
( 944130 )
Quid des extravagances néo-modernistes et philo-postmodernes ? par Scrutator Sapientiæ (2022-04-09 11:07:30)
[en réponse à 944113]
Bonjour AEnigma,
Le problème est qu'aujourd'hui nous ne sommes plus avant tout en présence d'hérésies, au sens strict de ce terme, mais avant tout en présence d'extravagances, dans au moins quatre domaines de la théologie :
- l'anthropologie,
- l'ecclésiologie,
- la pneumatologie,
- la politologie.
Ainsi, une anthropologie officiellement catholique, mais qui est plus pour que contre telle conception philosophique actuellement dominante de l'émancipation de l'homme, risque de sombrer dans l'extravagance bien plus que dans une hérésie qui contesterait partiellement ou rejetterait totalement tel dogme.
De même, une ecclésiologie officiellement catholique, mais qui est plus pour que contre telle conception théologique actuellement dominante du peuple de Dieu, risque de tomber dans l'extravagance, bien plus que dans une hérésie contestataire ou disqualifiante face à un dogme.
Autre exemple : de même que personne ne peut dire que Jean-Paul était formellement hérétique, de même personne ne peut nier qu'il arrive que le dialogue interreligieux post-wojtylien débouche sur des extravagances, ou donne lieu à des extravagances, au demeurant plus souvent pastorales que doctrinales.
Les extravagances dont il est question ici sont des extravagances notamment par rapport aux composantes scolastiques et tridentines de la Tradition, telles qu'elles ont été reçues, prises en compte, mises en oeuvre et transmises pendant au moins quatre cents ans, et il est à noter que ces extravagances fonctionnent presque toujours à l'oblitération, par contournement ou par dépassement, de ces deux composantes de la Tradition.
Il est vrai que les mêmes extravagances fonctionnent aussi à la désorientation et à la déstructuration, comme on le voit encore plus depuis le printemps 2013 que depuis l'automne 1962...
Bonne journée.
Scrutator.

( 944137 )
Quid de l'omission du péché originel et des fins dernières ? par Scrutator Sapientiæ (2022-04-09 12:36:34)
[en réponse à 944113]
Rebonjour,
Pendant des siècles, les hérésies ont été avant tout des hérésies par expression, au moyen de l'expression d'amputations, de contestations, de déformations ou de divergences sur les dogmes de la Foi, ou sur les sacrements de l'Eglise, etc.
Mais de nos jours, il existe fréquemment des hérésies par omission, au moyen d'omissions directes ou indirectes et partielles ou totales, notamment sur le péché originel et sur ses conséquences, sur le caractère nécessaire de la confession de la foi et de la confession des péchés, sur le caractère nécessaire de la conversion, sur le jugement dernier et sur les fins dernières.
Il serait bon que des théologiens catholiques précisent ou rappellent que les hérésies par omission dont de très nombreux clercs catholiques sont responsables, sur chacune de ces questions, ne sont pas dépourvues de conséquences, non seulement sous l'angle de la fidélité doctrinale, mais aussi sous celui de la fécondité spirituelle des communautés chrétiennes, dans le domaine des vocations religieuses et sacerdotales.
En d'autres termes, la réduction ou la soumission du christianisme catholique contemporain à une espèce de moraline sentimentale est ou serait mortifère, ou encore, pour le dire autrement, suicidaire.
Ce qui figure ci-dessus est rédigé pour le cas ce serait en rapport avec une partie de la situation actuelle...
Bonne journée.
Scrutator.

( 944681 )
Du naturalisme pratique voire du modernisme, en somme ? par Marquandier (2022-04-23 20:52:59)
[en réponse à 944137]
Les
Opuscules doctrinaux (Troyes, 1912) du T.R.P. Emmanuel (1826-1903), du Mesnil Saint-Loup, sont assez éclairants sur les erreurs ou atténuations qui étaient déjà présentes au début du siècle dernier ou à la fin du siècle avant-dernier jusque dans des publications ecclésiastiques, sur le péché originel et ses conséquences, la gratuité ou l’efficacité de la grâce… Et dans la pratique, sur le sentiment religieux qui remplace la foi.
Le naturalisme est à mon avis plus que jamais l’hérésie du temps présent…