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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 951837 )01/09 St Gilles, abbé, Les 12 Saints Martyrs par ami de la Miséricorde (2022-08-31 23:25:49) 



Gustave Moreau, Le bon Samaritain vers 1870, musée d'Orsay

De la férie
Messe comme au dimanche précédent ou messe d’une des deux Mémoires




Maître de Saint Gilles, Saint Gilles et la biche, vers 1600, National Gallery, Londres

Mémoire de St Gilles, abbé

Litanies de Saint Gilles

Prière à Saint Gilles pour les enfants

La légende de saint Gilles d’après Guillaume de Berneville

Depuis trois ans qu'il était au désert, ne faisant qu'adorer Dieu, croire en lui et le servir, Gilles n'avait jamais vu un homme et n'en avait entendu. Il n'avait plus mangé depuis quelque mille jours ni pain, ni viande, ni poisson, ne vivant que de racines et, par gourmandise peut-être, de cresson. Mais tant vont les choses pour ceux qui se mortifient, qu'à la fin la santé défaille, les forces disparaissent et la maladie guette : à ce point en était donc Gilles, qui ne se sentait guère bien portant.

Or, écoutez le joli miracle que Dieu fit pour son serviteur. Un jour qu'il était dans sa cabane de feuillages, priant selon 1'ordinaire, l'ermite entendit du bruit dans les fourrés et il vit devant lui paraître une biche sauvage qui, sans crainte, s'avançait vers lui. Elle était étrangement belle, beige clair et le regard d'une exquise douceur. Ses pis étaient pleins de lait. Comme Gilles, en silence, la regardait approcher, la biche entra dans la logette et se coucha à ses pieds, comme pour lui signifier qu'elle s'offrait à le servir. Et Gilles, à qui les intentions du Seigneur étaient toujours assez claires, comprit que Dieu la lui envoyait.

Et voici comment la biche miraculeuse servit l'ermite affaibli. Pour lui rendre des forces, fallait-il mieux que le lait ? Chaque jour, elle courait la campagne paissant les prés : quand venait l'heure de dîner point n'était besoin que Gilles l'appelât, car elle savait parfaitement l'heure et rentrait d'elle-même auprès de son ami. Gilles lui avait fait une logette de feuillages près de la sienne afin qu'elle fût protégée du froid de la nuit. Et cela dura de longs mois, peut-être des années, sans que quiconque d'humain connût cette histoire, hormis le Seigneur, qui connaît tout.

Or, en ce temps-là, le maître du pays était Flovent duc de Provence et de Gascogne, prince puissant, qui était soumis au Grand Charles, alors roi de France. C'était un homme fort courtois, élevé à la française, honnête chrétien et bon chevalier. II n'avait qu'une passion au monde, la chasse, et son équipage était des plus beaux. C'était merveille de voir ses éperviers, ses vautours, ses gerfauts, et les chiens de sa meute, limiers, mâtins et lévriers. Il n'était point d'exemple que cette meute, une fois lancée, eût abandonné la poursuite, et 1'on ne comptait plus les cerfs, les daims, les chevreuils et les biches qui avaient été mangés à sa table, sans compter maintes autres bêtes sauvages. Ses terres allaient jusqu'au bord du Rhône, à l'endroit où il est le plus large, non loin de la vieille ville d'Arles, où le grand saint Césaire enseigna. Aussi quand, poursuivis par les chiens, les animaux étaient arrêtés par le fleuve, bien rares étaient ceux qui avaient chance d'échapper.

C'est au temps de l’Avent que vient la saison de chasser la biche. Flovent était à Montpellier, et, pour distraire ses vassaux et leur plaire, il les invita tous à une grande chasse, les plus petits comme les plus hauts. Levé de bon matin, il partit donc avec deux meutes et toute la vaste cavalcade de ses hôtes. Des deux meutes la moins bonne prit deux cerfs et la meilleure en a pris quatre. Mais c'était une biche que voulait le duc Flovent et de n'en point trouver il commençait à se mettre en colère quand son veneur lui signala la plus belle, la plus élégante des biches que jamais la Camargue eût vues... Et tout l'équipage de courir après elle. Lire la suite



Mémoire des 12 Sts Martyrs
images/icones/marie.gif  ( 951838 ) Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu par ami de la Miséricorde (2022-08-31 23:29:17) 
[en réponse à 951837]



CHAPITRE XIII

Suite du discours commencé


La joie suit l'estime des croix, et je ne crois pas que l'on puisse concevoir celle d'une âme qui les porte comme il faut. Il n'y a que ceux qui en ont l'expérience, qui les puissent bien savoir. Une personne étant malade se récréait dans ses douleurs, et sentait son mal de tête soulagé, lorsqu'elle pensait au bonheur qu'il y a de souffrir.

Elle se représentait l'état d'une personne qui manquerait de bien, et qui ne serait assistée, et qui, d'autre part, serait décriée en sa réputation, et perdue dans l'esprit et le cur des hommes ; qui serait persécutée de tous côtés, et même des gens de bien et de ses meilleurs amis, et qui enfin, dans un délaissement général de tout le monde, ne trouvant aucun lieu de consolation et de secours, se trouverait réduite à mourir de faim, couchée dans un ruisseau en quelque place publique comme un pauvre chien.

Ces vues la consolaient beaucoup, et elle était entièrement persuadée que cet état était le plus grand bonheur de la vie. Dans la suite des temps cette personne s'est vue dans des états de persécutions qu'on aurait de la peine à croire, mais jamais sa joie n'a été égale.

Ses peines lui servaient de récréation, et quelquefois elle ne pouvait pas s'empêcher d'en rire à son aise ; elle en parlait comme des choses qui seraient arrivées à quelque autre personne qu'elle n'aurait pas connue, et, pour exprimer la joie qu'elle ressentait, elle disait ces paroles de l'Écriture : Le Seigneur m'a envoyé un fleuve de paix.

On lui écrivait qu'elle était perdue de réputation, et ces lettres la consolaient ; elle se voyait la fable du monde, le sujet des railleries des compagnies, l'opprobre ces hommes et l'abjection du peuple ; on lui disait qu'il y avait longtemps qu'on n'avait entendu parler d'une telle persécution, c'est ce qui augmentait sa joie : après tout, lorsqu'on lui assurait que toutes ces souffrances lui devaient suffire : Non, non, disait-elle, je ne suis pas encore contente.

Elle se trouva un jour dans la tristesse dans une pensée qu'elle eut que cet état de croix pourrait bien changer. Un de ses amis lui écrivent qu'il était outré de douleur de la voir dans une si grande humiliation, il lui faisait une grande pitié de la plaindre sur un sujet qui faisait toute sa gloire dans le monde de la grâce.

J'ai eu le bien de voir à paris un serviteur de Dieu qui était venu d'Angleterre, qui me racontant comme une grand seigneur de son pays avait perdu tous ses biens pour la foi catholique, et qu'ensuite son château ayant été donné à une personne de qualité, mais hérétique, il avait eu le courage de prier cet homme de le vouloir bien loger en quelque petit coin de son château ; ce qui lui ayant été accordé, c'était une chose admirable de voir ce seigneur réduit en sa propre maison à n'y avoir qu'un petit trou pour s'y loger, et, dans le dépouillement de tous ses biens, n'avoir plus le moyen que de se nourrir de pain noir, vivant très content dans un lieu où ii voyait avec paix des personnes qui ne lui étaient rien, faire grand'chère tous les jours à ses dépens, et être logées magnifiquement, pendant qu'à peine avait-il du pain à manger.

Ce serviteur de Dieu me racontait encore que, passant par le lieu où demeurait ce confesseur de Jésus-Christ, et allant le voir, il en fut reçu avec grande charité, et traité même avec du pain et du lait, qui furent tous les mets du festin qu'il lui fit, ne pouvant davantage. Mais ce qui le ravit est qu'il lui assura qu'il n'avait jamais été si content.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde