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images/icones/mitre4.png  ( 951840 )Cardinal Brandmüller: ''François veut museler les cardinaux'' par Chicoutimi (2022-09-01 04:28:09) 

Un article de Sandro Magister publié sur Diakonos:

Exclusif. Brandmüller en consistoire : le Pape veut museler les cardinaux

31/08/2022

(...) Le cardinal Walter Brandmüller avait préparé une intervention pour le consistoire du 29 et 30 août. Il n’a pas été autorisé à prononcer son texte qui est publié intégralement ici. À l’âge de 93 ans, le cardinal allemand Brandmüller a derrière lui une longue carrière d’historien de l’Église. (...) L’intervention qu’il avait préparée a surtout pris pour cible le rapport qui est censé lier le Pape aux cardinaux, qui ont été dans les faits muselés, à l’opposé de ce qui devrait au contraire se passer, surtout en matière de vérité de foi et de morale. (...)

Voici donc le texte de son intervention:

Non au silence imposé, oui à l’« aperitio oris »

''La convocation d’un consistoire après si longtemps appelle une réflexion sur la nature et le rôle du cardinalat, surtout dans les circonstances actuelles. Il convient également de souligner que les cardinaux ne sont pas seulement des membres du conclave qui élit le Pape.

Les véritables devoirs des cardinaux, indépendamment de leur âge, sont formulés dans les canons 349 et suivants du code de droit canon. On peut y lire ceci : « Les Cardinaux assistent le Pontife Romain en agissant collégialement quand ils sont convoqués en corps pour traiter de questions de grande importance, ou individuellement, à savoir par les divers offices qu’ils remplissent en apportant leur concours au Pontife Romain surtout dans le soin quotidien de l’Église tout entière ». Et « apportent leur aide au Pasteur Suprême de l’Église surtout dans les Consistoires » (canon 353).

Cette fonction des cardinaux trouve à l’origine son expression cérémonielle dans le rite de l’« aperitio oris », d’ouverture de la bouche. Ce rite manifestait le devoir d’exprimer avec franchise sa propre conviction, son propre conseil, surtout en consistoire. Cette même franchise – le Pape François parle de « parrhésie » – qui fut si chère à l’apôtre Paul.

Mais pour le moment, malheureusement, cette franchise est remplacée par un étrange silence. Cette autre cérémonie, celle de la fermeture de la bouche, qui faisait suite à l’« aperitio oris », ne faisait pas référence aux vérités de foi ou de morale, mais aux secrets de fonction.

Il faudrait pourtant aujourd’hui souligner le droit, et même le devoir, des cardinaux de s’exprimer clairement et avec franchise quand il s’agit de vérités de foi et de morale, du « bonum commune » de l’Église.

L’expérience de ces dernières années est bien différente. Lors des consistoires – convoqués presque exclusivement pour les causes des saints – on distribuait des cartons pour demander la parole, suivaient alors des interventions naturellement spontanées sur l’un ou l’autre sujet, et c’était tout. Jamais de débat, jamais d’échange d’idées sur un thème précis. Une démarche sans doute totalement inutile.

La suggestion présentée au cardinal doyen de communiquer à l’avance un thème à discuter afin que l’on puisse préparer d’éventuelles interventions est restée lettre morte. Bref, depuis au moins huit ans, les consistoires s’achevaient sans la moindre forme de dialogue.

Et pourtant, le primat du successeur de Pierre n’exclut en rien un dialogue fraternel avec les cardinaux, qui « sont tenus par l’obligation de coopérer étroitement avec le Pontife Romain » (canon 356). Plus les problèmes de gouvernement pastoral sont graves et urgents, plus l’implication du collège des cardinaux est nécessaire.

Quand, en 1294, se rendant compte des circonstances particulières de son élection, Célestin V voulut renoncer à la papauté, il ne le fit qu’après d’intenses échanges et avec le consensus de ses électeurs.

Une conception des rapports entre pape et cardinaux très différente de celle de Benoît XVI qui – et c’est un cas unique dans l’histoire – a, pour des raisons personnelles, renoncé à la papauté à l’insu de ce collège de cardinaux qui l’avait élu.

Jusqu’à Paul VI, qui augmenta le nombre des électeurs à 120, il n’y eut que 70 électeurs. Cette augmentation du collège des cardinaux de presque le double de membres était motivé par l’intention d’aller à la rencontre de la hiérarchie des pays lointains de Rome et d’honorer ces Église par la pourpre romaine.

Avec pour conséquence inévitable que l’on a créé des cardinaux qui n’avaient aucune expérience de la Curie romaine et donc des problèmes de gouvernement pastoral de l’Église universelle.

Tout cela a des graves conséquences quand ces cardinaux des périphéries sont de nouveau appelés à élire un pape.

Une grande partie des électeurs, sinon la majorité, ne se connaissent pas l’un l’autre. Et malgré cela, ils sont là pour élire l’un d’entre eux pape. Il est clair que cette situation facilite les manœuvres de groupe ou de factions de cardinaux pour favoriser leur propre candidat. Dans cette situation, le risque de simonie sous toutes ses formes n’est pas à exclure.

Pour conclure, il me semble qu’il faudrait sérieusement réfléchir à l’idée de limiter le droit de vote au conclave, par exemple aux cardinaux résidents à Rome, tandis que les autres, tout en restant cardinaux, pourraient partager le « statut » des cardinaux de plus de quatre-vingts ans.

Bref, il me semble souhaitable de revoir les charges et les compétences du collège des cardinaux.''

Source
images/icones/fleche2.gif  ( 951843 )On savait l'autoritarisme de François par Chris (2022-09-01 08:44:11) 
[en réponse à 951840]

Les élections des cardinaux et leur rôle un vrai sujet
Pour le conclave limiter le pouvoir d'élection aux cardinaux à Rome n'est pas une solution car François y a des amis
Et ce serait se priver des USA (cardinal Burke par ex) et Africains ( cardinal Sarah par ex)

Je pense qu'il faudrait juger les meilleurs cardinaux sur la défense de la Foi, le rappel de la morale, l'évangélisation des peuples, la liturgie, etc..
Ceux qui correspondraient à ces critères pourraient alors élire le Pape
Ça permet d'éviter que le successeur de François lui ressemblera Come 2 gouttes d'eau, c'est ma grande crainte
images/icones/1e.gif  ( 951845 )Vous allez faire ma journée par Super-Malouin (2022-09-01 09:01:52) 
[en réponse à 951843]

Juger les meilleurs cardinaux sur la défense de la foi : mais par qui ? Et comment ?

images/icones/idee.gif  ( 951855 )En effet il y a une problématique par Chris (2022-09-01 14:07:15) 
[en réponse à 951845]

Ce pourrait être un dicastère
Ou rôle élargi du CDF Congrégation pour la Doctrine de la foi
Le problème est évidemment que le préfet et indirectement les membres de cette congrégation sont nommés par le Pape
On sait par ex tensions passées comme avec Cardinal Muller qui a été mis "dehors"
Si il faut réformer alors commençons par là, avoir un CDF indépendant
Comme par ex par analogie les chambres différentes d'un gouvernement d'un pays
Est ce vraiment utopique


images/icones/fleche3.gif  ( 951859 )Il n’y a plus de Congrégation pour la doctrine de la foi par Super-Malouin (2022-09-01 15:15:30) 
[en réponse à 951855]

Mais un dicastère !

Votre idée est farfelue et ridicule sans fondement.