Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 942385 )Éducation : des associations laïques dénoncent des dérives pédagogiques dans les écoles hors contrat par XA (2022-03-09 15:23:00) 

Lu sur le site de La Croix, cet article : "Éducation : des associations laïques dénoncent des dérives pédagogiques dans les écoles hors contrat".

Extraits.

Le Comité national d’action laïque (Cnal) publie mercredi 9 mars un rapport détaillé révélant des pratiques pédagogiques peu conformes aux règles dans des écoles privées hors contrat. L’association préconise de renforcer les pouvoirs du préfet pour fermer les établissements porteurs de valeurs contraires à celles de la République.
Matthieu Lasserre


(...)Une enquête publiée mercredi 9 mars par le Comité national d’action laïque (Cnal), qui regroupe des syndicats enseignants et des associations de parents d’élèves, met en lumière de graves dérives au sein de nombreux établissements scolaires hors contrat.

En épluchant les rapports d’inspection de 164 de ces écoles – sur quelque 1 800 existantes en France –, le Cnal dénonce des manquements dans l’enseignement, en particulier au sein des établissements religieux. (...)

L’association étrille particulièrement les établissements catholiques conservateurs, traditionalistes voire intégristes, au premier rang desquels figurent les écoles affiliées à la Fraternité Saint-Pie-X. Le Cnal y dénonce « une grande fermeture des établissements vis-à-vis de l’extérieur et le maintien des élèves dans une vision du monde réactionnaire ». Non-mixité, couverture vaccinale moindre qu’ailleurs, pédagogie par l’obéissance, absence de travaux de groupes ou manuels obsolètes caractériseraient ainsi les écoles de la Fraternité. (...) les contenus dans certaines disciplines y sont lacunaires, parfois même révisionnistes. Dans un établissement en Gironde, l’association constate que « le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs est mis sous silence, et (que) ce génocide n’est pas mentionné dans le traitement de la Seconde Guerre mondiale ».

Dans une autre école, « le support de géographie porte une vision marquée par une représentation du monde par “races” humaines (Noirs, Blancs…), qui pose un souci majeur de conception erronée scientifiquement et potentiellement raciste ou a minima racialiste ».

Plus généralement, les établissements catholiques sont pointés du doigt par l’association. Les rapports d’inspection obtenus montrent que la pratique sportive, l’enseignement de la citoyenneté ou d’autres matières sont souvent absents des programmes. Le Cnal relève aussi des discriminations entre filles et garçons ainsi que de profondes lacunes numériques.(...)

Afin de lutter contre les dérives constatées, le Cnal adresse plusieurs préconisations. « L’ouverture d’un établissement hors contrat doit passer d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation, afin que les pouvoirs publics ne soient pas placés en situation de fait accompli », demande l’association. Elle réclame de surcroît que le projet pédagogique fasse partie intégrante de toute demande d’ouverture d’école privée. « Le préfet doit pouvoir prononcer la fermeture d’un établissement dès lors que l’acquisition du socle commun et des valeurs de la République est défaillante », ajoute l’association. Actuellement, les autorités publiques ne peuvent fermer un établissement que si des manquements à la sécurité sont avérés.

L’association a enfin saisi la Cour des comptes pour qu’elle éclaire « sur le montant des financements perçus par des établissements d’enseignement privé hors contrat notamment en provenance de fondations reconnues d’utilité publique ». Un canal de financement que le Cnal juge contraire à la loi.
images/icones/carnet.gif  ( 942386 )Le communiqué du CNAL par XA (2022-03-09 15:26:34) 
[en réponse à 942385]

Enquête du CNAL – halte aux dérives dans les établissements privés hors-contrat

Depuis plusieurs mois, le CNAL mène une enquête inédite sur enseignements délivrés dans les établissements d’enseignement privés hors-contrat.

Pour construire cette enquête, nous avons demandé à l’Inspection académique de chaque département, le dernier rapport de visite des établissements privés hors-contrat implantés sur leur territoire. Force est de constater les réticences de l’institution à transmettre ces informations, malgré tous les avis positifs émis par la Cada (commission d’accès aux documents administratifs).

Ainsi, nous avons recueilli 164 rapports au 1er décembre 2021, sur environ 1800 établissements recensés.

Même si le CNAL est attaché à la liberté d’enseignement, ce principe ne doit pas aboutir à ce que des enfants soit enseignés en deçà des standards éducatifs contenus dans le socle commun de compétences, de connaissances et de culture, ainsi que de la connaissance des valeurs de la République.

Or, la lecture de certains rapports montre que dans de nombreux endroits, la mise en œuvre de ces éléments est trop souvent défaillante.

Voici quelques extraits de rapports récents :

Dans un établissement de Gironde, on peut lire que : « Les valeurs de la République n’apparaissent pas dans les traces écrites des élèves du 1er degré. Le manuel d’histoire support de cet enseignement accorde une très faible place aux personnages qui ont façonné la République. Le général de Gaulle n’est ainsi pas une figure historique à retenir dans ce manuel ». En revanche : « Le Maréchal Bugeaud apparait comme le personnage grâce à qui les arabes ont pu apprendre à développer leur agriculture en Algérie (..) ». Et pire encore : « le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs est mis sous silence, et ce génocide n’est d’ailleurs pas mentionné dans le traitement de la seconde guerre mondiale ».

Dans un établissement des Pyrénées-Atlantiques, on apprend que « le support de géographie porte une vision marquée par une représentation du monde par races humaines (noirs, blancs), qui pose un souci majeur de conception erronée scientifiquement et potentiellement raciste ou a minima racialiste ». Dans ces écoles, les classes sont parfois non mixtes, un rapport montre que des responsabilités proposées aux garçons sont refusées aux filles. « Les filles ne déjeunent pas dans la même salle de restauration que les garçons, elles ne sont pas autorisées à participer aux groupes de responsabilité »

On retrouve des dérives importantes dans des établissements Montessori, où ce qui est observé par les inspectrices et inspecteurs diffère fortement de l’image que ces établissements mettent en avant auprès des parents. « Le terme d’innovation annoncé dans le projet d’école ne correspond à aucune réalité effective dans l’établissement », souligne un rapport concernant une école du Var. Les choix pédagogiques laissent à désirer : « Madame T a évoqué la nécessité pédagogique de laisser la créativité littéraire s’exprimer, sans imposer de règles orthographiques qui pourraient la restreindre », pour un établissement de Meurthe-et-Moselle. « En lecture, seul un élève présente un niveau acceptable pour son âge » (école dans les Vosges).

Pour en finir avec les dérives observées, le CNAL émet cinq préconisations et interpelle la Cour des Comptes

1 – Le régime d’autorisation lors de l’ouverture d’un établissement privé hors contrat doit devenir la règle
A l’instar de la réglementation qui régit actuellement l’instruction en famille, l’ouverture d’un établissement hors contrat doit passer d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation, afin que les pouvoirs publics ne soient pas placés en situation de fait accompli.

2 – Le projet pédagogique doit faire partir intégrante du dossier de demande de création d’un établissement privé hors contrat
Comme c’est le cas pour l’instruction en famille, le projet pédagogique de l’établissement doit faire partie des documents exigibles au moment de l’ouverture, de manière à éclairer systématiquement les pouvoirs publics sur la base philosophique, pédagogique, religieuse ou spirituelle, inspirant les enseignements. De même, au moment de la demande d’ouverture, la personne morale ou physique en charge du dossier doit être en mesure de prouver l’existence des ressources humaines et du matériel pédagogique nécessaire pour assurer les enseignements obligatoires.

3 – Le Préfet doit pouvoir prononcer la fermeture d’un établissement dès lors que l’acquisition du socle commun et des valeurs de la République est défaillante.
Le CNAL demande à ce que des modifications règlementaires puissent permettre au Préfet d’ordonner la fermeture d’un établissement dès lors qu’il ne met pas en œuvre l’acquisition du socle commun et des valeurs de la République.

4 – La méthodologie des restitutions des rapports doit être améliorée
Cette enquête montre à l’évidence que les outils de restitution dont disposent les services du ministère lors des inspections d’établissements hors contrats sont inexistants. Le CNAL préconise la mise en place d’une grille d’évaluation permettant d’avoir une vue complète du fonctionnement de ces établissements tant du point de vue des contenus, des démarches pédagogiques, que sur des ressources humaines ou des équipements

5 – Information des familles
Nous conseillons aux parents qui souhaitent scolariser leur enfant dans un établissement d’enseignement privé hors-contrat d’exiger la consultation des rapports d’inspection, ou bien de les demander à l’Inspection Académique concernée. En effet, nous avons observé dans un grand nombre de cas, un décalage important entre les intentions affichées et la réalité.

Interpellation de la cour des comptes

Le CNAL saisit la Cour des Comptes pour qu’elle éclaire nos concitoyens sur le montant total des financements perçus par des établissements d’enseignement privés hors-contrat, notamment en provenance de fondations reconnues d’utilité publique, et qui permettent des dépenses d’investissement et de fonctionnement à destination des établissements religieux. Cefaisant, les donateurs bénéficient de défiscalisation.

Pour le CNAL, le financement public de ces établissements, même indirect via ces fondations – dont on a parfois du mal à évaluer le volet public de l’utilité – , contrevient au deuxième article de la loi de 1905, qui précise que la République ne reconnait, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte.

source
images/icones/1v.gif  ( 942446 )Exiger la consultation... par NLC (2022-03-10 11:54:42) 
[en réponse à 942386]

... des rapports d'inspection !

Je recommande à tout parent d'essayer dans le public ou le privé sous contrat : je voudrais bien être petite souris pour assister. Mais je serais fort surpris qu'il obtienne autre chose qu'une, polie dans le meilleur des cas, mais ferme fin de non recevoir !

Quant à l'apprentissage de la natation, je serais curieux de connaitre la proportion des établissements scolaires publics ou sous contrat en milieu rural qui le respectent !
images/icones/neutre.gif  ( 942463 )Les rapports par Vox clamantis (2022-03-10 16:48:16) 
[en réponse à 942446]

Des établissements concernés n'ont pas été communiqués facilement puisque le communiqué de presse mentionné des recours à la CADA (commission d'accès aux documents administratifs) : c'est qu'il y a eu refus initial des académies.

Effectivement les établissements scolaires ruraux, tous statuts confondus, sont connus pour un plus faible accès aux piscines et donc une plus faible proportion de bons nageurs parmi les élèves, et ce en dépit du fait que c'est censé être obligatoire pour le public et le privé sous contrat (enfin, 30h au primaire au total, vous ne gagnerez pas une médaille d'or aux JO en 100m nage libre avec ça).
images/icones/neutre.gif  ( 942394 )Comment les enfants tradis apprennent-ils à nager ? par Vox clamantis (2022-03-09 17:03:57) 
[en réponse à 942385]

Une proportion non négligeable de la population ne sait pas nager, ce qui représente un risque certain pour les personnes concernées.

Qu'en est-il en milieu tradi ?

(Bon, après, soyons honnête, les cours de natation de l'école, au primaire c'est trop peu pour être vraiment utile et efficace, au collège et au lycée c'est parfois traumatisant pour les adolescentes mal à l'aise dans leur corps ; donc pas sûr que ce soit la solution idéale).

images/icones/neutre.gif  ( 942403 )la natation? par Germanicus (2022-03-09 18:21:27) 
[en réponse à 942394]

ben,oui. C est utile.

Ce rapport va encore amenner une vague d inspections plus ou moins interessantes.

Le personnel du public n apprecie déjà pas les inspections...

Certains manuels seraient à changer,oui...mais pour lesquels?
images/icones/neutre.gif  ( 942405 )A visionner si on veut rire mais comprendre l EN par Germanicus (2022-03-09 18:23:58) 
[en réponse à 942403]

Nom du lienManuela retourne à l ecole
images/icones/4b.gif  ( 942408 )“ mais comprendre l EN” ? par XA (2022-03-09 18:41:30) 
[en réponse à 942405]

Vous parlez de l’Education Nationale???
images/icones/1d.gif  ( 942409 )Bien sûr!! par Germanicus (2022-03-09 18:54:10) 
[en réponse à 942408]

Tout est en novlangue chez nous: EN; HSE;HSA; EDT; CS...je vous laisse rever à des referentiels rebondissants ou ballons.Moi ,je dois préparer mes outils scripturaux pour mes apprenants demain qui ont une évaluation de compétences et des acquis de progression...bref interro!
images/icones/radioactif.gif  ( 942412 )rapport qui amorce un virage juridique dangereux par erminig (2022-03-09 19:50:01) 
[en réponse à 942409]



on ets en train quan dmême de voir une attaque concernant les fondations reconnues d'utilité publique, au nom de la loi de 1905.
Dans ce cas, si une fondation aide à la reconstruction d'un patrimoine religieux, ou autre.... c'est une dérive. Le fait d'aider des écoles confessionnelles , qui délivrent une réelle instruction et éducation, deviendrait un sujet de requalification de la qualité d'une fondation.
Dans un même ordre d'idée, on ne devrait plus avoir la fondation des monastère etc, au prétexte que la défiscalisation des dons serait une implication de l'État hors du champ de la loi de 1905.
Avant d'aller grimper "au cocotier" pour la critique des inspections et des programmes, il faudrait quand même se réveiller en ce qui concerne ce problème juridique soulevé. là il y a largement de quoi 'inquiéter.
images/icones/neutre.gif  ( 942418 )Ma question n'était pas si mais comment par Vox clamantis (2022-03-09 21:23:41) 
[en réponse à 942403]

Du coup je reformule : vos enfants, si vous en avez, ont-ils appris à nager à l'école ou ailleurs ?
Si c'est à l'école était-ce une école tradi ?
images/icones/neutre.gif  ( 942419 )En club par Germanicus (2022-03-09 21:32:55) 
[en réponse à 942418]

L école les a aidé à se familiariser par contre.
images/icones/1v.gif  ( 942437 )Avec les parents par Adso (2022-03-10 10:06:22) 
[en réponse à 942394]

et frères et soeurs, par exemple :) ou comme il est dit plus bas, en club l'été à la plage, avec des maîtres nageurs...
Idem pour l'informatique et bien d'autres choses qu'on apprend peut être pas à l'école...
images/icones/nounours.gif  ( 942434 )vous digressez grave, les amis ! par Cristo (2022-03-10 09:31:00) 
[en réponse à 942385]

je dis ça par rapport aux commentaires qui se perdent dans les détails.

On est en pleine CATHOPHOBIE !!

Et si certains pensent qu'ils ne sont pas concernés, je leur recommande ("âmes sensibles s'abstenir" cependant) d'entrer "Écoles hors contrat : les territoires perdus de l’Éducation nationale" dans votre moteur de recherche pour prendre la mesure de la campagne de haine anti-catho qui se cache derrière cette opération anti-écoles hors-contrat.

Et le président/secrétaire général du CNAL auteur de cette campagne qui répond au nom de Rémy(-Charles) SIRVENT n'a pas de scrupule à reprendre cette immonde caricature de Charlie-hebdo sur son compte tweeter. Faudrait le suivre un peu sur le Net pour voir s'il ne traîne pas quelques casseroles.

Là je dis : au boulot l'AGRIPF ou autre juriste engagé !
images/icones/bravo.gif  ( 942436 )Oui! Pour s'en convaincre par Pierre Marciani (2022-03-10 09:54:00) 
[en réponse à 942434]

il faut lire un article paru dans le dernier Charlie Hebdo, illustré de dessins absolument immondes. Je recopie quelques passages.


C’est une première d’avoir accès à autant de rapports d’inspection d’écoles hors contrat, qui d’ordinaire ne sont pas communiqués. À partir de janvier 2021, le Cnal a adressé à chaque inspection académique une demande officielle de transmission du dernier rapport d’inspection de ces établissements (qui sont tous soumis à au moins une inspection la première année). En cas de refus, le Cnal a saisi la très utile Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), qui a donné son feu vert pour toutes les demandes. Au final, il a réussi à en obtenir 164, soit presque 10 % des écoles. Dans le détail : 14 établissements de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (sur 59), 26 d’écoles ultracatholiques (hors Saint-Pie-X, sur 140), 52 écoles Montessori (sur 384). Pour d’autres types d’écoles – Steiner, Espérance banlieues ou musulmanes –, ils n’ont obtenu qu’une poignée de rapports, nous y reviendrons.

Les rapports d’inspection que nous avons pu consulter sont édifiants. Concernant les cathos hors contrat, qu’ils soient affiliés à Saint-Pie-X (catholiques intégristes) ou non, les inspecteurs constatent que plusieurs éléments du socle pédagogique ne sont pas enseignés ou le sont mal : ils dénoncent un déficit dans la formation à l’esprit critique, dans l’acquisition de démarches scientifiques, et des amalgames fréquents entre histoire et religion. Ainsi, à l’école Sainte-Marie, à Saint-Père-Marc-en-Poulet (35), affiliée à Saint-Pie-X, il est écrit dans un cahier de lycée que « le projet de l’Encyclopédie était au fond le fruit d’une conspiration dont le but caché était l’anéantissement de toute religion et le renversement de toute autorité ». À l’école traditionaliste Notre-Dame-du-Rosaire, à Saint-Macaire (33), dans un rapport d’inspection en date du 15 décembre 2020, on peut lire : « Les valeurs de la République n’apparaissent pas dans les traces écrites des élèves du premier degré. Le manuel d’histoire support de cet enseignement accorde une très faible place aux personnages qui ont façonné la République. Le général de Gaulle n’est ainsi pas une figure historique à retenir dans ce manuel. » En revanche, « le maréchal Bugeaud apparaît comme le personnage grâce à qui les Arabes ont pu apprendre à développer leur agriculture en Algérie […]  ». Et pire encore, « le rôle de Vichy dans l’extermination des Juifs est mis sous silence, et ce génocide n’est d’ailleurs pas mentionné dans le traitement de la Seconde Guerre mondiale ». On peut lire aussi : « L’histoire est vue au travers du prisme de la religion catholique dans son expression traditionaliste, avec notamment des focales sur les guerres de Vendée au collège comme au lycée. » À l’école l’Immaculée Conception, à Domezain-Berraute (64), « le support de géographie porte une vision marquée par une représentation du monde par races humaines (Noirs, Blancs), qui pose un souci majeur de conception erronée scientifiquement et potentiellement raciste ou a minima racialiste ».



Dans ces écoles, les classes sont parfois non mixtes, un rapport montre que des responsabilités proposées aux garçons sont refusées aux filles. « Les filles ne déjeunent pas dans la même salle de restauration que les garçons, elles ne sont pas autorisées à participer aux groupes de responsabilité », peut-on lire. Sans surprise, les cours d’éducation sexuelle sont totalement absents, mais aussi souvent l’éducation physique et sportive, de même que celle aux médias et à l’information. Que ce soit dans les établissements scolaires Saint-Pie-X ou dans d’autres ultracathos, les manuels sont très anciens. À l’école privée Sainte-Marie, à Saint-Père-Marc-en-Poulet, « les traces des élèves font apparaître exclusivement des exercices d’entraînement visant l’automatisation des connaissances et appui sur des manuels des années 1950 et 1960 au lexique parfois éloigné du vocabulaire d’aujourd’hui ». Dans le rapport de l’école hors contrat Saint-Projet, à Bordeaux (33), le manuel de lecture en CP date de 1965.

Quel est l’impact de ces inspections ? À chaque fois, les inspecteurs se bornent à demander de mettre en oeuvre certaines recommandations, avant un prochain contrôle. Reste à savoir s’ils auront lieu. Comme le dénonce le Cnal, certaines inspections qui révèlent des manquements ne sont jamais suivies d’autres contrôles, et l’école continue ainsi d’accueillir des élèves sans modifier son enseignement. Après deux visites faisant état des mêmes problèmes, dont une dernière le 11 mars 2021, une notification est adressée à la directrice de l’école Saint-Martin, à Niort (79), pour lui demander « d’y remédier dans un délai de quinze jours ». Qu’en est-il depuis ? Contacté par Charlie, le rectorat n’est pas revenu vers nous. Pourtant, le rapport est consternant : il pointe « une appartenance à la communauté religieuse qui prime sur le sentiment d’appartenance à la société ». Dans cette école, le 11 Novembre n’est pas l’armistice, mais l’occasion de faire une sortie pour célébrer saint Martin !


Mais Charlie poursuit ainsi :

Reste que ces rapports obtenus par cette démarche ouverte ne sont probablement pas les pires. Le Cnal n’a eu que 10 % des rapports de l’ensemble des écoles. « Si cela constitue une base de travail significative, cela démontre combien l’administration de l’Éducation nationale est rétive à la transparence sur cette question », déplore le Cnal. « Visiblement, la transmission des rapports concernant les établissements musulmans, juifs et appar­tenant à la mouvance Steiner-Waldorf se heurte à des refus. » « Si on ne les a pas reçus, c’est que c’est un sujet sensible », ajoute Rémy-Charles Sirvent. Nous avons demandé au ministère de l’Éducation nationale les raisons pour lesquelles aucun rapport de ce type d’établissement n’a pu être transmis. La réponse est sibylline : « Les rapports qui ne peuvent être commu­niqués sont ceux dont la procédure de contrôle est encore en cours. » C’est une réponse « curieuse », estime Rémy-Charles Sirvent, « puisque nous en avons reçu pour qui les préconisations étaient déjà anciennes, sans qu’il y ait eu de résolution depuis ». En tout cas, les écoles Steiner (une vingtaine en France) pourraient poser problème, de par leur remise en cause de la science et leur aspect ésotérique. Nous vous avions parlé d’une école Steiner à Bagnères-de-Bigorre (65) qui avait fermé à la rentrée. Nous avions nous-même lancé en début d’année scolaire une demande auprès du ministère pour obtenir des rapports d’inspection des autres écoles Steiner, sans succès.


Puis :

Le Cnal n’a obtenu quasiment aucun document concernant des établissements musulmans hors contrat (au nombre de 62 en France), qui peuvent pourtant parfois s’apparenter à des écoles coraniques. Récemment, un documentaire diffusé sur M6 montrait plusieurs dérives dans une école musulmane nommée IDEAL, à Marseille : certaines matières étaient occultées, comme en SVT avec les cours sur la reproduction, aucun cours d’art ni de musique, le Coran pour unique livre d’apprentissage de la langue arabe. L’établissement abritait même en son sein une école clandestine, hors la loi. Mais impossible au moment où l’on boucle de savoir si cette école fait l’objet de mesures particulières depuis. Décidément, c’est un domaine où la transparence n’est pas de mise.


Cet article est librement disponible en ligne. Par décence, je ne mets pas de lien. Si la modération veut le faire, elle en a évidemment la liberté! Pierre
images/icones/carnet.gif  ( 942435 )« Pour les écoles musulmanes, juives, nous avons obtenu peu de rapports » par Cristo (2022-03-10 09:46:02) 
[en réponse à 942385]

et pourquoi donc, mon bon monsieur ?


Ecoles hors contrat : Manuels obsolètes, numérique inexistant… Une enquête pointe des dérives dans certains établissements
EDUCATION Une enquête, menée depuis un an, dévoile les « dérives » de certains de ces établissements


Delphine Bancaud


Le Comité national d’action laïque (Cnal), organisme regroupant notamment le syndicat Unsa éducation et la fédération de parents FCPE), a étudié à la loupe 164 rapports d’inspection concernant des écoles hors contrat.
Dans certains d’entre eux, il a constaté « d’importantes dérives » : absence d’enseignement moral et civique, manuels obsolètes, enseignements historiques revisités, sous-utilisation du numérique…
Le Cnal a émis des recommandations pour améliorer la situation.
Ce sont des électrons libres dans le système éducatif français. Les 1.800 écoles privées hors contrat ne reçoivent pas de deniers publics, ne sont pas obligées de suivre les programmes, et leurs professeurs ne sont pas forcément diplômés. Mais elles doivent permettre aux enfants d’acquérir les connaissances du socle commun de compétences. Ces établissements sont inspectés dès la première année de leur fonctionnement, et d’autres contrôles peuvent être organisés par la suite.

Ces dernières années, ces écoles confessionnelles ou dispensant une pédagogie alternative ont connu un important développement, et de nouvelles ont même vu le jour car la demande est forte. Mais si certaines jouissent d’une bonne réputation, d’autres défrayent la chronique car elles ne respectent pas les règles de la République ou présentent des failles très importantes, ce qui conduit parfois les préfets à décider de fermetures administratives. Pour y voir plus clair dans ce paysage éducatif très divers, le Comité national d’action laïque (Cnal), organisme regroupant notamment le syndicat Unsa éducation et la fédération de parents FCPE), a mené une enquête d’ampleur, révélée ce mercredi.

Une enquête d’ampleur qui a duré un an

Pendant un an, l’organisme s’est procuré les rapports d’inspection académiques sur ce type d’établissements, qui n’ont pas vocation à être rendus publics. Le Cnal n’a pu en obtenir que 164, soit environ 9 % du total, certaines administrations renâclant à délivrer ces informations. « Pour les écoles musulmanes, juives et Steiner-Waldorf, nous avons obtenu peu de rapports », affirme Remy-Charles Sirvent, secrétaire général du Cnal.

Ces données, qui concernent notamment 14 écoles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (mouvement catholique traditionaliste en rupture avec Rome), 45 écoles Montessori et 23 établissements catholiques hors contrat, ne peuvent donner lieu à des généralisations. Mais elles apportent un éclairage sur certaines dérives. « Seulement 3 rapports, sur les 164 que nous avons étudiés, sont positifs. Et plus de la moitié des autres font état de manquements sérieux », déclare Stéphanie de Vanssay, conseillère nationale au Se-Unsa.

Des carences éducatives manifestes dans certains lieux

D’abord sur les aspects pédagogiques. La moitié des rapports concernant les écoles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X pointe l’utilisation de manuels très obsolètes, et l’un d’eux l’absence totale de manuels. Dans la majorité des cas, l’éducation aux médias et à l’information n’est pas proposée, ni l’accès à Internet. L’éducation morale et civique y est souvent remplacée par l’instruction religieuse. « Les sciences dures y sont négligées », indique Stéphanie de Vanssay. « Et certains pans de l’Histoire et de la géographie sont revisités selon l’idéologie », souligne-t-elle. Dans une de ces écoles, « le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs est mis sous silence, et ce génocide n’est d’ailleurs pas mentionné dans le traitement de la Seconde Guerre mondiale », indique par exemple, le rapport.

Sur les 23 établissements catholiques hors contrat étudiés, « trop nombreux sont ceux qui ne dispensent pas l’enseignement moral et civique de manière satisfaisante et ne permettent donc pas aux élèves d’acquérir les connaissances et les compétences leur donnant la possibilité de s’émanciper et de construire un esprit critique », affirme l’enquête. L’usage du numérique est inexistant dans plusieurs établissements. Des problèmes de sécurité et d’hygiène sont aussi pointés. Pour les 45 écoles Montessori scrutées, « l’EPS est peu enseigné. Peu de place est faite à l’argumentation et à l’esprit critique. Le numérique est sous-investi. Et certaines écoles n’évaluent pas les élèves », relève Yannick Kiervel, conseiller national eu Se-Unsa. Quant aux recommandations des rapports d’inspection, ils n’ont pas été suivis d’effets dans plusieurs structures.


Des moyens pour changer les choses

Face à ces manquements, le Cnal estime qu’il existe des solutions pour mieux encadrer ces établissements. « Il faudrait passer d’un régime de déclaration lors de l’ouverture d’une école hors contrat à un régime d’autorisation, comme cela existe pour l’instruction en famille », estime Remy-Charles Sirvent, secrétaire général du Cnal. Et selon lui, le projet pédagogique de l’établissement devrait faire partie du dossier. Concernant les contrôles réalisés a posteriori, il y a aussi des progrès à faire, selon Stéphanie de Vanssay : « Actuellement, environ 20 % des contrôles sont inopinés. Pour les autres, les établissements ont plusieurs semaines pour s’y préparer ».

En cas de fortes dérives après l’ouverture d’une école, le Cnal estime aussi qu’il faudrait taper plus fort. En permettant aux préfets de prononcer la fermeture d’un établissement lorsque les acquisitions essentielles et le respect des valeurs de la République sont « défaillantes ». Quant aux familles qui seraient tentées d’inscrire leurs enfants dans ces écoles, le Cnal leur recommande de demander à consulter les rapports d’inspection. En cas de refus de l’établissement, ils peuvent en faire la demande à l’Inspection académique ou saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada).

https://www.20minutes.fr/societe/3249555-20220309-ecoles-hors-contrat-manuels-obsoletes-numerique-inexistant-enquete-pointe-derives-certains-etablissements
images/icones/neutre.gif  ( 942461 )Toutes les ecoles ne sont pas catholique s dans le HC! par Germanicus (2022-03-10 15:39:02) 
[en réponse à 942435]

A Paris et ailleurs la majorité est non confessionnelle: Steiner, Diwan,pedagogie renforcée,boites à bac..

Pas d écoles juives HC.Ils prennent du sous contrat et ont en plus leurs matières spécifiques. Par ex religion et histoire. Les rabbins déplorent certains profs et programmes mais afin que tous puissent acceder à leus ecoles financièrement, ils ont opté pour le contrat avec l Etat.

Pour les Musulmans je crois que les ennuis sont bien là pour eux. Ils ont des inspections ,pas toujours positives!
images/icones/carnet.gif  ( 942488 )Le Monde se joint à la curée par Cristo (2022-03-11 10:24:41) 
[en réponse à 942385]

article réservé aux abonnés mais l'extrait donne le ton.
Et quand le quotidien prétendu "de référence" s'en mêle, il faut s'inquiéter : on risque bien d'avoir des initiatives gouvernementales ou parlementaires sur le sujet. Et on sait déjà dans quel sens ...



D’« importantes dérives » épinglées dans des établissements scolaires privés hors contrat

Le Comité national d’action laïque a pu compulser 164 rapports d’inspections menées dans des écoles catholiques, traditionalistes, mais aussi alternatives ou sans projet pédagogique revendiqué. La synthèse qu’il en livre, mercredi 9 mars, est alarmante.

Par Mattea Battaglia
Publié le 09 mars 2022

C’est l’aboutissement d’un an de recherches. En janvier 2021, le Comité national d’action laïque (CNAL), fédération de cinq organisations impliquées sur le terrain de l’éducation, demandait à chaque inspection d’académie de lui fournir le « dernier » rapport de visite réalisé dans « chaque » établissement privé hors contrat relevant de son périmètre. Façon de porter l’attention, au-delà de la petite minorité d’établissements musulmans habituée au feu des projecteurs, sur l’ensemble de ces 1 800 structures qui, en vertu de la liberté reconnue de l’enseignement, peuvent accueillir un public scolaire. Aux frais des familles, sans subsides publics, et sans autre obligation que celle de transmettre aux enfants le même bagage de connaissances et de compétences – le « socle commun » – que celui garanti à tout jeune au terme de sa scolarité obligatoire (16 ans).


Travail d’enquête laborieux : toutes les inspections d’académie, tous les établissements n’ont pas joué le jeu. « En cas de réponse négative ou de non-réponse, nous avons systématiquement saisi la CADA [Commission d’accès aux documents administratifs], explique Rémy-Charles Sirvent, secrétaire général du CNAL et secrétaire national du SE-UNSA, puis relancé les demandes, ressaisi les inspections… » Certains rapports sont encore en attente de transmission.

C’est sur la base de 164 rapports d’inspection ainsi réunis – un nombre qui révèle, en creux, la difficulté à faire œuvre de transparence – que le Comité national d’action laïque a communiqué, mercredi 9 mars, ses observations. Synthèse inédite, sans aucun doute : elle donne à lire des paragraphes entiers de rapports qui n’ont pas vocation à être publiés. Synthèse non exhaustive, réagiront les défenseurs du libre choix d’école. De fait, les extraits divulgués mettent en avant ce que les enquêteurs sont venus chercher : « d’importantes dérives, écrivent-ils, tant sur les conditions de la scolarité des enfants et des adolescents que sur les contenus d’enseignement et leur mise en œuvre pédagogique ».



« Fermeture sur le monde »

« Seuls trois ou quatre rapports sont très bons, avance Stéphanie de Vanssay, elle aussi affiliée au SE-UNSA, qui a participé à l’enquête. Il y a un “ventre mou” d’établissements pour lesquels les rapports ne sont ni bons ni mauvais. Mais plus de la moitié alertent sur des dysfonctionnements sérieux. »

Le florilège dressé est accablant. C’est, dans tels établissements catholiques traditionalistes, l’utilisation de manuels scolaires très obsolètes – voire l’absence totale de manuels – qui est mise en avant. Souvent aussi, le mélange entre foi et histoire – quand l’une ne remplace pas l’autre. Et, de manière récurrente, la « fermeture sur le monde » ou « sur la société ».

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/03/09/d-importantes-derives-epinglees-dans-des-etablissements-scolaires-prives-hors-contrat_6116828_3224.html
images/icones/neutre.gif  ( 942561 )Un prurit récurrent. rester vigilant et garder raison par Cathether (2022-03-13 12:02:44) 
[en réponse à 942385]

Pour suivre depuis plus de 20 ans le sujet, les écoles HC sont soumises depuis longtemps à ces inspections. Elles obtiennent rarement les rapports, mais il y a jamais de suite, à de rares exceptions près.

certes, on a connu depuis 2 ou 3 ans une accélération, via l'envoi de bataillons d'inspecteurs, parfois une dizaine. Mais pas plus d'incidence, pour l'instant

il faut bien sûr rester vigilant
images/icones/carnet.gif  ( 942948 )comme c'est bizarre en effet, M. Sirvent ! par Cristo (2022-03-18 14:58:25) 
[en réponse à 942385]

il nous dit : "nous avons senti une forte résistance à fournir des documents transmissibles, notamment concernant les établissements musulmans, juifs et appartenant à la mouvance Steiner-Waldor"

et :
"Nous-mêmes nous avons renvoyé des demandes car nous n’avons eu accès qu’à une école musulmane. Mais il faut faire attention à ce qu’on n’instille pas dans la société un deux poids deux mesures.", c'est-à-dire qu'on inspecte plus les écoles musulmanes que catholiques.

D'ailleurs, on sent bien que les cathos-tradis sont dans le viseur de ce bidule laïcard dès qu'il s'agit des écoles hors-contrat tradies.
Cela fait rire quand l'une d'elle, relevant de la FSSPX, était classée 12° de France pour ses résultats au bac il y a 3-4 ans de cela.

Surtout, que ce monsieur enseignant du public et syndicaliste gauchiste, balaie devant sa porte face à l'effondrement de l'Education nationale.

Enfin, merci au camarade Roussel : brimer, on sait faire dans son parti mais ça on le savait déjà !





Éducation

Rémy Sirvent : "Il y a des enclaves où le droit des enfants à une éducation de qualité n’est pas garanti"

"On constate dans des écoles Montessori des problèmes de formation et des carences pédagogiques des élèves, notamment en langues ou sur le numérique. Dès lors que les enseignements sont mis en œuvre par des personnes insuffisamment formées, on prend le risque qu’il n’y ait pas d’enseignement du tout. Ou alors que seuls les élèves issus de milieux favorisés s’en accommodent."
Hans Lucas via AFP

Entretien
Propos recueillis par Hadrien Brachet

Publié le 11/03/2022 à 20:00



Le Comité national d'action laïque (Cnal) s'est penché sur les dérives des écoles privées hors contrat dans une enquête publiée le 9 mars. Entretien avec Rémy Sirvent, son secrétaire général.

À l’heure de la lutte contre le « séparatisme », les écoles hors contrat sont-elles l’angle mort des politiques éducatives ? C’est la question que pose une enquête du Comité national d'action laïque (Cnal) publiée le 9 mars. L’organisme qui regroupe notamment la Fédération des Conseils de Parents d'Élèves (FCPE) et le syndicat Unsa éducation a eu accès à 164 rapports d’inspections d’établissements hors contrat de différentes natures (confessionnels, Steiner-Waldorf, Montessori…). Bilan : de nombreuses dérives ont été relevées, allant de conditions d’accueil défaillantes à des pratiques ésotériques, en passant par de sérieuses lacunes pédagogiques. Dans certains cas, des disciplines ou des faits historiques et scientifiques se retrouvent tout simplement effacés des enseignements.

Le Cnal appelle donc à renforcer le contrôle des écoles hors contrat, qui accueillent 80 000 élèves. Le ministère de l'Éducation nationale se défend de toute inaction en mettant en avant le développement depuis 2018 d’un « cadre juridique rigoureux », permettant de « véritables contrôles a priori » et « un contrôle systématique de chacun de ces établissements dès la première année de fonctionnement ». Suffisant ? Marianne en discute avec Rémy Sirvent, secrétaire général du Cnal et secrétaire national du SE-UNSA.

Marianne : Vous dites n’avoir obtenu de l’Éducation nationale pour votre enquête que 164 rapports d'inspection au 1er décembre 2021, sur environ 1 800 établissements. Que s’est-il passé ?

Rémy Sirvent : Nous avons voulu voir à travers cette enquête si l’obligation d’instruction, l’un des grands principes de l’école républicaine, était bien respectée. Que l’on soit dans le public, le privé ou dans le cadre de l’instruction en famille, les élèves doivent atteindre les objectifs du socle commun et partager les valeurs de la République.

Nous n’avons pas voulu avoir ces rapports sous le manteau. Nous avons fait une demande à chaque inspection académique des derniers rapports en date des établissements. En cas de réponse négative, nous avons saisi la CADA [Commission d'accès aux documents administratifs]. Malgré des avis positifs de transmission de la CADA, nous avons senti une forte résistance à fournir des documents transmissibles, notamment concernant les établissements musulmans, juifs et appartenant à la mouvance Steiner-Waldorf. Nous ne demandions pourtant pas des plans de sous-marins nucléaires !

Comment l’expliquez-vous, alors même que le gouvernement a renforcé le contrôle de l’instruction à domicile et fait de la lutte contre le « séparatisme » l’une de ses priorités ?

C’est une anomalie. Ce manque de transparence ne va pas de soi, d’autant qu’il concerne un certain nombre d’enfants dont on peut craindre qu’ils soient placés en situation de sous-enseignement. On accepte aujourd’hui qu’il y ait des enclaves dans notre territoire scolaire où les enseignements se fondent sur des idées qui vont à l’encontre de la République, des enclaves où le droit des enfants à une éducation de qualité n’est pas garanti.

Précisément, votre enquête souligne que « les rapports des inspections effectuées dans les établissements d’enseignement privé hors contrat pointent d’importantes dérives, tant sur les conditions de la scolarité des enfants et des adolescents que sur les contenus d’enseignement et leur mise en œuvre pédagogique ». Parmi les rapports que vous avez consultés, quelle proportion des établissements est concernée ? Et concrètement à quoi ressemblent ces dérives ?

Nous avons trouvé sur les 164 établissements moins de dix rapports qui sont bons. Il y a ensuite un gros ventre mou, ni bon ni mauvais. Et la moitié des établissements dysfonctionne. Dans certains, ce sont les conditions d’accueil des enfants, notamment dans les internats, et leur santé psychologique qui posent problème. Des inspections ont fait fermer des établissements pour qu’ils effectuent des travaux, notamment l’un dans les Vosges où il faisait 12 degrés dans l’internat, qui était par ailleurs dégoûtant.
« Certaines écoles qui se veulent proches de la nature n’ont ni ordinateurs ni centres de documentations avec des revues pour que les élèves puissent découvrir un ailleurs. On observe des phénomènes d’enfermement. »

Mais il y a un autre type de dysfonctionnement. Alors qu’ils s’engagent à respecter l’obligation d’instruction, des établissements mettent des pans entiers de l’enseignement obligatoire de côté. Par exemple, les valeurs de la République ne sont pas enseignées. Dans certaines écoles, il n’y a tout simplement pas d’éducation physique et sportive (EPS) ou alors avec des pratiques différenciées pour les filles et les garçons. Il y a aussi des lacunes sur les langues vivantes étrangères ou le numérique. Certaines écoles qui se veulent proches de la nature n’ont ni ordinateurs ni centres de documentations avec des revues pour que les élèves puissent découvrir un ailleurs. On observe des phénomènes d’enfermement.

L’actualité de ces derniers mois s’est penchée sur les risques de séparatisme islamiste et d’écoles tenues par des promoteurs de l’islam radical. Mais votre rapport pointe de nombreuses dérives dans des établissements catholiques hors contrat ou des écoles adeptes de pédagogies alternatives (Steiner ou Montessori). A-t-on oublié de se pencher sur ces établissements ?

Si le ministère s’est penché sur les dérives liées à des écoles hors contrat musulmanes, il a eu raison de le faire. Nous-mêmes nous avons renvoyé des demandes car nous n’avons eu accès qu’à une école musulmane. Mais il faut faire attention à ce qu’on n’instille pas dans la société un deux poids deux mesures.


Nous avons trouvé des dérives inacceptables dans des écoles catholiques, par exemple une vision du monde en « races » dans des cours de géographie ou le passage sous silence du rôle de Vichy dans l’extermination des juifs.

Quelles dérives avez-vous constatées dans les rapports des établissements Montessori, dont Jean-Michel Blanquer vantait pourtant l’« esprit » à une époque ?

Enseigner, ça s’apprend. On constate dans des écoles Montessori des problèmes de formation et des carences pédagogiques des élèves, notamment en langues ou sur le numérique. Dès lors que les enseignements sont mis en œuvre par des personnes insuffisamment formées, on prend le risque qu’il n’y ait pas d’enseignement du tout. Ou alors que seuls les élèves issus de milieux favorisés s’en accommodent.

Comment mieux encadrer ces établissements ? Le ministère met en avant l’adoption d’un « cadre juridique rigoureux » pour mieux contrôler ces écoles, y compris avant même leur ouverture.

Au regard de ce qu’on a pu découvrir dans l'enquête, on ne comprend pas pourquoi les établissements privés hors contrat bénéficient d’une largesse qui fait qu’ils peuvent s'ouvrir sur déclaration. Il y a des contrôles a priori sur la structure administrative des établissements, sur les personnes mais pas réellement sur le projet pédagogique.


Nous préconisons une ouverture sur autorisation qui se fonderait sur la transmission du projet pédagogique de l'établissement. Aujourd’hui, les pouvoirs publics, en n'exigeant pas systématiquement ces informations, se privent de connaître la pédagogie, la spiritualité, la religion qui vont guider ces enseignements ainsi que les ressources humaines et matérielles.

Vous alertez également sur le financement de ces établissements.

Le financement d’établissements confessionnels par des fondations qui bénéficient de réductions fiscales est une entorse à la loi de 1905. Cela revient à un financement indirect du culte. Cette situation doit être étudiée de près. On doit mettre de la lumière sur le système des fondations en cascade. Il y a une opacité complète à laquelle il faut mettre un terme.

Fabien Roussel propose de fermer les écoles hors contrat. Le Cnal réaffirme, lui, son attachement à la liberté d’enseignement. Pourquoi ?

La liberté d’enseignement est une liberté fondamentale, inscrite dans la Constitution. Mais dedans, il y a deux éléments : la liberté et l'enseignement. Nous ne voudrions pas que cette liberté aboutisse à ce que les enfants échappent à l’enseignement. Nous demandons à ce que dès que les enfants ne sont pas respectés pour leurs droits, notamment lorsque des enseignements manquent, le préfet ordonne leur scolarisation ailleurs.

Par Hadrien Brachet


https://www.marianne.net/societe/education/remy-sirvent-il-y-a-des-enclaves-ou-le-droit-des-enfants-a-une-education-de-qualite-nest-pas-garanti