Les degrés d’autorité du magistère
Distinguer pour mieux recevoir
Est-ce que le pape est toujours infaillible quand il s’exprime ? Un texte du magistère peut-il contenir des ambiguïtés, voire des erreurs ? Un concile « pastoral » est-il non « dogmatique » ? Un catholique peut-il refuser un concile ? Dans cet article, certes plus long que les publications habituelles de Claves, mais d’une importance capitale, l’abbé Bernard Lucien se propose de répondre aux questions que soulèvent encore la réception du Concile Vatican II, 50 ans après sa clôture, en rappelant l’équilibre délicat de la doctrine catholique sur ce sujet crucial.
La doctrine catholique sur le pouvoir magistériel, si importante pour la vie de la foi, est largement méconnue. L’urgence des discussions sur Vatican II nous invite à préciser ce qui concerne les divers degrés d’autorité du magistère.
I – Présentation générale
1) Magistère et juridiction
2) Degrés du pouvoir magistériel
3) Degrés d’autorité dans l’exercice du magistère suprême
II – Discernement des degrés d’autorité dans l’exercice du magistère suprême
1) Principes généraux
2) Critères d’application
-- A : L’exercice infaillible du magistère par le Pape seul
-- B : L’exercice infaillible du magistère par le corps épiscopal uni à sa tête
3) Exemple actuel : l’autorité doctrinale de Vatican II
Ainsi, par la simple mise en œuvre de la doctrine catholique sur les degrés d’autorité du magistère, on pourrait résoudre dans la paix, la charité et la vérité les problèmes suscités par le concile Vatican II et artificiellement entretenus de nos jours par le Diable (le Diviseur) pour le plus grand malheur de l’Église et des fidèles.
(Abbé B. Lucien)
J'ai toujours eu du mal à entendre qu'il y ait des degrés d'autorité dans l'obligation faite par l'Eglise de croire : ou bien le concile ou le pape font obligation de croire ou bien non, mais entre les deux ?
En revanche, il y peut y avoir doute, comme pour les lois humaines, sur le fait de savoir si l'on se trouve en présence ou non d'une "loi" magistérielle. C'est d'ailleurs la supériorité du magistère solennel, qui ne laisse la place à aucune hésitation, sur le magistère ordinaire.
Le génie malin de Vatican II est d'avoir inventé une autre forme de magistère, le magistère authentique, de moindre autorité, qui n'oblige pas vraiment à croire, mais qu'on doit recevoir respectueusement.
Bonsoir Marco Antonio,
La question suivante se pose depuis que certains s'efforcent de faire croire que c'est avant tout à cause d'interprétations inappropriées que nous sommes passés de l'échec du Concile, consommé dès la fin des années 1960 ou le début des années 1970, à la faillite de l'après-Concile, au minimum en Europe occidentale.
La question est celle-ci : pourquoi donc faudrait-il essayer de sauver à tout prix le Concile Vatican II, la recherche de l'interprétation la plus génératrice de respect filial du Concile semblant vraiment s'apparenter à celle de la pierre philosophale ?
Puisque, manifestement, "ça n'a pas marché", en partie pour des raisons circonstancielles ou conjoncturelles et exogènes, et en partie pour des raisons intellectuelles ou magistérielles et endogènes, et puisque, tout aussi manifestement, "ça ne marche pas", pourquoi donc continuer à chercher l'interprétation qui sera la plus propice à la réception du Concile la plus porteuse de fécondité et de fidélité ?
Il y a là, à l'intérieur de cette volonté de sauver le Concile malgré lui, une attitude qui fait passer à côté d'autres débats et d'autres combats, particulièrement caractéristiques de la période actuelle.
Peut-être le Concile des Trente glorieuses n'a-t-il pas eu la chance qui a bénéficié au Concile de Trente, glorieux, mais en tout cas et à présent il est bien tard pour essayer de lui donner une seconde chance, au moyen d'une interprétation qui ne convaincra pas, entre autres, ceux qui savent à quoi s'en tenir sur l'articulation entre les événements, au Concile, et les enseignements du Concile Vatican II.
Bonne soirée.
Scrutator.