Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=942787
images/icones/vatican.gif  ( 942787 )Un mémorandum sur le prochain conclave circule parmi les cardinaux par Savonarole (2022-03-16 12:38:00) 

(s.m.) Depuis le début du Carême, les cardinaux qui éliront le prochain pape se transmettent ce mémorandum. Son auteur, qui utilise le pseudonyme de Demos, « le peuple » en grec, est inconnu, mais il montre une grande maîtrise de son sujet. Il n’est pas exclu qu’il soit lui-même cardinal.

Lien



Le Vatican aujourd’hui
Les commentateurs, toutes écoles confondues, à l’exception notable du P. Spadaro SJ, s’accordent pour dire que ce pontificat est désastreux à plusieurs points de vue ; une véritable catastrophe.

1. Le successeur de Saint-Pierre est le roc sur lequel l’Église est bâtie une source et un fondement d’unité dans le monde. Historiquement (selon St. Irénée), le Pape et l’Église de Rome jouent un rôle unique dans la préservation la tradition apostolique, la règle de la foi, et pour s’assurer que les Églises continuent à enseigner ce que le Christ et les apôtres ont eux-mêmes enseigné. Auparavant, on disait : « Roma locuta. Causa finita est. » Aujourd’hui, on dit : « Roma loquitur. Confusio augetur. »

(A) Le synode allemand parle d’homosexualité, de femmes prêtres, de la communion aux divorcés. La papauté se tait.

(B) le cardinal Hollerich rejette l’enseignement chrétien sur la sexualité. La papauté se tait. C’est d’autant plus significatif que ce Cardinal est explicitement hérétique ; il n’utilise pas de codes ni d’allusions. Si ce Cardinal devait poursuivre sans correction de la part de Rome, cela constituerait une rupture supplémentaire et encore plus profonde avec la discipline, avec peu de précédents – voire aucun – dans l’histoire. La Congrégation pour la discipline de la Foi doit agir et parler.

(C) Ce silence est d’autant plus pesant qu’il contraste avec la persécution active des traditionnalistes et des ordres contemplatifs.

2. La dimension christocentrique de l’enseignement est affaiblie, le Christ est écarté du centre. Parfois, Rome elle-même semble confuse sur l’importance d’un monothéisme strict et se réfère parfois à un certain concept de divinité plus large, qui n’est pas tout à fait du panthéisme mais qui ressemble à une variante du panthéisme hindou.

(A) Pachamama est idolâtre ; même si ce n’était sans doute pas l’intention initiale.

(B) Les religieuses contemplatives sont persécutées et des tentatives sont en cours pour changer les enseignements des charismatiques.

(C) L’héritage christocentrique de saint Jean-Paul II sur la foi et la morale fait l’objet d’attaques systématiques. Une grande partie des professeurs de l’Institut romain pour la Famille ont été licenciés ; la plupart des étudiants sont partis. L’Académie pour la Vie a été gravement sinistrée, certains de ses membres ont par exemple fait récemment l’apologie du suicide assisté. Certains membres des académies pontificales et certains de leurs orateurs soutiennent l’avortement.

3. Le manque de respect pour la loi au Vatican risque bien de se transformer en un scandale international. Ces problèmes se sont cristallisés au travers du procès en cours des dix personnes accusées de malversations financières, mais le problème est plus ancien et plus large.

(A) Le pape a changé la loi à quatre reprises au cours du procès pour aider l’accusation.

(B) Le cardinal Becciu n’a pas été traité de manière juste étant donné qu’il a été démis de ses fonctions et dépouillé de sa dignité de cardinal sans aucune forme de procès. Il n’a pas eu droit à un procès équitable. Or chacun a droit à un procès équitable.

(C) Étant donné que le Pape est à la tête de l’État du Vatican et qu’il est la source de toute autorité légale, il a usé de ses pouvoirs pour interférer dans des procédures légales.

(D) Le Pape gouverne parfois, et même souvent, par décrets pontificats (motu proprio) qui privent les personnes concernées de toute possibilité de faire appel.

(E) De nombreux membres du personnel, surtout des prêtres, ont été chassés de manière expéditive de la Curie vaticane, souvent sans raison valable.

(F) Les écoutes téléphoniques sont monnaie courante. Je ne sais pas précisément à quelle fréquence elles sont autorisées.

(G) Dans le procès anglais contre Torzi, le juge a durement critiqué le procureur du Vatican. Ils sont soit incompétents et/ou agissent sous influence et sont empêchés de fournir le cadre complet.

(H) La descente de la gendarmerie vaticane, aux ordres de M. Giani, en 2017, dans les bureaux de l’auditeur financier Libero Milone en territoire italien était probablement illégale et certainement intimidante et violente. Il est possible que des preuves contre Milone aient été fabriquées.

4. (A) La situation financière du Vatican est grave. Les dix dernières années au moins ont quasi toutes été en déficit. Avant le Covid, ce déficit tournait autour des 20 millions d’euros par an. Ces trois dernières années, il s’est élevé à 30-35 millions par an. Les problèmes datent d’avant le Pape François et le Pape Benoît.

(B) Le Vatican fait face à un important déficit de son fonds de pension. Vers 2014, les experts du COSEA estimaient que ce déficit s’élèverait à 800 millions d’euros en 2030. C’était avant le Covid.

(C) On estime que le Vatican a perdu 217 millions d’euros dans l’affaire de l’immeuble londonien de Sloane Avenue. Dans les années 1980, le Vatican a été contraint de débourser 203 millions à la suite du scandale de la Banque Ambrosienne. L’inefficacité et la corruption de ces 25-30 dernières années ont coûté au moins 100 millions d’euros supplémentaires au Vatican, et sans doute beaucoup plus, peut-être 150-200 millions.

(D) Malgré la décision récente du Saint-Père, les processus d’investissement n’ont toujours pas été centralisés (comme le COSEA l’avait recommandé en 2014 et comme le Secrétariat pour l’Économie avant tenté de le faire en 2015-16) et on continue à ignorer les avis des experts. Pendant des décennies, le Vatican a fait affaire avec des financiers de piètre réputation tenus à l’écart par toutes les banques respectables d’Italie.

(E) Le rendement des 5261 propriétés du Vatican reste scandaleusement bas. En 2019, avant le Covid, le revenu moyen était d’environ 4.500 $ par an. En 2020, il était tombé à 2.900 $ par propriété.

(F) L’attitude changeante du Pape François dans les réformes financières, qui ont fait des progrès incomplets mais substantiels dans la lutte contre la criminalité financière, mais qui peinent toujours à redresser les comptes sauf à l’IOR), reste un mystère et une énigme.

Dans un premier temps, le Saint-Père a vigoureusement encouragé les réformes. Ensuite, il a empêché la centralisation des investissements, il s’est opposé aux réformes et à la plupart des tentatives de débusquer la corruption, il a soutenu celui qui était à l’époque l’archevêque Becciu, qui était alors au centre de tout l’establishment financier du Vatican. Mais ensuite, en 2020, le Pape s’est retourné contre Becciu et ce sont en définitive pas moins de 10 personnes qui ont été inculpées et poursuivies. Par le passé, les rapports d’infraction de l’AIF ne donnaient que rarement lieu à des poursuites pénales.

Les auditeurs externes de PWC et de Cooper ont été renvoyés et l’auditeur général Libero Milone a été poussé à la démission sur base d’accusations mensongères en 2017. Ils s’étaient trop approchés de la corruption à la Secrétairerie d’État.

5. L’influence politique du pape François et du Vatican est négligeable. Intellectuellement, le niveau des écrits papaux est à la baisse par rapport aux standards de saint Jean-Paul II et du Pape Benoît. Les décisions et les orientations politiques se limitent souvent au « politiquement correct » mais il y a eu de graves manquements dans la défense des droits humaines au Venezuela, à Hong Kong, en Chine continentale et aujourd’hui lors de l’invasion russe.

Il n’y a eu aucun soutien public envers les fidèles catholiques de Chine qui ont régulièrement fait l’objet de persécutions à cause de leur loyauté envers la papauté depuis plus de 70 ans. Aucun soutien public du Vatican envers la communauté catholique d’Ukraine, surtout les grecs-catholiques.

Ces problèmes devraient être réexaminés par le prochain Pape. Le prestige politique du Vatican est au plus bas.

6. Sur un autre plan, moins important, la situation des traditionnalistes tridentins (catholiques) devrait être régularisée.

À un niveau encore plus anecdotique, la célébration « individuelle » et en petits groupes des messes matinales à la Basilique Saint-Pierre devrait être de nouveau autorisée. Pour le moment, cette grande basilique ressemble à un désert, le matin.

La crise du Covid a masqué la baisse importante du nombre de pèlerins qui assistent aux audiences du Pape et aux messes.

Le Saint-Père jouit d’un faible soutien parmi les séminaristes et les jeunes prêtres et une dissociation généralisée existe au sein de la Curie vaticane.

Le prochain conclave
1. Le Collège des Cardinaux a été affaibli par des nominations excentriques et n’a plus été rassemblé depuis le rejet des opinions du cardinal Kasper lors du consistoire de 2014. De nombreux cardinaux ne se connaissent pas, ce qui ajoute une dimension d’imprévisibilité supplémentaire au prochain conclave.

2. Depuis Vatican II, les autorités catholiques ont souvent sous-estimé le pouvoir hostile de la sécularisation, le monde, la chair et le diable, surtout en Occident et ont surestimé l’influence et la puissance de l’Église catholique.

Nous sommes plus faibles qu’il y a 50 ans et de nombreux facteurs sont hors de notre contrôle, à tout le moins à court terme, par exemple le déclin du nombre de croyants, la fréquentation de la messe, le déclin ou l’extinction de nombreux ordres religieux.

3. Le Pape ne doit pas forcément être le meilleur évangélisateur du monde, ni une force politique. Le successeur de Pierre, en tant que chef du collège des évêques, qui sont également les successeurs des apôtres, joue un rôle fondamental pour l’unité et la doctrine. Le nouveau pape devra comprendre que le secret de la vitalité chrétienne et catholique vient de la fidélité aux enseignements du Christ et aux pratiques catholiques. Il ne vient pas de l’adaptation au monde ni de l’argent.

4. Le premier chantier du nouveau Pape consistera à restaurer la normalité, la clarté doctrinale en matière de foi et de morale, à restaurer le respect du droit ainsi que la garantie que les premiers critères pour la nomination des évêques seront l’acceptation de la tradition apostolique. La compétence et la culture théologique représentent un atout et non un obstacle pour tous les évêques et surtout pour les archevêques.

Tels sont les fondements nécessaires pour vivre et prêcher l’Évangile.

5. Si les rassemblements synodaux devaient se poursuivre à travers le monde, ils gaspilleront beaucoup de temps et d’argent au détriment de l’évangélisation et du service plutôt que d’approfondir ces activités essentielles.

Donner une autorité doctrinale aux synodes nationaux ou continentaux constituerait un nouveau danger pour l’unité mondiale de l’Église, étant donné par exemple que l’Église allemande adopte des points de vue doctrinaux qui ne sont pas partagés par les autres Églises et qui ne sont pas compatibles avec la tradition apostolique.

Si aucune correction de ces hérésies ne vient de Rome, l’Église serait réduite à une vague fédération d’Églises locales, avec des visions différentes, probablement plus proches d’un modèle anglican ou protestant que d’un modèle orthodoxe.

L’une des premières priorités du le prochain pape sera d’éliminer et de prévenir un tel développement aussi dangereux à l’avenir, en exigeant l’unité sur l’essentiel et en ne permettant pas les différences doctrinales inacceptables. La moralité des actes homosexuels sera l’un des points critiques.

6. Étant donné que le jeune clergé et les séminaristes sont presque totalement orthodoxes, et parfois assez conservateurs, le nouveau pape devra être conscient des changements substantiels apportés au leadership de l’Église depuis 2013, peut-être surtout en Amérique du Sud et en Amérique Centrale. On assiste à un nouvel élan dans le sillage du protestantisme libéral au sein de l’Église catholique.

Il est peu probable que le schisme vienne de la gauche, qui fait généralement peu de cas des questions doctrinales. Il y a plus de chances qu’un schisme viennent de l’aile droite, ce qui est toujours possible quand les tensions liturgiques sont enflammées et ne sont pas désamorcées.

Unité sur l’essentiel. Diversité sur ce qui est secondaire. Charité en toute chose.

7. Malgré leur dangereux déclin en Occident, leur fragilité intrinsèque et leur instabilité dans de nombreux endroits, on devrait prendre au sérieux la faisabilité d’une visite apostolique au sein de l’ordre des jésuites. Ils sont confrontés à un déclin numérique catastrophique de 36.000 membres pendant le Concile à moins de 16.000 en 2017 (avec probablement 20-25% qui ont plus de 75 ans). À certains endroits, on assiste également à un déclin moral catastrophique.

L’ordre jésuite est très centralisé et très susceptibles aux réformes ou à la ruine depuis sa tête. Le charisme et l’apport des jésuites a été et reste si important dans l’Église qu’on ne devrait pas les reléguer aux livres d’histoire ou à se réduire à une communauté afro-asiatique sans rien faire.

8. Il faut se pencher sur le déclin des catholiques et l’expansion du protestantisme en Amérique du Sud. On en a à peine parlé lors du synode sur l’Amazonie.

9. Il y a clairement un vaste chantier de réformes à entreprendre au Vatican, mais ce ne devrait pas être le principal critère de sélection du prochain pape.

Le Vatican n’a pas de dettes importantes mais un déficit annuel persistant finira par le conduire à la faillite. Naturellement, des mesures seront prises pour y remédier, pour séparer le Vatican de ses complices criminels et remettre les comptes en équilibre. Le Vatican devra faire preuve de compétence et d’intégrité pour attirer des donations importantes qui aideront à résoudre ce problème.

Malgré l’amélioration des procédures financières et une plus grande transparence, les difficultés financières persistantes vont constituer un problème important, quoique bien moins important que les menaces doctrinales et spirituelles auxquelles l’Église est confrontée, surtout dans l’Ancien Monde.
images/icones/1b.gif  ( 942807 )Le Pape cassé par la CEDH ça risque de faire désordre par Ptitlu (2022-03-16 19:45:35) 
[en réponse à 942787]

Le cardinal Becciu n’a pas été traité de manière juste étant donné qu’il a été démis de ses fonctions et dépouillé de sa dignité de cardinal sans aucune forme de procès. Il n’a pas eu droit à un procès équitable. Or chacun a droit à un procès équitable.

images/icones/fleche3.gif  ( 942809 )Un réquisitoire grandement juste par Ptitlu (2022-03-16 19:57:33) 
[en réponse à 942787]

Malgré des erreurs de jugement sur des points de détail

- le schisme n'est pas à droite, il est à gauche en Allemagne notamment et plus généralement du fait du lobby LGBT aux USA, en France etc.
- difficile de soutenir les greco-catholiques au vu des persécutions anti-orthodoxes dans lesquelles certains de leurs fidèles et surtout curés se vautrent. On en est déjà à plusieurs dizaines d'églises orthodoxes spoliées en Ukraine, six incendiées, trois monastères fermés, des dizaines intimidées, deux moines enlevés, un curé arrêté sous des prétextes hautement fantaisistes etc.
- l'action du Pape François (consacrer la Russie et l'Ukraine) semble équilibrée et difficilement sujette à la critique.

Pour ce qui est des jésuites, la question peut être étendue à beaucoup d'ordres en réalité, qui ne sont plus vivants qu'en Afrique et en Asie.

Idem pour le développement du protestantisme, passé sous silence en Afrique, en Inde, en Europe de l'est etc avec des dérives prosélytes qui rendent l'action des catholiques très difficile ensuite, voire impossible.
images/icones/fleche2.gif  ( 942822 )Restaurer une normalité destituée depuis quand déjà ? par Scrutator Sapientiæ (2022-03-16 22:11:34) 
[en réponse à 942787]

Bonsoir Savonarole,

Je renvoie les liseurs au point 4. de la section du texte intitulée : "Le prochain conclave".

Quels sont donc les critères pour la nomination des évêques qui ont pris la place de l'acceptation de la tradition apostolique ?

Qui ou qu'est-ce qui a rendu possible ce remplacement de l'acceptation de la tradition apostolique par l'acceptation... de quoi d'autre, au fait, en tant que critère effectif, relatif à la nomination des évêques ?

A partir de quand ce remplacement a-t-il commencé à entrer en vigueur, et, dans l'hypothèse d'après laquelle le même remplacement aurait commencé à être mis en oeuvre avant le début du pontificat de Jean-Paul II, comment se fait-il que Jean-Paul II et Benoît XVI n'aient pas pu, pas su ou pas voulu entreprendre la restauration préconisée par l'auteur du memorandum dont il est question ici ?

Soyons sérieux : si la situation est aussi grave que le dit cet auteur, François est-il le plus ou le seul responsablé de cette situation ou, au contraire, n'est-il pas le troisième pape post-montinien qui ne peut pas, ne sait pas ou ne veut pas, avec énergie et fermeté, restaurer le passé ou revenir en arrière, pour reprendre deux expressions souvent utilisées par des catholiques modernistes ?

Il faut croire qu'il est vraiment très compliqué de faire comprendre à certains que des clercs catholiques qui ne veulent plus distinguer, clairement et fermement, entre la vérité et les erreurs, dans les domaines du croire, du célébrer et de l'agir, font perdre à l'Eglise catholique une assez grande partie de sa raison d'être, devant Dieu et devant les hommes, pour ainsi dire...

Merci beaucoup pour toute réponse et bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/iphone.jpg  ( 942827 )Qui a nommé évêque par Vincent F (2022-03-16 22:47:49) 
[en réponse à 942822]

Giovanni Battista Montini et les évêque qui ont fait appliquer l’ «esprit du concile» ?
images/icones/fleche2.gif  ( 942828 )Le recentrage a fait obstacle à la restauration. par Scrutator Sapientiæ (2022-03-16 23:05:28) 
[en réponse à 942827]

Bonsoir Vincent F,

Il est toujours possible de raisonner, de l'aval vers l'amont, parfois jusqu'à l'infini, sur les responsabilités des uns et des autres.

La conviction suivante porte sur autre chose : le recentrage, wojtylien puis ratzingerien, a fait obstacle à la restauration, et sous cet angle, de fin 1978 à début 2013, plus d'un tiers de siècle a été perdu...

Cet aspect des choses ne semble pas avoir retenu l'attention de l'auteur du mémorandum au même titre que la part de responsabilité, réelle, mais pas unique, de François, dans la poursuite de la dégradation de la situation.

Bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/iphone.jpg  ( 942835 )Une conviction qui repose sur du vent par Vincent F (2022-03-17 03:02:14) 
[en réponse à 942828]

Si le recentrage wojtylien puis ratzingerien a fait obstacle à quelque chose c’est à l’avancée du progressisme.

Vous semblez croire naïvement que c’est le Pape qui nomme les évêques, ou plutôt que c’est lui qui choisit les évêques qu’il nomme. En réalité son choix se fait sur ce qu’on a mis dans les dossiers qu’on lui soumet. Les évêques nommés par Pie XII ont fait le concile et, y compris pour ceux qui n’étaient pas progressistes, ont appliqué l’«esprit du concile». Si on compare l’état de l’église sous Pie XII et sous Saint Jean-Paul II puis Benoît XVI, on ne voit pas comment ceux-ci auraient pu faire mieux que celui-là.

C’est quand même Pie XII qui crée cardinal Angelo Roncalli malgré sa réputation progressiste. Alors là nomination des évêques par le Pape ….
images/icones/fleche2.gif  ( 942837 )Le recentrage a fait obstacle à une clarification dissensuelle. par Scrutator Sapientiæ (2022-03-17 07:36:30) 
[en réponse à 942835]

Bonjour Vincent F,

Je reconnais qu'il m'arrive de négliger les réalités que vous-même évoquez sur l'influence toute relative des papes sur la vision des choses des (futurs) évêques, et je reconnais également que cette négligence biaise parfois mes analyses et mes appréciations.

Pour autant, je demeure convaincu, peut-être à tort, que Jean-Paul II et (le futur) Benoît XVI n'ont pas voulu d'une clarification énergique sur l'échec du Concile et sur la nécessité d'y remédier par autre chose que par un recentrage plus officiel qu'effectif, non seulement en raison de leur adhésion, affective et réflexive, au Concile, mais aussi parce qu'ils ont cru, au moins jusqu'à la fin des années 1990, que les conséquences de l'échec du Concile restaient maîtrisables, et surtout parce que s'ils avaient osé une clarification énergique, celle-ci aurait pris une tournure conflictuelle ou dissensuelle, entre les conciliaires "rénovateurs" et les conciliaires "transformateurs".

Une certaine forme de "grande explication" à ciel ouvert entre ces deux tendances n'a eu lieu ni dans les années 1980, ni dans les années 1990, ni dans les années 2000, notamment à cause de ce que Denis Crouan a appelé un jour le "compromis wojtylien", Benoît XVI a renoncé, François est arrivé, et à présent nous voyons bien que l'absence de cette "grande explication", qui aurait, il est vrai, fait exploser la sacro-sainte "unité" entre ces deux tendances, a un caractère de plus en plus problématique.

Encore une fois, je me trompe peut-être en écrivant ce qui précède.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/iphone.jpg  ( 942865 )Pour moi ce qui a empêché cette grande explication par Vincent F (2022-03-17 16:29:16) 
[en réponse à 942837]

c’est que quelle que soit cette explication les évêques n’en auraient fait qu’à leur tête. Ils ont appliqué l’interprétation du concile qui les arrangeaient, auraient-ils tenu compte d’une grande explication ?

Pour moi il aurait fallu pouvoir renouveler l’épiscopal dans son ensemble mais je ne vous pas comment cela aurait pu être réalisé.
images/icones/fleche2.gif  ( 942825 )Le schisme est venu de la gauche en janvier 1989. par Scrutator Sapientiæ (2022-03-16 22:37:41) 
[en réponse à 942787]

Rebonjour,

Je fais à présent allusion au point 6. de la section intitulée "le prochain conclave".

Il est proprement effarant que "presque personne" ne comprenne que depuis trente-trois ans, cette année, nous continuons à subir les conséquences d'un "schisme" qui a commencé à se concrétiser dès le début de l'année 1989, au moment de la publication de la Déclaration de Cologne.

Or, les théologiens catholiques qui ont bien fait comprendre à tous, dès janvier 1989, que le recentrage wojtylien ne passerait pas par eux, au contraire, ont-ils été, en quoi que ce soit, menacés, recadres ou sanctionnés, entre l'année 1989 et l'année 2012 ?

Qu'est-ce qui a empêché Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger de sévir, pendant un peu plus de deux décennies complètes consécutives ?

Merci beaucoup pour toute réponse et bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/tao.gif  ( 942834 )Plus généralement le cycle commencé en 1989 par Ptitlu (2022-03-17 02:59:20) 
[en réponse à 942825]

Est en train de se refermer, la plupart des institutions occidentales "démocratiques" ne font plus rêver, ont perdu toute force ou ont été vidés de leur substance au profit de "l'empire du mensonge". Les USA à la place de l'Angsoc.

La Papauté a voulu lier le destin de l'Eglise catholique à ces institutions occidentales, pour leur survivre elle devra s'en détacher ou elle coulera avec.

L'Histoire continue de s'écrire, au rythme d'un sismographe. Séisme à Fukushima, encore, alerte sur les tranches 1 et 3 de la centrale.
A Marioupol, la ville de Marie, où sur 31.730 évacués du jour (et un bon quart de la ville libérés) seules 36 personnes veulent rejoindre ce qui reste de l'Ukraine.
A Kiev, où les tchétchènes distribuent des tonnes d'aide alimentaire aux civils abandonnés par ce qui semble encore être leur État et qui avancent, inlassablement, pour libérer la mère des villes russes.

Dites ça à n'importe quel russe en 1995. Dites leur que la Crimée est revenue, que Berdiansk est à nouveau un port militaire russe, et que sans le blé et le pétrole russe, les émeutes de famine menacent l'Europe, sans le néon et le titane russe, il n'y a plus de conquête spatiale ni de télécoms dans le monde.

Dites leur que les barbelés, la censure et la persécution sont maintenant à l'Ouest. Qu'ils ont banni de partout 10% de leur population (au moins) et que tout le monde a trouvé ça normal...comme eux mêmes entre 1933 (1938, 39, 41, 43) et 1945.

Dites leur que la Russie se trouve du bon côté de l'Histoire et que les souffrances des années 1990 et 2000, ce chemin de croix national, n'était pas pour rien.

Je ne suis pas du tout certain que cette consécration de la Russie et de l'Ukraine le soit à bon escient. Si c'est l'acte fondateur d'un nouveau cycle ou le chant du cygne du précèdent.

images/icones/fleche2.gif  ( 942838 )Ce n'est pas faux, mais ça n'à rien à voir. par Scrutator Sapientiæ (2022-03-17 07:48:55) 
[en réponse à 942834]

Bonjour Ptitlu,

Ce qui écrivez n'est pas faux, mais n'a rien à voir avec le fait que, en 1989, quelques centaines de théologiens ont pris ouvertement, publiquement, et en substance, la position suivante : nous allons continuer à ne pas obéir au Vicaire du Christ, pour pouvoir continuer à être de bons serviteurs de la transformation de l'Eglise.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 942843 )Les propos par Jean-Paul PARFU (2022-03-17 09:51:18) 
[en réponse à 942838]

de Ptilu sont tout simplement hallucinants !
images/icones/1b.gif  ( 942848 )Non, ce qui l'est par Ptitlu (2022-03-17 12:05:49) 
[en réponse à 942843]

C'est la façon dont l'Histoire s'est retournée.

A la limite.

Je ne pense pas que la consécration de la Russie et de l'Ukraine y change quoi que ce soit, en revanche il est fort probable que Marioupol soit libéré complètement d'ici là, et peut être le Donbass en grande partie.
Le front est en train de reculer devant Donetsk et Gorlovka, pas assez pour que l'artillerie de longue portée ukrainienne cesse de les pilonner, mais pour les obusiers c'est fini.

En huit ans, le Pape n'a pas eu un mot pour le Donbass (sauf erreur de ma part). Certes 95% des habitants du Donbass sont orthodoxes (le reste étant greco-catholique et un peu catholique de rite latin) mais quand on voit la sollicitude du Pape pour les musulmans ça interroge.

Néanmoins s'il vient en Russie après la fin des opérations, il pourra toujours rencontrer Kadyrov (on dit que c'est dans les tuyaux).
images/icones/1n.gif  ( 942851 )Ce qui pose problème par Jean-Paul PARFU (2022-03-17 12:38:09) 
[en réponse à 942848]

C'est votre orientation de fond. Votre univers mental est celui d'une sorte de "russo-messianisme", dont rien ne peut vous éloigner.

Nous, nous critiquons la France et le Pape. Vous, vous ne pouvez jamais critiquer ni la Russie ni l'orthodoxie et vous nous prêtez, ou vous prêtez au Pape, vos propres défauts. Comme Kirill est proche de Poutine et du FSB, vous accusez le Pape d'être un agent de la CIA.

Vous me faites penser à ces Turcs qui attaquaient, le 28 octobre dernier, des Arméniens sur l'A7 dans le Rhône, au cri de "vive Erdogan", "vive la Turquie", "Alla Akbar", "Ô les Arméniens", "à mort les Arméniens", etc ...
images/icones/pelerouin1.gif  ( 942853 )Aucun rapport par Ptitlu (2022-03-17 12:52:37) 
[en réponse à 942851]

Je ne comprends pas pourquoi vous liez systématiquement ce qui se passe en Ukraine à la religion, c'est assez compliqué comme ça.

Il y a des orthodoxes des deux côtés pour rappel, et de trois types en Ukraine, patriarcat de Moscou, celui de Kiev et l'autocephale groupusculaire église orthodoxe d'Ukraine.

Les orthodoxes, il se trouve que je suis assez au courant, et à bon niveau, je n'ai pas beaucoup d'illusions, mais ça n'a pas d'importance et ce n'est certainement pas aux catholiques de leur donner des leçons. La paille et la poutre tout ça.

Quant à votre comparaison avec les Turcs, je me permets de vous rappeler qu'il y à peine plus d'un siècle - 1907 pour nous, c'était sous l'Empire russe - l'on pouvait se retrouver sur le pré. L'offensé avait le choix des armes, "de la baïonnette au canon de 75" (le Tatoué).

Bref, vivement qu'on passe à autre chose après François, c'est le Eltsine de l'Eglise Catholique.
images/icones/4b.gif  ( 942852 )Mais enfin ! par Le Webmestre (2022-03-17 12:49:34) 
[en réponse à 942848]

Quel rapport avec le fil initial? Tout est prétexte pour revenir sur le sujet de la guerre en Ukraine, c’est lassant.
images/icones/abbe1.gif  ( 942854 )Le constat de déclin par Ptitlu (2022-03-17 13:01:21) 
[en réponse à 942852]

Des institutions "modernes" transnationales oeucumeniques occidentales auxquelles le destin de l'Eglise catholique a été lié, en 1989 ou avant (au moment du Concile je dirais).

L'Ukraine c'est seulement un moment de crise où la situation cristallise et le déclin, sinon l'effondrement devient patent. En Syrie, ces institutions soutenaient encore l'affrontement - même les objectifs réels devenaient transparents, le décalage avec les discours aussi, l'Ukraine c'est le moment d'effondrement.

C'est pour cela qu'il y aura un consensus post-ukrainien, et même très probablement un nouvel équilibre, voire un basculement sur le Pacifique, où l'Europe ne sera plus un centre mais une périphérie. A elle de ne pas devenir un champ de bataille.

Après s'il y a des cardinaux qui comprennent qu'il faut remettre l'Eglise au milieu du village, au sens littéral (et non lesdites institutions occidentales transnationales ou leurs objectifs), c'est une bonne chose.

Les crises majeures aident à la prise de conscience.

Mais je ne suis pas très optimiste.

images/icones/linux.gif  ( 942855 )Gardons un peu d'optimisme ! par M (2022-03-17 13:16:56) 
[en réponse à 942854]

La cour européenne des " droits de l'homme " annule toutes les

requêtes contre la Russie .

Alors soit, elles sont infondées, ou bien la grande prostituée

commence à se poser les bonnes questions ?






La pénurie de blé provoquée par le blocus du port d'Odessa, commence

à inquiéter fortement nos amis maghrébins .


" Si on n'a plus de couscous c'est la fin "!


Mais le grand miséricordieux veille .




M... ( sans oublier les pois chiches qui pourraient faire défaut )

images/icones/1d.gif  ( 942856 )huhu ! par Adso (2022-03-17 13:35:12) 
[en réponse à 942855]

"" sans oublier les pois chiches qui pourraient faire défaut )"

Mais non, ils ne font pas défaut...même s'il va falloir ouvrir un paquet de caboches dans lesquels ils s'agitent :)
images/icones/1b.gif  ( 942859 )C'est plutôt lié au fait par Ptitlu (2022-03-17 14:12:07) 
[en réponse à 942855]

Que la Russie est sortie du conseil de l'Europe et a dénoncé la ratification de la CEDH dans la foulée, et tout ce qui va avec. On parle déjà de rétablir la peine de mort.

Donc ces requêtes n'ont effectivement plus d'objet car la Russie est sortie du périmètre de la Cour.
images/icones/neutre.gif  ( 942857 )"Lassant" ? par Meneau (2022-03-17 13:43:36) 
[en réponse à 942852]

Sans doute une figure de style, disons une litote.

Moi, franchement, ça commence à me gaver sérieux. On a beau tailler dans les fils où chacun s'insulte allègrement sans avancer aucun argument, "ils" ne comprennent toujours pas. Ma "lassitude" est à la limite de la suspension ...

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 942862 )Faites-vous plaisir. par Le Webmestre (2022-03-17 14:57:32) 
[en réponse à 942857]

Je ne rattraperai personne, cette fois.
Mon mot était effectivement un euphémisme.
Et puis, vous avez dû voir que ce sera avec la bénédiction d’un moine.

XA
images/icones/bravo.gif  ( 942858 )Bonne feuille de route pour le prochain pape par Cristo (2022-03-17 13:44:15) 
[en réponse à 942787]

Y'a du boulot, mieux vaut qu'il soit jeune et en forme, et il faudra se fixer des priorités parmi les nombreuses "premières priorités " présentées dans ce texte