Le Forum Catholique

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images/icones/mitre4.png  ( 947409 )Ordinations sacerdotales de la FSSP à Lescar le 2/7 par JVJ (2022-06-13 22:32:42) 

par Mgr Aillet à 10 h.

La lettre de la FSSP reçue ce jour par la poste annonce qu'il y aura six prêtres de plus sur Terre. Alleluia !

J'annonce une visite apostolique fraternelle au séminaire diocésain de Bayonne dans les prochains mois... Il y a des jeunes gens qui se réfugient aussi à Bayonne pour éviter de souffrir dans leur diocèse natal. J'avais vu une video magnifique de la vie en ce séminaire, à l'opposé galactique d'autres séminaires... Un ethnologue est obligé de convenir qu'il y a deux Eglises derrière deux propos de vie si différents.

Comme si de nos jours, à l'heure des déplacements pour études ou pour travailler, l'appartenance à un diocèse devait dépendre du lieu de naissance ou de résidence, des parents ou de l'incriminé !
Un fils de militaire ou d'universitaire doit-il se tourner exclusivement vers le diocèse de sa conception, courrier du gynécologue à l'appui ?!
Les militants de la fin des frontières et de la fraternité universelle inter-religieuse sont tout d'un coup très attaché à l'appartenance à un sol avec ses limites juridictionnelles. C'est tordant et bourré de mauvaise foi.

J'habite par la force des choses dans un diocèse, mais je ne me sens nullement concerné par icelui (dans sa période contemporaine).
Je suis de mon diocèse natal et c'est là où je serai enterré (je fais comme les musulmans français qui se font transporter dans la terre de leurs ancêtres...). Il est fini le temps où on était baptisé, marié et enterré au même endroit.

Les paroisses territoriales ont peu ou prou sauté depuis longtemps, et en milieu traditionnel, encore plus.
Pour préserver nos nerfs, nous allons plutôt à la messe de tel prêtre que celle de notre "paroisse" (dont la définition a été dynamitée, avec une paroisse de 20 ou 60 clochers...) ou de celle de nos parents quand nous sommes en vacances.

Que je sache, des séminaires interdiocésains en sursis devraient se qualifier d'intercontinentaux puisqu'ils peuvent recruter jusqu'à Tahiti (pour le bilan carbone certainement).

Depuis toujours, des profils plus classiques que d'autres allaient dans la province dominicaine de Lyon ou de Toulouse, plutôt que dans celle de Paris, sans tenir compte du lieu de résidence des parents. Et les moines et les moniales, c'est pire encore !

Ainsi, reprocher à des évêques d'attirer de jeunes personnes procède de la jalousie d'évêques qui ont décidé de leur pourrir la vie. La jalousie existe aussi par rapport aux St-Martin. Je l'ai dit à bien des jeunes prêtres de mes amis : il faut être fou pour entrer dans le clergé diocésain de nos jours (même un bon évêque risque un jour de partir ou de prendre sa retraite). Et on sait aussi que des prêtres traditionnels sont sous-sous-employés et l'objet de vexations diverses, même de leurs supérieurs. Pourquoi des évêques un peu conséquents ne donneraient-ils pas des villages à des prêtres traditionnels pour voir un peu comment le seul VOM pourrait fonctionner ?! On verrait si c'est viable au bout de dix ans. Pari risqué, mais après tout... Expérimentation à double tranchant...

images/icones/neutre.gif  ( 947424 )Tout à fait d'accord par Roger (2022-06-14 06:28:36) 
[en réponse à 947409]

L'incapacité de certains episcopes (pas de tous) à se poser des questions est frappante...

Au passage, j ajoute que Mgr Aillet et Mgr Rey sont très proches de leurs prêtres et "sentent l'odeur des brebis".
images/icones/fleche3.gif  ( 947522 )« Il faut être fou pour entrer dans le clergé diocésain de nos jours » par Gaspard (2022-06-14 22:10:14) 
[en réponse à 947409]

Merci JVJ pour vos posts. Et pour cette remarque qui j'espère ne tombera pas dans le vide internautique.
images/icones/fleche2.gif  ( 947531 )Et dieu sait si je prie tous les soirs pour mes jeunes amis prêtres et par JVJ (2022-06-14 22:53:30) 
[en réponse à 947522]

même pour les prêtres séculiers moins jeunes..., et les vieillards qui ont tenu bon malgré tout.
Un ami curé, marginalisé dans son diocèse, a 65 clochers. Il fait tous les enterrements et doit avaler des messes laides dans leurs chants chaque dimanche et samedi soir (alors qu'il est musicien). Nous étions à son chemin de croix le vendredi saint dernier. Pour les enfants, seuls les miens et le servant (un africain). Trente femmes (seules deux de moins de 60 ans), dix hommes. Et aucun autre chemin de croix dans les 64 autres églises. C'était les vacances pour cette zone. Tressaillez de joie, tressaillez de joie !!!

Ces jeunes prêtres - quand ils tiennent la route selon mes critères - se font cadrés, sont surveillés, reçoivent des leçons de vieilles dames au moindre credo entonné et sont l'objet de lettres de dénonciation... Certains profils ne collent pas avec l'ecclésiologie ambiante et les démarches synodales où on discute de tout sans avoir jamais rien bâti de solide, sans rien connaître. Ils savent qu'ils vont devoir se couper en 18 sur un bateau qui coule, qu'ils ne seront que six ou sept à écoper dans vingt ans, à supposer que l'Eglise n'ait pas révolutionné encore le sacerdoce (je ne suis pas du tout rassuré à cet égard, tout étant possible). Leur presbytère partagé par d'autres sera laid, sans âme. Leur nourriture sera mauvaise et vite expédiée, sans gouvernante. Ils diront et disent déjà souvent la messe sans servant.

J'ai vu des curés déposés comme du linge sale à 80 ans et priés de dégager de leur presbytère.

Même un excellent évêque paternel (sans même parler d'évêque célébrant dans les ex-deux formes...) peut être transféré, surtout s'il est de valeur. Foutaise que de dire qu'on n'est prêtre que d'un diocèse, d'une Eglise, sans rapport avec l'évêque ! Lustiger a attiré à lui et a fait un bras d'honneur aux séminaires parisiens comme à l'ICP.
Nous ne sommes plus dans les années 1820 ou 1930 où l'on entrait au petit séminaire, conditionné à devenir prêtre lors d'une cérémonie rassemblant des dizaines d'ordonnés.

D'excellents évêques ou curés n'ont pas attiré de vocations, Mgr Gaidon s'en lamenta suffisamment dans un livre à l'heure des comptes.

Et des séculiers de la Tradition ne sont pas spécialement heureux non plus. Suspicion des confrères du diocèse (monnaie de la pièce...), surveillance de l'évêque, critiques des plus tradis que le prêtre, sous-employés ou négligés par leur supérieur, toujours sur les routes, déplacés ici et là, jalousés par le diocèse quand leur caté réussit pour concurrence déloyale, bref, un cauchemar.

On ne s'épanouit pas dans le combat permanent, surtout quand cela se fait à l'intérieur de l'Eglise (qu'un historien de l'Eglise honnête se demande où Elle va depuis soixante ans en France et sous ce pape). Le danger ne vient pas d'abord des maçons et d'autres religions.

Je vais finir par penser comme Joseph de Maistre au sujet de Louis XVI. L'Eglise de France ne mérite plus d'avoir des prêtres, de religieux et de religieuses, NOM, VOM et tout ce que l'on voudra. L'Afrique du Nord a été chrétienne et ne l'est plus. En France, le plus gros de la déchristianisation est fait, avec les encouragements aveugles des structures ecclésiales et de leurs chefs. Laisser chanter un chanteur pour profs du secondaire de 60 ans dans des cathédrales, et même monter en chaire !, me dégoûte à un point que vous n'imaginez pas. Et l'autel conciliaire fut même déplacé à cette occasion, preuve que c'est un truc en toc sans caractère sacré.
Le pape aurait pu demander aux Pères blancs de demander pardon pour les conversions qu'ils ont faites autrefois et pour leur habit ridicule...