( 946349 )Peut-on se débarrasser d'un Concile ? Réponse du Club des Hommes en Noir par Semper parati (2022-05-27 17:39:48)
( 946369 )On doit pouvoir se libérer d'un Concile essentiellement accommodant par Scrutator Sapientiæ (2022-05-28 10:14:56)
[en réponse à 946349]
Bonjour Semper parti,
Tout a sûrement déjà été dit sur le Concile, mais il n'a peut-être pas assez été dit que ce Concile a été un Concile essentiellement accommodant, en qu'il a rendu possible bien des accommodements, adogmatiques et liturgiques, intra-conciliaires puis post-conciliaires, qui ont été eux-mêmes propices à la transformation des structures et des relations de l'Eglise catholique.
Dans cet ordre d'idées, il est possible de distinguer entre un catholicisme intransigeant et qui essaie d'être traditionnel dans la Foi, et un catholicisme accommodant et qui a réussi à être transformateur de l'Eglise.
Il est à noter qu'à l'origine ou, en tout cas, officiellement, les accommodements et la transformation dont il est question ici devaient être avant tout ad extra, mais il est également à noter que, dès le milieu du Concile, Paul VI a fait en sorte que la dynamique d'accommodement et de transformation intra-conciliaire ne sévisse pas contre au moins trois "points d'attention", dont au moins deux ad intra, d'où ses trois encycliques de préservation de l'essentiel : Mystérium Fidei, Sacerdotalis caelibatus, Humanae vitae.
En outre, en amont du Concile Vatican II, il y a déjà eu d'autres Conciles, qui ont presque tous été à caractère disciplinaire et/ou à caractère dogmatique, et qui ont presque tous débouché sur des condamnations et/ou des définitions.
Sous cet angle-là, force est de constater que Vatican II est bien moins régulateur que libérateur, ou plutôt libératoire, sinon à l'égard de la Tradition elle-même, du moins vis-à-vis de la conception de la Tradition et de la relation à la Tradition qui ont eu cours, pour le dire rapidement, au moins de la composante monastique à la composante tridentine de la Tradition. Cela devrait faire réfléchir.
Les hommes en noir s'interrogent sur ce qui est régulateur, au sein du christianisme catholique contemporain ; il ne tient qu'à eux et il ne tient qu'à nous de prendre appui, dans toute la mesure du possible, sur le Catéchisme de l'Eglise catholique de 1992, qui ne se réduit certes pas à un Catéchisme du Concile Vatican II, comme le fait remarquer l'abbé Guelfucci, ou sur le Compendium du Catéchisme de 2005, pour le cas où la longueur du CEC poserait un problème, signalé par Jean-Pierre Maugendre.
Enfin, l'abbé Célier évoque un précédent intéressant, celui de l'échec du Concile de Latran V, notamment voire surtout pour des raisons contextuelles. Or, compte tenu de ce qu'ont été les années 1960, dans l'Eglise catholique et dans le monde contemporain, il est tout à fait possible que l'échec du Concile Vatican II soit dû, non seulement à un vice de conception et à des défauts de fabrication, mais aussi à des raisons contextuelles qui ont contribué à sa mauvaise réception.
De toute façon, depuis mars 2013, le doute n'est plus permis sur le fait que le Concile Vatican II rend possible l'inscription, dans son sillage, d'un néo-catholicisme, anomique ad intra et cosmogame ad extra, qui ne peut que donner raison à ceux qui considèrent que l'intransigeance est et sera toujours préférable aux accommodements, a fortiori quand ceux-ci sont imposés avec de la démagogie et du despotisme.
Bonne journée.
Scrutator.
( 946434 )J hésite à vous suivre par Roger (2022-05-29 14:42:04)
[en réponse à 946369]
Cher Scrutator quand vous écrivez que
"De toute façon, depuis mars 2013, le doute n'est plus permis sur le fait que le Concile Vatican II rend possible l'inscription, dans son sillage, d'un néo-catholicisme, anomique ad intra et cosmogame ad extra, qui ne peut que donner raison à ceux qui considèrent que l'intransigeance est et sera toujours préférable aux accommodements, a fortiori quand ceux-ci sont imposés avec de la démagogie et du despotisme."
En effet, le Concile semble bien oublié aujourd'hui. Notamment par.ke pape et les évêques q
( 946470 )Ce Concile a rendu possible son dépassement dès 1965 par Scrutator Sapientiæ (2022-05-29 21:41:36)
[en réponse à 946434]
Bonsoir,
Ce Concile, le Concile Vatican II, a rendu possible son dépassement, dès le début de sa mise en oeuvre, en 1965, notamment en raison des expressions, des omissions, du style et des thèmes présents dans certains de ses textes.
Cela ne veut évidemment pas dire que le même Concile a PRESCRIT l'après-Concile, mais cela signifie qu'il l'a (amplement) PERMIS.
En revanche, on est en droit de s'interroger sur le caractère effectif de la possibilité de prendre appui sur tel ou tel texte du Concile en vue de contrer l'inclusivisme périphériste ad extra et synodaliste ad intra qui a déjà commencé et qui va continuer à produire tous ses effets, jusqu'à ce que des cardinaux courageux, voire héroïques, commencent à neutraliser cet inclusivisme, ONG-ISATEUR de l'Eglise catholique...
Ce qui précède résume ce que j'ai voulu dire, dans le message qui vous a fait réagir. Il n'y a pas ou il n'y a plus de "programmation linéaire" entre Vatican II et ce que nous vivons depuis mars 2013, mais, a contrario, il ne va pas de soi qu'il soit possible de tirer parti du Concile pour dire STOP à la poursuite de l'auto-dépassement et de l'auto-destitution de l'Eglise catholique, alors qu'une partie de l'enseignement de Jean-Paul II se prête davantage à ce STOP.
Bon dimanche.
Scrutator.
( 946501 )Le Concile ou les Papes ? par Roger (2022-05-30 18:27:48)
[en réponse à 946470]
Je ne suis pas convaincu par ce que vous écrivez à propos du Concile dont les textes sont souvent équilibrés, nuancés, et globalement conformes à la Tradition et au magistère précédent.
Ne serait ce pas Paul VI et Jean Paul II qui auraient toléré une lecture en rupture avec la Tradition. Par exemple le discours sur l homme qui devient Dieu ? Ou les nominations épiscopales distinguant soit des rupturistes soit des mous (le cardinal Marty en étant l archétype !)
( 946513 )Ecclesiam suam et Populorum progressio. par Scrutator Sapientiæ (2022-05-30 22:28:21)
[en réponse à 946501]
Bonsoir Roger,
Il est certain qu'Ecclesiam suam et Populorum progressio sont deux textes de Paul VI plus disruptifs ou innovants, ou plus propices à une interprétation "rupturiste", que Lumen gentium et la première partie de Gaudium et spes, qui sont deux textes du Concile.
Cette interprétation "rupturiste" n'a d'ailleurs pas manqué de se développer, en Amérique latine, au contact de Populorum progressio.
Quant au deuxième paragraphe de votre texte, il m'inspire la remarque suivante, plus objective que polémique : le synode des évêques consacré à la catéchèse a eu lieu en 1977, sous Paul VI, et le Catéchisme de l'Eglise catholique a été publié en 1992, sous Jean-Paul II.
Cela signifie qu'il s'est écoulé autant de temps entre l'ouverture du Concile et ce synode des évêques qu'entre le même synode et la publication du CEC.
On est donc en droit de se dire que du temps a été perdu, entre l'oficialisation de la prise de conscience d'un problème majeur, dans le domaine de la catéchèse, en 1977, et l'officialisation de la réponse, la plus "référentielle" qui soit, de l'Eglise catholique, face à ce problème majeur, en 1992.
Et l'on est aussi en droit de se dire que le fait que l'Eglise et les fidèles aient été privés de catéchisme, non seulement sous Paul VI, mais aussi, pendant presque autant de temps, sous Jean-Paul II, a fait plus de mal que de bien au christianisme catholique.