Le chant grégorien illumine l’église Saint-Bruno des Chartreux tous les dimanches
Le samedi après-midi, un groupe de jeunes Lyonnais vient répéter des chants grégoriens à l’église Saint-Bruno des Chartreux. L’objectif ? Animer les Vêpres, tous les dimanches à 17 h 30. Une initiative originale qui ouvre les églises à des amateurs éclairés qui rendent accessibles à tous des prières sacrées datant de l’ancien Testament.
« Depuis tout petit, je participe à des messes en latin. Du coup, le chant grégorien est dans mon monde. C’est une chance ». Bruno de Labriolle, prépare son pupitre, dans le chœur de l’église Saint-Bruno des Chartreux dont la façade vient d’être terminée. Un édifice baroque, lumineux et grandiose qui se prête parfaitement à ce style choral très traditionnel mais aussi contemporain. « Tout est parti de la mère d’un ami qui tient un office de pompes funèbres » explique le jeune chanteur âgé de 28 ans. « Nous chantions occasionnellement pour des enterrements et elle nous a parlé du Père Mattéo Lo Gioco, curé de l’église Saint-Bruno. Ce dernier nous a reçus et particulièrement sensibilisés par sa formation bénédictine. Il nous a proposé de venir répéter les chants grégoriens dans son église. Depuis septembre 2019, nous animons également et hebdomadairement, les vêpres le dimanche soir ».
Une proposition qui a du sens pour le jeune chef de chœur, ravi de vulgariser ces chants anciens. « On chante de la poésie sacrée, c’est environ 90 % de psaumes. Ce sont des textes anciens, en latin, la plupart de l’ancien Testament, partagé par les juifs, les protestants et les orthodoxes, dont les paroles sont très incarnées. On y retrouve également des hymnes du Ier siècle », ajoute-t-il.
Six chanteurs pour une répétition à l’unisson
L’heure du début de la répétition approche. Nadav et Vinora arrivent, suivis de Noé, Loan et Théophile. Parmi les choristes, tous âgés d’une trentaine d’années, on retrouve un Israélien et une Américaine. Ce samedi, Ils seront six à répéter les chants prévus lors de l’office du lendemain. « Ce n’est pas une musique d’expert, mais elle n’a de valeur que si l’on est tous à l’unisson, d’où l’importance des répétitions. Ces textes ont beau être religieux, c’est surtout le plaisir ce chant choral qui nous unit : tous ne sont pas chrétiens, mais c’est un chant qui nous parle. Ces répétitions, comme les vêpres sont devenues pour nous un moment amical. On vit, on travaille la semaine. Et le week-end, on a envie de chanter, pour se défouler », poursuit le Lyonnais, ravi de faire sortir ce type de chant hors des monastères.
« Proposer quelque chose de nouveau »
« À titre personnel, je suis un jeune croyant et j’ai envie que les choses bougent dans l’église. Glorious a apporté le rock , notre objectif, c’est de proposer quelque chose de nouveau, pour des amateurs catholiques mais aussi non religieux ».
Des chants grégoriens toutefois revisités et contemporains. « On emprunte à ce qui se faisait dans les premiers siècles, mais ce n’est pas de l’archéologie ! Il y a indiscutablement un côté médiéval. À nous de retrouver le geste sacré, liturgique, mais aussi intérieur, pour proposer simplement quelque chose de beau », conclut-il.
( 942552 )Ce qu'il faut répondre à B. de Labriolle par Una Voce France (2022-03-13 02:54:11)
[en réponse à 942151]
Bonjour à tous,
Je trouve Bruno de Labriolle affecté d'un défaut qui va avec son âge (je suis passé par là) : l'intempérance de la jeunesse. Pas encore mûr dans son art, il donne des leçons. Il "voudrait que ça bouge dans l'Eglise". Fichtre, quel programme ! Leçon de fond : pour faire bouger quoi que ce soit dans la Sainte Eglise, il faut deux générations. C'est comme ça. C'est ce qui permet à l'Eglise de tout mûrir dans la sagesse. Pourquoi la réforme liturgique a "planté" ? Parce que ça a été fait à l'emporte-pièce.
Et maintenant, critique objective :
- j'entends Bruno de Labriolle nous parler de la "méthode de solesmes". Là, je tombe de ma chaise ! BdL a-t-il seulement mis les pieds à Solesmes une fois dans sa vie ? Dom Saulnier m'avait dit, à moi : "La méthode de Solesmes ça n'existe pas. Nous, ici, on ne sait pas ce que c'est !". A cause de cette erreur, toute son argumentation s'effondre à 50 %.
- à 3mn44 il nous sort un extrait de vidéo avec Dom Saulnier, vidéo qui a bien 30 ans dans l'estomac, or depuis, à Solesmes, on a beaucoup évolué. Eh oui, il faut suivre un peu...
- à 7mn40 il dit que l'important n'est pas de chanter ré-mi-fa-sol mais 'Cantate Domino'. Là c'est n'importe quoi car tout bon grégorianiste sait que le mouvement mélodique et le texte sont intimement liés, et que si on change une note de la mélodie de Cantate Domino, alors Cantate Domino devient inchantable, même par lui.
- à 9mn06 il oppose Dom Pothier à Dom Mocquereau, feignant d'ignorer qu'ils ont vécu à des époque différentes. Or Solesmes progresse dans le temps, surtout à l'Atelier de Paléographie.
- à 9mn30 il oppose les connaissances de l'Atelier de Paléographie et la manière de diriger au chœur. Là aussi, BdL montre qu'il ne sais quasiment rien de la vie monastique. Dom Gajard disait de lui-même "Il y a Dom Gajard à l'Atelier de Paléographie (...) et ensuite il y a Dom Gajard au chœur". Lors du Colloque sur Dom Cardine en 2018 à Solesmes, on a pu vérifier cette affirmation : le colloque a exposé des approches rythmiques novatrices, mais à l'office les moines chantaient du Dom Gajard. Pour comprendre pourquoi, il faut s'unir spirituellement et mentalement à la communauté monastique, au lieu de faire l'électron libre.
- à 11mn07 il oppose les notations anciennes à la notation carrée parce que c'est trop différent à ses yeux. Il oublie : 1) que les rythmes étaient déjà fort différent d'un lieu à l'autre à l'époque dont il se réclame (il l'admet un peu plus loin) ; 2) ses propos ne sont que des suppositions, je cite les termes de "probablement", "je vous laisse imaginer", "je devrai plutôt avoir un torculus", "est-ce qu'on allonge ou est-ce qu'on allonge pas"... bref il n'est sûr de rien, mais dézingue à tout-va la notation carrée sans rien proposer de fiable. Et là, il manque totalement d'humilité. Au Colloque sur Dom Cardine, nous avons écouté des chercheur de différents pays nous dire que, au fond, ils se gardaient bien d'être trop affirmatifs. Eh oui, les vrais chercheurs savent qu'ils ne savent pas (!).
- à 13h50 il reproche à Solesmes de continuer à utiliser la notation carrée : encore une fois il n'a rien compris à la vie d'une communauté monastique. Pour qu'il y arrive, il faudrat qu'il y passe 3 mois, et, selon la règle de St-Benoît, en se persuadant qu'il est le plus inutile parmi les moines. Ce qui ne sera pas la moindre des difficultés pour lui.
- à 15mn35 il fait référence à Marcel Pérès dont nous savons qu'il a basculé dans le sillage d'un chantre orthodoxe grec, et à Jacques Viret qui m'a dit lui-même qu'il était organiste et n'avait aucune expérience vocale. Il n'y a pas ici de quoi faire avancer le schmilblic !
Bien que le progrés paléographique soit indispensable pour approcher une reconstitution, en faire une obsession ne permet absolument pas d'intégrer le chant grégorien dans la liturgie, qui est d'aujourd'hui quoi qu'on fasse, c'est-à-dire influencée par le tempo du monde et le rythme psycho-acoustique de notre société. Pour chanter comme au Xe s., il faudrait que nos têtes soient faites comme celles du Xe s. Pour ça, il faudrait vivre comme des Amish version médiévale. Personne ne l'a osé, parce que personne ne tiendrait le coup !
J'aime bien entendre qu'avant l'écriture il y avait le chant. Mais pour moi ça ne remonte pas à la source de la source : car avant le chant il y avait l'harmonie, dont la découverte est bien antérieure aux flûtes en gamme de Do de Néanderthal et Sapiens, qui, à -35.000 ans avant JC avaient déjà compris les intervalles consonants et dissonants, lesquels fondent les modes et pour chacun des rythmes propres (je pourrais en parler pendant des heures), y compris dans le chant grégorien.
Bruno de Labriolle est très imprudent : il a pas cherché à acquérir sa maturité en se fondant dans la tradition fondamentale de l’église qui est non seulement une voix et un même cœur dans la liturgie, mais aussi un seul corps en général. Il se veut meilleur chercheur que les autres. Cette tournure d’esprit est néfaste pour la pratique liturgique dans la mesure où elle donne de la gloire à quelques solistes qui méprisent totalement la pratique paroissiale de l’assemblée des fidèles et la rendent même totalement impossible ! Et puis que je sache, la seule gloire, dans la liturgie, c'est celle qu'on rend à Dieu seul, point barre. Les démonstrations de savoir-faire dans le cours de la liturgie, même si ça a existé à quelques époques, c'est une erreur comportementale qu'il faut combattre avec fermeté !
Je regrette, mais pour être un musicien d'église, cultiver sa différence est totalement vain. Ce qui valide le musicien d'église, c'est la capacité à marcher au tempo de l'Eglise (magistère, clergé, peuple), et non pas à vouloir être une nouvelle étoile. Jamais un vrai chantre, tenant pour modèle l'esprit monastique, ne se comporterait ainsi.
Alain Cassagnau - Una Voce
( 942557 )Appréciation subjective par Meneau (2022-03-13 11:17:34)
[en réponse à 942552]
J'ajouterai, appréciation totalement subjective de ma part mais fondée sur plus de 40 ans de pratique du grégorien, que sa façon de chanter le Cantate Domino, outre le fait qu'elle est affreusement lente, ne respecte aucunement la dynamique du texte.
tout bon grégorianiste sait que le mouvement mélodique et le texte sont intimement liés
Je dirai que le "rythme" est lui aussi intrinsèquement lié à la mélodie ET au texte. Rythme n'est pas ici à prendre au sens mathématique croche / noire etc, mais justement au sens de dynamique à insuffler au texte et à la mélodie. Le rythme ici est "cassé", pas du tout naturel.
Arsis, thesis nous disait-on au Barroux... Ca vient sans doute de Solesmes, mais ça me semble primordial pour donner vie à une pièce grégorienne.
Cordialement
Meneau
( 942558 )Je serais curieux de savoir par Meneau (2022-03-13 11:27:41)
[en réponse à 942557]
comment il interprète le Kyrie XI (orbis factor) qui justement, sans une bonne dynamique, peut être plat, insipide, voire ennuyeux.
Cordialement
Meneau
( 942575 )Pour chanter en choeur, il faut utiliser la même méthode par Philippe F. (2022-03-13 21:03:37)
[en réponse à 942552]
"Cette tournure d’esprit est néfaste pour la pratique liturgique dans la mesure où elle donne de la gloire à quelques solistes qui méprisent totalement la pratique paroissiale de l’assemblée des fidèles et la rendent même totalement impossible ! "
Oui,tout à fait d'accord !
Cette pratique élitiste qui isole quelques chanteurs et rend la majorité des autres incapables de se joindre au chœur n'est pas une pratique d'église! C'est une pratique de musicologue ou de concert, mais pas de paroisse.