( 946022 )Le traditionalisme entre fidélité et résistance ? Une approche du Club des Hommes en Noir par XA (2022-05-20 17:19:17)
Les abbés Celier et Guelfucci avec Jean-Pierre Maugendre sont les invités de Philippe Maxence dans le Club des Hommes en Noir pour aborder l'histoire des traditionalistes.
À quand cette sensibilité remonte-t-elle ?
Est-elle seulement une question de liturgie ?
Les réactions épidermiques qu'elle suscite ne sont-elles pas dues à une méconnaissance ?
Pourquoi les 60 dernières années ont-elles été si importantes ?
( 946026 )A regarder absolument!!! par Métronome (2022-05-20 20:46:32)
[en réponse à 946022]
Ce que je suis en train de faire...
( 946039 )Je confirme par Semper parati (2022-05-21 10:09:40)
[en réponse à 946026]
Excellente émission avec de tres bonnes analyses.
SP
( 946081 )Oui mais par Roger (2022-05-22 08:26:17)
[en réponse à 946039]
Les trois invités sont excellents sur la forme et le fond.
Mais mon Dieu ! Que Maxence est agaçant.. il est certes sympathique mais vraiment mediocre orateur...
( 946041 )Ouverture sur la transcendance versus ouverture sur les périphéries par Scrutator Sapientiæ (2022-05-21 10:45:31)
[en réponse à 946022]
Bonjour XA,
À un moment donné, Jean-Pierre Maugendre recourt à ces trois mots : "Cohérence, exigence et transcendance", qui permettent d'après lui de décrire ce que l'on cherche et trouve souvent, à l'intérieur du catholicisme traditionnel dans la foi (en ce que l'absence ou le déficit de cohérence, d'exigence et de transcendance est souvent caractéristique du catholicisme transformateur de l'Eglise, peut-on ajouter ici).
Il est bien possible, en effet, que la priorisation de l'ouverture sur la transcendance soit une chose, et que la priorisation de l'ouverture sur les périphéries en soit une tout autre.
Par ailleurs, Monsieur l'abbé Célier a raison de rappeler que, globalement, de Pie VI à Pie XII, les papes ont été intransigeants ou traditionnels, et qu'il n'est venu à l'esprit de presque personne de les traiter "d'intégristes", jusqu'à la fin des années 1950.
Aussi, en ce sens, pourquoi considérer comme tels les catholiques qui consentent à continuer à être fidèles à ce positionnement ?
Enfin, pourquoi des intellectuels non catholiques ni mêmes chrétiens auraient-ils le droit d'être anti-relativistes et anti-subjectivistes, et pourquoi des catholiques n'auraient-ils pas le droit de s'opposer, de tout leur coeur de baptisés, à une ambiance intra-ecclésiale post-conciliaire particulièrement HOSTILE à la vigilance et à la résistance catholiques, face au relativisme et au subjectivisme ?
Bonne journée.
Scrutator.
( 946046 )Merci beaucoup par Roger (2022-05-21 11:44:11)
[en réponse à 946022]
J ai acheté ce livre !
( 946088 )Une remarque judicieuse de l'abbé Guelfucci sur le Syllabus par Scrutator Sapientiæ (2022-05-22 10:38:17)
[en réponse à 946022]
Bonjour XA,
À un moment donné, au cours de la discussion, Monsieur l'abbé Guelfucci réhabilite le Syllabus de Pie XI, ainsi que le Magistère qui a fait de la pédagogie anti-libérale, anti-socialiste et anti-moderne, de Léon XIII à Pie XII. D'après lui le Syllabus n'a rien perdu de son actualité, et non, bien sûr, de sa "modernité".
Il est certain que quand on prend la mesure de ce que sont devenus, encore plus depuis les années 1980 que les années 1960, les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité, il y a de quoi se demander si le Syllabus de Pie IX ne constitue pas un document prémonitoire, alors que beaucoup n'ont retenu de ce document que son caractère imprecatoire.
On est également en droit de se dire que c'est probablement pour des raisons inhérentes au contenu même de la conception dominante de la liberté, de l'égalité et de la fraternité
- que les humanistes libéraux ont autant de mal à se décider à lutter contre la mentalité hédoniste, sinon nihiliste, libéral-libertaire,
- que les humanistes socialistes ont autant de difficultés à entrer en résistance, contre l'égalitarisme culturellement et sociétalement correct et contre ses conséquences communautaristes et identitaristes,
- que les partisans de la fraternité universelle ont autant de mal à se décider à lutter contre l'humanitarisme à géométrie variable qui sévit fréquemment au croisement de la géopolitique et de l'idéologie.
Bon dimanche.
Scrutator.
( 946090 )Quelques remarques sur le caractère paradoxal du catholicisme traditionnel. par Scrutator Sapientiæ (2022-05-22 11:47:07)
[en réponse à 946022]
Rebonjour,
Voici quelques remarques sur le caractère paradoxal du catholicisme traditionnel.
D'une part, grâce à lui, des pans entiers du patrimoine doctrinal, linguistique, liturgique, spirituel du christianisme catholique subsistent, mais d'une manière contra-positionnelle, par rapport à la conception dominante du "subsistit in" qui se manifeste depuis le Concile.
D'autre part, grâce à lui, la Tradition est vivante, et est même vivifiante, par des moyens et pour des raisons dont on peut penser qu'elles sont de plus en plus avant tout positives, en raison d'une relation positive et réceptive à l'égard de la Tradition, et qu'elles sont de moins en moins avant tout négatives, au moyen d'une position qui serait prioritairement négative et réfractaire vis-à-vis de l'idéologie du dialogue et du renouveau.
En outre, plus le monde contemporain et occidental va mal et plus il donne raison à une conception anti-moderne ou, en tout cas à coup sûr, anti-postmoderne des origines de cette dégradation, or le catholicisme traditionnel est anti-postmoderne en ce qu'il est anti-relativiste et anti-subjectiviste, le courant postmoderne fonctionnant au relativisme, par l'intermédiaire de l'égalitarisme anthropologico-civilisationnel, et au subjectivisme, par l'intermédiaire de la mystique de l'auto-détermination de l'identité et de l'orientation individuelles.
C'est triste à dire, mais il faut le dire : l'accélération et l'amplification de la décadence, notamment interreligieusement correcte, ne peuvent que donner de plus en plus de raison d'être à un catholicisme traditionnel clairement et fermement opposé à cet auto-effondrement du monde contemporain et occidental, le même auto-effondrement étant plus accompagné que contre-carré par l'Eglise du Concile.
Enfin, le catholicisme traditionnel n'est certes pas doctrinalement philo-kantien, mais il est culturellement post-kantien, en ce qu'il est pleinement en mesure de recourir à l'esprit critique, avant tout pour "analyser", et non, bien sûr, avant tout pour "deconstruire" ou pour "interpréter", et il convient de reconnaître que certaines analyses d'inspiration catholique traditionnelle, intelligemment critiques, notamment contre ce qui découle de la philosophie de la libération et surtout de la théologie du peuple, sont particulièrement éclairantes pour tous ceux qui veulent bien prendre le temps de les lire.
Au sein du catholicisme traditionnel, beaucoup ont bien conscience du fait que la formation est nécessaire et préalable à la transmission, dans la fécondité et la fidélité. C'est quand même autre chose que la moraline sentimentale, hypo ou pseudo "évangélique", que nous avons commencé à subir, il faut bien le dire, notamment en France, à partir du moment où des évêques, conscients de l'effondrement du communisme puis de celui du socialisme, ont commencé à surfer sur une vague portante de substitution : le vivre-ensemblisme, culturellement et sociétalement correct.
Or, face à cela, le fait que, depuis l'intérieur du catholicisme traditionnel, on forme les catholiques "sur disque dur", et non "sur disque mou", (à condition de bien les former), constitue un avantage comparatif et une source d'attractivité et de crédibilité qui sont vraiment absolument considérables.
Bon dimanche.
Scrutator.
( 946104 )Très bien vu par Roger (2022-05-22 15:32:57)
[en réponse à 946090]