ne pas soutenir avec leurs impôts des projets qu'ils ne peuvent pas concilier avec leur conscience. Comment voyez-vous les choses ?

Les catholiques doivent témoigner de la vérité de la foi. Dans la tradition de l'Église, un synode est un moyen de trouver comment défendre et promouvoir la foi catholique, et non de créer une autre Église et une autre foi. Je pense que ces bons catholiques doivent - aussi douloureux que cela puisse être - rester dans leurs communautés et lutter pour la vérité de la foi.

Autrement, si tout le monde quittait l'Église, celle-ci tomberait entre les mains de ceux qui détruisent la foi catholique et sa pratique. L'important est que les fidèles ne quittent pas l'Église, car le Christ nous a promis de rester toujours avec nous dans l'Église. Nous restons ainsi avec le Christ, même si nous devons parler très ouvertement à nos propres évêques lorsqu'ils proposent quelque chose qui ne correspond pas à la foi catholique. Nous devons revenir à la sainte tradition.

Comment les fidèles peuvent-ils jouer de manière constructive leur rôle de minorités dans les paroisses ?

Le dynamisme de la foi catholique vient de sa continuité. La foi est l'œuvre de Dieu et nous parvient à travers la tradition des Apôtres. Ce n'est pas de la rigidité, mais de la fidélité à la tradition, et les évêques y sont tenus par le serment qu'ils ont prêté lors de leur ordination épiscopale. Qualifier la fidélité à la doctrine catholique de rigidité est tout simplement faux. Les fidèles ont le droit et le devoir de faire part de leurs préoccupations concernant l'Église. Les fidèles devraient exercer ouvertement ce droit - il est inscrit dans le droit canonique -.

Dans les cas où la foi est trahie au sein même de l'Église, il est encore plus important pour eux d'insister sur la doctrine et la pratique catholiques. Ils doivent comprendre qu'ils n'ont pas le choix, mais qu'ils sont obligés de défendre la foi catholique en ces temps. L'obéissance ne peut jamais nous ordonner de faire quelque chose qui est contraire à la foi et aux bonnes mœurs.

Pouvez-vous donner quelques conseils pratiques ?

Tout d'abord, utiliser les moyens de communication pour diffuser le message et publier, par exemple, les exposés classiques de la foi catholique - des Pères de l'Église, des grands théologiens et des auteurs contemporains dignes de confiance. Insistez pour parler de ces sujets avec le prêtre.

images/icones/neutre.gif  ( 951888 )Une pensée déconcertante par Marco Antonio (2022-09-02 00:45:43) 
[en réponse à 951777]

Cardinal Burke:

"si tout le monde quittait l'Église, celle-ci tomberait entre les mains de ceux qui détruisent la foi catholique et sa pratique. L'important est que les fidèles ne quittent pas l'Église, car le Christ nous a promis de rester toujours avec nous dans l'Église. Nous restons ainsi avec le Christ, même si nous devons parler très ouvertement à nos propres évêques lorsqu'ils proposent quelque chose qui ne correspond pas à la foi catholique".



1) "si tout le monde quittait l'Église, celle-ci tomberait entre les mains de ceux qui détruisent la foi catholique et sa pratique."

Outre le fait que ce n'est pas clair ce que Son Eminence entend par l'expression "quitter l'Église", qu'est-ce que cela signifie, de son point de vue, que l'Église tomberait entre les mains de ceux qui détruisent la foi catholique et sa pratique? Si pour le cardinal Burke François, aujourd'hui, maintenant, ne détruit pas la foi catholique et sa pratique, alors, pour le même cardinal Burke, où serait le problème actuel de l'Église au lieu de dire qu'il ne l'est pas?

2) "L'important est que les fidèles ne quittent pas l'Église, car le Christ nous a promis de rester toujours avec nous dans l'Église."

Notre-Seigneur a promis qu'il serait resté toujours avec les apôtres et leurs successeurs. Pour le cardinal Burke, le Seigneur, aujourd'hui, est avec François et avec les évêques en communion avec lui (c'est-à-dire avec ceux qui, comme pape et comme évêques - s'ils l'étaient, et en tout cas ils le sont pour le cardinal Burke - détruisent la la foi catholique et sa pratique)? Si oui, comment est-ce possible ? Si non, où serait alors le problème actuel de l'Église? Et pourquoi les fidèles devraient-ils "parler très ouvertement" aux évêques?

3) "Nous restons ainsi avec le Christ, même si nous devons parler très ouvertement à nos propres évêques lorsqu'ils proposent quelque chose qui ne correspond pas à la foi catholique"

Si le Christ -qui a promis d'être toujours avec les apôtres et leurs successeurs- est avec François quand il enseigne des erreurs ou quand il agit pour effacer la messe du monde (en tant que successeur des apôtres, pas en tant que personne privée!) et le cardinal Burke en cela n'est pas avec lui, alors comment est-il possible que le même cardinal Burke reste avec le Christ? Cela se produit-il simplement parce qu'il dit que le destructeur est le Vicaire du Christ au lieu de dire qu'il ne l'est pas?

J'aimerais sincèrement comprendre.
images/icones/neutre.gif  ( 951889 )correction par Marco Antonio (2022-09-02 00:50:46) 
[en réponse à 951888]

J'ai écrit: "Outre le fait que ce n'est pas clair ce que Son Eminence entend par l'expression "quitter l'Église", qu'est-ce que cela signifie, de son point de vue, que l'Église tomberait entre les mains de ceux qui détruisent la foi catholique et sa pratique? Si pour le cardinal Burke François, aujourd'hui, maintenant, ne détruit pas la foi catholique et sa pratique, alors, pour le même cardinal Burke, où serait le problème actuel de l'Église au lieu de dire qu'il ne l'est pas"?

Correction:

la partie en gras est à supprimer
images/icones/fleche2.gif  ( 952019 )Le combat contre la traditiophobie implique celui contre ses fondements par Scrutator Sapientiæ (2022-09-04 09:11:47) 
[en réponse à 951888]

Bonjour Marco Antoine,

Ce qui est déconcertant est que certains clercs conciliaires conservateurs persistent, aujourd'hui encore, à refuser de comprendre que le combat contre la traditiophobie implique tout un combat, philosophique et théologique, contre ses fondements, contre ses origines intellectuelles, lesquelles sont ante-conciliaires.

La focalisation sur le pape et le pontificat actuels ont tendance à faire oublier que l'auto-destruction de l'Eglise catholique a commencé à se manifester, dès la fin des années 1920 ou le début des années 1930, sur des terrains qui intéressent assez peu le pape François, dans la mesure où il considère que ces terrains sont porteurs d'acquis mentaux néo-catholiques sur lesquels il n'y a pas besoin de revenir, parce qu'ils vont de soi.

Mais c'est évidemment faux : ce que nous subissons depuis les années 1930, et que nous devons, notamment, à Chenu, à Congar, à Rahner et à Teilhard, ne va absolument pas de soi.

Or, il est probable que la dénonciation catholique, orthodoxe et réaliste, de ces auteurs et de leurs idées, débouchera tôt ou tard sur celle, tout aussi orthodoxe et réaliste, de ce que les mêmes auteurs et les mêmes idées ont apporté au Concile Vatican II, sur lequel les clercs conciliaires conservateurs ne veulent pas encore, ou toujours pas, revenir...

Autre manière de dire la même chose : la polarisation sur la nécessité de mener le combat, sur le terrain de la liturgie et sur celui de la piété, a fait que certains ont perdu de vue la nécessité de mener le combat, contre la traditiophobie, sur les terrains de l'anthropologie, de l'ecclésiologie, de la pneumatologie et de la politologie.

Ce combat passe par une certaine forme ou un certain type de lutte, respectivement contre la première partie de Dignitatis humanae, contre Unitatis redintegratio, contre la première partie de Nostra aetate, contre Gaudium et Spes, et surtout contre ce que les hommes d'Eglise font de ces textes, avant tout depuis 1965, et non seulement depuis 2013...

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 952047 )Merci Scrutator par Marco Antonio (2022-09-04 17:44:13) 
[en réponse à 952019]

Merci, Scrutator, pour vos interéssantes considérations et bon dimanche à vous aussi.

En un mot on pourrait dire que l'origine de la "traditiophobie" c'est le modernisme.

Au début du XXe siècle, saint Pie X (le dernier pape saint) engagea une lutte acharnée contre le modernisme qui travaillait déjà à la ruine de l'Église.

Ce n'est pas un hasard si vous mentionnez les années 20 et 30 du siècle dernier. Ce sont les années où, après la mort de Pie X, le modernisme est revenu se renforcer, se propageant, de manière toujours souterraine et "prudente" mais de plus en plus répandue, comme un cancer au sein de l'Église.

Les métastases, agissant toujours sous trace, avaient déjà abondamment atteint l'épiscopat et le collège des cardinaux lorsque Pie XII canonisa Pie X avec la claire intention d'accomplir un acte de condamnation symbolique et particulièrement solennelle du modernisme.

Vous dites une grande verité lorsque vous soulignez que les clercs conciliaires conservateurs ne veulent pas reconnaître Vatican II (l'assemblée du triomphe [pas définitif bien sûr] du modernisme) comme un problème.

Le combat pour la vérité catholique (plus que contre la "traditiophobie") doit certainement être mené sur les textes de Vatican II et sur le « magistère » qui s'en est suivi, afin que l'Église, revenue « dans l'ordre », puisse un jour les condamner en les reconnaissant comme des enseignements non venant de l'autorité de l'Église.

Comprendre que le problème de la crise actuelle ne coïncide pas simplement avec ce « pontificat », mais remonte à Vatican II est capital.

La lutte sur le terrain liturgique est réelle si elle inclut aussi le concile. La messe Novus Ordo (conçue pour remplacer et donc supprimer la esse catholique), même si postérieure, est indéniablement "la messe du concile".

À cet égard, je voudrais souligner l'énième "pape conciliaire" "béatifié" pour "béatifier" le concile, Jean-Paul Ier, était lui-aussi, déjà en tant que cardinal, un ennemi zélé de la masse de Saint Pie V (cfr. : http://https://www.aldomariavalli.it/2022/08/30/storia-della-chiesa-venezia-1978-quella-volta-che-il-patriarca-luciani-vieto-la-messa-tradizionale-e-un-bravo-prete-fini-nella-bufera/; ).