Le Forum Catholique

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images/icones/frFlag.gif  ( 948954 )Guillaume Cuchet et l Église de France par Roger (2022-07-05 22:37:19) 

L historien Guillaume Cuchet est interrogé par la Nef.

Extrait

La « génération Jean-Paul II » qui, dans ses premières cohortes, a aujourd’hui 50 ou 60 ans et qui, pour une part, gouverne l’Église, est à l’heure des premiers bilans.

Elle s’était fondée sur l’idée que si Vatican II n’avait pas produit les bons effets attendus, c’était parce qu’on l’avait mal compris ou mal appliqué, ou qu’il était intervenu dans une conjoncture trop contraire. Dès lors qu’on l’aurait remis sur les bons rails et appliqué dans un contexte assaini, il pourrait produire ses bons effets. Et, de fait, dans les années 1980-1990, le catholicisme français a pu penser un temps qu’il en serait bien ainsi, notamment avec le succès des JMJ de Paris en 1997. Il y a même eu à ce moment-là un court moment d’euphorie dans ses rangs.

Je ne suis pas sûr qu’on en dirait autant aujourd’hui, alors que tous les indices sont au rouge, sans parler des effets du Covid et de la crise des abus sexuels dans l’Église. Une certaine perplexité, voire un doute, s’est emparée de la génération Jean-Paul II vieillissante et la suivante est un peu en panne de projet apostolique de rechange.

Comme pour l’Action catholique, on s’aperçoit que la génération a transformé le catholicisme français, mais qu’elle n’a pas réussi à inverser les courbes de la sécularisation. C’est tout le paradoxe de ces mouvements apostoliques qui se suivent depuis le XIXe dans l’Église de France qu’ils prétendent à chaque fois inverser le cours de l’histoire mais que leur résultat réel, in fine, consiste surtout à transformer le catholicisme subsistant. Ce n’est pas rien, mais ce n’était pas le but premier de l’opération.
images/icones/c_nul.gif  ( 948958 )Erreur : la génération Jean-Paul II concerne aussi des gens par JVJ (2022-07-05 23:22:58) 
[en réponse à 948954]

qui sont nés en 1980, et qui ont donc moins que 50 ans...
Et des jeunes nés encore en 1990, dans des familles conservatrices ou au culte marial prononcé, sont aussi la génération Jean-Paul II, ayant 15 ans à la mort du pape. Ils ont donc la trentaine ! Il n'y a pas de génération Benoît XVI, car son pontificat dura moins longtemps.

La réussite des JMJ de Paris n'était pas du tout prévue par l'épiscopat français et peu de diocèses étaient mobilisés, comme pour la première visite du pape (la majorité écrasante des évêques ne se reconnaissait pas dans Jean-Paul II et le trouvait bien trop réactionnaire pour leur col pelle à tarte).
La surprise a eu lieu la veille au soir à Longchamp, où des vocations sacerdotales sont nées.

Il est faux encore de dire que "la génération Jean-Paul II" gouverne, sous-entendu l'Eglise de France. Il n'y a pas un bloc épiscopal et un bloc sacerdotal. Il y a un nuancier très important. Mgr Malle, de l'Emmanuel, pleure de joie en voyant ses derniers fidèles (diocèse presque sans prêtre dans dix ans) jouer aux Jean Moulin en peau de lapin en aidant les clandestins à entrer dans MON pays. Mgr Rey ordonne des prêtres à tour de bras et un service diocésain invite l'élue Marion Maréchal, comme d'autres services invitent l'élu communiste ou socialiste local.

Mgr de Reims, c'est la génération Lustiger, pas Jean-Paul II.
Et on a vu ce qu'ont donné les deux successeurs du cardinal à Paris.

Jean-Paul II était vomi dans bien des milieux parfaitement conciliaires (j'entends les journaux diocésains, bien des profs de séminaire, la majorité des évêchés avec leurs salariés et affidés), plus encore que Benoît XVI dont on ne prenait pas la pensée liturgique et doctrinale (trop pointue pour beaucoup) au sérieux (ses ennemis misaient sur son âge avancé et sa trop grande bonté).
Je sais bien que les fidèles de la FSSPX ne me croiront pas au sujet de Jean-Paul II...

Je n'ai pas lu l'intégralité de l'entretien, mais j'espère que Guillaume Cuchet ne laisse pas entendre que les orientations wojtyliennes ont été appliquées parfaitement en France, et que dès lors, elles sont à la racine de la grande dégringolade et de l'anomie actuelle.
La Nef a été bien gentillette lors du motu proprio de François, aussi pondérée et pleine d'espéraaaaaances qu'Y. Chiron. On sent que le périodique veut garder sa respectabilité gagnée de longue lutte (magazine connu de très peu de personnes, mais un évêque m'a dit qu'il avait lu la synthèse pondérée pour se faire une idée apaisée du motu proprio, qui n'était pas si dramatique et méchant que cela).
Le jour où le pape interdira d'un trait de plume jusqu'aux séminaires et noviciats traditionnalistes, La Nef dira "merci Très Saint Père !".

Dans les quelques diocèses que je pourrais connaître assez bien (quatre), je n'ai JAMAIS vu un vicaire général (sauf un, aujourd'hui évêque) ou des diacres en masse et des laïcs salariés ou ayant toutes les manettes, se faire les relais de Jean-Paul II. Bien au contraire.
C'était l'heureuse époque où on se rattachait au pape, par fierté pour son parcours et pour sa vitalité (sauf à la fin...) pour survivre aux orientations atroces de son évêque. Dans certains diocèses, porter le col romain était une marque d'intégrisme, comme de vouloir chanter le moindre chant en latin, fut-il le Credo (et ça l'est toujours dans bien des paroisses).

Jean-Paul II, ce n'est pas seulement le préservatif, un vieillard et 1988. Son élection tint du miracle, en ayant élu un Polonais après tant de siècles, d'un pays communiste. Il a évité de justesse une balle qui aurait pu réduire son pontificat à une parenthèse insipide. J'entends d'ici Luc Perrin me sortir la liste des griefs à lui imputer. Je suis au courant !

Les synodes nous montrent que la génération Paul VI (du début de Paul VI) bouge encore. Combien de fois n'ai-je pas entendu des personnes faire le rapprochement physique entre François et Jean XXIII !





images/icones/neutre.gif  ( 948961 )A mon sens cher JVJ par Roger (2022-07-06 11:35:28) 
[en réponse à 948958]

Dans les diocèses qui survivent actuellement (Paris, Lyon, Versailles,Toulon...), la marque de Jean Paul II et de Benoît XVI à été forte sur les esprits et les cœurs avec en particulier un gros effort de formation des jeunes à la morale catholique.

D où des jeunes couples pratiquants en forme ordinaire mais appliquant la morale traditionnelle.

D Où des vocations relativement nombreuses et solides.

Rien à voir avec les deserts de l Aube ou du Loiret...où l'on a appliqué à toutes forces l esprit du Concile !


Ce sont ces citadelles plus ou moins solidement construites dans les années 1990, après la disparition de l action catholique, que les synodalistes veulent abattre.

Et ces citadelles étant cimentees par un esprit de fidélité au Pape, leur garnison est manifestement désorientée...

Voilà en quelques lignes mon analyse.
images/icones/iphone.jpg  ( 948963 )Lecture sélective par Vincent F (2022-07-06 11:55:45) 
[en réponse à 948958]

L’article parle des premières cohortes de la génération Jean-Paul II.
images/icones/neutre.gif  ( 948960 )J'avais proposé par Leopardi (2022-07-06 07:24:28) 
[en réponse à 948954]

Il y a longtemps de l'inviter pour un des rendez vous du forum. Proposition sans suite. Ce serait pourtant intéressant de l'interroger.
images/icones/bravo.gif  ( 948988 )Une bonne idée en effet de l'interroger par Hepzibah (2022-07-07 06:41:34) 
[en réponse à 948960]

Je serai curieux de lire ses réponses.

Merci Leopardi d'avoir relancé l'idée !