Le Forum Catholique
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( 951408 )
Père Jérome : L'Oraison par Diafoirus (2022-08-22 12:35:36)
Car toujours dure longtemps
202. (...) Écoutons le reproche adressé par le Seigneur à ceux qui se prétendent ses fidèles :
"Votre amour ressemble à la nuée matinale,
A la rosée qui se dissipe de bonne heure." (Osée 6,4)
Autrement dit : vous commencez, et vous ne durez pas ; vous venez, et vous repartez. Assiduité d'un matin, ou tout au plus d'un jour !
Il n'est pas difficile, en effet, de dire : " Je t'aime." La difficulté commence quand on dit : "pour toujours", et surtout lorsqu'il s'agira de le réaliser. Car "toujours" dure longtemps. Tant que l'attrait exercé par l'aimé demeure vif, on reste attaché à lui sans effort ni peine. Mais pour que l'attrait ne diminue pas à mesure que se révèlent "les réalités de l'existence", celui qui aime devrait pouvoir le renouveler, pour le maintenir au moins dans sa teneur initiale. Artifice de l'amour ? Non, mais tout simplement vérité. Car ce qui hier vous attirait avec raison mérite de vous attirer encore aujourd'hui, si vous avez la force de vous élever du caprice à la fidélité, des récriminations aux mélodies.
Personne ne voudrait dire : " Je ne puis aimer "; mais chacun risque d'en arriver, un jour ou l'autre, à dire : "Je ne puis plus l'aimer." Car, pour aimer toujours un même objet, il faut avoir une source au fond de l'âme. Il faut, à la fois, la force de se souvenir et la force de créer. Il faut inventer chaque jour ce qui doit durer chaque jour. Aimer peut être, parfois, une faiblesse; mais durer dans l'amour ou l'amitié est toujours une générosité, une victoire.
"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu " : ce précepte n'ordonne rien de particulièrement ardu. Mais que, durant toute la durée de notre existence, chaque jour il s'impose, toujours pareil, voilà qui devient un tour de force. Pour réussir ce tour de force, peut-être suffirait-il de très peu ? Comme il en faut très peu pour entretenir un feu de bois dans la forêt. Pourtant ce peu dépasse nos forces. Si donc l'attrait de l'amitié divine perd de sa vivacité, si la noire malice de la monotonie nous accable, il n'y a qu'un moyen de dépasser le plat et de se remettre dans la montée : la prière. Par conséquent, pour durer dans l'amitié divine, il faut durer dans la prière.
Père Jérôme, Écrits monastiques, Ed du Sarment, 2002 ISBN - 2-866-79343-9
http://vivrecestlechrist.hautetfort.com/archive/2010/11/20/car-toujours-dure-longtemps.html

( 951575 )
Sept-Fons ? par Roger (2022-08-26 00:42:40)
[en réponse à 951408]
S agit il du Père Jérôme de l'abbaye de Sept-Fons ?
J'ai l'impression que cette abbaye bénéficie actuellement de la bienveillance miséricordieuse du Saint Siège...

( 951577 )
C'est la question que je me pose par Candidus (2022-08-26 09:04:04)
[en réponse à 951575]
Grâce à la sainteté du Père Jérôme, Sept-Fons était la Trappe française qui avait le mieux préservé son charisme, celle qui avait le plus de tenue et qui recevait le plus de vocations (80 moines).
C'est dans ce contexte que l'on apprend que suite à des "dysfonctionnements" remontés jusqu'à Rome, une visite canonique a eu lieu, et la communauté se retrouve dans le radar (ou collimateur) romain.
Une élection aurait désigné un nouvel abbé début août qui attendrait sa confirmation de Rome. Si quelqu'un en sait plus...

( 951583 )
Donnez-moi une phrase d'un tel et je le fais condamner à mort par JVJ (2022-08-26 10:07:18)
[en réponse à 951577]
Pour paraphraser un célèbre aphorisme.
La catéchiste la plus douce et formée peut se voir débarquer sous les prétextes que l'Eglise sait trouver.
Idem pour le curé le plus innocent, et l'on sait jusqu'où cela mène.
Un bon avocat peut obtenir l'acquittement d'un coupable. Tout cela relève des paroles et des dépositions, comme pour les visites. Et tout dépend aussi de la qualité et des options personnelles des visiteurs (rappelez-vous le film The visitor que je persiste à beaucoup aimer !). Cela fonctionnait aussi ainsi avant le concile avec lettres de dénonciation, convocations au Saint-Office, rapports plus ou moins honnêtes. Quand on veut tuer son chien...
Le professeur peut au détour d'une phrase se voir l'objet d'une convocation chez le proviseur, d'une menace d'inspection, d'un blâme du recteur... Deux élèves se plaignent, le professeur principal transcrit en "la classe dit que". On se souvient comment S. Paty n'a pas été du tout soutenu, bien au contraire (ce que les syndicats et la société ont totalement oublié), en lui envoyant un référent laïcité.
Bref, on peut laisser tranquille un couvent dominicain dont l'archiviste extra claustrum vit avec un homme depuis des années et avec des Pères qui se réfugient dans l'alcool. Jean-Paul II et Benoît XVI ont pu manquer de curiosité à l'endroit du fondateur des Légionnaires du Christ et des Pères Philippe, pour ne parler que d'eux.
Sous ce pontificat, les inspections fraternelles s'orientent à Fréjus-Toulon plutôt que vers les séminaires qui ne recrutent plus ou mal. Je n'ai toujours pas compris ce qui était reproché aux Franciscains de l'Immaculée (et Y. Chiron n'en sait pas davantage).
L'ancien abbé de Kergonan a été débarqué après visite canonique, très bien, c'est prévu. Mais le voilà prieur, chef donc d'une communauté ! Faudrait savoir.
Un évêque peut chercher des poux à n'importe quel prêtre impeccable, si le coeur lui en dit, et à la faveur des nominations, il peut l'envoyer balader sans trop lui demander son avis. Il est certain qu'un prêtre olé olé qui se contente de faire ronronner et de dire amen à toutes les folies du moindre laïc ne risque pas d'être embêté et d'être l'objet de lettres accusatoires (sinon de catholiques classiques ou tradis, qui en général sont lues sans aucune attention).
Si vous lisez des biographies officielles d'anciens abbés, je pense par exemple à ceux de Kergonan (avant le concile !), les auteurs ne cachent pas (et c'est leur grand mérite) les dissensions au sein du chapitre et de la communauté.
Dans les communautés qui ne sont pas sous la juridiction des évêques, des congrégations monastiques et de Rome pour faire simple, il existe aussi les chapes de plomb et les autorités, les déviants et les incompétents. Il y a eu de scissions. Mais cela se voit moins, puisqu'il n'y aura pas de déposition venue de l'extérieur.
Les religieuses autoritaires ont aussi existé, même dans les bonnes vieilles congrégations diocésaines (qui vont toutes mourir...). Il fallait de la poigne à ces femmes pour diriger des écoles et des maisons de retraite, pour trouver l'argent et tenir tête à l'évêché, mais j'ai eu les confidences de religieuses qui ont souffert de leurs supérieures.
Il y a des violences psychologiques importantes, dans les bons presbytères comme dans les couvents. J'ai cité un évêque en soutane qui dut démissionner en 1975 pour avoir en premier lieu tabassé un pauvre saint curé de campagne qui en a perdu la parole (je l'ai connu, jusqu'à son enterrement : pensez à la vie de ce prêtre en soutane de 1975 à 2000, sans même pouvoir concélébrer dans la maison diocésaine). La lettre de départ et le testament ont été rédigés dans les larmes, mais le mal avait été fait. Le chapitre est allé à la nonciature et Rome a demandé la démission pour sauver les apparences.
Il y a eu aussi des abus chez certains maîtres des novices qui ont agrégé à eux, comme au bon vieux temps, des vocations. Y compris dans de prestigieuses abbayes. Le père abbé de Solesmes a quitté Fontgombault à un moment donné : belle conception de la stabilité. Ou alors, c'est qu'il y avait un motif sérieux. Si les épouses en faisaient autant après dix ans de mariage ?
La dame démissionnaire de la CEF l'an dernier ? Poussée à la démission plutôt qu'au grand débarquement avec indemnité de licenciement ? L'opacité des chefs de la CEF qui n'a pas du tout intéressé La Croix. L'Eglise est ordinairement aussi dégoûtante en matière de ressources humaines que l'éducation nationale.
Tel évêque loge sa déléguée épiscopale chouigneuse et odieuse dans un presbytère, sans demander son avis au presbyterium. Cela n'empêchera pas le nonce de manger dans son beau service de table. Les fermetures en quinze jours des maisons de retraite diocésaine ? L'évêque a décidé ce qu'il a voulu, au lieu d'aller loger avec les vieux prêtres et les laïcs pour poser le problème.
Les gestions diocésaines financières catastrophiques et le recrutement aléatoire de certains économes ? Tout passe ! Les ventes du patrimoine et des bibliothèques d'anciens séminaires ? Cela passe. Et l'association des bibliothèques ecclésiastiques de France, depuis la mort du chanoine Moisan, n'est présidée que par des laïcs ou des prêtres qui tiennent à avoir de bonnes relations avec les évêques.
Un abbé dégagé après visite qui a recruté autant mérite quelques égards. On lui reproche sans doute son trop grand succès... Pour avoir vu récemment ce qui reste d'Olivétains au Bec (qui ne vont certainement plus élire d'abbé...), je sais que ce lieu ne risque aucune visite. Et son tropisme oecuméniste le protège. Le Mesnil St-Loup fermera bientôt (ils ne sont plus que quatre je crois), comme le diocèse de Troyes.
Même entre moines qui s'entendaient bien (c'est valable aussi entre amis et dans le couple), la haine peut s'installer au fil des ans. C'est la vie. Et un Abbé qui détenait autrefois un pouvoir monarchique à vie, doit savoir que l'ingratitude sera son lot un jour ou l'autre. Il y a en a qui ont la prudence ou la sagesse de se démettre eux-mêmes et de préparer leur succession.
Je reprends mon antienne : pourquoi les cardinaux actuels si opposés sur le fond à François continuent à être cardinaux ?
"Ils" ont eu la peau de Mgr Le Vert, de Mgr Castet...
Cela marche souvent dans le même sens.
On ne saura rien de Sept-Fons, car on dira que cela ne nous regarde pas.
Au mieux on inventera quelque chose comme le mensonge provençal avec la complicité de toute la CEF.
Je ne sais ce qu'on a raconté aux bienfaiteurs de Lagrasse quand le fondateur a été débarqué. Il me fallut Yves Chiron pour le savoir (qui parle d'un procès depuis 2006, sans préciser la juridiction ni ce que ces juges fabriquent depuis lors !).
S'il n'y avait de dysfonctionnements (mot pudique) qu'à Sept-Fons ! Dans les cathédrales, les presbytères, les évêchés, les séminaires, les familles, les rédactions, les écoles, ...

( 951627 )
Il y a eu un communiqué assez clair par XA (2022-08-27 10:09:02)
[en réponse à 951577]
“A la demande de Dom Jean-Charles Nault OSB, Assistant Pontifical de la communauté de Sept-Fons, l’Abbé Général est en mesure d’annoncer ce qui suit concernant l’élection à Sept Fons :
“Comme nous le savions, le résultat de l’élection, qui s’est tenue le 6 août 2022, nécessite la confirmation du Saint-Siège. Le Dicastère la donnera après le 15 septembre”.
En attendant, en tant qu’Ordre, nous continuons à prier avec patience pour la communauté de Sept-Fons et son Commissaire Apostolique.”