Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=946822
images/icones/carnet.gif  ( 946822 ){Le Figaro] Suspension d'ordinations: une brutalité jamais vue dans l'Église par Gaspard (2022-06-04 13:45:11) 

Extraits :

ANALYSE - La décision inédite, prise par Rome, de «suspendre» des ordinations sacerdotales qui devaient être célébrées le 26 juin par Mgr Rey, sème le trouble dans l’Église catholique.

De mémoire de théologiens et d’évêques, on n’a jamais vu dans l’Église catholique une telle sanction.
(...)
L’évêque français a été convoqué à Rome dimanche soir 29 mai
(...)
«Scandale ecclésial»
Le mot «scandale ecclésial» est fort mais il est justifié. Comment le Vatican et ceux qui ont avalisé cette décision qui vise a priori les options ecclésiales de l’évêque de Fréjus-Toulon peuvent-ils ainsi prendre en otages dix jeunes séminaristes qui ne sont pas responsables du problème? Il y a sans doute trop d’ordinations sacerdotales en France… Suspendre ainsi quatre ordinations sacerdotales et six ordinations diaconales (dernière étape avant la prêtrise) trois semaines avant la date prévue, c’est comme suspendre un mariage au dernier moment pour des raisons étrangères aux deux fiancés!
(...)


Article complet de Jean-Marie Guénois dans Le Figaro
images/icones/4a.gif  ( 946825 )C'est comme ça par Jean-Paul PARFU (2022-06-04 15:33:13) 
[en réponse à 946822]

que Rome s'en est pris à Mgr Lefebvre et à la FSSPX à partir de 1974. Mais cette fois, Rome s'en prend à des clercs totalement intégrés dans le système actuel.

On descend encore d'un cran ou on monte encore d'un cran (c'est comme vous voulez) dans le Modernisme et le Progressisme agressifs !

Qui sont les fauteurs de guerre civile ?
images/icones/neutre.gif  ( 946826 )Oui cher maître par Roger (2022-06-04 15:59:10) 
[en réponse à 946825]

Après quelques décennies de calme où les progressistes ont cru avoir l avenir pour vous et nous considéraient comme une poignée de nostalgiques promis à une disparition rapide, nous assistons à un double revirement.

Dans l Église les progressistes ont (enfin?) Compris que nous sommes une force puissante et croissante tandis que leur camp régresse et s atrophie.

Hors de l Église, probablement depuis la manif pour tous, la période de tolérance datant des années 60 s acheve et l anticlericalisme redémarre .

Encore une fois, le cardinal Barbarin, Mgr Aupetit,Daniel Chapelier, voire Benoît XVI...ont été ciblés par des médias et des juges ...ce n est qu un début !
images/icones/fleche2.gif  ( 946834 )François veut "enterrer" ou "liquider" Benoît XVI de son vivant par Scrutator Sapientiæ (2022-06-04 17:48:08) 
[en réponse à 946825]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

Pour le pape François, au moins depuis TC, l'enterrement ou la liquidation de l'héritage de son prédécesseur (le "recentrage" incarné par Jean-Paul II puis par Benoît XVI), du vivant même de celui-ci (quelle inélégance !), semble constituer une ardente obligation, d'où une certaine méchanceté et une certaine mesquinerie, bien entendue pleines de "discernement évangélique", dans la "miséricorde", et dans "l'ouverture sur les périphéries".

Il est possible et même probable qu'il y ait objectivement ou que Rome donne subjectivement plusieurs raisons, mais cela ressemble beaucoup à une stratégie d'élimination ou à une volonté d'éradication d'une espèce de "déviationnisme idéologique", dont est "coupable" un diocèse trop catholique et pas assez inclusif.

Si cela pouvait ouvrir les yeux des lecteurs de Famille chrétienne et de France catholique, sur le fait que le pape François ne veut sûrement pas qu'il puisse y avoir des diocèses non asservis à l'idéologie du dialogue et du renouveau !

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 946835 )Nuances par Roger (2022-06-04 18:10:13) 
[en réponse à 946834]

Rome est une grande ville où coexistent plusieurs tendances...certains trouvent François trop audacieux et d autres pas assez...
images/icones/1n.gif  ( 946935 )François à double tranchant par Justin Petipeu (2022-06-05 22:28:56) 
[en réponse à 946834]

Taper sur les tradis est une chose. Ils en ont l'habitude et les catholiques dans leur ensemble, qu'ils soient conservateurs ou carrément progressistes, considèrent que c'est normal.

En s'attaquant à Mgr Rey et au diocèse de Toulon et en dépêchant une visite "fraternelle" - on sait ce que ça veut dire - à la Communauté Saint Martin, François élargit considérablement la ligne de front...Ma petite expérience de la paroisse montre que la pilule est difficile à avaler cette fois-ci, y compris pour des gens qui n'ont rien de "tradi". Le fait est que Mgr Rey est un évêque respecté et aimé chez beaucoup de catholiques lambda. François va trop loin. Que cherche-t-il ?

Avec 27 ordinations l'année dernière, la Communauté St Martin est connue et beaucoup de fidèles ont une connaissance, un neveu, un cousin, ou autre qui a rapport avec elle... Les évêques de France vont bientôt devoir ramer à contre-courant de leurs ouailles dans beaucoup d'endroits.

Quand on dépasse les bornes, l'essentiel est de savoir où s'arrêter. Et François n'est pas capable de s'arrêter. L'été sera chaud.
images/icones/fleche2.gif  ( 946837 )La poursuite du dévoilement du vrai visage de la crise. par Scrutator Sapientiæ (2022-06-04 18:11:14) 
[en réponse à 946825]

Rebonjour,

Plus la brutalité s'accélère et s'amplifie, et plus se poursuit le dévoilement du vrai visage de la crise de l'Eglise.

Manifestement, cette crise ne découle pas avant tout de problèmes d'adaptation pastorale, mais découle avant tout d'un changement d'orientation doctrinale, qu'il convient d'imposer aux fidèles et aux évêques qui, au moyen et en raison d'un certain style et de certains thèmes, montrent bien que leur source d'inspiration est relativement indépendante par rapport à la ligne idéologique du parti au pouvoir.

S'il apparaît que l'évêque de Toulon est dans son bon droit et n'a pas fauté, mais aussi que la brutalité monte en régime, combien d'évêques français oseront se solidariser avec leur frère dans l'épiscopat, ne serait-ce que pour suggérer au pape et à Rome de la prudence et de la sagesse ?

A bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 946968 )réponse en historien à votre question par Luc Perrin (2022-06-06 20:22:08) 
[en réponse à 946837]

zéro.

La soumission est la règle en France perinde ac cadaver. Très rares sont les exceptions dans l'histoire, en dehors de la fraction janséniste où il y a eu une opposition ouverte au roi et au pape pendant plus d'un siècle d'une très petite fraction de l'épiscopat.

Combien y-aura-t-il de prélats de type "janséniste" au XXIe siècle dans le monde ?
Aussi peu, à mon avis, qu'au XVII-XVIIIe siècle.

Combien d'évêques, de cardinaux et de prêtres ont manifesté après le scandale sans précédent de la Pachama à Rome même ? Une poignée à échelle mondiale. Bien peu de Mgr Vigano et de Mgr Schneider.

A mon sens, nous vivons à la fois une Seconde Pornocratie comme au Haut Moyen Âge avec une corruption extrême de la hiérarchie à tous les niveaux (tous les péchés capitaux y passent) ; et à la fois un affaissement général en Occident de la foi chrétienne comme au XVIIIe siècle avec ces Églises catholique et protestantes engluées dans l'esprit des Lumières. Cet affaissement qui est une compromission avec le prince de ce monde atteint le peuple des baptisés désormais de manière assez évidente en Occident.

Dans ces périodes sombres, Seconde Pornocratie et Église des Lumières, très rares étaient les Pierre Damien et les Benoît Labre. L'un et l'autre ont été canonisés depuis.
Tristement nous revivons une de ces périodes très sombres pour les chrétiens, les croyants en général et l'humanité entière.

Je ne sépare pas ce qui se vit dans les Églises (la romaine néo-catholique "californienne" comme les autres) et ce qui s'observe dans le monde en général où l'offensive du Malin est visible partout avec férocité.

images/icones/neutre.gif  ( 946979 )L exemple du pèlerinage de Chartes au contraire par Roger (2022-06-06 21:08:17) 
[en réponse à 946968]

Témoigne de l intérêt d une fraction de l episcopat.

Certes Mgr Ulrich était absent...mais
L évêque de Nanterre à salué les pèlerins
Tandis que l évêque de Chartres a marché avec eux avant de les accueillir dans sa cathédrale...

On ajoutera un ancien évêque (Mgr Aumônier) qui a célébré la messe de départ à Saint Sulpice.


Bref, malgré la bise glaciale qui souffle outre monts, plusieurs évêques ont osé " se mouillés " en faveur de la Tradition !
images/icones/rose.gif  ( 947052 )je salue votre invicible optimisme mais je ne le partage pas par Luc Perrin (2022-06-07 21:11:21) 
[en réponse à 946979]

Mgr Aumônier que vous citez à l'appui a une longue histoire de défiance envers les communautés traditionnelles de son ancien diocèse Versailles.

J'ai aussi assisté au siècle dernier à une liturgie célébrée par le cardinal Lustiger à Notre-Dame (1988) et une autre où il assistait au trône (Saint-Eugène-Sainte-Cécile), je n'en ferai pas pour autant un avocat intrépide de la Tradition en Cour de Rome auprès de Jean Paul II, un cardinal de Noailles redivivus ou un irréconciliable prélat Soanen.

Le contraire est historiquement établi.

Bref l'avenir dira si votre pronostic ou le mien est le bon.
In spe.
images/icones/neutre.gif  ( 947060 )Mgr Aumônier par Roger (2022-06-07 22:45:03) 
[en réponse à 947052]

A eu le courage de célébrer la messe traditionnelle après le funeste MP TC.

C est un geste en soi peu susoect de soumission à la Croix ni à la Vie ...
images/icones/fleche2.gif  ( 947084 )Outre le fait qu'ils se sont mouillés par Athanase (2022-06-08 11:22:06) 
[en réponse à 946979]


L'Eglise de France a fait de la pub pour le pèlerinage sur son compte Twitter. Je sais que cela ne représente pas tout et que la machination épiscopale garde tout son entrain, mais il y a des choses qui ont changé, alors même que nous sommes dans le contexte (pluvieux) de Traditionis Custodes.
images/icones/fleche2.gif  ( 947072 )Merci pour votre texte sur l'anglicanisation du catholicisme par Scrutator Sapientiæ (2022-06-07 23:37:40) 
[en réponse à 946968]

Bonsoir Luc Perrin,

Je profite de votre réponse pour vous remercier vivement pour l'un de vos textes récents, sur le FC, sur l'anglicanisation du catholicisme, ou plutôt du néo-catholicisme. J'ai trouvé ce texte extrêmement éclairant, à l'égard du présent, et inquiétant, à propos de l'avenir.

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/2a.gif  ( 946830 )reste à ces séminaristes à se faire imams par jejomau (2022-06-04 16:55:00) 
[en réponse à 946822]

Et Rome les recevra en grande pompe
images/icones/neutre.gif  ( 946831 )Rome... ? par Davidoff2 (2022-06-04 17:19:40) 
[en réponse à 946830]

Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'antéchrist !

On en est pas encore là, mais faut bien que quelqu'un prépare le chemin. Donc... tout suit le plan !
images/icones/hein.gif  ( 946848 )Pourriez-vous fournir par Vassilissa (2022-06-04 21:34:30) 
[en réponse à 946822]

la totalité ?
Merci
images/icones/neutre.gif  ( 946849 )Si ... par Meneau (2022-06-04 21:37:08) 
[en réponse à 946848]

vous êtes abonné, vous y avez sûrement accès !

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 946851 )À quoi bon alors par Vassilissa (2022-06-04 21:43:41) 
[en réponse à 946849]

mettre l'eau à la bouche des lecteurs ? Si j'avais été abonnée, je n'aurais pas eu besoin du Forum pour connaître l'existence de cet article.
Et je n'ai nullement l'intention de m'abonner au Figaro !!
images/icones/find.gif  ( 946853 )Honnêtement par Gereo (2022-06-04 21:55:29) 
[en réponse à 946851]

(je ne suis pas abonné, mais...) vous ne perdez pas grand chose.

En gros, M. Guénois est très énervé, parle de "scandale écclésial" de "punition collective sur mode autoritaire" et de "terreur cléricale"...
Même à la gauche de Mgr Rey, on se dit "surpris par la «violence» du procédé".

Il tempère son jugement en parlant de "malaise local lié à «la politique d’accueil»" de "jardin exotique parfois incontrôlable".
images/icones/neutre.gif  ( 946854 )Courtes citations par Gereo (2022-06-04 22:00:10) 
[en réponse à 946851]


Mais ce jardin exotique est parfois incontrôlable. Car, à cette volonté de diversité pour construire un laboratoire d’Église de demain, s’est ajouté l’apport de plusieurs communautés latino-américaines, toutes plus originales les unes que les autres. Résultat, le diocèse ne manque pas de prêtres, ils sont 250 - Paris en a 500 - mais la cohésion de l’ensemble et sa gestion posent de sérieuses questions. Avec parfois de graves sorties de route par manque de discernement. Il y en eut plusieurs, encore récemment, toutes documentées et indéfendables.

Il semble bien que ce qui a aussi déclenché la foudre, et donc la visite canonique sur ordre de Rome, menée en 2021 par l’actuel archevêque de Marseille, cardinal depuis dimanche, Mgr Aveline, pourtant perçu comme bienveillant pour ce diocèse, soit également la perception d’une influence traditionaliste.

images/icones/neutre.gif  ( 946855 )Merci beaucoup. par Vassilissa (2022-06-04 22:12:11) 
[en réponse à 946854]

cher Monsieur.
La dernière citation que vous donnez est en effet bien intéressante - et désolante.
images/icones/neutre.gif  ( 946860 )Je veux bien mais par Roger (2022-06-04 22:24:26) 
[en réponse à 946854]

Il faut distinguer

- la politique générale du diocèse - en gros est il raisonnable d ouvrir les bras ? D accueillir l autre? De construire des ponts et x abattre des murs ? Ces interrogations n ont aucun rapport avec les ordinations !

- le discernement des 10 jeunes gens qui se préparaient à recevoir les ordres- si certains d entre eux ne présentaient pas les qualités requises, ne fallait il pas prendre une mesure précise et ciblée sur ceux des candidats qui posaient un problème ?
images/icones/neutre.gif  ( 946886 )Il y a sans doute un effet d'accueil trop généreux. par Davidoff2 (2022-06-05 00:47:02) 
[en réponse à 946860]

Nous avions dîné à Perpignan avec un prêtre originaire de notre canton (Valais), et dont l'évêque avait refusé l'ordination, y compris son vicaire de l'époque, qui est actuellement devenu le curé de notre paroisse.

Bref, ce prêtre nous assurait que l'évêque l'avait puni pour avoir fait un travail d'étude sur la FSSPX à Ecône (dans notre canton). Pour lui, c'était évident, l'évêque n'avait même pas osé le regarder dans les yeux lorsqu'il l'a refusé. ça avait l'air d'être un saint homme, et il s'est finalement fait ordonner par Mgr Rey. Aujourd'hui, il est en prison pour des faits très graves de pédophilie.

Un autre prêtre de notre canton dont l'ordination a aussi été refusée par le même évêque (un jeune séminariste plein de fougue, de talent et d'enthousiasme) s'est lui-aussi fait ordonner par Mgr Rey, ... et aujourd'hui, c'est devenu un gourou.

Donc dans tout ça, il y a peut-être un peu trop de facilité d'ordonner. Ces rares cas qui ont été refusés ici ont été acceptés par Mgr Rey, qui est sûrement un Monseigneur formidable, mais qui doit, je pense, faire un peu plus attention.
images/icones/1i.gif  ( 946887 )Ben, dites donc par Gereo (2022-06-05 01:02:47) 
[en réponse à 946886]

un pédo en taule et un gourou, plus le reste qu'on connaît (rappelé par Vox clamantis) et ce qu'on ne connaît pas auquel fait allusion J-M Guénois, ça commence à faire beaucoup pour un petit diocèse. La décision de Rome est sans doute brutale, mais peut-être pas injustifiée !
images/icones/4b.gif  ( 946888 )Le gourou dont vous parlez par Gereo (2022-06-05 01:20:59) 
[en réponse à 946886]

ce ne serait pas par hasard du côté de Saint-Maurice ? Je dis cela à cause d'un petit paragraphe sur cette page qui fait référence à un livre paru en 2021.
images/icones/neutre.gif  ( 946890 )Si c'est de cela qu'il s'agit par Vox clamantis (2022-06-05 09:00:58) 
[en réponse à 946888]

Je sais que le père Nicolas Buttet a été ordonné par Mgr Rey après une seule année de séminaire. C'est un peu court.

Cela dit sans savoir si tout si les accusations de dérives sectaires sur sa communauté sont fondées.

Timothée de Rauglaudre est très catho de gauche et s'attaque en ce moment à la communauté Saint Martin dans Les Jours.
images/icones/neutre.gif  ( 946892 )3 observations par Roger (2022-06-05 09:19:01) 
[en réponse à 946890]

Primo Eucharistein est une communauté typiquement charismatique et aucunement traditionnelle

Secundo si Mgr Rey à commis une erreur il y a dix ans, est ce un motif recevable pour suspendre des ordinations en 2022.

Tertio, dans les années 60 et 70 ont été ordonnés des prêtres plus ou moins communistes, marxistes et/ou homosexuels sans que Paul VI ne s emeuve....
images/icones/neutre.gif  ( 946903 )Remarque sur votre 3è observation par Meneau (2022-06-05 10:13:12) 
[en réponse à 946892]


Tertio, dans les années 60 et 70 ont été ordonnés des prêtres plus ou moins communistes, marxistes et/ou homosexuels sans que Paul VI ne s emeuve....


On n'est pas obligé de répéter les erreurs du passé.

Mais dans cette histoire, ce qui frappe, c'est
- cette décision générale (on ne met pas en cause tel ou tel séminariste, que peut-être on ne considérerait pas idoine, mais tous)
- la proximité avec le jour des ordinations. L'enquête aurait pu être menée plus tôt et contact pris avec le séminaire.

Le tout démontre bien une volonté de "casser" l'événement pour des raisons pas vraiment avouables (tendance trop tradi ?), et sans possibilité d'amendement ou de rectification du tir dans les temps.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 946906 )Et pour rejoindre JPP par Meneau (2022-06-05 10:17:47) 
[en réponse à 946903]

La façon de faire est très similaire à celle employée à l'égard de Mgr Lefebvre :


Bien. Malgré tout, j’ai signé, j’ai essayé de montrer de la bonne volonté mais dès le jour même où nous avons décidé de signer, à propos de l’évêque j’ai demandé au cardinal Ratzinger : « Alors, maintenant, nous allons signer le protocole, est-ce que vous pourriez déjà nous donner la date pour la consécration de l’évêque »(c’était le 4 mai). « Vous avez le temps d’ici le 30 juin de me donner le mandat pour l’évêque. J’ai moi-même participé à la présentation des évêques quand j’étais Délégué apostolique, pour trente-sept évêques, je sais comment cela se fait. » J’avais présenté les noms. Les noms étaient déjà sur le bureau du Vatican, trois noms, c’est ce qu’on appelle la terna. C’est un terme classique à Rome pour dire les trois noms des évêques qui sont proposés, et le Saint-Siège choisit parmi ces trois noms. J’ai donc donné trois noms. « D’ici le 30 juin vous avez le temps de préparer, de faire une enquête et de me donner le mandat.

– Ah ! non, non, non, c’est impossible; le 30 juin, impossible.

– Alors quand ? Le 15 août ? À la fin de l’année mariale ? Ah ! non, non, non, Monseigneur. Vous savez bien, le 15 août à Rome il n’y a plus personne. Du 15 juillet au 15 septembre ce sont les vacances, il ne faut pas compter sur le 15 août, ce n’est pas possible.

– Alors disons le 1er novembre, la Toussaint ?

– Ah ! je ne sais pas, je ne peux pas vous le dire.

– Pour Noël ?

– Je ne peux pas vous le dire ».

J’ai dit : « C’est fini, j’ai compris. On veut nous mener en bateau, c’est terminé, c’est fini, je n’ai plus confiance ».



Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 946908 )Quelle dérision ! par Roger (2022-06-05 10:24:46) 
[en réponse à 946906]

Mgr Lefebvre avait signé...
Quelle argumentation vaseuse déployée ici pour justifier un reniement peu digne d un successeur des Apôtres...
images/icones/neutre.gif  ( 946909 )[réponse] par Meneau (2022-06-05 10:30:56) 
[en réponse à 946908]

Mon but n'était pas de rouvrir cette discussion qui a déjà eu lieu moult fois sur le FC, mais quand vous signez un accord, et que l'autre partie ne montre aucune volonté de tenir ses engagements, ne doutez-vous pas, vous ?

Moi si.
Mais bon, on ne tombera sûrement pas d'accord, donc je ne vais pas m'escrimer.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 946918 )Juste deux détails par Roger (2022-06-05 12:00:14) 
[en réponse à 946909]

Primo il a signé un accord qui ne fixait pas de date pour la nomination d un évêque
Secundo Rome prend toujours plusieurs mois pour nommer un évêque

J ajoute qu il est canoniquemnt extravagant qu kn évêque adresse une terna à Rome. La solution correcte aurait été de faire établir cette terna par le chapitre de la FSSPX ou par le nonce...

Bref Mgr Lefevre s est réveillé trop tard : il fallait organiser l affaires AVANT de signer...ou alors il fallait prendre son mal en patience...et attendre un peu...si Rome n avait toujours rien décidé un an après, il aurait été légitime de s interroger...
images/icones/info2.gif  ( 946966 )rien d' "extravagant" cher Roger à la présentation d'une terna + 1988 par Luc Perrin (2022-06-06 19:51:37) 
[en réponse à 946918]

Ceci fait partie de l'ecclésiologie depuis des siècles. L'ultramontanisme extrême, endossé par le Pontife régnant sous une chape diaphane et illusoire de "synodalité", a obscurci la vision commune et donné une image radicalement fausse de la Tradition en la matière. C'est la révolution du XIXe siècle dont nous sommes les héritiers presque tous.

En réalité le système de nomination sur présentation d'une liste, le plus souvent une terna, a été observé un peu partout dans l'histoire. Il était commun en pays de Mission, le supérieur général de la congrégation en charge du territoire envoyait une terna à la Propagande pour désigner le Vicaire ou Préfet apostolique. Aux USA qui ont dépendu de la Propagande jusque sous Pie X, c'était un procédé avec des listes par diocèses et archidiocèses etc.
En Europe, dans quelques diocèses (ex. Cologne, Coire ...) des terna sont présentées à Rome par les chapitres cathédraux.

Pour les congrégations missionnaires, jamais le Chapitre général (réuni en principe tous les douze ans parfois six ans) n'avait maille à partir dans les terna. C'est facile à comprendre au vu de la lourdeur de l'élection d'un chapitre général. C'était la prérogative du supérieur général.

Dans le très mauvais livre de Philippe Levillain, la question de la négociation de 1987-1988 a été présentée en détails et avec moult documents qui n'étaient pas tous connus. C'est, à mon sens, le seul intérêt scientifique de cet ouvrage.
Mgr Tissier de Mallerais, membre de la délégation, m'avait indiqué il y a longtemps que Mgr Lefebvre était très réticent au départ, ayant largement perdu confiance dans la bonne foi romaine mais que les avancées notables faites par le cardinal Ratzinger l'avait ébranlé un temps et aussi que les membres de la FSSPX présents, dont lui, étaient très favorables à la signature et pressaient Monseigneur de signer.
Ce qu'il fit.
Ses doutes reprenant au bout d'une mauvaise nuit et ses interrogations, loin d'être apaisées par Ratzinger, furent avivées par les réponses systématiquement dilatoires qui lui furent faites.

Levillain montre bien, avec la correspondance échangée à l'appui, cette mauvaise foi romaine et le domani, domani, domani ...

Pour l'histoire, il faudrait savoir ce qui se tramait du côté romain à ce même moment. On sait que plusieurs épiscopats sont intervenus pour faire capoter le Protocole dès qu'il fut connu (notamment le Britannique [le cardinal Hume dit-on] mais aussi le cardinal Lustiger, les évêques suisses étaient fort mécontents).
Certains comme Mgr Corecco (Lugano CH), un canoniste wojtylien, ont écrit après la rupture que l'échec du Protocole était au fond une bonne chose car, de son point de vue, il allait trop loin par rapport à la religion secondovaticanesque.

Mon hypothèse, à vérifier sur archives quand ce sera ouvert, est qu'un rapport de force s'est engagé dans l'espace d'un mois après la signature. D'un côté, pris de méfiance (légitime) Mgr Lefebvre avait besoin de garanties plus claires face à une possible duplicité et par rapport aux béances de l'accord signé.
De l'autre, le cardinal Ratzinger s'était possiblement avancé plus loin que le pape et la Curie n'auraient voulu et, sans désavouer le Protocole, cherchaient à en limiter a posteriori la portée. Les lettres sont claires : les demandes de Mgr Lefebvre ne grandissent que face à l'esquive parfois saupoudrée de romanisme (creux) du cardinal Ratzinger.

Il reste que nous avons une sorte de bis repetita en 2011-2012 avec le même homme, Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI, qui, au dernier moment alors que Mgr Fellay venait pour signer un accord définitif se rétracte sous pression de la Curie, notamment de la congrégation pour la Doctrine de la Foi encore sous la présidence du cardinal Levada.

Avec le recul, quand on compare 1988 et 2011-2012, ne serait-ce pas la même technique de négociation inspirée de Lénine qui disait deux pas en avant et un en arrière ? Adaptée en pasta alla romana, un pas en avant et deux en arrière ?

Au final, les garanties demandées post-signature par Mgr Lefebvre quant à une juste application de l'accord n'étaient pas du tout exorbitantes : une date pas trop éloignée - il se pensait à la fin de sa vie ne pas oublier ce point crucial -, une majorité dans la Commission romaine, par la suite trois évêques au lieu d'un seul.
C'est à comparer avec la très révolutionnaire constitution de Benoît XVI Anglicanorum coetibus qui bouleverse singulièrement les données disciplinaires pour l'Église latine dont dépendent les Ordinariats créés en vertu de ce texte.
Le Protocole de 1988 laissait en outre dans un non-dit dangereux la question cruciale du statut des apostolats de la F.S.S.P.X : ceux existant en 1988 étaient couverts mais pour des créations motus et bouche cousue.

Cet accord improbable de 1988 était donc un texte fragile, une avancée symbolique considérable des deux côtés indéniablement et ce fut compris ainsi par l'opinion, mais aussi un terrain miné rempli de conflits potentiels alors qu'il n'est pas sûr qu'il y avait à Rome à ce moment une ferme volonté de paix pour l'application. L'animosité des principaux épiscopats européens concernés était aussi extrême et l'est restée longtemps.
Mgr Doré aimait bien dire que Dieu écrit droit avec des lignes courbes, l'échec apparent de 1988 relève peut-être de cette lecture.











images/icones/neutre.gif  ( 946983 )Je précise par Roger (2022-06-06 21:35:32) 
[en réponse à 946966]

Que la terna n est à ma connaissance jamais établie par l évêque sortant.

Or dans l affaire Mgr Lefebvre réclamait le droit de proposer au pape le nom de don successeur...


Accessoirement, si Mgr Lefebvre tenait à lier les mains du pape, il aurait pu y penser avant de signer.


Je préfère donc l interprétation que m avait donné un ex dirigeant de la FSSPX : MGR Lefebvre n a pas su résister à la pression de ses courtisans qui risquaient de be pas être choisi par Jean Paul II.

D'ailleurs il a choisi QUATRE évêques , ... or Rome n aurait jamais nommé 4 évêques...
images/icones/fleche2.gif  ( 947049 )une lettre du 20 février 1988 par Luc Perrin (2022-06-07 21:02:48) 
[en réponse à 946983]

Mgr Lefebvre évoquait des nominations (plus d'une par conséquent) qui dépendraient ordinairement de la Commission à créer à l'issue du Protocole pour décider des questions pratiques/canoniques.

Il indique même la date du 30 juin pour la première nomination, en insistant sur son âge, sa difficulté à voyager désormais pour les ordinations.

Concernant la procédure qui doit relever de la future Commission, il n'indique son rôle que pour cette première nomination un cas qui relève des circonstances. Je cite :

"Pour la première désignation, et en attendant que l'Office romain pour la Tradition prenne ses fonctions, il me semble que vous pouvez me faire confiance, comme pour les Patriarcats orientaux". (texte in B. Tissier de Mallerais, Marcel Lefebvre une vie, p. 660).

Historiquement, outre la procédure classique de la terna, les évêques "grands électeurs" (Jacques-Olivier Boudon) sont attestés au long des siècles. Et qu'un évêque en place en passe de se retirer influe, peu ou prou, sur le choix de son successeur est, là aussi, un fait historique vérifié (des milliers de fois).

La considération, un tantinet mesquine, à laquelle vous vous arrêtez a peut-être joué (c'est du for interne et de la spéculation légitime) mais elle n'était pas déterminante ni unique en amont, archives à l'appui, du Protocole du 5 mai 1988 et des modalités d'application. Elle a sûrement pesé dans les semaines qui ont immédiatement précédé les sacres mais c'est dans un tout autre contexte, d'une rupture avec Rome.

En tout état de cause rien "d'extravagant" dans la procédure envisagée en 1988, c'était le point que je tenais à préciser à l'intention des "lisureurs" moins au fait de cette histoire.

images/icones/fleche2.gif  ( 947067 )Mise en perspective fort intéressante ! par Cristo (2022-06-07 23:17:09) 
[en réponse à 946966]

Et qui répond avec bienveillance au simplisme un tantinet vachard de Roger.
Ah si le pape régnant alors avait été Roger, Mgr Lefebvre aurait vu ce qu'il aurait vu : des vertes, des pas mûres et des bien pourries...


Ce long développement vous a sans doute pris du temps mais sachez que vos précisions sont fort appréciées !
Merci.
images/icones/fsspx.gif  ( 947086 )Je suis réticent à l'idée de la rupture post-5 mai 1988 par Athanase (2022-06-08 11:44:22) 
[en réponse à 946966]

Mon hypothèse, cher Luc, était que Mgr Lefebvre était déjà engagé vers les sacres dès l'année 1987 (sa lettre aux 4 évêques du mois d'août) et qu'il avait une forte méfiance envers les milieux romains. Une lassitude durant depuis des années, avec des rencontres toujours inabouties. Il savait qu'il y avait trop d'incertitude avec un statut "contraignant", limitant très fortement les marges d'action de la FSSPX. Il faudrait voir comment en avril-mai 1988, les nouvelles se propageaient: les épiscopats européens étaient opposés à Ecône - et le sont restés assez longtemps -, mais il me semble que la situation était quand même plus complexe. La "machine" Ecône était lancée depuis des années et la question de l'épiscopat "autonome" allait se poser un jour ou l'autre.

Je n'ai jamais cru en la rupture née dans la nuit du 5 au 6 mai 1988: aucun indice ne le prouve, et elle est plutôt le fruit de ce que l'on a entendu dans une conférence de presse du prélat en juin 1988. Je pense aussi qu'il ne voulait pas prendre le risque d'interrompre une dynamique de son mouvement: un accord romain aurait été une reculade pour tous les fidèles.

Là, où je mets une critique c'est dans l'obsession romaine de trouver un accord doctrinal à tout prix, ce qui contient l'échec de 1988 et aussi celui de 2011-2012. Car la discussion sur le Concile a réellement été interminable et sans fin (et surtout sans solutions): on l'a vu sur les discussions doctrinales qui n'ont abouti à rien. Ce que François - quelquefois bien avisé - a compris avec les facultés canoniques accordées à la FSSPX sans préalable doctrinal. Ce qu'il était prêt à faire à la fin de l'année 2016 en demandant juste à la FSSPX de signer le texte de... Pie IV. Un des rares aspects où François semble plus doué que son prédécesseur. Sincèrement, je ne sais toujours pas ce que veut dire "adhérer" à Vatican II dans lequel on trouve de tout, des réflexions sociologiques et descriptives et des dispositions doctrinales assez rares (sauf pour des développements sur l'Eglise - Lumen Gentium - et la reconnaissance de la sacramentalité de l'épiscopat !). Le terme "adhésion" est lui-même vague et adhérer à quelque chose de vague, c'est toujours compliqué par définition.

Je me pose la question: les années 1980 étaient trop engluées dans le débat théologique sur le Concile, mais si on avait évité de sombrer dans ces querelles interminables en facilitant au mieux les solutions pratiques ?
images/icones/neutre.gif  ( 946911 )Il y a une enquête canonique en cours par Gereo (2022-06-05 10:43:36) 
[en réponse à 946890]

depuis 2017. Il n'y a pas que Timothée de Rauglaudre, il y aussi le père Auzenet.
images/icones/neutre.gif  ( 946919 )On prend en considération.... par Pol (2022-06-05 13:13:24) 
[en réponse à 946911]

...que Mgr avait 82 ans et que Rome n'avait qu'une idée en tête: qu'il disparaisse.
Finalement, regardant les fruits de l'arbre, je me pose des questions.
Nous voyons clairement la situation. Merci une fois encore à Mgr.Lefebvre.Adsum.
images/icones/neutre.gif  ( 946914 )Tout à fait, je ne voulais pas le mentionner publiquement. par Davidoff2 (2022-06-05 11:06:53) 
[en réponse à 946888]

Mais comme vous le faites, je vais vous dire : Oui, Nicolas Buttet.

Avocat, homme politique de talent, et puis convertit, il passe 4 ans comme ermite dans une grotte de 9m2 à flanc de falaise sur St.-Maurice. Là il devient connu et c'est d'ailleurs là que je fais sa connaissance via mon travail. A l'époque, je n'étais qu'un jeune secrétaire au syndicat chrétien (rien à voir avec les syndicats français, notre constitution était l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, sur la doctrine sociale de l'Eglise). Bref, on invite Nicolas Buttet pour nous faire une conférence. Et là j'ai senti qu'il y avait quelque chose qui clochait, je me disais : "Voilà un mâle alpha qui se cache derrière plein de sourires, une voix plus mielleuse, et une sorte de béatitude", il me semblait qu'il y avait là-dedans une sorte de jeu d'acteur. Mais il a embobiné tout le monde, jusqu'au secrétaire général du syndicat qui commençait à lui poser des questions sur tout un tas de sujets qui n'avaient rien à voir avec la doctrine sociale de l'Eglise : - Peine de mort, - livraisons d'armes, etc. Et le pas encore "père Buttet" avait une telle capacité de réflexion qu'il n'avait pas besoin de réfléchir, tout sortait direct pour être ordonné à la pensée divine.

Il avait réussi à embobiner tous les vieux secrétaires syndicaux et jusqu'au secrétaire général, qui en avait vu bien d'autres.

Ensuite, comme je l'ai dis, refus de l'évêque pour l'ordination, et Mgr Rey l'ordonne.

Maintenant je vous laisse imaginer ce qu'un type aussi intelligent et avec un tel charisme arrive à produire sur les jeunes gens fragilisés qui arrivaient dans sa nouvelle institution ! Tant qu'ils étaient sous la coupe du gourou, tout allait bien (d'ailleurs, il voulait le bien des gens, je ne dis pas le contraire), mais j'ai le cas d'une jeune fille qui a bien connu ma femme (avant notre mariage, ma "future" femme était fille au pair dans cette famille de 6 enfants), bref, la jeune fille, fragile psychiquement, avait besoin d'un traitement. Mais Dieu est plus fort que le traitement, et ni une ni deux, elle laisse toutes ses boites de médicaments aux pieds de la statue d'un saint pour partir faire St. Jacques de Compostelle. Il a fallut aller la ramasser à la petite cuiller ! Parce que sous la coupe du gourou, tout va bien, mais si on s'éloigne, rien ne va plus.

Une autre bonne amie, fragile aussi, va dans son institution, elle est tellement charmée qu'elle lui donne toutes ses économies, 10'000 balles. Elle ressort quand elle va mieux, redescend un peu sur terre, et me dit : "Mais comment je fais pour récupérer mon argent, j'en ai besoin, je n'ai que ça ?" Je lui dis qu'elle n'a aucune chance, car elle l'a donné de son plein gré. Mais elle était quand-même sous emprise.

Bref, le père Buttet ça n'allait plus, et il disparaît des radars il y a une bonne dizaine d'années.

Un de ses remplaçants est un prêtre formidable, il s'investissait tellement pour la gloire de Dieu que des foules le suivaient. J'ai même mangé avec lui dans un chalet où il n'y avait que des quarantenaires : 3 drogués agnostiques, un HIV (seringue), un homo, trois catholiques, un protestant, et une bonne femme que je ne savais pas ce qu'elle fichait là.

Le prêtre était tellement formidable qu'il a secoué tout le monde, et après son départ, tous disaient : "Ah mais si tous les curés étaient comme lui, tout le monde serait catholique !"

Le protestant et l'homo se sont même inscrit à l'un de ses pèlerinage, ils en sont revenus transformés (pour un temps). ça fait un peu penser à Savonarole, après ses sermons, les gens brûlaient sur la place de la basilique leurs beaux manteaux et leurs richesses, mais 15 jours après il fallait tout recommencer. Bref, les prêtres du diocèse ne l'aimaient pas, il y avait des "rumeurs". Lors d'une rencontre des prêtres diocésains, le curé à la porte lui a dit franco : "Toi, tu n'entres pas", et le prêtre en question lui répond : "Mais... je suis aussi un prêtre diocésain ?" - "Eh bien je m'en fiche, tu n'entres pas !"

C'était hallucinant, tous ses adeptes criaient contre le diocèse, accusant les prêtres d'être jaloux car tout ce qu'il organisait drainait des foules alors qu'eux-mêmes avaient toutes les peines du monde à motiver pour le moindre pèlerinage. Et puis les "rumeurs" sont devenues de plus en plus fortes, et à la fin, je ne sais pas de quelles preuves disposait le nouvel évêque, mais il l'éjecte du canton (si la rumeur est vraie, c'est aussi des actes très graves, mais même mon meilleur cousin qui connait très bien ce prêtre refuse d'en parler). Bref, éjecté du Valais, recueillit par Mgr Rey où il continue son apostolat.

Vu comme ça, Mgr Rey c'est quand-même un système à recycler ce qui coince ailleurs.
images/icones/carnet.gif  ( 947166 )"Un changement de ton dans l’Église de France" La Vie par Cristo (2022-06-09 16:48:08) 
[en réponse à 946822]



Un changement de ton dans l’Église de France

[Édito] La demande du Vatican de surseoir aux ordinations dans le diocèse de Fréjus-Toulon a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Mais le dossier, qui met en lumière la figure de l’évêque du Var, Mgr Dominique Rey, pourrait surtout être révélateur d’une mutation en cours dans l’Église catholique.

Aymeric Christensen, directeur de la rédaction

Publié le 07/06/2022

Que se passe-t-il dans le diocèse de Fréjus-Toulon ? Loué et cité en exemple par les uns pour son dynamisme missionnaire, honni et critiqué par les autres en raison des options pastorales de son évêque, Dominique Rey, le territoire détonne depuis des années dans l’Église de France. Et soudain, voici que Rome frappe du poing sur la table en exigeant le report sine die d’ordinations prévues à la fin du mois. Terrible épreuve pour les jeunes qui se préparaient à devenir prêtres et voient brusquement leur avenir suspendu. Surtout : ouverture d’une crise dont l’issue paraît incertaine, en l’absence (comme, hélas ! si souvent, au risque de susciter bien des spéculations) de la moindre communication ecclésiale sur ses enjeux profonds. De quoi le refus romain est-il le « non » ?

À ce stade, un point semble certain : la mise en demeure du Vatican ne se limite pas au séminaire de la Castille, réputé très accueillant pour de nombreuses communautés et profils atypiques. Pour preuve : ce dossier, qui aurait pu ne concerner que la Congrégation pour le clergé, implique manifestement plusieurs dicastères et semble porté par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques. Son seul nom permet de mesurer la gravité de l’affaire et, en toute logique, la mise en cause directe de Dominique Rey et de la gestion de son diocèse. Simple recadrage, après la visite canonique – pardon : « fraternelle » – du désormais cardinal Jean-Marc Aveline, ou prémices d’un désaveu ? L’avenir le dira.

Des nominations qui dessinent un tableau d'ensemble

Ce qui apparaît, en revanche, d’une façon de plus en plus claire, c’est un net changement de ton ces derniers mois dans l’Église catholique française. La semaine dernière, nous saluions le choix du pape de nommer cardinal l’archevêque de Marseille. Quelques jours plus tôt, c’était Laurent Ulrich qui était installé archevêque de Paris, en remplacement de Michel Aupetit, dont la démission avait été « acceptée » fin 2021.

Ces décisions, avec quelques autres – remplacement de Jean-Pierre Cattenoz par François Fonlupt à Avignon, nomination de Guy de Kerimel (d'ailleurs issu, comme Dominique Rey, de la communauté de l’Emmanuel) à Toulouse… sans oublier les rôles de « pompiers » pour diocèses en difficulté confiés aux vétérans Michel Dubost et Georges Pontier –, finissent par dessiner un tableau d’ensemble. Comment ne pas y voir la marque du nouveau nonce apostolique, Celestino Migliore ?

Une nouvelle méthode voulue par le pape

Depuis son arrivée, début 2020, il paraît peser de plus en plus dans les nominations ou la promotion de profils dont l’ecclésiologie et la capacité à mettre en œuvre certaines réformes correspondent davantage à la vision du pape François. En parallèle de la présidence de la Conférence des évêques de France par Éric de Moulins-Beaufort, c’est peu à peu, sinon un changement sur le fond, du moins une nouvelle méthode qui s’impose.

Gare toutefois à la tentation de ne lire ces événements qu’en termes idéologiques ! Sympathies et antipathies, qu’elles soient pastorales ou politiques, sont mauvaises conseillères. Si elles peuvent compter, elles ne sont souvent que la partie émergée des problèmes. Ainsi, tout porte à croire que l’attention de Rome se concentre aujourd’hui d’abord sur les modes de gouvernance. Se pourrait-il qu’affleure, de ces années marquées par la crise des abus sexuels et spirituels, l’esquisse d’un contrepoids (à défaut de réel contre-pouvoir) face au modèle de l’évêque « seul maître à bord après Dieu » dans son diocèse ? Les suites de ce qui se passe à Fréjus-Toulon devraient être, sur ce plan, instructives.

https://www.lavie.fr/idees/editos/un-changement-de-ton-dans-leglise-de-france-82703.php
images/icones/neutre.gif  ( 947168 )"Pourquoi le Vatican suspend les ordinations du diocèse" par Cristo (2022-06-09 16:54:59) 
[en réponse à 946822]


Pourquoi le Vatican suspend les ordinations du diocèse de Fréjus-Toulon

À la suite d’une visite de l’archevêque de Marseille, le cardinal Aveline, Rome a ordonné la suspension des ordinations cette année dans le diocèse de l’évêque controversé Dominique Rey. En cause notamment : la formation des séminaristes et le discernement exercé.

Par Youna Rivallain et Marie-Lucile Kubacki
Publié le 07/06/2022

Il n’y aura pas d’ordination à l’ombre des platanes centenaires du séminaire de la Castille cette année. Le Vatican a ordonné au diocèse de Fréjus-Toulon de surseoir à ses ordinations de prêtres et de diacres en vue du sacerdoce, qui devaient avoir lieu fin juin, autour de la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin), comme cela se fait traditionnellement dans la plupart des diocèses de France. C’est une décision très rare, un coup de tonnerre dans ce diocèse qui suscite depuis plusieurs années des interrogations, et certaines critiques.

Un séminaire particulièrement productif

Rome a pris cette décision à la suite d’une visite « fraternelle » de l’archevêque de Marseille – et désormais cardinal – Jean-Marc Aveline, métropolitain de la province dont dépend Toulon. Selon nos confrères de Famille chrétienne, l’archevêque aurait « relevé plusieurs points posant question dans la formation et le discernement des candidats du séminaire de la Castille », séminaire du diocèse particulièrement « productif » en termes de vocations sacerdotales, là où d’autres voient leurs effectifs chuter jusqu’à parfois devoir mettre la clé sous la porte.

Le séminaire de la Castille, rouvert en 1982 par Mgr Madec, le prédécesseur de Dominique Rey, est en effet un des séminaires les plus « riches » en nombre de vocations de France, juste après ceux de la communauté Saint-Martin et du diocèse de Paris. De nombreuses communautés nouvelles viennent aussi s’y former. En 2021, dix nouveaux prêtres, huit diacres en vue du sacerdoce et diacres permanents du diocèse avaient été ordonnés (dont six prêtres formés au séminaire de la Castille).

La visite de Jean-Marc Aveline a également soulevé le problème – déjà pointé du doigt par des observateurs ces dernières années – de l’accueil à Toulon de séminaristes venus de l’extérieur. Des jeunes venant directement frapper à la porte du diocèse, attirés par la personnalité de son évêque – ou une certaine propension de Dominique Rey à ordonner des profils que d’autres diocèses auraient préalablement « remerciés ». Selon le site du diocèse, en outre, 50 communautés seraient présentes sur le territoire de Fréjus-Toulon.

Aux côtés de l’Emmanuel ou Saint-Martin – également implantées dans de nombreux diocèses de France – ou d’un certain nombre de traditionalistes, figurent des groupes brésiliens comme la communauté Canção Nova, connue pour son travail d’évangélisation par les médias ou des communautés plus récentes comme la Société des missionnaires de la miséricorde divine, fondée en 2005 par l’abbé Fabrice Loiseau, attachée au rite ancien et à l’évangélisation des musulmans (sur le trombinoscope du séminaire de 2019, les étudiants de propédeutique et séminaristes attachés à cette communauté représentent un tiers des effectifs environ).

Dans un communiqué publié le 2 juin confirmant la suspension des ordinations, le diocèse revient sur la visite de Jean-Marc Aveline : « À côté des nombreux beaux fruits que portent l’annonce de l’Évangile et la mission des chrétiens engagés – clercs, consacrés et laïcs – dans notre diocèse, ont pu être abordées les questions que certains dicastères romains se posaient autour de la restructuration du séminaire et de la politique d’accueil du diocèse. » Et le communiqué d’ajouter que « dans l’attente des suites de ces échanges en cours avec les dicastères romains », il avait été demandé « de surseoir aux ordinations diaconales et sacerdotales prévues fin juin ».

Un évêque charismatique et clivant

Dominique Rey, l’évêque de Fréjus-Toulon, s’est entretenu de ces sujets avec le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques. Mais si c’est ce dernier qui a tranché, la décision survient après un travail qui a impliqué plusieurs dicastères – ministères du Vatican – dont ceux pour le clergé, les laïcs et les instituts de vie consacrée, sans compter la visite de Mgr Aveline. Autrement dit : la décision romaine n’a pas été prise à la légère.

L’implication sur le dossier du cardinal Ouellet, que l’on ne peut soupçonner de « progressisme », interroge et attire l’attention sur la figure de Dominique Rey, un évêque charismatique dont l’action et la manière de faire sont souvent jugées clivantes, y compris au sein de l’épiscopat. Ce que résume une laïque du diocèse de Fréjus-Toulon : « Mgr Rey, on l’adore ou on le déteste ! » Illustration, selon elle, de cette « méthode Rey » : « Il est très doué pour mettre des choses en place, faire en sorte que les gens se rencontrent, accueillir facilement les communautés qui ne savent pas toujours où aller… Cela apporte du dynamisme, mais cela peut aussi être source d’incompréhensions. »

Dans le diocèse, comme dans l’ensemble de l’Église, les réactions sont d’ailleurs contrastées. Si certains sont abasourdis – une « supplique » au pape François a même été rédigée par des laïcs d’un « collectif catholique varois » –, plusieurs autres évoquent une crise qui couvait depuis plusieurs années.

Certains, aussi, s’interrogent sur la part idéologique de la décision, le diocèse étant connu pour avoir accueilli bon nombre de séminaristes et de communautés « tradis », dans un moment où le pape François serre la vis sur la question. « Mgr Rey a certes manqué de prudence lorsqu’il a mené par exemple le pèlerinage international Summorum pontificum (qui réunit religieux, prêtres et fidèles désirant participer à la nouvelle évangélisation par la liturgie traditionnelle, ndlr) en 2019 à Rome, sous les fenêtres du pape, en plein synode sur l’Amazonie… Cela pouvait ressembler à une provocation », note un bon connaisseur du diocèse.

L’aumônier de ce pèlerinage, l’abbé Claude Barthe, incardiné dans le diocèse de Fréjus-Toulon en 2005, opposait d’ailleurs la démarche de l’évêque et celle du pape dans le magazine l’Homme nouveau : « Pendant que, ce dimanche 26 octobre, s’achevait l’étrange synode sur l’Amazonie, comme une parabole de l’entrée dans le néant, à quelques centaines de mètres de la salle des débats synodaux, la longue procession des prêtres et fidèles du pèlerinage Summorum pontificum, présidée par Mgr Rey, pénétrait dans la basilique Saint-Pierre. »

Mais, nuance un laïc engagé, de sensibilité plutôt classique : « La question idéologique n’est selon moi que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, on parle des “tradis”, et c’est vrai que l’accueil de ces séminaristes et de ces communautés fait débat depuis quelque temps dans le diocèse. Il est vrai aussi que le diocèse est connu pour avoir été très “discret” dans l’application du motu proprio du pape François sur la messe en latin. Mais avant cela, l’accueil de certaines communautés, charismatiques notamment, posait déjà question ! »

Des affaires et des problèmes cumulés

Beaucoup citent l’affaire Points-Cœur, association installée dans le diocèse en 2008, où a également incardiné son fondateur, Thierry de Roucy. Ce dernier a été condamné en 2011 par le tribunal ecclésiastique de Lyon pour « abus de pouvoir, abus sexuel et absolution du complice », interdit d’exercer son sacerdoce par l’évêque en 2016 et réduit à l’état laïc en 2018. Dès le début des années 2000 des familles avaient tenté d’alerter sur des problèmes internes à l’organisation… qui a fait l’objet d’une enquête canonique en 2014.

D’autres encore citent l’étrange affaire du « monastère de Saint-Benoît », une petite communauté anglophone implantée à Brignoles depuis 2012, où l’on célèbre la messe en latin, selon l’ancien missel. Un communiqué nébuleux publié mi-mai sur le site internet du lieu affirme que le prieur, dom Alcuin Reid, autrefois diacre en vue de l’ordination en Australie et accueilli dans le diocèse de Fréjus-Toulon en 2009, se serait fait ordonner prêtre, et un des frères, diacre, « selon la forme extraordinaire du rite romain », fin avril (bravant, de fait, l’interdiction faite dans le motu proprio de François Traditionis custodes).

Et ce, par un « prélat de haut rang » – dont ils refusent de révéler le nom, « jouissant d’une communion sans entraves avec le siège apostolique », mais extérieur au diocèse, qui aurait proposé ses services, faute d’avoir pu obtenir ces ordinations de Mgr Rey. L’affaire, précise le communiqué, se serait déroulée « en un lieu discret, hors de France ».

Mgr Rey a immédiatement suspendu le prieur et le frère en question, selon la règle prévue par le droit canonique en pareil cas, et fait savoir qu’il n’avait jamais donné d’autorisation pour ces ordinations, ainsi que l’a confié un porte-parole du diocèse au journal anglais The Tablet. Dom Alcuin Reid n’est pas un parfait inconnu : il est une des chevilles ouvrières des conférences « Sacra Liturgia » – où en 2016, le cardinal Sarah avait notamment proposé que les prêtres célèbrent ad orientem.

« Là encore, comment a-t-on pu laisser la situation dégénérer à ce point ? interroge un fidèle du diocèse. Si l’on cumule tous les problèmes, il est probable que Rome ait commencé à considérer que cela faisait beaucoup. » Rome, fidèle à ses habitudes, n’a pas communiqué. Mais nul doute que la gravité de la décision appelle à un travail de clarification à court terme. « Faute de quoi, soupire un fidèle, ce sera la fête de la rumeur, et la foire d’empoigne entre les fans de Mgr Rey et ceux qui veulent régler leurs comptes avec lui. »

https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/pourquoi-le-vatican-suspend-les-ordinations-du-diocese-de-frejus-toulon-82710.php