Le Forum Catholique
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( 942511 )
Le choix de la pension par XA (2022-03-11 18:34:56)
Chers liseurs,
Une question pour changer un peu de sujet sur un thème qui a pu être abordé sur le forum sans toutefois, je crois, entrer vraiment en profondeur.
Quels sont les motifs essentiels qui poussent des parents à inscrire leur enfant au sein d'une pension scolaire ? Pourquoi faire ce choix, y compris lorsque l'on a la possibilité de scolariser son enfant dans un établissement scolaire de bonne qualité près de chez soi ?
Vos avis me semblent être intéressants, que vous ayez opté (ou non) pour ce choix pour vos enfants ou bien que vous ayez vous-même été scolarisé plus jeune en pension. Dans ce deuxième cas, quels souvenirs en gardez-vous ?
Est-ce une "tradition" qui se perpétue de génération en génération ou bien un choix adapté à l'évolution personnelle de chaque enfant ?
Pour ceux qui n'ont pas fait ce choix, il ne leur est pas interdit d'intervenir également, notamment s'ils ont été confrontés à cette possibilité pour leurs enfants en renonçant finalement à cette option.
Merci pour vos contributions.
XA

( 942516 )
Souvent, un choix par défaut chez les catholiques … par Cristo (2022-03-11 21:34:13)
[en réponse à 942511]
Je crois pouvoir dire que beaucoup de parents recherchent d’abord une école catholique, et disons-le « authentiquement catholique », catholique de façon cohérente, ce qui exclut quasiment toutes les écoles sous-contrat.
J’en veux pour preuve que les gros pensionnats du secondaire en province voient de plus en plus de familles faire le choix d’une installation familiale à proximité, justement pour avoir les atouts d’une école catholique sans les inconvénients du pensionnat.
Et que parfois, les attentes n'étant pas comblées (niveau ou discipline pas à la hauteur par exemple), même si on habite tout près d'un pensionnat, on envoie les enfants en pension plus loin.
Pour nombre de familles, il est rare d’en avoir un à proximité, s’agissant d’un collège et a fortiori d’un lycée. Et un déménagement n’est pas toujours possible, du fait du travail « non délocalisable » du chef de famille.
La pension peut même être un véritable sacrifice : la distance et les coûts affectifs et financiers induits, les frais de scolarité, l’éclatement entre 2 pensionnats en fonction du sexe des enfants, un non-choix pour certains enfants inscrits là par « réflexe » parental et familial …
Elle peut toutefois correspondre à un réel choix pour diverses raisons : les avantages intrinsèques au pensionnat (apprentissage de l’autonomie, de la virilité pour les garçons, qualité de l’enseignement, esprit de corps, esprit de service, vie en collectivité, place de la religion, …), la vie dans un cadre campagnard (avec des animaux, un potager, des travaux manuels), tel enfant que « les parents ne parviennent plus à gérer », demande de l’enfant (pour de bonnes raisons : rejoindre un frère ou un ami, prolonger le louvetisme, …, et parfois de mauvaises raisons : volonté de fuite du giron familial), la reconstruction partielle d’une micro-famille (quand plusieurs frères ou sœurs sont scolarisés dans le même établissement), sorte de tradition familiale, …
Il y a différentes étapes d’entrée au pensionnat : dès le primaire (marginal), pas avant l’entrée en 6°, seulement à partir de la classe de seconde.
Et puis, il y a des raisons plus particulières à certaines familles, en plus de la religion : père travaillant à l’étranger, dans une zone dangereuse, parents vivant à l'étranger sans bons établissements secondaires sous la main, famille mono-parentale, parent dépressif chronique, enfants(s) orphelin(s), …
Elle présente divers avantages appréciables : gain de temps (pas de temps de transport), habitude d’un rythme de vie, camaraderie (souvent des amis pour la vie). côté mini-chrétienté, ...
Sur le plan spirituel, c’est riche : messe obligatoire une fois par semaine et en option chaque jour, chapelet quotidien, cours de catéchisme, apprentissage du service d’autel, chorale, etc, sans compter la présence de prêtres, frères, religieuses, laïcs engagés.
Le rythme des retours en famille est à prendre en compte pour s'en faire une idée et car il peut conditionner l'acceptabilité par l'enfant : seulement les nuits du mardi au mercredi et du jeudi au vendredi en pensionnat, retour en famille tous les week-ends, un week-end sur deux, à toutes les vacances, à Noël-Pâques-été, l’été …
Je crois que l’important est d’avoir le luxe de ne pas avoir à l’imposer à ses enfants, d’accepter qu’ils y aillent s’ils en font la demande (c’est même parfois le cas d’élèves habitant à côté du pensionnat mais qui passent à côté de tout ce qui en fait le charme car ça commence précisément quand les externes sont absents), à la limite de le proposer comme une possibilité et de les y inscrire après un test satisfaisant.
On dit que, parfois, dans l’affaire, les parents sont plus malheureux que leurs enfants …
Je mentionne à part les motivations non catholiques : militaires (corniches), éducatives et/ou sociales (Légion d’honneur), sociales (les boites à bac), artistiques (chanteurs croix de bois, académie musicale), médico-sociale (handicapés), …

( 942518 )
A 10 ans à 2000 km de mes parents par Paterculus (2022-03-11 22:16:13)
[en réponse à 942511]
Replaçons les choses dans leur contexte : la guerre et l'Algérie.
Mon père était militaire, et comme Pied-Noir il maîtrisait l'arabe : il rendait service en Algérie.
Le niveau d'instruction y était bas, et la guerre n'arrangeait rien. Les foules fuyaient le bled où le FLN prélevait "l'impôt révolutionnaire", ce qui pouvait toucher tous les garçons en âge de porter les armes. Les banlieues étaient saturées.
En CM1 en 1958-59, j'étais dans une école communale de la banlieue d'Alger où l'on n'avait cours que quatre jours par semaine, faute de locaux. Dans la classe, les trois quarts des élèves parlaient l'arabe à la maison, et dans le dernier quart certains parlaient l'espagnol ! Voyant le niveau, mes parents m'ont mis en demi-pension chez les Frères, un peu plus loin de la maison, pour le CM2. Je fus dernier sur 42 le premier mois...
Comme mon frère, de deux ans mon aîné, était en pension à La Flèche, mes parents m'ont fait passer le concours des écoles militaires pour le rejoindre. Mais comme j'avais dit que je voulais être prêtre, ils me firent passer aussi le concours du petit séminaire où j'échouais : c'était providentiel, car deux ans plus tard ce fut l'Exode et à leur arrivée dans les petits séminaires en Métropole les Pieds-Noirs furent souvent maltraités par le clergé progressiste.
Mes résultats avaient quand même suffisamment remonté pour que je réussisse au concours militaire, mais pas assez bien pour rejoindre mon frère à La Flèche : Autun étant moins demandé, j'y fus admis parmi les tout derniers.
Mes sœurs n'ont pas eu de chance : mon père ayant été muté dans l'Oranais au premier octobre, elles ont commencé les classes en retard. Puis mon père ayant été "muté" à Baden-Baden fin janvier (je vous laisse deviner...) elles ont changé de classe en cours d'année. Et comme mon père a été admis à l'Ecole de Guerre en juin, elles ont repris l'école à la rentrée suivante dans un nouvel établissement...
Donc on voit que le choix de mes parents était judicieux. Du reste j'ai toujours su que c'était pour mon bien, et je pressentais que c'était pour eux un sacrifice. Et à 10 ans c'était dur, mais je ne pensais pas que les choses auraient pu être autres. J'eus de la chance : de la parenté de l'épouse d'un cousin habitait l'abbaye de Morgeot à Chassagne-Montrachet (à 10 ans, je n'ai guère profité de la spécialité locale !), j'ai pu aller chez eux de temps à autre. Et puis mes parents m'ont payé le voyage vers Oran à Noël (en caravelle, pour ceux qui se souviennent de cet oiseau fameux), et à Pâques Baden-Baden était tout près, comparativement.
Comme j'avais un an d'avance, mes parents m'ont refait passer le concours, à nouveau pour entrer en 6ème, et cette fois je pus entrer à La Flèche où je retrouvais mon frère. J'étais moins seul, avais un an de plus, et Paris n'était pas loin.
Avec le recul, je vois que c'était vraiment pour mon bien. Ces écoles militaires sont des œuvres sociales de l'armée. Celle-ci ne peut pas rendre aux enfants de militaires ce qu'elle leur prend par les absences répétées de leurs pères, ou par les déménagements fréquents, mais elle compense en leur donnant une instruction de qualité et un cadre pour en profiter. La proportion d'agrégés était forte dans le corps professoral. J'eus ainsi en français et latin, de la 6ème à la 3ème, Monsieur Jean Puech, le propre frère de l'évêque de Carcassonne, et avec le temps j'ai compris que son humanisme était chrétien sans prosélytisme ; je lui suis reconnaissant pour l'amour du latin qu'il m'a transmis.
La discipline était parfois trop rude pour des adolescents, mais enfin c'était sans doute nécessaire. Nous n'étions pas non plus des tendres. Et notre solidarité était... solide ! J'ai été dans la même classe qu'Alain (un très bon ami !) de 1961 à 1969 (en corniche lettres, alors) : nous nous revoyons toujours avec la même joie. Cette continuité dans les relations est un atout pour la vie.
Je dois ajouter que c'est là que ma vocation a mûri. Le vicariat aux armées nous a donné de bons aumôniers, dont un qui distribuait l'Homme Nouveau dans toutes les classes préparatoires ! Il y avait dans ces écoles des troupes scoutes "interfédérales" : l'armée avait trouvé ce moyen d'éluder la question de la laïcité, chacun adhérait à la fédération qui convenait à ses choix religieux (où à ceux de ses parents) et tous appartenaient à la même troupe. Le scoutisme catholique fut pour moi déterminant, spécialement grâce au système des patrouilles où les enfants de douze ans voisinent avec des "grands" qui restent pratiquants à un âge où beaucoup ont abandonné la religion. (En fait les Scouts de France commençaient leur
mue, et j'en ai fait les frais ; heureusement pour moi, les chevaliers de Notre Dame ont pris le relai.)
Voilà, cher XA, je pensais répondre brièvement mais vous avez fait surgir souvenirs et réflexions... En résumé, ce ne fut pas faciel, mais au total très bénéfique et je ne peux que remercier mes parents d'avoir fait pour moi ce choix, qui, encore une fois, leur coûtait.
Votre dévoué Paterculus

( 942547 )
Tranche de vie très intéressante... par Cristo (2022-03-12 20:17:49)
[en réponse à 942518]
... où petite et grande histoires se croisent.

( 942524 )
Je vais essayer par Lenormand (2022-03-12 08:37:14)
[en réponse à 942511]
de répondre à vos questions dans l’ordre.
Dans le contexte actuel et depuis plus de 40 ans il est difficile de surveiller l’instruction des enfants scolarisés, à plus forte raison l’éducation que veulent leur donner les enseignants, qui elle, est normalement réservée aux parents.
Pour les mères au foyer, il est peut-être plus facile de surveiller et de contrôler l’enseignement d’un enfant, mais pour les mères qui travaillent c’est souvent une vraie galère.
Il faut dire que même dans les écoles du diocèse sous contrat, je ne parle même pas des écoles laïques, il y des dérives qui sont sans cesse plus grandes concernant toutes les matières, mais en particulier l’apprentissage de la lecture avec la méthode globale, la déformation de l’histoire et de la géographie… En plus de cela nous avons pu le constater il y a des infiltrés qui parfois ne se cachent même pas pour enseigner les dictats de l’état. Nous l’avons vécu avec nos enfants.
Dans un premier temps mes enfants ont été scolarisés dans des écoles catholiques locales en ce qui concerne le primaire. Le secondaire le fut aussi pour l’aîné.
Pour la deuxième, nous avions décidé de la mettre au lycée laïc dont nous dépendions, mais d’un naturel un peu timide, ce grand lycée lui faisait peur. Alors elle nous demanda de la changer d’établissement. C’est alors que nous avons pensé (avec son accord) à la mettre dans une école confessionnelle, mais ce serait alors la pension. Elle accepta. Il y a à une trentaine de kilomètres de notre domicile une petite pension tenue par des religieuses tradis. qui sous la houlette d’un prêtre (le père Vinçon, qui se révéla sédévacantiste) s’étaient rattachées à Mgr. Lefebvre. Elle n’y est restée que quelques semaines. L’enseignement était quasiment nul, tout juste bon à en faire des bonnes petites ménagères. De plus, une rigueur et un règlement digne du XIXè siècle, avec une propreté corporelle des élèves qui laissait à désirer… J’ai dit à ma femme : « Demain tu vas la chercher, c’est terminé, je ne veux plus qu’elle y reste. Si non c’est moi qui irait. »
Aux personnes à qui nous en avons parlé, nous dirent qu’elles étaient au courant, mais se gardèrent bien de nous prévenir !
Il nous fallait trouver une pension. Après avoir cherché nous avons trouvé une pension dans le Jura chez les dominicaines. Notre fille y est restée de la cinquième au bac en sortant toutes les semaines. Cette dernière école nous a donné entière satisfaction, notre fille y avait de nombreuses amies... Mais… mais il y a toujours le « poids » de la pension dans le fait de ne pas jouir d’une vie familiale journalière. Par la suite notre fille a fait d’excellentes études universitaires.
Notre troisième enfant, un garçon, a suivi le même cursus en primaire. Pour le secondaire nous avons pensé aussi à la pension. L’école que nous avions choisi offrait un bon enseignement, mais la vie de pension y était un peu archaïque avec de pions qui n’étaient pas à la hauteur et se permettaient des punitions d’un autre siècle (XIXè). Notre fils à fait une fugue sans conséquences heureusement. Nous avons alors décidé de l’enlever et de le remettre à l’école près de chez nous.
Entre temps ma femme fit l’école à notre fils pendant presque un an avant la prochaine rentrée scolaire.
Ce nouvel établissement secondaire catholique sous contrat se révéla très bon avec des professeurs à la hauteur et qui respectaient notre position de traditionalistes. Ce qui n’est pas toujours le cas.
Par la suite notre fils fit des études à la fac pour être maintenant ingénieur thermicien.
Tous les trois sont restés de bon catholique tradis. Et l’aîné est en religion.
La pension n’est pas une tradition dans notre famille, bien que moi-même j’ai tâté de la pension pendant quatre ans, mais mes parents étaient alors à l’étranger et ils voulaient que je fasse mes études en France.
La pension, n’est pas un état normal car il arrache les enfants à leur vie de famille, mais c’est parfois une nécessité due aux circonstances.

( 942526 )
Suite par Lenormand (2022-03-12 09:19:48)
[en réponse à 942524]
L'ecole de notre fils fugueur était à Bourg en Bresse. Elle n'existe plus et à été remplacée par l'école de Marlieux tenue par la FFSPX.

( 942525 )
[réponse] par jejomau (2022-03-12 09:18:00)
[en réponse à 942511]
Un raison simple déjà : il n'y a pas (ou plus) de lycées pleinement catholiques (hors-contrat) sinon quelques rares qui font du coup l'internat,
Les hors-contrat ont des écoles et des collèges à veux tu en voilà un peu partout... mais pas de lycées.

( 942550 )
Même près de chez soi. par Amora (2022-03-12 22:32:30)
[en réponse à 942511]
dans un établissement scolaire de bonne qualité près de chez soi ?
On peut-être pensionnaire près de chez soi aussi.
Il y a un avantage, peu souvent mis dans la balance, le temps de trajet devient un temps d'étude.

( 942554 )
Mettre par Lenormand (2022-03-13 09:30:41)
[en réponse à 942550]
un enfant en pension près de chez soi est une marque d'injustice que l'enfant ressent toute sa vie. Les enfants mis en pension dans ce cas de figure se sentent plus ou moins exclus de la vie familiale, surtout lorsqu'il y a des frères et soeurs qui restent à la maison. Maintenant il peut y avoir de bonnes raisons, par exemple les parents ne pouvant pas s'occuper des enfants à cause de la maladie.
Ce fut le cas de ma femme, car ses parents étaient commerçants et sa mère préférait être au magasin plutôt qu'à la maison alors qu'il y avait des employés et qu'elle n'était pas indispensable !!!
De plus la pension à un certain coût que toutes les famille ne peuvent pas forcément assumer. Pour mes enfants nous avons été aidés financièrement, car outre le prix de la pension il faut compter aussi le prix des trajets, du trousseau, des uniformes pour ne parler que des dépenses principales.

( 942562 )
pour nous, un choix à certains moments par Cathether (2022-03-13 12:04:53)
[en réponse à 942511]
pour des raisons liées à la situation personnelle de certains de nos enfants et pour un temps limité.
Effet positif d'ailleurs

( 942568 )
Merci aux personnes par XA (2022-03-13 17:42:51)
[en réponse à 942511]
ayant répondu à mes questions.
Je précise qu’il ne s’agit pas d’un sondage ni d’interrogations personnelles. L’idée était bien d’évoquer un sujet de préoccupation de nombreux catholiques notamment traditionnels.

( 942574 )
J'arrive en retard ..... par M (2022-03-13 20:43:50)
[en réponse à 942568]
Je n'ai jamais voulu, et en accord avec mon épouse que notre fils
parte à St Joseph des carmes .
C'était pourtant le chemin évident pour les prêtres et religieuses
du prieuré .
Ben ce fut non !
A partir de là, tout fut différent .....
J'étais devenu un " déviant" .
Faut être abruti quand même !!!!!
Méfiez vous des " obligations " !
Méfiez vous des oracles funestes .....
On a élevé notre enfant comme il le fallait .
Et maintenant,dans quelques jours, et on va pouvoir aller s'occuper de nos petits enfants !
Deo gratias .
M...

( 942582 )
Certains enfants ne se pretent pas à la pension par Germanicus (2022-03-14 09:40:41)
[en réponse à 942574]
Un de mes fils a ete ainsi.Plus tard au lycee il nous dit que finalement il pourrait y aller...Il avait muri, était moins fragile...
Certains ne peuvent pas y aller non plus car ont besoin de quelqu'un qui les fasse travailler differement ou d etre aussi plus sages...Il y a un règlement de vie en pension et certains élèves ne s y mettent pas bien.
Ajoutons que certains religieux ,ou laics, renvoient vite certains enfants!
BREF: decision à prendre enfant par enfant.
Reste le souci financier pour beaucoup et il faut arrêter de dire "qu aucun enfant n en sera empêché pour des raisons financières". Si une famille au RSA se pointe avec une tribu en gratuit..je doute que ca marche.
Compter aussi les frais annexes: livres,habits,supplements,voyage en train...

( 942601 )
Merci par Lenormand (2022-03-14 13:34:49)
[en réponse à 942582]
Vous confirmez ce que j'ai dit dans un précédent message de ce fil

( 942631 )
Ce n'était pas l'enfant par M (2022-03-14 18:08:10)
[en réponse à 942582]
qui était contre .
Ni l'aspect financier .
Mais nous en avions perdu deux ....
Alors, on l'a gardé auprès de nous .
C'est une réaction purement humaine je reconnais .
Quand le Ciel décide .
M...

( 942641 )
Il n'a pas mal tourné par Lenormand (2022-03-14 19:06:58)
[en réponse à 942631]
Alors vous avez bien fait.
L'essentiel est que les parents puissent être au plus près de leurs enfants pour surveiller leur instruction et leurs fréquentations. La pension ne les dispense pas d'une surveillance de tous les instants. Les moyens modernes de communication le permet. Cependant ils ne doivent pas entièrement se reposer sur la pension sous prétexte qu'elle est bonne, car tenue par des tradis. Il y a des dérapages partout et parfois assez sévères... mais là n'est pas la question.
L'éducation reste toujours à la charge des parents.

( 942586 )
Sur la pension par Jean-Paul PARFU (2022-03-14 10:50:09)
[en réponse à 942511]
Il y a d'abord des parents qui n'ont pas le choix lorsque l'école où ils souhaitent que leurs enfants soient éduqués est loin de chez eux.
En ce qui me concerne, ma mère me menaçait de la pension lorsque je n'étais pas sage. Et elle avait raison de brandir ce qu'elle considérait être pour moi une menace, car j'avais une trouille bleue de me retrouver en pension.
J'ai toujours eu peur des milieux collectifs : pensionnat, caserne, etc... J'ai toujours eu peur de l'embrigadement. C'est aussi la raison pour laquelle, à tort ou à raison, je n'ai jamais fait de scoutisme, par exemple. De ce point de vue, je suis un peu comme le pape émérite Benoît XVI qui explique dans ses souvenirs qu'il n'aimait pas non plus ces formes collectives de formation.

( 942590 )
Pour ma part par Meneau (2022-03-14 11:02:10)
[en réponse à 942511]
Excusez-moi, je vais être un peu long et personnel, mais j'essayerai d'en tirer quelques conclusions à la fin.
J'ai moi-même été en pension de la 6ème à la Terminale à l'école St Michel (FSSPX). Mes parents seraient plus à même d'en expliquer le choix, mais je pense que cela tient essentiellement à une saine éducation catholique, non seulement concernant le cursus scolaire, mais également concernant les valeurs inculquées en dehors des cours et dans le cadre de la vie en communauté. Et je leur suis reconnaissant aujourd'hui de m'avoir donné ce socle très stable de connaissances et surtout d'équilibre de vie catholique. Au début j'ai eu un peu de mal (je débarquais à 9 ans en milieu inconnu, sortant à peine des jupes de ma mère), mais l'attention de certains professeurs (en particulier la Soeur Georges - paix à son âme) ainsi que l'intégration dans la schola de l'abbé Laguérie m'ont beaucoup aidé.
Je n'en garde que des bons souvenirs. Passons donc à la génération suivante.
Lorsque ma femme a commencé à être très malade, elle s'est intéressé au pensionnat de la FSSPX en Allemagne pour mes deux filles. Puis le sujet est passé en arrière-plan devant des préoccupations plus terre-à-terre et plus tristes. Après le décès de mon épouse, j'ai pensé que ce n'était pas le bon moment pour déraciner mes filles déjà éprouvées psychologiquement. Elles ont donc été scolarisées à proximité de notre dominicle.
A l'occasion d'une visite chez mon frère, mon aînée a beaucoup discuté avec sa cousine (comme quoi l'exemple de la famille a aussi une part importante), elle-même en pension en France, et c'est donc de mon aînée qu'est venue l'idée, et même la demande, de se renseigner à nouveau sur le pensionnat. La cadette, victime de harcèlement (léger) dans son école laïque, était prête à suivre.
Un premier week-end sur place nous a permis de nous faire une idée. Puis une "semaine de test", avec intégration dans les cours et dans toute la vie scolaire leur a donné une bonne vue d'ensemble. Les deux premiers jours ont été difficile, car elles n'ont pas été tout de suite intégrées aux "clans" déjà formés. Mais après une semaine, elles ne voulaient plus partir.
Banco. A la rentrée suivante, elles sont donc parties toutes les deux à l'internat. (Le trousseau pour 2 filles, c'est pas donné ! Et je passe sur les coûts de scolarité)
Comme elles avaient déjà une expérience du public, elles étaient à même de juger des différences et des avantages / inconvénients. J'ai à l'époque entendu mon aînée régulièrement décréter que c'était "la meilleure décision de sa vie". Cependant, certaines difficultés subsistaient en arrière-plan, en particulier le fait que les autres élèves se connaissaient déjà depuis le début du collège, et qu'elles étaient déjà très soudées, et que l'intégration de "nouvelles" n'était pas forcément gagnée d'avance. Et puis le fait que, pour s'intégrer vraiment dans une telle école, il faut être capable de rentrer dans le moule sans devenir schizophrène.
Et puis tout a basculé lors du confinement des débuts du COVID. Je passe sur les détails dépressifs de l'une ou de l'autre, mais il devint ensuite toujours plus difficile de les convaincre d'y retourner. Et puis l'école elle-même s'est avouée incapable à gérer ces problèmes psychologiques. L'une des éducatrices, à laquelle je suis grandement reconnaissant, s'est vraiment impliquée dans la gestion du problème, mais il arrive un moment où des élèves peuvent ne plus être aptes à la vie d'un internat, quelle que soit l'implication des éducatrices et professeurs.
Depuis, nous avons décidé, mes filles et moi, de les remettre à proximité dans le public. Et mon aînée se félicite également de cette décision : elle reste convaincue que la décision d'y aller était bonne, que ça lui a donné une base solide dans la Foi catholique, mais que la décision de rechanger en quittant l'internat était aussi la bonne. J'en suis convaincu également.
Mes conclusions :
- l'intérêt d'un internat catholique hors contrat est indubitable quant à la formation et la croissance dans la Foi catholique et tout ce qui s'y rattache
- l'éloignement de la famille est à considérer sérieusement et peut être mal vécue
- ce qui fait que l'internat n'est pas fait pour tout le monde ! N'en déplaise à nos chers prêtres... En particulier du fait que l'enfant ne peut jamais s'isoler de la vie commune, se retirer et avoir son espace à soi. Après les cours, on est toujours à l'internat, réglé par la cloche. Aucun espace pour soi.
- scolariser ses enfants dans un internat catholique peut être une bonne chose à un moment donné, et ne plus l'être à un autre moment. Ne pas hésiter à reconsidérer régulièrement ce choix.
- les internats catholiques (en tout cas ceux de la Frat'. Je ne sais pas pour les autres, mais j'ai du mal à me figurer qu'il puisse en être autrement ailleurs) sont élitistes. Tant du point de vue des résultats scolaires que dans la capacité à se fondre dans le moule. C'est parfois dommage.
- l'expérience de la vie en dehors de l'internat permet d'avoir un point de comparaison. Mais en même temps, cela ne facilite pas l'intégration a posteriori.
- ce genre d'école n'est pas gratuit ! Certes, il existe un mécénat, mais mieux vaut avoir quelques ressources financières...
Cordialement
Meneau

( 942602 )
Ma fille par Lenormand (2022-03-14 14:05:48)
[en réponse à 942590]
Après un primaire en école catholique sous contrat et une année de lycée public, ma fille comme les vôtres à fait sa scolarité dans une école de la tradition, à Cressia chez les dominicaines (de la 5è au bac) qui ne sont pas de la FSSPX. L'enseignement littéraire y était excellent, la convivialité entre les élèves également. L'intégration ne présentait pas de difficultés. Tous les milieux sociaux y étaient représentés. Dans les milieux les moins argentés les familles avaient des aides extérieures et des réductions de frais de scolarité. Ce fut le cas pour nous.
Les soeurs étaient au top sous la houlette de soeur Marie-Catherine et de soeur Marie-Dominique appelée Mère-Do (prof de maths) par les élèves.
Compte tenu de la situation géographique il y avait même des filles venant de Suisse. En maternelle les garçons étaient admis.
Par la suite, Mère Marie Catherine étant tombée malade la direction à été confiée à Mère Anne-Marie Simoulin qui continua sur la même lancée.
Seul hic, l'école située dans un château du moyen-âge dominé par sa tour de guet faisait un peu austère et parfois déprimant pour qui s'y rendait la première fois.
A l'époque, rien à redire sauf peut-être une faiblesse dans l'enseignement scientifique, qui depuis a dû être corrigé

( 942635 )
"L'intégration ne présentait pas de difficultés" par Meneau (2022-03-14 18:29:58)
[en réponse à 942602]
Je me réjouis que votre fille n'ait pas eu de problèmes. Effectivement, l'intégration ne devrait pas poser de difficultés, étant donné qu'on est tous bons catholiques, n'est-ce pas ?
Mais vous me donnez l'occasion de revenir sur l'aspect élitiste de ces écoles. Tant que vous êtes "dans le moule" aussi bien du point de vue spirituel et psychologique que de celui des résultats scolaires, effectivement, ça roule.
Mais dès que par exemple les résultats scolaires détonnent, ou que l'élève a des problèmes psychologiques, alors ça devient beaucoup plus difficile. Après sa dépression, ma cadette n'était clairement plus la bienvenue. Je peux le comprendre d'une certaine manière : un élève trop en retard sur le plan scolaire peut être un frein pour les autres, de même que les problèmes psychologiques d'un élève peuvent avoir un impact non négligeable sur la vie d'un internat où tout le monde est tout le temps avec tout le monde. Mais je trouve ça dommage. Il faudrait peut-être aussi des écoles adaptées à d'autres populations d'élèves.
J'ajoute, pour nos liseuses féministes, que les filles entre elles ne sont pas toujours très tendres ... ni forcément toujours charitables ... hihi. Chez les garçons ça se réglera plutôt rapidement dans la cour de récréation, chez les filles, cela peut être beaucoup plus insidieux.
Cordialement
Meneau

( 942640 )
C'est par Lenormand (2022-03-14 18:54:08)
[en réponse à 942635]
vrai, j'en conviens, surtout que dans mon cas c'était ma femme qui faisait les trajets et qui réglait les différents et tout n'était pas forcément rose toutes les semaines. A l'époque je faisais beaucoup de déplacements professionnels...
Vous malheureusement vous étiez seul à assumer. Je vous tire mon chapeau ! Cela a dû être une période très dure.
Cordialement

( 942667 )
Internat allemand tradi sous contrat! par Germanicus (2022-03-14 21:54:42)
[en réponse à 942590]
En ayant une bourse de la région ,cela peut couvrir les 3/4. La Bavière donne 600 euros par mois et par enfant par exemple.Schöneberg est donc quasi gratuit.
Oui le niveau est assez bon.Région assez correcte pour le niveau scolaire aussi;
Oui ,tout le monde ne peut pas aller en pension pour plein de raisons: l argent,les clans,le règlement,le niveau (trop haut ou..trop bas ,y compris chez les Tradis),l 'éloignement...

( 942671 )
Sous contrat par Meneau (2022-03-15 01:01:23)
[en réponse à 942667]
C'est vrai, Schönenberg bénéficie pour une part d'un financement public (environ 1/3 des coûts). Ca ne s'accompagne cependant pas tout à fait des mêmes contreparties que celles qu'on connaît en France pour une école dite sous contrat.
Quant aux bourses, si on rentre dans les critères, elles sont à ma connaissance de plusieurs natures, mais plutôt de l'ordre de 300€ pour un résident allemand. La scolarité coûte le double dans les petites classes et le triple dans les dernières années. Au final, c'est quand même pas tout à fait gratuit.
Cordialement
Meneau