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images/icones/carnet.gif  ( 950259 )« Comment pourrions-nous avoir la prétention d’enfermer Dieu dans un rite ? » par Cristo (2022-07-28 10:38:11) 

La Croix en remet une couche : certes, le fond va nous défriser, mais au moins, cela prouve que le sujet titille dans le camp d'en-face.
Tous ces plaidoyers sentent la panique.



« Comment pourrions-nous avoir la prétention d’enfermer Dieu dans un rite ? »
Tribune

Jacques Turck prêtre du diocèse de Nanterre

Dans cette réflexion autour du texte du pape François sur la liturgie, le père Jacques Turck rappelle qu’il ne faut pas considérer que la liturgie seule permettra d’annoncer l’Évangile et reprend de ce point de vue les grands enseignements du concile Vatican II.

le 25/07/2022
Selon Jacques Turck, la liturgie est à la fois « complexe et simple ».


Quelle magnifique lettre apostolique le pape François vient-il de nous envoyer avec Desiderio desideravi ! À son propos des chrétiens écrivent, téléphonent, s’insurgent, félicitent ou se scandalisent… Voici ce que j’essayerai de dire pour élever nos cœurs : Sursum corda !

La liturgie est à la fois complexe et simple. Complexe, car elle nous oblige à considérer en même temps plusieurs données : les fondements de la liturgie et son mystère, la réception d’un Concile, la sollicitude pastorale, la psychologie humaine, la réclamation du fils aîné de la parabole toujours à l’affût d’une injustice dont il se croit victime. Sursum corda ! Oui… si nous élevions les cœurs !

Relativiser (et non absolutiser) toutes les formes liturgiques

Simple, car quelles que soient les manières de célébrer, la nécessité de consentir à la médiation d’un rite nous oblige à relativiser (et non absolutiser) toutes les formes liturgiques quelles qu’elles soient. Dieu seul n’est pas relatif… mais il entre en relation avec nous en des réalités fragiles et relatives. Croyons-nous que célébrer de telle ou telle manière affecte Dieu ? Allons ! Dieu est au-dessus de notre prétention à savoir « bien » célébrer, dans une forme déterminée ou une autre, le mystère de son sacrifice et de la Cène !


Comment pourrions-nous avoir la prétention d’enfermer Dieu dans un rite ? dans une expression liturgique ? Laisser faire le rite pour qu’il porte sa fécondité est un adage fondamental de notre foi chrétienne. Laissons faire le rite, Dieu fait le reste. D’où l’importance d’être fidèle aux rites, avec notre raison et notre sensibilité. Que le travail du rite fasse son œuvre car au-delà ou au-dedans des mots, des gestes, des instruments ou des vêtements, le mystère de Dieu se dévoile et demeure. Mais aucun d’entre nous, en aucun rite, n’en fait le tour Si nous savions accueillir l’épaisseur de la condition humaine en tous ses méandres, nous ne pourrions la réduire à telle ou telle expression. Que dire alors de l’immensité de ce qu’il reste à découvrir de Dieu ?

Pour ma part la lettre du pape François, aussi pertinente soit-elle, invite à l’humour. Un humour qui tricote avec le sérieux de notre condition humaine, le sérieux de notre liturgie et, entre les deux, le petit fil d’or d’une autorité qui conduit à plus de maturité spirituelle et liturgique. Comment imaginer que, parce qu’on aura célébré en tel ou tel rite, tout serait résolu de l’annonce de l’Évangile !

Non pas sur les places publiques, mais de l’annonce de l’Évangile au cœur même de la communauté chrétienne qui la célèbre (lex orandi, lex credendi), là où la manière de prier dit le contenu de notre foi. Quelle lisibilité et intelligence avons-nous du lien entre les deux ? Soyons-en persuadés, ce lien sera toujours fragile et à reprendre. Seule la beauté (dont les critères sont aussi relatifs) peut nous déposer sur le seuil du mystère où Dieu nous donne rendez-vous en chaque liturgie.

L’opposition de Mgr Lefebvre à la liberté religieuse

Reste l’en deçà et l’au-delà de la réforme liturgique qui nous oblige à ne pas oublier le concile Vatican II. L’en deçà : au Concile, Mgr Lefebvre a donné son accord au décret sur la liturgie qu’il a lui-même voté de façon positive. Ce n’est pas la disparition du latin, ni la forme rituelle qu’il a mises en cause dans le Concile. C’est la liberté religieuse et l’ouverture au monde. C’est-à-dire la constitution pastorale Gaudium et spes et tout ce qu’elle représente comme ouverture à ce qui n’est pas l’Église. Une ouverture qui est reconnaissance qu’il existe d’autres conceptions du monde que celle qui est offerte par le christianisme. À dater du Concile, l’Église prenait acte qu’il ne saurait être question, par exemple, d’instaurer un État chrétien géré par des clercs ou par des laïcs qui leur seraient soumis.

L’autre acquis du Concile est précisément la mise en lumière d’une relation prêtre-laïc qui n’est pas une relation de subordination, mais de collaboration. À cela nous avons réfléchi au long des mois passés lors de la réflexion sur la « synodalité ». Enfin, même s’il apparaît plus technique, le troisième acquis fondamental du Concile se trouve en Lumen gentium (n. 8), dans la petite formule si riche de conséquence : ecclesia subsitit in… qui nous rappelle que l’Église est tout entière présente là où est l’évêque. C’est-à-dire en chaque Église particulière présidée par l’évêque. Elle apparaît alors comme une communion dont l’évêque de Rome est le serviteur. C’est donc bien avec raison que Benoît XVI hier et aujourd’hui le pape François cherchent à recréer des liens de communion par les divers motu proprio.

Il nous revient de faire circuler à son sujet des dynamismes de communion non seulement pour entrer avec humilité dans le mystère de la liturgie évoqué plus haut, mais, au-delà, pour avancer vers une annonce pacifique de l’Évangile pour les hommes et les femmes de ce temps-ci. N’est-ce pas le grand désir de Jésus, la veille de sa mort ? Même s’il est vrai que le ferment de division par l’échange de parole entre Lui et Judas était déjà présent ! Pour répondre à ce désir de paix et de compréhension mutuelle, l’Église prend encore aujourd’hui de multiples et fréquentes initiatives qui me réjouissent.


https://www.la-croix.com/Debats/Comment-pourrions-nous-avoir-pretention-denfermer-Dieu-rite-2022-07-25-1201226341
images/icones/neutre.gif  ( 950260 )Victoire posthume de Mgr Lefebvre par Roger (2022-07-28 10:54:45) 
[en réponse à 950259]

On note une paradoxale convergence entre l abbé Turk et la FSSPX.

Le nouveau Missel est celui de la liberté religieuse et du " subsistit in"...

Il fallait oser!
images/icones/fleche2.gif  ( 950261 )Un évêque syro-malabar a été déposé par le pape par JVJ (2022-07-28 11:11:20) 
[en réponse à 950259]

sur le critère liturgique, parce que Rome a imposé la liturgie ""romaine"" vernaculaire conciliaire à la schlague l'an dernier, dans l'indifférence (Jean K. avait posté un message qui est resté sans réaction).

J'avais lu un article sur le sujet sur le site des MEP qui était plus que mesuré et pas du tout papolâtre.

Inouï d'étouffer la liturgie syro-malabar.
Pourquoi elle, et pas les autres liturgies orientales ?

Il serait tout de même rassurant pour le cortex épiscopal que des Mgr Rougé, Mgr de Lyon ou Mgr Aillet l'ouvrent un peu et même beaucoup. Et pas par des livres que personne ne lira.

Tout le monde a intégré, dans la hiérarchie et même le clergé diocésain, qu'il faut se taire et se coucher sous ce pape, et devant les liturgies massacrées ou approximatives.
Je ne suis même pas sûr que cela bronche dans les réunions de prêtres, en raison du poids des indifférents ou de ceux qui se sentent à l'aise dans leurs charentaises.
Et y a-t-il des discussions franches à la CEF ? Pas sûr.
Système vous-dis je.
Il y a la ligne du parti et qui s'en écarte est un dissident à faire taire (finalement c'est à front renversé ce que des "progressistes" - pas du tout hérétiques - ont vécu sous Pie X ou Pie XII...).

Un prêtre qui l'ouvre sera marqué au fer rouge et ne risque pas de devenir vicaire général. Mais en se taisant, aussi ! On dira que c'est un énervé ou un fragile.

Combien de paroisses ont expérimenté ce que Benoît XVI conseillait en matière de cohabitation des formes ? Microscopique.

Mgr Turck fut secrétaire général de la commission sociale de la CEF. On ne peut s'attendre à un texte aussi prévisible.
C'est un homme de l'appareil et je suis certain qu'il est ravi de la santé de son diocèse ! Il accueille à bras ouverts les flux...

Ils n'en ont pas marre de sortir le mantra Vatican II comme d'autres sortent le petit livre rouge. Jusqu'à mes 20 ans, jamais je n'avais entendu parler de ce concile et nos villages s'en portaient très bien. Mon curé, en civil, portait en semaine une chasuble gothique et il ne lui serait pas venu à l'idée de faire donner la communion, ou de débarquer au choeur sans voile sur le calice. Tout le monde était à genoux au Sanctus et il disait trois messes le week-end pour sept villages.

"Laisser faire le rite" ! C'est du même tonneau que le laisser-faire ou le vivre-ensemble.

Il y a des catholiques et des prêtres pour lequel le prêtre est d'abord l'homme de la messe, et pour d'autre qui est d'abord l'ami qui accompagne et anime (la messe est un aspect parmi d'autres).
On le sait de longue date, et ce n'est pas NOM contre VOM.
Un jeune prêtre docteur en théologie (Lyon) d'une cité épiscopale ne dit pas la messe en semaine. Il n'en éprouve pas le besoin et c'est un intellectuel. Il a le concile plein la bouche. Son vicaire général n'allait pas nécessairement à la messe chaque jour quand il était dans son grand séminaire. Le dialogue est absolument impossible avec ce genre de prêtres. Et ce sont eux qui l'ouvrent et qui mènent le bal.

"des dynamismes de communion non seulement pour entrer avec humilité" : où ce prêtre a-t-il appris cette novlangue qui nous replonge dans les années 70 ? Tous ces prêtres au fond regrettent les mirages et les promesses de leur jeunesse, tandis qu'on ne peut pas en dire autant des prêtres classiques ou traditionnalistes nés après le concile !

Je plains les braves prêtres et curés qui toute leur vie se cachent et font ce qu'ils peuvent dans les paroisses, souvent sous surveillance d'un chef et de laïcs. Ce n'est pas sain du tout. Et puis, encore, c'est soviétique.
On ne gâche pas une vie entière en baissant la tête toute une vie et en serrant les dents, devant le doyen, devant les Jeannine et les Gérard, devant le vicaire général, devant l'évêque.

Cristo : il n'y a que chez les Tradis où La Croix soit lue l'été et prise au sérieux comme caisse de résonance de la clique... les autres lisent la lettre de la CFDT et déjeunent devant les jeux sur France 2, en attendant l'édito du dominicain en civil au Jour du Seigneur.

Demain je vais aider trois religieuses à vider leur couvent, avant fermeture définitive. Elles portent l'habit et sont bien pieuses, terrassées par ce qui leur arrive. Encore un fruit des vocations conciliaires. Leur bâtiment serait autrement plus beau et priant qu'un château de banlieue parisienne avec une chapelle dans une pièce avec cheminée...



images/icones/neutre.gif  ( 950263 )Bien vu par Roger (2022-07-28 11:26:06) 
[en réponse à 950261]

"Finalement c'est à front renversé ce que des "progressistes" - pas du tout hérétiques - ont vécu sous Pie X ou Pie XII...)."

Assez exact.


Dans certaines communautés religieuses il serait interdit désormais de parler de François...pour éviter que tous en disent du mal.
images/icones/1n.gif  ( 950272 )Etouffer la liturgie syro-malabar ? par Ion (2022-07-28 14:26:15) 
[en réponse à 950261]

Vous n'y êtes pas du tout. Etudiez un peu la question avant de lancer de telles affirmations telles que Rome a imposé la liturgie "romaine" vernaculaire conciliaire à la schlague. En fait, c'est l'inverse de ce que vous laissez entendre : face, notamment à la latinisation de sa liturgie, cette Eglise a décidé d'unifier sa liturgie autour du rite syro-malabar ... qui n'est justement pas le rite romain. Tous ne sont pas d'accord, notamment ceux qui célébraient toute la messe "face au peuple" dans la mesure où le rite unifié, la Qurbana, rite d'origine syriaque et désormais imposé depuis 2021, prévoit une liturgie de la Parole face au peuple, et une liturgie eucharistique ou prêtre et fidèles sont tournés dans la même direction. Cette liturgie contient d'ailleurs, comme prière eucharistique, la fameuse anaphore d'Addaï et Mari.
images/icones/1i.gif  ( 950265 )« Relativiser (et non absolutiser)... par vistemboir2 (2022-07-28 12:03:35) 
[en réponse à 950259]

...toutes les formes liturgiques quelles qu’elles soient. »
Et encore :
« Comment pourrions-nous avoir la prétention d’enfermer Dieu dans un rite ? »

Dès lors, pourquoi vouloir nous imposer la seule messe de Paul VI et nous interdire la messe tridentine ? Faudrait-il que l'on porte des plumes pour que François nous témoigne un minimum de considération ?...

L'abbé Jacques Turk a-t-il conscience qu'il porte là une critique sévère à l'attitude totalitaire de François et son Traditionis Custodes vis-à-vis des tradis : lu dans La Croix, cela ne manque pas de piquant !!...