Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=944550
images/icones/carnet.gif  ( 944550 )Que signifie la "Pleine communion"? par Info Renaissance Catholique (2022-04-22 10:29:20) 

Chers amis,

je vous livre la dernière lettre de Jean Pière Maugendre avec pour thème "la pleine communion"
Également en bas de ce post je me permettrai de mettre le lien donnant accès aux vidéos du Père Thomas S.J sur les sacrements :

On n’a jamais autant parlé, en particulier dans l’Eglise, de communion, voire de « pleine communion ». Il s’agit, généralement, de fustiger, déplorer, condamner, etc. les catholiques, dits traditionalistes, qui en raison de leurs réticences vis à vis des réformes conciliaires, au sens large, se trouvent, par le fait même, en délicatesse avec les autorités hiérarchiques de l’Eglise. Mais qu’est-ce qu’être en communion avec l’Eglise ?

Qu’est-ce que la pleine communion ?


Pie XII enseignait dans l’encyclique Mystici corporis du 29 juin 1943 : « Seuls sont réellement à compter comme membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, qui d’autre part ne se sont pas, pour leur malheur, séparés de l’ensemble du Corps, ou n’en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l’autorité légitime ». Et nous lisons dans la constitution dogmatique sur l’Église du Concile Vatican II, Lumen gentium : « Ceux-là sont pleinement incorporés à cette société qu’est l’Église qui, ayant l’esprit du Christ, acceptent intégralement sa structure et tous les moyens de salut qui ont été institués en elle, et, en son organisme visible, sont unis avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques unis par les liens de la profession de foi, des sacrements, du gouvernement ecclésiastique et de la communion ».

La pleine communion se concrétise donc dans la profession commune de la foi, l’usage des moyens de sanctification que sont les sacrements et la soumission à l’autorité hiérarchique légitime. Tout serait d’une simplicité biblique si malheureusement, en particulier depuis quelques décennies, ne s’était établi, parfois, un hiatus entre la proclamation de la foi et la soumission aux autorités ecclésiastiques. Ainsi pendant plusieurs années « Le nouveau missel des dimanches », diffusé par la Conférence des évêques de France et dont l’usage avait été décrété obligatoire, a enseigné que, à la messe « il s’agit de faire mémoire de l’unique sacrifice déjà accompli » (p 332). Définition parfaitement protestante et donc hétérodoxe de la messe. De même pendant des années les fidèles et les prêtres, en « pleine communion » avec leurs évêques, ont demandé à Dieu de ne pas les soumettre à la tentation puis ont proclamé que le Père et le Fils étaient de « même nature », comme deux vulgaires poireaux selon l’expression du cardinal Daniélou. Tout cela à l’encontre de la foi et de la Tradition de l’Église.


Résister à ces enseignement hétérodoxes, soutenus par la hiérarchie, était-ce rompre la « pleine communion » avec l’Église ? Sans doute pas. A cet égard il est pour le moins étrange que la question de la « pleine communion » avec l’Église, des évêques, des prêtres et des laïcs qui nient l’existence du péché originel, l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge ou le caractère sacrificiel et propitiatoire de la messe ne soit jamais posée. Il est également curieux que le signe de « pleine communion » imposé aux prêtres par les tenants de « l’Église conciliaire », selon l’expression du cardinal Benelli, soit la concélébration. Ne s’agit-il pas, en fait, d’un primat de l’apparence sur la réalité, d’une volonté de « faire Église » au détriment de la diversité, effective, des croyances. Apparence d’unité et non unité réelle. Une discussion récente avec un religieux, déjà âgé, OMI (Oblat de Marie Immaculée) m’a fait constater, que ce prêtre considérait que la question de l’ordination d’hommes mariés étant désormais acquise, le prochain combat à mener serait celui de l’ordination des femmes. A ma connaissance personne n’a jamais remis en cause la « pleine communion » avec l’Église de ce brave homme dont il ne fait aucun doute qu’il concélèbre à tout va avec ses confrères, son évêque, etc.

Il faut parfois choisir.

Malheureusement, la dureté des temps oblige, parfois, à choisir entre la préservation de la foi et la soumission aux autorités hiérarchiques. Refuser les actuelles « orientations pastorales » en matière de catéchèse apparaît, ainsi, à de plus en plus de laïcs et de prêtres comme une nécessité vitale pour transmettre la foi. De même est-ce nuire à la pleine communion que d’affirmer publiquement que les appels à voter Emmanuel Macron du « citoyen » Ravel, archevêque de Strasbourg, sont un scandale objectif qui le disqualifient définitivement comme « gardien de la foi » ou même « garant de l’unité » ? Car il n’est de véritable unité que par la communion dans la vérité.

Qu’il soit aussi permis à un laïc, s’inspirant de la lettre de Catherine II à Diderot : « Vous oubliez, Monsieur Diderot, dans tous vos plans de réforme, la différence de nos deux positions : vous, vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout […] tandis que moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est bien autrement irritable et chatouilleuse. » de l’actualiser ainsi : « Vous oubliez, Monseigneur, dans tous vos plans de réforme, la différence de nos deux positions : vous, vous ne travaillez que sur des principes avec des personnes que vous quitterez demain puisque la mode est aux changements de diocèses pour les évêques (…) tandis que nous, pauvres parents, nous travaillons pour nos enfants, envers qui nous avons la responsabilité, devant Dieu, et à jamais, de transmettre la foi ».

Enfin, le leitmotiv lancinant de la « pleine communion » n’est souvent qu’une « arme par destination » afin de disqualifier ceux qui, fermes dans la foi, s’en tiennent, dans la tempête actuelle, à ce qui a toujours et partout été cru et pratiqué dans l’Église, au-delà des récentes initiatives pédagogiques et pastorales, plus ou moins heureuses, dont le moins que l’on puisse en dire est que le résultat probant ne saute pas aux yeux.

Jean-Pierre Maugendre

Source



les videos promises








I R C
images/icones/ancre2.gif  ( 944573 )A propos du citoyen Ravel par Paterculus (2022-04-22 14:51:02) 
[en réponse à 944550]

Je ne veux pas (ici) prendre position pour ou contre un candidat en particulier.
Je crois surtout utile de rappeler le N° 44 du Directoire sur le ministère et la vie des prêtres de 2013.


CONGRÉGATION POUR LE CLERGÉ

DIRECTOIRE POUR LE MINISTÈRE ET LA VIE DES PRÊTRES

Engagement politique et social

44. Le prêtre, serviteur de l’Église qui par son universalité et sa catholicité ne peut se lier à aucune contingence historique, se tiendra au-dessus de tout parti politique. Il ne peut pas prendre une part active dans des partis politiques ou dans la direction d’associations syndicales, sauf si, d’après le jugement de l’autorité ecclésiastique compétente, la défense des droits de l’Église et la promotion du bien commun le requièrent. [180] En effet, ces fonctions, tout en étant bonnes en elles-mêmes sont cependant étrangères à l’état clérical, puisqu’elles peuvent constituer un grave danger de rupture de la communion ecclésiale. [181]

Comme Jésus (cf. Jn 6, 15ss.), le prêtre « doit renoncer à toute forme active d’engagement politique, spécialement quand celle-ci est partisane, comme cela survient presque inévitablement, pour demeurer l’homme de tous en vue de la fraternité spirituelle ». [182] Aussi, chaque fidèle doit toujours pouvoir accéder au prêtre sans se sentir exclu pour quelque raison que ce soit.

Le prêtre se souviendra « qu’il n’appartient pas aux Pasteurs de l’Église d’intervenir directement dans la construction politique et dans l’organisation de la vie sociale. Cette tâche fait partie de la vocation des fidèles laïcs, agissant de leur propre initiative avec leurs concitoyens ». [183] Toutefois, il ne manquera pas, en suivant les indications du Magistère, de s’appliquer « à l’effort de former correctement leur conscience ». [184] Le prêtre exerce donc une responsabilité particulière pour expliquer, promouvoir et, si besoin en était, pour défendre – toujours en suivant les orientations du droit et du Magistère de l’Église – les vérités religieuses et morales, également face à l’opinion publique et même, s’il possède la préparation spécifique nécessaire, dans les moyens de communication de masse. Dans une culture toujours plus sécularisée où la religion est souvent négligée ou considérée comme insignifiante, ou même, sans pas droit de cité dans le débat social et tout au plus reléguée à l’intimité des consciences, le prêtre est appelé à soutenir le sens public et communautaire de la foi chrétienne, en la transmettant de manière claire et convaincante en toute occasion, « à temps et à contretemps » (2Tim 4,2) et en tenant compte du patrimoine d’enseignements de la Doctrine sociale de l’Église. Le Compendium de la doctrine sociale de l’Église constitue un instrument efficace qui l’aidera à présenter cet enseignement social et à en montrer toute la richesse dans le contexte culturel contemporain.

La réduction de la mission sacerdotale à des charges temporelles, purement sociales ou politiques ou de toute façon étrangères à son identité, n’est pas une conquête mais une perte très grave pour la fécondité évangélique de l’Église tout entière.

[180] Cf. C.I.C. can. 287 §2 ; Congrégation pour le Clergé, Décr. Quidame Episcopi (8 mars 1982), AAS 74 (1982), 642-645.

[181] Cf. Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, Guide pastoral pour les prêtres diocésains des Églises dépendant de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, 9 : l.c., 1604-1607; Congrégation pour le Clergé, Décr. Quidame Episcopi (8 mars 1982), AAS 74 (1982), 642-645.

[182] Jean-Paul II, Audience générale (21 juillet 1993), 3 : Enseignements XVI/2, 109-110; Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Constitution past. Gaudium et spes, 43 ; Synode des Évêques, Document sur le sacerdoce ministériel Ultimis temporibus (30 novembre 1971), II, I, 2 : l.c., 912-93 ; C.I.C. can. 285 §3 ; 287 §1.

[183] Catéchisme de l’Église Catholique, 2442 ; C.I.C. can. 227.

[184] Synode des Évêques, Document sur le sacerdoce ministériel Ultimis temporibus (30 novembre 1971), II, I, 2 : l.c., 913.




Votre dévoué Paterculus
images/icones/heho.gif  ( 944592 )et fonctionnaire !... par vistemboir2 (2022-04-22 16:22:26) 
[en réponse à 944573]

Rappelons que les ministres du culte en Alsace-Moselle sont rémunérés par l'État. À ce titre, Mgr Ravel perçoit un traitement mensuel de 4171 €.*
Notons que Mgr Ravel ne respecte pas le devoir de réserve qui s'impose aux fonctionnaires, notamment lors des élections ...
Mgr Ravel se place donc au-dessus des lois : celle de l'Église comme celle de l'État...
Sans doute n'a-t-il pas appris l'obéissance dans ses anciennes fonctions d'évêque aux armées...

(*Source : https://www.rue89strasbourg.com)
images/icones/neutre.gif  ( 944597 )Un évêque concordataire par Roger (2022-04-22 17:01:32) 
[en réponse à 944592]

Tout est dit !

Qui regrette la loi de 1905 ici ?
images/icones/carnet.gif  ( 944618 )Pour écrire à votre évêque par Paterculus (2022-04-22 21:23:37) 
[en réponse à 944573]

Je crois qu'on ne peut pas laisser passer cela sans réagir. Les jeunes de mon âge se souviennent de l'engagement politique d'une grand partie du clergé d'il y a une cinquantaine d'années, qui nous a conduits où nous sommes. Ces choses ne doivent pas se reproduire.
C'est pourquoi je mets à votre disposition des éléments pour une lettre à votre évêque.

VdP
___________________________________________________________________

ÉLÉMENTS POUR UNE LETTRE A VOTRE EVÊQUE

Monseigneur,

Je suis très défavorablement impressionné par la déclaration de Monseigneur Ravel, qui a indiqué pour qui il votera dimanche à l’élection présidentielle.

C’est un manquement grave à la loi de l’Église, parfaitement rappelée et expliquée au paragraphe 44 du Directoire sur le ministère et la vie des prêtres.

Je demande donc que Monseigneur Ravel soit lourdement sanctionné.

S’il ne l’était pas, alors on devrait considérer que ces dispositions canoniques de l’Église ne s’appliquent plus dans l’Église en France. Dès lors chaque prêtre pourra, à l’avenir, dire haut et fort pour quel candidat il va voter. Cela ne peut que diviser. Et ce serait un comble puisque cet archevêque prétend voter pour un candidat davantage capable de « fédérer ».

Je vous prie d’agréer, Monseigneur, l’expression de tous mes sentiments filiaux.
images/icones/info2.gif  ( 944622 )Un général répond à Mgr Ravel par Ptitlu (2022-04-22 22:05:47) 
[en réponse à 944618]

Sur l'incorrect

Les autres évêques n'en pensent peut être pas moins mais s'abstiennent de cracher sur près de la moitié de la population, c'est déjà un effort méritoire.

Et quelle est la proportion de français qui pratiquent ? 2 à 5% peut être ?

Les évêques n'ont pas encore compris qu'ils ne sont plus personne.
images/icones/neutre.gif  ( 944628 )Vous pouvez appeler le secrétariat de l'évêché par Donapaleu (2022-04-22 23:12:52) 
[en réponse à 944622]

au 03 88 21 24 24. Une dame très aimable prendra votre appel et vous proposera de le faire remonter. Mon épouse l'a fait cet après midi. Je ne sais si c'est utile mais ça prend peu de temps.
images/icones/fleche2.gif  ( 945068 )En pleine communion dans la foi, avec le Compendium de 2005 par Scrutator Sapientiæ (2022-05-01 08:14:25) 
[en réponse à 944550]

Bonjour,

Faisons-nous mêmes le test suivant.

Lisons le Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique que nous devons à Benoît XVI, et qui date de 2005, pour bien voir si nous sommes bel et bien en communion dans la foi, dans la foi catholique.

Ce qui précède ne constitue qu'une suggestion, parmi d'autres possible.

Et si cela ne tenait qu'à moi, j'élargirais la suggestion, en insérant le Compendium entre le document Dominus Iesus (2000) et le document Verbum domini (2010), du même (futur) pape Benoît XVI.

Bon dimanche.

Scrutator.