Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 944664 )« Cessons d’en appeler aux évêques pour désigner le futur président de la République » par XA (2022-04-23 15:50:53) 

Une Tribune parue discrètement dans La Croix et reprise du site :

« Cessons d’en appeler aux évêques pour désigner le futur président de la République »

Alors que plusieurs voix chrétiennes se sont élevées pour appeler les évêques français à se positionner plus clairement contre Marine Le Pen avant le second tour de l’élection présidentielle, ce collectif de jeunes catholiques estime au contraire que cela relève d’un mélange des deux ordres, le temporel et le spirituel.

Depuis quelques jours fleurissent dans les médias des voix de prêtres et de laïcs s’insurgeant de la position de la Conférence des évêques de France (CEF) à propos du second tour de l’élection présidentielle. Leur exigence ? Que les évêques demandent aux catholiques français de voter en faveur d’Emmanuel Macron. Un mélange des genres que nous dénonçons.

« Programme fondamentalement antichrétien » ou risque de « catastrophe nationale » : de nombreuses voix s’élèvent pour une prise de position des évêques en faveur d’Emmanuel Macron. En effet, la CEF – fidèle à sa tradition rassembleuse – ne s’est exprimée pour aucun des deux candidats. Quoi de plus réducteur qu’un pasteur qui dicte un comportement ? Ne faut-il pas plutôt écouter, expliquer, faire preuve de pédagogie ?

En tant que jeunes catholiques, nous refusons de voir le débat présidentiel abîmer l’unité de l’Église. Nous ne supportons pas le dévoiement du catéchisme de l’Église catholique pour tel ou tel candidat. Nous voulons une Église qui s’enrichit des différences et qui ne jette pas l’opprobre ou donne sa bénédiction à une partie de ses fidèles.

Réfléchir par soi-même

Le texte publié par la CEF en janvier 2022 constitue une prise de position très juste. Refusant l’abstention, il engage les catholiques à réfléchir par eux-mêmes au travers de sept thèmes distincts. Ce texte invite à la responsabilité personnelle de chaque chrétien. Parce que notre engagement citoyen – en tant que chrétien – ne peut pas être réduit à un bulletin de vote déposé dans l’urne. De plus, nul besoin d’être un expert des enseignements de l’Église pour conclure qu’aucun des deux candidats ne correspond parfaitement à l’idéal chrétien. Par exemple, Emmanuel Macron veut ouvrir la porte à l’euthanasie et Marine Le Pen restreindre l’accueil des migrants. En deux mesures, voilà nos deux candidats renvoyés dos à dos, incapables de satisfaire toutes les exigences des évêques. C’est d’ailleurs un bienfait, car « nous n’élisons pas un messie », comme l’a rappelé le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort.

Ces sept chapitres permettent à chacun de se forger sa propre opinion, en fonction de ce qui lui tient particulièrement à cœur, de son vécu, de ce qu’il est. Imposer son propre choix à l’ensemble de sa communauté, au motif de partager « les mêmes valeurs » constitue un braquage des responsabilités individuelles. Comme si ne pas tomber d’accord sur un choix politique nous empêchait de vivre et de partager la même foi. Qui suis-je pour juger mon frère ?

Détenir la vérité

Ces catholiques qui estiment détenir la vérité du choix électoral semblent oublier que chacun vit des réalités différentes, et que l’Église – qu’on aime dire universelle – doit savoir accueillir chacun. Ne mélangeons pas tout : la distinction du spirituel et du temporel est un des fondements du christianisme. Elle doit continuer à irriguer notre vie de communauté tournée vers l’unité et la charité.

De plus, qui croit encore en une Église dans laquelle les fidèles seraient dociles et suivraient béatement les consignes de vote de leurs évêques ? Hier, on se battait contre le cléricalisme. Aujourd’hui, on exige que les évêques donnent des consignes de vote pour tel ou tel candidat. Une telle prise de position pourrait mettre à mal leur autorité et entraîner une réelle confusion des genres.

Vivre ensemble

Rappelons qu’au premier tour, selon un sondage Ifop pour La Croix, 29 % des catholiques pratiquants ont porté leur suffrage sur Emmanuel Macron, 25 % sur Marine Le Pen, 13 % sur Jean-Luc Mélenchon et 11 % sur Éric Zemmour. Les opinions divergent donc – et c’est même sain et normal – au sein de nos paroisses, de nos aumôneries, de nos groupes de partages, etc.

Arrêtons de voir le 24 avril comme une fin en soi. Après cette élection, il nous faudra continuer à vivre notre Foi ensemble, à faire communauté en Église pour aller témoigner dans le monde. C’est à nous, catholiques, de montrer l’exemple à la société française : savoir vivre ensemble malgré nos divergences.

Cessons de créer des conflits. Cessons de diviser. En cette octave de Pâques, unissons-nous autour de Celui qui a vaincu la mort : retrouvons, dans nos communautés, la paix du ressuscité !

Signataires :

Jean-Benoît Harel, 24 ans, consultant, paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle (Paris)

Amaury Gomart, 24 ans, autoentrepreneur, paroisse Saint-Léon (Paris)

Bastien Uranga, 29 ans, chef d’entreprise, paroisse Saint-Jean-Paul-II (Angers)

Geneviève Chotard, 23 ans, doctorante en histoire du droit, paroisse du Sacré-Cœur (Castres)

Sarah Jeuffe, 31 ans, chargée de mission, paroisse Notre-Dame-des-Pauvres (Issy-les-Moulineaux)

Herveline Le Hervé, 38 ans, communicante, paroisse Sainte-Jeanne-d’Arc (Rennes)

Paul Laurent, 25 ans, étudiant en journalisme, paroisse Saint-François-Xavier (Paris)

Hélène Martinez, 31 ans, ingénieure en électronique, paroisse Sainte-Madeleine (Le Plessis-Robinson)

Baudouin de Petiville, 24 ans, consultant, paroisse de Vanves (Paris)

Amaury Rheinart, 23 ans, étudiant en école de commerce, président de l’association Constantin, paroisse Saint-Pothin (Lyon)

Guillemette Renard, 21 ans, étudiante alternante en management, paroisse Saint-Germain (Chesnay)

Augustin Ternynck, 25 ans, assistant parlementaire, paroisse Saint-Sulpice (Paris)

Aldrick Vercken, 24 ans, notaire en formation, paroisse du Saint-Esprit (Aix-en-Provence)
images/icones/c_nul.gif  ( 944668 )Stop au cléricalisme à Strasbourg !... par vistemboir2 (2022-04-23 16:19:20) 
[en réponse à 944664]

(Tout est dans le titre)
images/icones/3f.gif  ( 944669 )Bizarre… par XA (2022-04-23 16:24:14) 
[en réponse à 944668]

Vous vous êtes trompé de sens pour le pouce, non ?
images/icones/5b.gif  ( 944675 )Le pouce pour l'intervention déplacée... par vistemboir2 (2022-04-23 18:39:44) 
[en réponse à 944669]

de l'archevêque de Strasbourg, et non, bien entendu, pour votre post... Veuillez me pardonner cette ambiguïté...
images/icones/neutre.gif  ( 944736 )Concordat par Roger (2022-04-25 07:26:49) 
[en réponse à 944668]

Chers liseur, appréciez plutôt l effet du concordat de 1801. Un évêque fonctionnaire et un président autoritaire... n est ce pas ce que certains appellent de leurs vœux ?
images/icones/fleche2.gif  ( 944673 )Un renvoi dos-à-dos interrogeable, au début du texte. par Scrutator Sapientiæ (2022-04-23 18:33:56) 
[en réponse à 944664]

Bonjour XA,

Au début de la tribune mentionnée, la volonté de légaliser et de légitimer le recours à l'euthanasie et celle de restreindre l'accueil des migrants sont quasiment renvoyées dos-à-dos, de même que les deux candidats à l'élection présidentielle.

Or, le moins que l'on puisse dire est que le bien-fondé de ce renvoi dos-à-dos est interrogeable, au moyen d'un regard éclairé par les points cardinaux de la doctrine sociale de l'Eglise, à moins que celle-ci ait fondamentalement changé...

Ainsi, certains de ces points cardinaux étant le respect du bien commun, celui de la loi naturelle, le respect de la personne humaine et celui de la vérité, et non, bien sûr, le respect de telle conception, conquérante ou dominante, de l'intérêt général, des droits de l'homme, de l'individu contemporain et du consensus sociétal, on voit mal, au moyen de ces critères d'appréciation, en quoi la volonté de restreindre l'accueil des migrants s'oppose autant à l'enseignement de l'Eglise que celle de légaliser et de légitimer l'euthanasie.

On le voit d'autant plus mal, dans un pays dans lequel il y a au moins six millions de chômeurs, et dans lequel on a de plus en plus de mal à intégrer d'une manière satisfaisante les migrants que l'on accueille.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 944703 )Vous m'avez devancé. par Paterculus (2022-04-24 00:13:33) 
[en réponse à 944673]

Rien dans l'évangile n'oblige à approuver la politique immigrationniste des derniers gouvernements français.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/bulle.gif  ( 944705 )Aucun de ces deux candidats par Ptitlu (2022-04-24 00:22:15) 
[en réponse à 944673]

Ne changera grand chose à ce qui se passe, n'arrêtera l'engrenage de la guerre et de la famine... D'abord en Afrique et au Moyen Orient (il y a la perte des approvisionnements ukrainiens, mais aussi les barrages éthiopiens et turcs qui provoquent des sécheresses en aval, sans oublier une résurgence du conflit israélo-palestinien avec en toile de fond de très fortes tensions au sujet de l'Iran).

Aucun de ces deux candidats ne prendra en France des décisions vraiment françaises.

Aucun ne se jettera à genoux devant Dieu.

Etc.

La peste ou le choléra sont les deux faces de la monnaie de l'Apocalypse.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 944694 )Qui sont ils encore ces évêques ? par Ptitlu (2022-04-23 23:36:13) 
[en réponse à 944664]

Qu'est ce qu'ils prétendent défendre ?

Qui prétendent ils représenter ?

Sont ils admissibles à donner des leçons de politique et de morale dans un pays coupé en deux et à choisir "leur" camp entre deux candidats ?

Et doivent ils le faire ?

A mon humble avis une tribune d'évêques "votez Tartampion" ou "pas une voix pour la rivière, soyons tous des castors" serait aussi mal vue et vécue qu'une tribune d'imams. En plus de donner un résultat exactement contraire à son objectif.

Elle donnerait lieu à du battage médiatique négatif (presse et réseaux sociaux) et comme nos évêques sont autant carriéristes que peu courageux, personne n'aurait à y gagner.
images/icones/1d.gif  ( 944715 )Ce sont des évêques qui s'opposent frontalement au Saint Père par Amora (2022-04-24 13:47:23) 
[en réponse à 944694]

Le Saint Père veut plus de femmes dans l'Eglise, eux ne veulent pas d'une chanoinesse du Latran.
Il faudrait peut-être, le leur faire remarquer.

Bonne Journée
images/icones/bravo.gif  ( 944716 )la position de Mgr Aillet par jejomau (2022-04-24 14:35:50) 
[en réponse à 944664]

On ne peut, comme catholique, voter pour Macron

Editorial de Monseigneur Aillet, évêque de Bayonne, paru dans "Chrétiens Magazine" :

« L’Église ne saurait rester neutre par rapport aux bilans et aux programmes de ceux qui se présentent aux suffrages de leurs concitoyens. Aucune naïveté ne peut être de mise : on ne juge pas sur des discours mais sur des actes. Il sera donc nécessaire en particulier d’interroger le bilan du dernier quinquennat et d’en faire un repère pour évaluer les programmes et apprécier la capacité des candidats à promouvoir la dignité de la personne humaine, voire à en atténuer les atteintes déjà inscrites dans la loi et les mentalités. Un tel bilan ne saurait être exhaustif et laissera sans doute de côté des points positifs reconnus par tous, mais se situera volontairement du point de vue des principes non négociables.
Comment le respect inconditionnel de la vie humaine a-t-il été défendu ? Qu’on pense aux lois de bioéthique, avec la PMA sans père, la fabrication d’embryons chimériques, la désorganisation institutionnalisée de la filiation ; à l’allongement du délai de l’accès à l’avortement, sans préconiser aucune mesure pour aider les femmes enceintes en difficulté à garder leur enfant, ou à la volonté d’inscrire dans la charte de l’union européenne un « droit fondamental à l’avortement », considéré comme prioritaire par la Présidence française de l’Europe, ou bien encore à la revendication de la GPA ou de l’euthanasie. Comment l’idéologie du Gender et la propagande LGBT s’invitent de manière croissante dans les programmes de l’Éducation nationale, en organisant la déconstruction de l’homme créé à l’image de Dieu, « homme et femme ».
Sans oublier bien d’autres aspects … un catholique ne saurait faire abstraction de ces questions sociétales dans son discernement et dans son choix.
images/icones/neutre.gif  ( 944717 )On vote souvent pour celui ou celle qui freine la chute par Germanicus (2022-04-24 16:12:18) 
[en réponse à 944716]

On va dans un gouffre accompagnés de nos chers voisins européens,sauf les Anglais qui dégringolent en solo...
Oui Mgr Aillet a le courage de désigner un candidat comme incompatible avec nos valeurs chrétiennes.

Aux Etats Unis certains évêques ont dénoncé l imposture de Biden qui n a de catholique que le nom sur un papier de baptême.