Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 950422 )François: ''La rigidité n'est pas un don de Dieu'' par Chicoutimi (2022-07-31 06:51:37) 

Traduction d'un article de la Catholic News Agency:

«N'avons-nous pas une place dans l'Église ?» : Lire la réponse du pape au prêtre argentin sur la fermeture du séminaire

30/07/2022

''Plus tôt cette année, un prêtre argentin luttant pour comprendre la fermeture controversée par le Vatican de l'un des meilleurs séminaires du pays a écrit au pape François pour obtenir des réponses.

Le prêtre, maintenant sa fidélité et celle de ses frères prêtres au Concile Vatican II, ainsi que leur dévotion aux sacrements, à la vie spirituelle et aux malades, a demandé si une lecture littérale de Vatican II signifiait que le presbyterium était trop rigide.

« Cette rigidité est-elle mauvaise? Est-ce une idéologie? N'avons-nous pas une place dans l'Église aujourd'hui? a-t-il demandé.

(...)

Le séminaire de San Rafael, situé dans la province de Mendoza, était l'un des plus réussis d'Argentine et de toute l'Amérique latine, avec de nombreuses vocations.

Il figurait en bonne place lorsque des tensions se sont développées à la mi-2020 entre certains prêtres et fidèles du diocèse et son évêque de l'époque, Mgr Eduardo María Taussig.

Parmi les sources de conflit figurait l'annonce de Mgr Taussig, en juin 2020, liée au redémarrage du culte public suspendu en raison de la pandémie de COVID-19, pour qui la communion ne pouvait être reçue que debout et dans la main, et non dans la bouche et sur les genoux.

Un décret émis par le Saint-Siège a mandaté la fermeture du séminaire en novembre 2020. La Congrégation pour le clergé a informé Mgr Taussig que cela était dû à des difficultés à maintenir un recteur de séminaire - en ayant eu sept au cours des 15 dernières années.

La fermeture du séminaire a déclenché des manifestations publiques et des rassemblements du Rosaire devant la résidence de l'évêque, ainsi que des caravanes de voitures à travers d'autres villes du diocèse.

Le pape François a accepté la démission de Mgr Taussig le 5 février 2022, environ un an et demi après la décision de fermer le séminaire.

La lettre du prêtre

Le père Ramiro Sáenz, prêtre de l'église Notre-Dame du Rosaire dans le diocèse de San Rafael, a initialement envoyé une lettre au pape François datée du 17 avril 2022, lui racontant les souffrances de la communauté catholique locale et lui posant des questions.


«Comme vous le savez, nous avons vécu des moments très difficiles et avec de nombreux malentendus. Nous faisons partie de l'Église du Christ qui vous a été confiée. Nous aimons le Christ, nous aimons la Sainte Vierge, nous aimons l'Église que vous présidez», a écrit le père Sáenz.

«Nous nous confessons, nous faisons des missions, nous prêchons des retraites, nous avons plusieurs chapelles pour l'adoration perpétuelle (dans presque toutes les paroisses on adorait toute la nuit du Jeudi saint), nous prions quotidiennement l'office divin et le chapelet, nous méditons, nous lisons les grands maîtres de la vie spirituelle, nous prenons soin des malades et des plus nécessiteux, nous avons presque tous risqué notre vie en prenant soin des patients COVID», a-t-il poursuivi.

«Nous ne sommes pas parfaits mais nous voulons travailler pour le Christ et son Église. Votre Sainteté, veuillez croire en notre bonne volonté», a-t-il écrit.

«Nous avons presque tous été formés sans rupture ni fractures avec le Concile Vatican II. Nous avons pris au pied de la lettre le décret sur la formation sacerdotale et le décret sur le ministère et la vie des prêtres [qui se rapportent à la formation sacerdotale]. Cette rigidité est-elle mauvaise? Est-ce une idéologie? N'avons-nous pas une place dans l'Église aujourd'hui?

Le père Sáenz a ensuite fait référence à une image - le polyèdre - que le pape François a utilisée, à partir du moment où il était archevêque de Buenos Aires, lorsqu'il parlait d'appartenir à une société mondiale.

Le polyèdre permet à chaque côté géométrique d'avoir sa propre forme particulière et unique, même si la forme entière est autour d'un centre, par opposition à une sphère dans laquelle tout le périmètre est équidistant et entoure le centre de la même manière.

"N'y a-t-il pas une petit place pour nous dans le polyèdre?" a demandé le père Sáenz au pape.

"Nous avions un diocèse fécond en prêtres et en œuvres apostoliques. Ne le laissez pas stagner. Aujourd'hui, le monde a plus que jamais besoin de nous. Par les blessures du Christ, je vous recommande notre diocèse, ses prêtres et ses fidèles", a déclaré le prêtre à la fin de sa lettre.



La réponse du Pape François

Le pape François a répondu dans une lettre datée du 9 juillet 2022.


«J'apprécie votre confiance et votre sincérité. Je sais que vous traversez une période difficile; croyez-moi, c'est la même chose pour moi. Je suis sûr qu'il y en a beaucoup qui n'arrêtent pas de travailler avec désintéressement pour le Peuple de Dieu, apportant consolation et paix à travers les sacrements et la Parole ", a écrit le pape.

«Dans votre lettre, vous me faites remarquer qu'ils ont pris le Concile Vatican II au pied de la lettre et tout de suite après, vous me demandez si la rigidité est mauvaise. Je dois vous dire que c'est une chose de marcher dans la loi du Seigneur, comme le psaume nous invite à prier ("Heureux est l'homme qui marche dans la loi du Seigneur") et une autre est la rigidité", a déclaré le Saint-Père.

«Cher fils, la rigidité n'est pas un don de Dieu ; la douceur oui; la gentillesse oui; la bienveillance oui; le pardon oui; mais la rigidité non ! Parce que, comme vous en avez vous-même l'intuition, la rigidité est le prélude à l'idéologie qui fait tant de mal et qui a conduit les rigides de l'époque de Jésus à le condamner pour avoir mis la miséricorde au-dessus de la loi", a écrit le pape François.

Plus loin dans la lettre, le Saint-Père écrit que «bien sûr, dans l'Église de Jésus, qui est la même hier, aujourd'hui et toujours, nous avons tous une place, TOUS! C'est pourquoi la rigidité n'est pas possible, car elle ferme les portes à "tout le monde" et ne les maintient entrouvertes que pour les "parfaits".

«Je suis sûr que dans ton cœur de bon berger, il y a aussi de la place pour tout le monde. Je prends vos paroles : «Aujourd'hui, le monde a plus que jamais besoin de nous. Je compte sur vous», a écrit le pape François, concluant en demandant au prêtre de prier pour lui, comme c'est la coutume du pape dans ses écrits et ses discours.



En décembre 2021, un peu plus d'un an après la fermeture du séminaire, le diocèse de San Rafael a signalé que 12 séminaristes avaient été envoyés dans des séminaires de quatre autres diocèses. Le diocèse n'a pas révélé combien de séminaristes ont quitté la formation sacerdotale en raison de la controverse.''

Source
images/icones/neutre.gif  ( 950425 )Phrase fondamentale par Roger (2022-07-31 09:45:57) 
[en réponse à 950422]

"la rigidité n'est pas un don de Dieu ; la douceur oui; la gentillesse oui; la bienveillance oui; le pardon oui; mais la rigidité non ! Parce que, comme vous en avez vous-même l'intuition, la rigidité est le prélude à l'idéologie qui fait tant de mal et qui a conduit les rigides de l'époque de Jésus à le condamner pour avoir mis la miséricorde au-dessus de la loi"

J'en retiens
- une analyse typique du clergé des seventies: aimer c'est être gentil et bienveillant - ce n'est pas faire le bien
- une dimension anti légaliste
- un sous entendu antisémite inconscient ?

Ces trois idées sont souvent présentes dans les propos du pontife...
images/icones/fleche2.gif  ( 950427 )Une autre interprétation, la moins bergogliocentrée possible par Scrutator Sapientiæ (2022-07-31 11:30:31) 
[en réponse à 950425]

Bonjour Roger,

Vous avez évidemment raison de vous en prendre à la nouvelle conception de la charité et de la morale chrétiennes qui a commencé à sévir dès les années 1960 (cf. Marc Oraison) et qui a continué à le faire jusqu'à nos jours, d'où l'absence ou le déficit de réception de Veritatis splendor, au sein même de l'Eglise catholique, depuis 1993.

D'après cette nouvelle conception de la charité et de la morale chrétiennes, aimer,

- ce n'est plus avant tout, avec l'aide de la grâce de Dieu, s'efforcer de dire ce qui est vrai et de faire ce qui est bien, et aussi s'abstenir de dire ce qui est faux et de faire ce qui est mal (ce qui présuppose que l'on connaisse un tant soit peu ce qui est vrai, ce qui est bien, ce qui est faux et ce qui est mal), même si c'est souvent coûteux et parfois extrêmement désagréable,

mais

- c'est avant tout s'efforcer de mettre le moi à la place du surmoi, et s'efforcer de donner raison le plus souvent possible, ou de donner tort le moins souvent possible, au moi, à son propre moi et à celui des autres.

(Ce n'est plus de la théonomie participée, c'est de l'autonomie émancipée...)

De même, vous avez raison de pointer du doigt une fâcheuse tendance, typiquement néo-catholique post-conciliaire, même si, au moins jusqu'à Benoît XVI inclus, cela n'a pas été la tendance papale officielle, selon laquelle le Christ n'est pas venu parfaire, mais est venu abolir.

Le personnalisme, ou ce qui en tient lieu, débouche souvent, respectivement en religion et en morale, sur un anti-dogmatisme et sur un anti-légalisme qui sont parfois consternants de bêtise.

Voici une autre interprétation, la moins bergogliocentrée possible, de certaines prises de position traditiophobes qui ne brillent pas par leur sagacité et par leur subtilité, et qui n'ont pas toutes attendu l'élection du prédécesseur de François pour commencer à se manifester.

Hypothèse : dans le contexte du monde occidental, nous sommes en présence de théologiens et d'évêques qui, depuis le milieu des années 2000, sont assez nombreux à avoir bien conscience du fait que le Concile est un échec et du fait que l'après-Concile les conduit à la faillite.

Dans ce contexte, le Concile et l'après-Concile étant fréquemment critiqués, non par des catholiques traditionnels qui ne comprennent pas du tout mais, au contraire, par des catholiques traditionnels qui comprennent assez bien le pourquoi et le comment de l'échec et de la faillite, les clercs idéologiquement néo-catholiques post-conciliaires, et qui sont décidés à le rester, ne disposent que de deux solutions : l'autoritarisme institutionnel et l'incrimination moralisatrice, puisque le réel ne leur permet pas de disposer d'autres arguments.

En effet, sauf si ce sont des aliénés absolus ou des sophistes éhontés, ils ne vont quand même pas nous dire, par exemple, que la diminution du nombre de prêtres constitue un fruit du Concile, qui donne aux communautés chrétiennes la possibilité et la joie de faire l'expérience du sacerdoce commun à l'ensemble des fidèles !

Donc, encore une fois, face au réel, et face à des catholiques traditionnels qui ne sont absolument pas dépourvus d'arguments pour faire connaître et comprendre le Concile en tant qu'échec et l'après-Concile en tant que faillite, que reste-t-il aux traditiophobes, sinon l'autoritarisme institutionnel, l'incrimination moralisatrice (les tradis disent ce qu'ils disent, non parce qu'ils ont raison de le dire, mais parce qu'ils sont dépourvus de charité, maurrassiens, nostalgiques, repliés sur eux-mêmes..), ainsi que la désinvolture caricaturale, qui vise à créer un effet de sidération, dans le but de "souffler" le contradicteur éventuel ?

Il est possible que cette interprétation soit erronée, mais ce qui importe est qu'elle soit la moins bergogliocentrée possible, car enfin, soyons clair : quand une équipe de football joue mal depuis six décennies, on ne s'en prend pas, d'une manière disproportionnée, à celui qui n'est l'entraîneur de cette équipe que depuis un peu moins de dix années.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 950434 )Intéressant mais pas certain par Roger (2022-07-31 17:12:23) 
[en réponse à 950427]

Merci cher Scrutator pour votre analyse qui élargit son champ au delà de la seule pensée de François .

Je crois pour ma part que les zelateurs du Concile seraient plutôt tentés de rendre les catholiques traditionnels responsables du naufrage.

En effet c'est l attachement à la Tradition qui a produit Humanae Vitæ, le maintien du célibat ecclésiastique, le refus de l'ordination des femmes et de l'intercommunion avec les protestants, etc...

Tout ce que le prof Perrin relie à l exemple anglican. Même si l'expérience anglicane démontre a contrario que la capitulation devant les caprices du Monde n'attire pas de nouveaux fidèles.

Mais pour bien des clercs aux commandes (pas tous heureusement) l'Église de 2022 est trop traditionnelle et pas assez réformée...
images/icones/fleche2.gif  ( 950446 )L'Eglise s'est rapprochée d'un monde qui s'est éloigné encore plus. par Scrutator Sapientiæ (2022-08-01 00:09:31) 
[en réponse à 950434]

Bonsoir Roger,

Au Concile et depuis, l'Eglise catholique s'est rapprochée d'un monde contemporain qui, en même temps, en a profité pour continuer à s'éloigner, de plus en plus, des enseignements de l'Eglise catholique.

En d'autres termes, ce n'était pas forcément absurde de s'ouvrir sur bien des concepts et bien des valeurs du monde contemporain, mais à condition de le faire avec précision et prudence, et aussi à condition que le monde contemporain en tire parti, de son côté, pour commencer puis continuer à s'ouvrir sur l'enseignement de l'Eglise catholique.

Or, ce n'est pas du tout comme cela que ça se passe, d'où l'impression que les clercs considèrent qu'il est somme toute normal, ou fatal, que l'épouse du Christ soit aussi l'épouse du monde contemporain, quitte à ce qu'elle arrive avec un peu de retard à chaque rendez-vous programmatique avec, pour ainsi dire, son conjoint terrestre.

Je vois bien en quoi le suivisme est accommodant, mais j'ai plus de mal à voir en quoi il est évangélique, sans guillemets...

Bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 950447 )Oui cher Scrutator par Roger (2022-08-01 08:10:54) 
[en réponse à 950446]

Vous avez justement écrit




Au Concile et depuis, l'Eglise catholique s'est rapprochée d'un monde contemporain qui, en même temps, en a profité pour continuer à s'éloigner, de plus en plus, des enseignements de l'Eglise catholique.



C est très exact. Il y avait de nombreux points communs entre l'opinion commune de 1960 et l Église...beaucoup moins dès 1970.

Mais dès 1960 le problème pouvait être vu. Exemple : ni Sartre ni Camus ni Aron ne critiquaient l Église...ils étaient simplement indifférents à un enseignement qui leur semblait parfaitement dépassé et sans valeur.

Paradoxalement en 2020 Finkielkraut ou Onfray sont plus intéressés par le propos des catholiques..
images/icones/neutre.gif  ( 950452 )En mes termes à moi... par Candidus (2022-08-01 09:05:44) 
[en réponse à 950446]

L'Église, à l'occasion du Concile, a voulu embrasser le monde moderne pour le christianiser. Elle a décidé, à l'instar de la génération d' enseignants issue de 1968, d'abandonner la posture didactique pour faire du pédagogisme ; "se mettre à l'écoute de l'élève pour apprendre de lui".

Résultat des courses ?

L'élève a perdu tout respect pour le maître, il s'est ensauvagé ; le monde moderne a sombré dans un post-modernisme nihiliste qui rend le message chrétien inaudible, et toute transmission de la foi impossible.
images/icones/bravo.gif  ( 950455 )Bien résumé par Roger (2022-08-01 09:16:42) 
[en réponse à 950452]

Cher candidus

Merci pour cette excellente formule.

On peut cependant estimer que ni Jean Paul II ni Benoît XVI n étaient sur cette ligne...
images/icones/find.gif  ( 950456 )L'Eglise a adopté par Jean-Paul PARFU (2022-08-01 09:32:25) 
[en réponse à 950452]

la mentalité qui avait été la cause, en Occident, de l'apparition de la Franc-Maçonnerie et du Protestantisme !

1) L'Eglise a fait comme si l'éloignement du monde par rapport au christianisme était dû à un malentendu, alors qu'il est d'abord causé par le péché ! Elle s'est muée en une institution qui a pour but l'unité et le bien-être sur Terre du genre humain ;

2) L'Eglise a chassé tout l'aspect tragique de son message, de son enseignement. Et c'est sans doute l'une des causes principales de la modification liturgique et en premier lieu de la messe. D'une liturgie du salut, du Sacrifice, on est passé à un rassemblement fraternel, comme s'il n' y avait plus lieu de combattre et comme si l'horizon ultime et indépassable du christianisme se situait ici-bas.
images/icones/neutre.gif  ( 950460 )Le refus du tragique... par Candidus (2022-08-01 10:09:06) 
[en réponse à 950456]

... est la principale caractéristique de la modernité, et la post-modernité nous révèle à quoi il aboutit.

Les progressistes nous expliquaient que l'UE nous permettrait de vivre dans un environnement pacifique, que l'hygiénisme nous préserverait des maladies, que la disparition des exploitations agricoles familiales nous donnerait accès à une nourriture abondante et bon marché (à défaut d'être de qualité), que la mondialisation était une promesse de prospérité universelle, que l'immigration nous enrichirait sur les plans économique et culturel.

Et que vivons-nous ? Le retour des cauchemars du passé : guerres, épidémies, famines, crise économique, invasions barbares... sans l'espérance chrétienne qui leur donnerait un sens et nous indiquerait une issue.
images/icones/neutre.gif  ( 950462 )Tragique après Auschwitz ? par Roger (2022-08-01 10:17:17) 
[en réponse à 950460]

Je suis réservé sur ce concept de refus du tragique car au contraire je trouve que beaucoup d intellectuels et de médias vivent dans une référence constante au tragique : les tranchées de 1914, les camps de concentration, le réchauffement climatique ...même le covid !

Mais il s’agit d un tragique collectif qui efface toute responsabilité personnelle.

Dès lors que l'horizon est bouché par ces phénomènes globaux l' homme contemporain ne se pose plus guère la question de son salut individuel !

Évidemment l homme de 2020 est très éloigné de l optimisme de Jean XXIII...
images/icones/pelerouin1.gif  ( 950468 )Un malentendu par Jean-Paul PARFU (2022-08-01 11:22:40) 
[en réponse à 950462]

1) On ne dit pas que le tragique a disparu, mais que l'Eglise, à la suite des familles de pensée les plus influentes au sein de la société occidentale, notamment du Protestantisme et de la Franc-Maçonnerie, a voulu gommer et expulser le tragique de son enseignement et de sa liturgie.

Mais comme vous le dit Candidus, vouloir, au fond, faire le Paradis sur la Terre, c'est bien souvent faire l'Enfer sur la Terre. "L'Enfer est pavé de bonnes intentions", comme le dit le Proverbe. Pourtant, c'est l'Eglise qui rappelait autrefois qu'il y avait le péché originel et que, suite à ce péché, le Paradis terrestre non seulement n'était plus possible, mais n'était plus souhaitable. Elle parlait même, à ce propos, de "millénarisme" et de "naturalisme".

2) Par ailleurs, votre analyse mêle trop et trop souvent : évènements politiques de la 1ère moitié du XXème siècle (1914-1945), de surcroît tels que la Gauche les analyse et en impose le récit en France, avec des tendances très lourdes et anciennes de sécularisation de nos sociétés. Non, le Maréchal Pétain n'est pas responsable de la déchristianisation de la France et encore moins des décisions prises lors du Concile Vatican II ou après ce Concile.
images/icones/neutre.gif  ( 950461 )Il faudrait savoir pourquoi cher maître par Roger (2022-08-01 10:11:14) 
[en réponse à 950456]

Votre analyse est très juste.

Mais pourquoi ce choix malheureux a t il été effectué ?

Sans doute parce que au cours du xxe siècle ont eu lieu de grands événements, de grands crimes et de grands péchés.

Ceux ci ont probablement abouti à relativiser certains péchés (peut on cadamner le divorce ou la cohabitation juvénile avec la même force après les massacres des deux guerres mondiales?).

Et ont aussi discrédité certains moralistes - comme ceux qui ont expliqué aux Français qu il fallait obéir à qui vous savez de 1940 à 1944.

Symétriquement ceux qui ne croyaient pas au ciel ont montré qu'ils étaient souvent courageux et honnêtes (pas tous ni toujours) contrairement à certains discours anti communistes par exemple. Maurras serait parti à Londres en 1940 ou même 42 sa pensée aurait occupé une place centrale en 1944. Ce fut Marx qui a pris sa place comme horizon implicite de nombreux intellectuels catholiques.

Il est clair en revanche qu'en 1960 n' existaient plus dans l'Église que deux courants politiques et philosophiques : les démocrates chrétiens (majoritaires) et les communistes ( minoritaires mais influents).
images/icones/fleche3.gif  ( 950453 )Le piège de la reconnaissance des valeurs contemporaines par Johanis (2022-08-01 09:14:29) 
[en réponse à 950446]

Le problème des valeurs du monde contemporain sait qu'elles sont censées avoir pour seule source et pour source ultime l'homme, et le progrès qu'il réalise inéluctablement. Et d'ailleurs cet optimisme, antichrétien en fait car la question d'un salut venant de Dieu n'y a pas de sens, a contaminé la théologie et en peut dire même d'une certaine façon la doctrine conciliaire et d'abord son "esprit" : qu'on pense aux propos naïvement optimistes par rapport au monde de Jean XXIII dans son discours d'ouverture, ou de Paul VI dans son discours de conclusion, et bien sûr la conviction de notre cher pape que de toute façon tout homme est sauvé. C'est le drame de l'humanité, le drame du péché, du rejet de Dieu, qui est occulté, avec un Dieu qui s'il existe est en Dieu bisounours.

Là-dessus je ne peux que recommander le livre du Père Augustin Pic o.p., "Dieu dans l'Eglise en crise", qui montre comment la théologie moderne, à la remorque de la culture moderne tend à perdre le sens du Dieu absolument transcendant, pour en faire un Dieu qui aurait des devoirs envers l'homme et ses droits.
Il y a conjointement élévation indue de l'homme et abaissement de Dieu.

C'est pourquoi la reconnaissance de « valeurs contemporaines" est pour l'Eglise très problématique, un piège tendu, vu l'enracinement de ses valeurs dans des visions erronées de l'homme et de Dieu s'il lui reste une place.
Cordialement,
images/icones/fleche2.gif  ( 950454 )« L’ouverture de l’Église au monde » voulue par le Concile… par vistemboir2 (2022-08-01 09:14:50) 
[en réponse à 950446]

n’est pas, comme vous le savez, cher Scrutator, l’évangélisation du monde mais l’« ouverture aux idées du monde ».

Cette nouvelle « mission » assignée à l’Église est en effet définie par ces principe et précepte, hétérodoxes pour le moins, de Nostra Ætate (§2) : « L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions [non chrétiennes]. » « Elle exhorte donc ses fils pour qu[‘...] ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux [les adeptes d‘autres religions].

Ainsi François a parfaitement appliqué cette « ouverture aux idées du monde » définie par Nostra Ætate, notamment en participant à Rome au culte païen de Pachama et à celui du « cercle des Esprits » des Indiens du Canada.

À mon sens, avec Francis et Vatican II, on n’est plus tout à fait dans la religion catholique, mais déjà dans une autre religion, humaniste, progressiste et ayant pour paradigme la "fraternité universelle", qui rappelle étrangement les idéaux maçonniques...
images/icones/fleche2.gif  ( 950466 )Dans la lettre à François deux questions d'un extrême intérêt. par Scrutator Sapientiæ (2022-08-01 10:48:58) 
[en réponse à 950422]

Bonjour Chicoutimi,

Dans la lettre adressée par ce prêtre, le père Ramiro Saenz, au pape François, il y a deux questions d'un extrême intérêt.

En effet, après tout,

- d'une part, en quoi la prise d'appui en plénitude sur les décrets conciliaires relatifs à la formation des prêtres et au ministère des prêtres peut-elle être synonyme de rigidité, en particulier, alors que les textes conciliaires ne sont pas synonymes de rigidité, en général ?

et

- d'autre part, si le polyèdre bergoglien est si accueillant ou inclusif pour tout le monde que le pape François veut bien le dire, pourquoi n'y aurait-il pas une place pour les catholiques traditionnels, à l'intérieur de ce polyèdre bergoglien ?

Il convient de renvoyer une énième fois les liseurs du FC en direction du blog Le terrorisme pastoral, ce blog comportant des analyses approfondies et intéressantes sur les origines et les composantes du fond de la pensée de J. M. Bergoglio / François.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 950469 )Une possible réponse... par vistemboir2 (2022-08-01 11:23:25) 
[en réponse à 950466]

Cher Scrutator,

À la seconde question, il vous répondra :
"Pas de place dans l'Église post-conciliaire pour les opposants au Concile", comme en d'autres temps certains proclamaient : " Pas de liberté pour les ennemis de la Liberté"...

C'est qu'on a en face de nous de véritables révolutionnaires, et le but de tout révolutionnaire n'est pas de faire le bien, mais d'accomplir la Révolution !...
images/icones/nounours.gif  ( 950473 )Eglise ancienne et Eglise nouvelle par Jean-Paul PARFU (2022-08-01 11:48:35) 
[en réponse à 950466]

Pour François, l'Eglise doit aimer tout le monde. Dans la mesure où l'Eglise ancienne ne tient pas ce discours, il faut donc l'éliminer, d'autant qu'elle vient, selon lui, et en quelque sorte, comme brouiller ou parasiter son discours.

François et son Eglise nouvelle aiment donc tout le monde, sauf l'Eglise ancienne. C'est aussi simple que ça !
images/icones/2a.gif  ( 950481 )Apparemment, François ne suit pas saint Paul... par vistemboir2 (2022-08-01 15:21:43) 
[en réponse à 950473]

"Pratiquons le bien envers tous, et surtout envers nos frères dans la foi (Galates 26,10)...