Le Forum Catholique

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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 951433 )23/08 St Philippe Béniti, confesseur, Vigile de St Barthélémy, apôtre par ami de la Miséricorde (2022-08-22 22:31:25) 



Francesco Curradi, Vision de Saint Philippe Béniti, entre 1625 et 1649, basique de Saint Clément de l'Ordre des Servites de Marie à Sienne

Biographie de Saint Philippe Béniti

St Philippe Béniti, confesseur



Avant 1955 : Vigile de St Barthélemy, apôtre
images/icones/marie.gif  ( 951434 )Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu par ami de la Miséricorde (2022-08-22 22:34:09) 
[en réponse à 951433]



CHAPITRE XII

De l'estime et de l'amour des croix


La parfaite jouissance de Dieu, suivie de plaisirs infinis, est réservée pour la longue éternité : la vie où nous sommes et où bientôt nous ne serons plus, qui passe si vite, et qui à peine laisse le loisir de la regarder, est donnée aux souffrances.

Il faut donc y être crucifié avec Jésus, dont l'esprit est l'âme de nos âmes, qui nous donne et soutient uniquement la vie, sans lequel il n'y a que mort : et comme il a été l'homme des douleurs, ayant épousé la croix par un mariage tout sacré et indissoluble, nous devons sans cesse y être inviolablement attachés.

L'esprit de Jésus est un esprit de croix ; mais l'esprit de Jésus est l'esprit qui nous donne la vie : si nous voulons donc vivre, il faut vivre de la croix. Dans ce sentiment la divine Thérèse s'écriait : Ou mourir, ou souffrir. Car il est vrai que dès lors que l'on cesse de souffrir, il faut cesser de vivre : ou la croix ou la mort. Quand le temps de nos souffrances est achevé, il est temps de mourir.

Les souffrances font la plus grande gloire du christianisme, nos plus grandes hontes doivent être de nous voir dans l'aise et le plaisir. Le véritable Chrétien se trouvera toujours chargé de confusion, et aura bien de la peine à ne pas rougir quand il sera dans la joie et l'honneur, puisqu'il fait profession de servir un maître qui est l'homme de douleurs, et qu'il se reconnaît membre d'un chef percé d'épines de toutes parts.

Cette qualité glorieuse de membre de Jésus lui donne une union si étroite avec cet aimable Dieu-Homme, qu'indispensablement il doit entrer dans toutes les inclinations et aversions de son divin coeur, aimant tout ce qu'il aime, haïssant tout ce qu'il hait, ne devant agir sans réserve que par ses sacrés mouvements.

C'est le propre de l'amour de transformer : l'âme qui est Jésus, est plus en lui qu'en elle-même ; elle ne vit plus, c'est Jésus qui vit en elle. Elle ne regarde donc les choses que comme il les voit, elle ne les goûte que comme il les goûte : ainsi tout son goût est aux peines et aux croix, toute sa joie dans les douleurs, et elle se sent dans une tristesse accablante quand elle s'en voit éloignée, et paraît toute honteuse.

Une personne passant par quelque lieu y fut prise pour une personne de condition : cette estime la tirant en quelque façon du mépris de la croix, lui donna tant de honte, qu'elle se sentit obligée d'y écrire pour détruire cette opinion qu'on avait d'elle, ne la pouvant supporter.

Une âme de notre siècle, d'une vertu rare et d'une piété extraordinaire, traitant avec un grand serviteur de Dieu des choses qui pourraient plus réveiller en elle l'amour-propre, elle lui dit que la croix lui paraissait quelque chose de si bon et de si glorieux, quelle pensait que si on la venait prendre pour la mener pendre en la place de Grève à Paris, elle aurait bien de la peine à s'y défendre de l'amour-propre.

Et de vrai, les plus humiliantes croix sont le comble de l'honneur du christianisme, et en font le dernier point de la gloire. Tous ceux qui souffrent chrétiennement, sont de grands rois dont les chaines et les prisons et toutes sortes d'afflictions sont les sceptres et les couronnes.

Mais l'admirable saint Chrysostome (hom. 8 in Epist. ad Ephes.) passe plus avant, et soutient que la gloire des souffrances surpasse celle des diadèmes, et assure que souffrir est quelque chose de plus grand que l'empire de l'univers : et son esprit s'élevant toujours de plus en plus dans l'estime des croix, il dit même que la gloire de l'apostolat le doit céder à celle des persécutions ; qu'il est plus illustre d'être chargé de chaines pour Jésus-Christ, que de porter la qualité d'évangéliste, ou celle de docteur du monde.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricorde vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/1f.gif  ( 951453 )Saint esclavage... bof bof par JVJ (2022-08-23 12:11:18) 
[en réponse à 951434]

Le doux joug du mariage (message envoyé aux femmes seulement...), l'aimable fouet du pénitent, la gentille mandale du papa au canon, la tendre mortification sur le gril, la revigorante combustion sur le bûcher johannique, ...

Qu'on ne me sorte pas tel saint qui parle du "saint esclavage", parce que je sors ma traduction de Jacques de Voragine pour vous montrer ce que peuvent dire et faire des saints, selon ce Dominicain... Et qu'aucun prêtre aujourd'hui ne serait capable de sortir dans son prêche sans faire pouffer la totalité de ceux qui écoutent.

Comme dirait l'autre, galvauder ce mot d'esclave, ce n'est pas du tout sympathique pour les Trinitaires et les vrais esclaves, ceux d'hier et d'aujourd'hui encore (pensée à ceux qui vont regarder le foot au Qatar).

Il y a du tri à faire dans les textes dits pieux... J'ai vécu dans le VOM des méditations de chemin de croix le Vendredi Saint qui empruntaient à de la prose rimée un peu facile, qui au final n'avaient rien de bien édifiantes. Dans le NOM, j'ai eu aussi droit à un écran sur un autel, avec procession statique sans utiliser les stations (seuls jeunes de l'église, nous avons fichu le camp illico, évidemment, avant de trouver avec bien du mal une église ouverte...).

Je ne crois pas qu'on se flagelle beaucoup sous des bonnets pointus en 2022 en France, même dans les chapelles qui se pensent les plus observantes. Idée pour les défilés de civavitas qui peut me dire merci. Devant le Sénat, cela aura de la gueule et ce sera repris par les médias.

Dire à une gamine qu'elle va se faire esclave de la douce Mère de Dieu...

On demande aux catholiques de s'agenouiller à la messe (du moins par endroits...), non sur du verre pilé, non de faire une prostration les bras en croix ou une venia. J'espère ne donner d'idées à personne.

Les fols-en-Christ me sont très suspects, comme ceux qui voulaient se faire stylite récemment ou ceux qui ont une dévotion mariale si exacerbée qu'ils veulent voir en Marie une co-rédemptrice. L'abbaye de Sept-Fons avait renvoyé le novice Benoît-Joseph pour ses scrupules.

La vie catholique n'est pas une succession de scrupules et de hadiths tirés de centons.

L'amour des croix doit contenter tout catholique (prêtres compris) malheureux de ce pontificat et des dérives des précédents... François est là pour la déification des Justes. On dit merci.

Il y a une morbidité et un désir douteux d'aller le plus vite possible au Ciel chez certains saints - et non des moindres - depuis deux siècles qui ne me paraissent pas très édifiants et porteurs pour nos enfants. Et c'est quelqu'un qui travaille tous les jours sur la mort qui vous le dit.