Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=947278
images/icones/radioactif.gif  ( 947278 )"Eglise synodale" : la Grande Apostasie ou la tartufferie des modernistes par Justin Petipeu (2022-06-11 22:59:50) 

Emile Poulat disait avec justesse que la principale caractéristique du modernisme est sa stérilité. Qui s'est un peu penché sur les comptes-rendus synodaux diocésains s'aperçoit rapidement que les conclusions des boomers macroniens, qui sont à 90% les rédacteurs de ces torchons, s'articulent en grande partie autour de cette stérilité.

- Stérilité par rapport à la transmission. Les enfants et petits-enfants des modernistes sont au mieux indifférents, au pire athées, divorcés, remariés, vivant en concubinage, homosexuels, etc...Le but est de raccrocher les wagons. Pour cela, un moyen : frelater le message évangélique et abaisser le niveau. Sous les oripeaux d'une soi-disant tolérance et "générosité", il ne s'agit en fait que de déclarer tout le monde catholique, quoiqu'il en coûte, comme dirait l'autre. L'autre nom de cette comédie est l'égoïsme. Tant pis pour le Salut ; ce qui compte, c'est le statut. Et ces gens-là viendront demain vous traiter de pharisien !

- Stérilité par rapport aux vocations. On remarque rapidement qu'il n'est question dans les susdits torchons que de dénoncer le "cléricalisme", l'arbitraire et la "toute-puissance" du clergé. Pour y remédier : laisser la place aux laïcs (tu m'étonnes...), faire prêcher les femmes, autoriser les laïcs à célébrer le sacrement des malades, ordonner madame Michu qui ne vaut pas moins que le Père curé, etc... Bref, comment remédier au désastre moderniste ? En accélérant le susdit désastre ! Nous n'avons pas su faire de prêtres, c'est que le sacerdoce ne sert à rien, ou si peu.

La Grande Apostasie n'est qu'une fuite en avant. Comme tout mal, cela est mystérieux. Ces gens sont des tartuffes. Ils ont tout raté mais ratant tout, ils ne veulent point s'amender. Ils persévèrent. Diabolicum est.
images/icones/fleche2.gif  ( 947284 )Faire diversion face à l'échec du Concile et des évêques par Scrutator Sapientiæ (2022-06-12 08:00:21) 
[en réponse à 947278]

Bonjour Justin Petipeu,

L'un des objectifs du processus synodal est de faire diversion, pour pouvoir faire occulter ou faire éluder l'échec du Concile Vatican II, ainsi que celui des évêques, depuis soixante ans, dans le monde occidental.

Vous avez évidemment raison de parler d'une fuite en avant qui se fait passer pour un pari sur l'avenir, mais nous sommes en présence de clercs qui refusent de faire le bilan de la mise en oeuvre de leur conception du Magistère, de la liturgie et de la pastorale, et qui se mettent sur le mode projet, exactement comme les responsables d'une entreprise qui refusent de s'attaquer à une assez grande partie des vrais problèmes et qui préfèrent mobiliser, mais aussi manipuler les clients et les salariés, au moyen d'un management participatif plus artificiel que réaliste et plus rupturiste que respectueux de l'identité et de l'orientation consubstantielles à l'entreprise.

Il y a un autre aspect des choses qui est, lui aussi, particulièrement manipulatoire : le processus synodal fonctionne comme une dynamique de propagation et de consommation de toute une ambiance, culturellement et sociétalement correcte, qui ne peut que faite fuir tous les catholiques qui savent bien que l'Eglise et les fidèles n'ont rien à gagner, en se soumettant à une mystique de la convivialité qui risque de fort de faire passer à côté d'exigences telles que la connaissance de la Parole de Dieu, la compréhension du message de Dieu, la contemplation des mystères divins et la célébration de la liturgie divine, notamment en tant que contrariantes ou, en tout cas, dissonantes, face à l'ambiance qui règne là où règne la confusion contemporaine, postérieure à 1945, et plus encore à 1960, entre civilisation et divertissement.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 947288 )Pas faux mais par Roger (2022-06-12 09:04:11) 
[en réponse à 947284]

Je crois qu il faut aussi intégrer deux autres choses

Primo la lutte des courants au sein du clergé : le synode est une manœuvre des réformateurs pour imposer une rupture radicale avec la Tradition et d abord dans le champ moral. Bref éliminer tout le magistère 1968-2013.

Secundo sur la forme et le fond il s agit de se soumettre au monde et à ses lubies : féminisme, homosexualité, immigration, désordre, indiscipline, loisirs,...

On est très loin du P de Lubac ou même de Congar...

images/icones/fleche2.gif  ( 947292 )Cela révèle en effet un déphasage intra-conciliaire préoccupant par Scrutator Sapientiæ (2022-06-12 10:12:12) 
[en réponse à 947288]

Bonjour Roger,

Les synthèses des diocèses en faveur de la disruption synodale révèlent en effet un déphasage "intra-conciliaire" préoccupant,

- entre les catégories mentales et le regard sur les choses objectivement attribuables à des auteurs proches de, ou tels que Balthasar et de Lubac,

- et les structures mentales et la vision des choses raisonnablement attribuables aux clercs et aux laïcs qui prêtent la main à cette disruption.

C'est à se demander si, du point de vue de certains, la fermeture à double tour puis la condamnation de la serrure de la porte du recentrage, wojtylien puis ratzingérien, ne constituent pas la plus ardente des obligations.

"Si nous en sommes arrivés là où nous en sommes, en 2022, c'est parce que nous n'avons pas encore assez décatholicise l'Eglise" : tel semble être le maître - mot de certains.

Comme si un excédent, dans le domaine des réformes de structures, pouvait suffire à remédier à ce qui résulte avant tout d'un déficit, dans le domaine de la sainteté des personnes...

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 947302 )Vous ne croyez pas si bien dire ... par vistemboir2 (2022-06-12 15:09:54) 
[en réponse à 947292]

cher Scrutator Sapientiæ, quand vous écrivez :

"Si nous en sommes arrivés là où nous en sommes, en 2022, c'est parce que nous n'avons pas encore assez décatholicisé l'Église" : tel semble être le maître-mot de certains.


Parmi ces "certains" justement, un certain Annibale Bugnini, architecte de la messe de Paul VI, qui déclarait à l’Osservatore Romano du 19 mars 1965 :

Nous devons dépouiller nos prières Catholiques et la Liturgie Catholique de tout ce qui pourrait représenter l’ombre d’une pierre d’achoppement pour nos frères séparés, c'est-à-dire pour les Protestants. »

et au même journal le 13 octobre 1967 :

« La réforme liturgique a fait un pas en avant considérable et s'est rapprochée des formes liturgiques de l'église luthérienne ».

images/icones/neutre.gif  ( 947303 )Oui par Roger (2022-06-12 15:32:44) 
[en réponse à 947302]

Il existe au sein d une fraction du clergé ordinaire (chez les vieux surtout et en France) et chez les chrétiens de gauche l idée que Paul VI à partir de 1968, puis Jean Paul II et Benoît XVI étaient des "intégristes " qui ont bloqué le renouveau de l Église et en ont exclu les jeunes...
images/icones/1y.gif  ( 947307 )Oui oui Roger ! par Jean-Paul PARFU (2022-06-12 17:35:50) 
[en réponse à 947303]

Rien ne vaut les conciliaires conservateurs !

Pourtant, on a eu, après 68, la réforme liturgique, les condamnations contre Mgr Lefebvre et la FSSPX et on a eu Assise !
images/icones/interdit.gif  ( 947309 )Ce sont les pires... par Pétrarque (2022-06-12 18:11:06) 
[en réponse à 947307]

...avec les progressistes déclarés, les choses, au moins, sont claires : nous savons à qui nous avons affaire.

Les conciliaires conservateurs sont infiniment plus dangereux, car on peut hâtivement les prendre pour des alliés, alors qu'ils sont aussi acquis que les autres à la Nouvelle Religion.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 947314 )En effet ! par Jean-Paul PARFU (2022-06-12 18:48:02) 
[en réponse à 947309]

Ils trompent les gens qui croient avoir affaire à des clercs de Tradition, alors que ce n'est pas le cas. Ils accompagnent ainsi parfaitement "la Révolution en tiare et en chape" !

Par ailleurs, ce qui ressort de ce fil, c'est que c'est toujours à l'Eglise catholique de faire un pas, notamment vers les Protestants, mais jamais aux Protestants de faire un pas vers l'Eglise catholique. Nous sommes toujours sommés de comprendre les autres, sachant que les autres ne se satisfont d'ailleurs jamais de ces manifestations de "bonne volonté".

Enfin, ravi de vous relire cher Pétrarque !