Le Forum Catholique

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images/icones/livre.gif  ( 947660 )Pascal éditions. par Giacomo123 (2022-06-16 11:13:19) 

Chers amis,

même si j'interviens peu, je suis avec intérêt le Forum.

En ce qui concerne les éditions des Pensées de Pascal, quelle édition annotée est la plus "catholique" , celle ancienne de Brunschvig ou celle plus récente de Sellier ?
Car ce qui m'intéresse c'est surtout les parties apologetiques de l'œuvre.

Merci d'avance.

Giacomo
images/icones/livre.gif  ( 947680 )Léon Brunschvig par Anne Charlotte Lundi (2022-06-16 14:47:00) 
[en réponse à 947660]

Par expérience, celle de Brunschvig est utilisée dans nos écoles...
images/icones/idee.gif  ( 947682 )Sellier par Luc de Montalte (2022-06-16 15:35:43) 
[en réponse à 947660]

L'édition Sellier est une tentative de présenter les Pensées dans leur état "natif" et bénéficient de 100 ans supplémentaires de recherche pascalienne, tandis que l'ordre choisi par Brunschvicg est plus arbitraire. Les notes de l'édition Sellier sont utiles et nombreuses. Les deux éditions ne dénaturent pas le texte quoi qu'il en soit et sont donc tout à fait catholiques, donc quel que soit votre choix vous ne serez pas déçu.

Certains trouvent la Brunschvicg plus facile d'accès, mais c'est aussi qu'elle est souvent celle par laquelle la plupart ont découvert les Pensées je suppose. D'ailleurs elle reste une excellente édition malgré son âge.
images/icones/fleur.gif  ( 947685 )Il est très dangereux de lire un auteur mis à l'index par JVJ (2022-06-16 15:49:48) 
[en réponse à 947660]

si vous êtes nostalgique du Syllabus et si vous pensez qu'empiler les interdits ou les conciles rend intelligent... si votre abbé pense cela et qu'il vous faut faire attention à vos lectures. Ni Valeurs actuelles, ni Zemmour, ni Pascal, ni Marion (divorcée...), mais Jean-Marie (oui marié sur le tard, sur une table de salon, par l'abbé Laguérie ; je précise que JMLP m'est très sympathique et que j'ai ses deux volumes de mémoires).

Le Figaro a publié récemment pour rien Les Pensées et les Provinciales. J'en ai des cartons... Si vous en voulez un exemplaire, demandez via XA, je vous le poste très volontiers. Réédition de l'éd. classiques Garnier par votre Sellier, 1991.

Les notes de Brunschvicg (1892) datent un peu... (je ne dis pas cela parce qu'il était Juif et de la ligue des droits de l'homme). Et depuis, on a travaillé...

Revue XVIIe siècle

Puis-je me permettre, si vous voulez lire sérieusement, de vous conseiller de casser votre tirelire pour acheter cet ouvrage de référence qui vous expliquera tout ? Co-écrit par l'un de nos plus grands spécialistes du XVIIe s., prêtre qui plus est qui lit du latin tous les jours (mais pas à sa messe) et qui travaille cette semaine à l'Ambrosiana... Je crois qu'ici l'un des lecteurs a mis un coup de poing au visage de mon ami dans les années 70...

Cherchez des comptes rendus en ligne de ce livre pour défricher.

On ne comprend pas tout de Pascal et il faut en amont avoir des connaissances assez épaisses dans les débats théologiques parisiens (et ne pas imaginez qu'il fallait tout avaler d'un bloc).
Quand il dit que même celui qui se suicide cherche son bien, je ne suis pas du tout d'accord.

Combien de gens-en-démarche-synodale ont-ils feuilleté Les Pensées dans les dix dernières années ? Tout est dit.
Je les ai découvertes par ma prof de Français du lycée Diderot public bien nommé. Epoque où des profs cultivés pouvaient cultiver leurs élèves avides de s'instruire. Comme un autre prof de Français du même lycée (un socialiste athée !) m'a fait lire les conclusions des Mémoires d'outre-tombe qui bouleversèrent partie de ma vie.

Rapprochez-vous aussi des amis de Port-Royal.
Odieux Louis XIV à cet égard... s'en prendre à des tombes !

De pieuses religieuses orléanaises vécurent plus de 40 ans interdites de messe et de communion, et de viatique, en raison de leur jansénisme ! Merci aux évêques d'alors... qui pour certains avaient maîtresses et bâtards.

Champion !
images/icones/1a.gif  ( 947688 )Les Pensées… par Luc de Montalte (2022-06-16 16:25:59) 
[en réponse à 947685]

… n'ont jamais été à l'Index. Quant à la juxtaposition de Blaise Pascal aux côtés de Zemmour (qui écrit fort mal des banalités), Valeurs Actuelles (?), Marion ou Jean-Marie (des amis à vous ?), j'aurais tout lu. Ne serait-ce qu'au niveau du style… mais bon.

La réédition que vous indiquez de la première édition des Pensées doit être excellente vu ses auteurs, mais je ne vois pas le rapport avec la question.

Bien cordialement.
images/icones/1b.gif  ( 947692 )Si si par Meneau (2022-06-16 16:52:57) 
[en réponse à 947688]

Clic.

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 947694 )Et tout Balzac ! Non mais franchement... par JVJ (2022-06-16 17:17:53) 
[en réponse à 947692]

Quelle belle Eglise !

Tout Stendhal ! Des fois qu'un séminariste de Besançon tombe amoureux d'une dame mariée...

Je vois que Meneau est à bonne école, le clic sur l'index librorum prohibitorum !
J'espère qu'une officine la poursuit de nos jours en raison de l'état de nécessité...

Il faudrait une édition plus récente encore pour voir les dégâts du XXe s.

Indexer Taine ou Renan (esprit supérieur reconnaissant à ses maîtres prêtres et aux Sulpiciens) pour les séminaires, admettons pour l'époque. Mais la littérature...

Il y a des livres et des études très intéressantes sur l'index.

clic

"La plupart des vota de l'Index portant sur la littérature du 19e siècle ne concluent pas à une influence nécessaire et universelle des livres dangereux. Seuls certains lecteurs courent le risque de subir une influence pathologique. Les ouvrages licencieux et impies menacent davantage la jeunesse que le public mûr. Ce critère d'âge est souvent complété d'adjectifs qualificatifs qui caractérisent l'inexpérience de l'adolescence".
Les adolescents de 1890 qui avaient accès à des ouvrages de Balzac n'étaient pas très nombreux. Et de nos jours... L'Eglise ne faisait pas confiance aux parents qui sont les premiers éducateurs de leur progéniture pourtant.

De nos jours, bien des livres avec imprimatur sont plus dangereux pour la foi que tout Gide réuni. "Les amitiés particulières" ne m'ont pas rendu homosexuel (et j'ai passé l'âge du collège), mais m'ont prouvé une fois de plus combien Peyrefitte connaissait de l'intérieur les institutions catholiques et leurs travers, comme les confessions dans un bureau ou le monde clos entre mâles, les parents qui se séparaient de leurs enfants très jeunes, les clercs déviants déplacés d'un endroit à un autre (je conseille ses romans romains très drôles et très bien informés, déjà sur l'ordre de Malte qui n'était pas constitué uniquement de prix de vertus...).
images/icones/1b.gif  ( 947717 )Hé hé par Luc de Montalte (2022-06-17 01:04:17) 
[en réponse à 947692]

Ce sont les notes de Voltaire qui étaient visées bien entendu, comme d'ailleurs indiqué. Il n'y manque pas de moquer les « capucinades », du « fanatisme » ou l’imagination de Pascal, et à travers lui, de la religion.
images/icones/1b.gif  ( 947733 )C'est (effectivement) là qu'est l'os par Meneau (2022-06-17 13:05:51) 
[en réponse à 947717]

D'où mon émoticône "clin d'oeil".

Le fait est que le Saint-Office ou la Congrégation de l'Index ne censurent, sauf mention contraire, qu'une édition particulière, qui inclut donc les notes.

Mais le fait est aussi que les motivations de ces censures ne sont pas explicitées dans l'index ou dans les décrets de mise à l'index. Pour savoir exactement ce qui a été condamné, il faut se reporter aux archives (JVJ nous a fourni plus haut un exemple d'étude à ce sujet).

Donc : y a-t-il une étude sérieuse basée sur les archives vaticanes qui prouve que cette édition n'a été condamnée QU'en raison des notes de Voltaire ?

Cordialement
Meneau
images/icones/1f.gif  ( 947693 )Vous réviserez l'index et j'ai parlé de l'auteur, pas du livre par JVJ (2022-06-16 17:02:34) 
[en réponse à 947688]

Il y eut les Provinciales et une édition des Pensées.

On eut droit ici à un sermon d'un abbé de St-Nicolas mettant en garde contre la lecture de Val'Ac'... et j'en étais moqué.

Les catholiques, fussent-ils de la fsspx, sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à lire en magazine, en littérature et même en théologie. Nous pouvons lire Mein Kampf, ce que j'ai fait, sans devenir nazi. C'est aussi mal écrit d'ailleurs que des synthèses synodales. Mieux vaut lire Zweig ou Roth si on aime la littérature autrichienne, la vraie (oui, mais M. l'abbé ou Civitas diront que ce sont encore deux juifs !). Un juif monarchiste comme le fut Joseph Roth, je prends. Comme je prends Stéphane Bern.
images/icones/1b.gif  ( 947718 )In Gallia Index non viget par Luc de Montalte (2022-06-17 01:52:34) 
[en réponse à 947693]

L’adage était encore la règle suivie et enseignée dans le clergé français au début du XIXe siècle, la réception complète de l’Index dans le clergé ne date que de la seconde moitié du XIXe siècle, et est l’objet de virulentes controverses entre gallicans (qui s’opposent à cette nouveauté) et ultramontains (qui prétendent soit qu'elle n’en est pas une, soit que cela n’importe pas).

Un ouvrage intéressant sur le sujet :

La Littérature française du XIXe siècle mise à l’Index. Les Procédures, Paris, Éditions du Cerf, coll. Patrimoines, 2017.
images/icones/neutre.gif  ( 947728 )Merci par Giacomo123 (2022-06-17 10:41:22) 
[en réponse à 947718]

Merci à tous de vos réponses et conseils.

images/icones/neutre.gif  ( 947730 )Pouvez-vous nous dire en deux mots par Meneau (2022-06-17 12:53:17) 
[en réponse à 947718]

comment cet adage est né a été justifié et argumenté par l'église gallicane ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 947749 )Le principal argument… par Luc de Montalte (2022-06-17 16:19:14) 
[en réponse à 947730]

… est lié à l'absence de juridiction de l'Inquisition romaine en France, régulièrement réaffirmée par le pouvoir judiciaire et royal jusque la Révolution française.

D'autres arguments plus combattifs apparaissent lors des polémiques du XIXe siècle, alors que l'ultramontanisme l'emporte peu à peu dans le jeune clergé (cf. un Lamennais) contre le vieux gallicanisme associé à l'Ancien Régime : l'absence d'antiquité, des attaques d'ordre juridique contre la procédure, qui n'impose pas aux cardinaux membres de la Congrégation de lire les ouvrages en question et s'en remettent généralement à l'avis de réguliers de divers ordres, voire encore le caractère partisan de certaines condamnations (au lieu de ne censurer que des hérésies ou des obscénités donc)…

Pour ce qui est de l'origine exacte de l'adage, aucune idée, ce serait intéressant de chercher ! À voir du côté de la Déclaration des Quatre Articles probablement ?