En ce temps tragique, nous exprimons un amour particulier et notre soutien aux militaires qui montent la garde, protègent et défendent notre terre et notre peuple. Que Dieu les bénisse et les gardent ! Défendant la souveraineté et l’intégrité de l’Ukraine, nous nous adressons au Président de la Russie et nous lui demandons de cesser immédiatement la guerre fratricide. Les peuples ukrainien et russe sont sortis des fonts baptismaux du Dniepr et la guerre entre ces peuples est la répétition du péché de Caïn, qui par jalousie tua son frère. Une telle guerre ne trouve sa justification ni devant Dieu, ni devant les hommes. J’exhorte tous au bon sens, qui nous enseigne à régler nos problèmes terrestres dans un dialogue mutuel et une compréhension mutuelle, et j’espère sincèrement que Dieu nous pardonnera nos péchés et que la paix divine règnera sur notre terre et dans le monde entier !
Nous, prêtres et diacres de l'Église orthodoxe russe, chacun en son nom, lançons un appel à tous ceux dont dépend la guerre fratricide en Ukraine pour une réconciliation et un cessez-le-feu immédiat.
Nous envoyons cet appel après le dimanche du Jugement dernier et à la veille du dimanche du Pardon.
Le jugement dernier attend tout le monde. Aucune autorité terrestre, aucun médecin, aucun garde ne nous protégera de ce jugement. Soucieux du salut de chaque personne qui se considère comme un enfant de l'Église orthodoxe russe, nous ne souhaitons pas qu'elle arrive à ce jugement en portant le lourd fardeau des malédictions maternelles. Nous rappelons que le sang du Christ, versé par le Sauveur pour la vie du monde, sera reçu dans le sacrement de la communion par ceux qui donnent des ordres meurtriers, non pas pour la vie, mais pour les tourments éternels.
Nous déplorons l'épreuve à laquelle nos frères et sœurs d'Ukraine ont été soumis de manière imméritée.
Nous rappelons que la vie de chaque personne est un don inestimable et unique de Dieu, et nous souhaitons donc que tous les soldats, tant russes qu'ukrainiens, rentrent sains et saufs dans leurs foyers et leurs familles. (…)
Nous pensons amèrement au gouffre que nos enfants et petits-enfants en Russie et en Ukraine devront franchir pour recommencer à être amis, à se respecter et à s'aimer.