( 941820 )« Pourquoi les sermons sont-ils si ennuyeux ? » Les dessous de l'enquête choc sur la perception des homélies par Bernard Joustrate (2022-02-28 16:46:54)
« Pourquoi les sermons sont-ils si ennuyeux ? » Les dessous de l'enquête choc sur la perception des homélies Ayant recueilli l’avis de 10 000 fidèles sur les homélies avec une enquête en ligne en mars 2021, Luc Desroche revient dans une vidéo sur l’analyse des résultats, mais aussi sur la manière dont elle a été reçue par les principaux intéressés : les prêtres, séminaristes et évêques français…
« Suis-je le seul à m’ennuyer souvent pendant les sermons ? » Cette question turlupinait Luc Desroche, professeur d’éloquence et de théâtre et catholique convaincu, au fil des messes auxquelles il assistait. Son problème venait-il seulement d’une déformation professionnelle ou était-il vraiment partagé par d’autres catholiques ? Pour en avoir le cœur net il a lancé une enquête en ligne en mars 2021, à laquelle plus de 10 000 fidèles ont répondu. Les résultats ont confirmé l’intuition de ce trentenaire, co-fondateur avec Alban Hachard d’une entreprise dédiée à la formation à la prise de parole baptisée Eloquence à la française : il reste des progrès à faire pour les prédicateurs.
Luc Desroche est revenu dans une vidéo Youtube le 26 janvier pour donner quelques clés d’analyse des résultats diffusés ces derniers mois, mais aussi pour donner des pistes et expliquer comment les prêtres eux-mêmes ont reçu l’enquête.
Un « gros problème » de message et de longueur
Certes 72% des participants affirment que l’homélie les « aide à approfondir leur foi ». Mais Luc Desroche invite à « considérer les non pratiquants », pour lesquels l’homélie peut s’avérer un enjeu important : hélas, 62% d’entre eux considèrent que « l’homélie ne leur sert jamais à approfondir leur foi » (même s’ils représentent une minorité des répondants, à peine 20%). Par ailleurs pour l’ensemble des participants, 41 % sont impatients de l’homélie, 29 % n’en attendent rien et 21 % ont peur de s’ennuyer. Enfin 79 % des répondants estiment que leur capacité de concentration est inférieure à 8 minutes. « Donc si les prêtres parlent plus de 8 minutes, ils perdent plus de 80 % de l’Assemblée ! » insiste Luc Desroche.
« Il y a trois principales raisons pour lesquelles les gens décrochent », récapitule le professionnel de l’éloquence en reprenant l’enquête : « la langueur, le message n’est pas clair, c’est trop infantilisant, c’est une paraphrase de l’Evangile. » Autrement dit : « Il y a un gros problème sur le langage verbal, poursuit-il en le distinguant du langage vocal – « l’intonation, les silences, le rythme » - et du langage visuel – « le regard, la posture, les gestes ». « Il n’y a pas de structure, il y a des phrases parfois très longues, on s’y perd… Donc le principal axe d’amélioration c’est en amont une préparation beaucoup plus importante qui devrait être consacrée à l’homélie sur la structure, et surtout sur le message. »
Prêtres et évêques peu réceptifs
Les prêtres seraient-ils prêts à faire un tel travail ? Luc Desroche raconte qu’il a frappé aux portes de 17 séminaires pour leur demander s’ils formaient à la prise de parole. Résultat : « Il y a trois séminaires qui en font : le séminaire d’Ars, le séminaire de Toulouse et le séminaire de Toulon. […] Pour tous les autres, ils m’ont répondu : ‘’ oh oui, on essaye de faire une initiation une après-midi et en fin de sixième année…’’ Mais ça n’est pas une formation », insiste le professeur de rhétorique, pour qui « la prise de parole en public, c’est 20% de théorique et 80 % de pratique. La seule solution, c’est la formation ». Certains directeurs de séminaires lui ont répondu : « à quoi est-ce que vous voulez que ça leur serve ? » ou encore : « non ils n’ont pas le temps car ils ont déjà beaucoup d’autres matières ». Ou encore « pas besoin parce que tous mes séminaristes prêchent parfaitement… »
Même son de cloche du côté de la Conférence des évêques de France (CEF). En proposant les résultats de son enquête, Luc Desroche a finalement reçu une réponse du secrétariat général de la CEF après moult intermédiaires, lui indiquant : « ce sujet ne nous intéresse pas, nous n’avons pas le temps de nous occuper de cette question malheureusement. »
L’homélie est « un sujet sensible »
Pourquoi une si faible prise de conscience ? Aux yeux du co-fondateur d’Eloquence à la française, ce problème est surtout dû au fait que « l’homélie est un sujet très sensible pour les prêtres ». « Un directeur de séminaire m’a dit : ‘’ c’est la croix hebdomadaire du prêtre l’homélie’’. Donc c’est un sujet sur lequel ils ne supportent pas d’entendre des remarques, d’entendre le fait qu’il faudrait s’améliorer. » Il ajoute que dans son entourage, « les seuls prêtres qui me disent j’aimerais que tu critiques mon homélie, que tu m’aides à m’améliorer, sont des prêtres qui prêchent déjà extrêmement bien. »
Luc Desroche évoque en revanche un grand nombre de messages reçus de fidèles pour saluer l’enquête et encourager une meilleure formation des prêtres, se disant pour 69% des répondants prêts à financer de tels projets. « C’est un sujet qui a un écho beaucoup plus important chez les fidèles que dans l’église institutionnelle. » Plusieurs professionnels d’éloquence l’ont également contacté pour proposer leur collaboration dans des séminaires. Il ne leur reste donc qu’à ouvrir leurs portes. Serait-ce donc la recette magique pour remplir à nouveau les églises ? En tout cas, peu de chance qu’avec de bons prédicateurs, on les vide davantage…
( 941821 )J.-P. Maugendre sur TV Libertés s'entretient avec Luc Desroche et Alban Hachard par Bernard Joustrate (2022-02-28 16:52:47)
[en réponse à 941820]
( 941822 )Problème ordinaire par Roger (2022-02-28 17:25:24)
[en réponse à 941820]
Cela me semble moins concerné la messe traditionnelle. Nos Sermons me semblent généralement intéressant, riches sur le fond et bons sur la forme.
Meilleure formation dans les séminaires traditionnels?
Meilleur niveau théologique des fidèles ?
Plus grande unité spirituelle et culturelle (voire politique)des fidèles ?
( 941824 )Avez-vous regardé par XA (2022-02-28 19:01:48)
[en réponse à 941822]
par exemple l’entretien avec Jean-Pierre Maugendre ?
L’approche du sujet mérite selon moi un peu plus qu’un satisfecit général exonérant tous et chacun de la moindre réflexion.
( 941846 )JPM ??? par Roger (2022-03-01 14:00:39)
[en réponse à 941824]
Franchement JP maugendre vous semble t il très compétent pour apprécier les homélies de la forme ordinaire ??
C est juste une question...
( 941847 )Vous êtes un humoriste ? par Jean-Paul PARFU (2022-03-01 15:32:22)
[en réponse à 941846]
Pourquoi ne serait-il pas compétent pour apprécier ce type d'homélies ? Les homélies modernistes ne seraient pas dites en français ou manieraient des concepts qui nous, qui le, dépasseraient ?
Ce sont précisément aussi ces homélies qui nous ont fait fuir les églises ordinaires !
( 941848 )Mais voyons maître ! par Roger (2022-03-01 15:54:35)
[en réponse à 941847]
JPM met il les pieds chaque dimanche dans une messe Paul VI ?
Quel serait son point de comparaison ?
( 941849 )En l'occurence par XA (2022-03-01 16:03:58)
[en réponse à 941848]
la question n'est absolument pas là. Dans l'émission, il ne se vante pas d'être chaque dimanche dans une église où l'on célèbre le Nouvel ordo.
Il agit ainsi en tant qu'interviouveur. Et il est bel et bien question aussi des sermons prononcés au cours de messes traditionnelles.
Personnellement, il m'est arrivé très souvent de m'ennuyer fermement au cours d'un sermon, parce que le prêtre prêchant ne maitrisait pas l'art oratoire.
Faire croire qu'il suffit d'être un prêtre traditionaliste célébrant la messe tradie suffit à rendre un sermon parfaitement audible, c'est une illusion complète.
A contrario, je connais un ou deux prêtres célébrant selon le nouvel ordo, dont mon propre curé de paroisse, dont les homélies sont rarement ennuyeuses.
XA
( 941850 )On ne joue pas Roger ! par Jean-Paul PARFU (2022-03-01 16:06:39)
[en réponse à 941848]
Tout le monde regarde la télé ou les réseaux sociaux, tout le monde a l'occasion d'assister à une messe Nom lors d'un mariage, d'un enterrement etc..., ou de tomber, par hasard, sur une homélie Nom, lors de la visite d'une église.
Cessez un peu de finasser et de jouer au plus malin !
( 941942 )Soyons objectifs par Roger (2022-03-03 10:59:34)
[en réponse à 941850]
Je ne suis pas malin.
Je constate à partir des 2000 messes Paul VI et des 200 messes traditionnelles auxquelles j ai assisté que
- dans un cas l homélie est généralement fade
- dans l autre le Sermon est généralement intéressant.
Je pense que c est d ailleurs un élément qui joue en faveur de l attrait de la forme extraordinaire (avec d autres évidemment).
Je ne vois pas ce que il y a de particulièrement malin..
( 941823 )Le sermon, c'est important ! par Jean-Paul PARFU (2022-02-28 18:30:28)
[en réponse à 941820]
Il faut savoir le dire. Mais d'abord et surtout, il faut avoir quelque chose à dire.
Chez les Modernistes, le sermon est : soit une sorte de discours plus ou moins calqué sur les thèmes profanes à la mode dans la société, soit une homélie creuse, un peu vide, sur laquelle on plaque, par exemple, le mot : amour, etc ..., pour faire croire que l'on parle de Dieu.
Chez les Traditionalistes, le sermon est souvent, soit une paraphrase de l'Evangile, soit, le plus souvent, et presque systématiquement, de la morale, au mieux de la spiritualité un peu abstraite. On va, par exemple, pendant l'Avent, non pas d'abord et surtout évoquer la grande figure de St Jean-Baptiste, mais préparer à bien recevoir Jésus eucharistie à Noël.
Une chose encore. Ce qu'il faut aussi bien comprendre, c'est que la Réforme, le Protestantisme, ont eu aussi pour cause, non seulement la mauvaise vie, mais aussi la mauvaise formation des prêtres. Ainsi, beaucoup de bourgeois des grandes villes commerçantes du nord de l'Europe connaissaient mieux les Ecritures et pouvaient même mieux les expliquer que le clergé local. Ils ont donc cru (il y avait aussi d'autres raisons, bien sûr) qu'ils n'avaient pas besoin de ce clergé et donc de l'Eglise. Ces bourgeois avaient oublié que l'Eglise est d'abord un mystère et que ce qui fait l'Eglise, ce n'est pas d'abord la communauté qui écoute la parole, mais les sacrements que seuls les prêtres ordonnés peuvent donner et quel que soit, par ailleurs, leur niveau intellectuel ou même moral.
( 941825 )Votre classification est un peu manichéenne par XA (2022-02-28 19:37:05)
[en réponse à 941823]
Qu’entendez-vous par “modernistes” ? Les prêtres célébrant selon le Nouvel ordo ?
( 941826 )C'est vrai par Jean-Paul PARFU (2022-02-28 19:59:45)
[en réponse à 941825]
Disons que c'est un peu taillé à la serpe pour faire comprendre ce que l'on veut dire et ne pas se noyer dans toutes les nuances existantes.
Les Modernistes ici, c'est le clergé "mainstream". Disons que tous les prêtres célébrant le "Nom" ne sont pas modernistes (il y en a sur ce Forum), mais que tous les prêtres modernistes célèbrent exclusivement le "Nom" !
( 941836 )Le Saint curé d'Ars connaissait-il l'Eloquence à la française ? par Cathether (2022-02-28 23:41:14)
[en réponse à 941820]
Je doute qu'il ait suivi une telle formation.
c'est dommage, peut-être aurait-il pu être meilleur .
L'essentiel ne se situerait-elle que dans la formation préalable ?
En tout cas, spécialiste de l'éloquence, peut-être, mais pas de l'écriture. La qualité du sous-titrage est assez déplorable.
( 941838 )Avoir quelque-chose à dire par Leopardi (2022-03-01 07:38:41)
[en réponse à 941820]
Souvent, le sermon se présente comme un pensum. Il est obligatoire et le célébrant va s'acquitter de cette corvée par des paraphrases et des lieux communs. Paradoxalement, le célébrant se sent obligé de tenir au moins 15 mn comme cela.
Pas besoin de beaucoup de formation mais besoin de beaucoup de foi pour avoir des sermons intéressants. La conviction entraîne en général l'attention.
Par contre, limiter à 10mn maxi. Ce ne sont pas des conférences spirituelles.
Peut-être l'ancien usage de confier le sermon à un seul prêtre par dimanche en alternance, ou à un seul réputé pour cet exercice serait plus efficace?
( 941877 )sermons rarement ennuyeux par Cristo (2022-03-01 21:52:24)
[en réponse à 941820]
c'est du moins mon expérience...de catholique tradi.
Ces généralités font perdre du poids à l'argumentation : dommage ...
( 941884 )Malheureusement la plupart par Paxtecum (2022-03-01 22:44:15)
[en réponse à 941820]
des homélies sont ennuyeuses de part le ton employé, souvent sur le même ton monocorde. Et cela je l'ai particulièrement constaté des prêtres de la tradition.Voix monocorde sans vie qui vient accentuer l'apparente longueur de l'homélie.
On est loin des homélies du Père Michel-Marie Zanetti Sorkine, qui reste un cas particulier dans le NOM, dont les homélies de 20mn paraissent durer à peine 10mn tant est son talent oratoire.
Une homélie, une fois bien maitrisé le fonds, doit toucher l'attention, éveiller la curiosité au risque sinon d'entraîner d'abord la distraction puis l'ennui... et chez moi la somnolence!
En fait VOM ou NOM cela reste pareil, le talent oratoire étant réparti aléatoirement.
Ce n'est pas parce que la matière est sérieuse qu'on doit le dire ennuyeusement.
Pour le coup dans la question posée la critique est facile alors que l'art est difficile!
( 941995 )Mes bien chers frères, je vais tâcher de vous expliquer... par Paterculus (2022-03-04 00:56:31)
[en réponse à 941820]
... pourquoi ce changement était nécessaire, ce passage de l’expression « de même nature » au mot « consubstantiel ». J’ai demandé à Alfred de m’aider : c’est un garçon qui est en cinquième, il est un peu timide, c’est pour cela que vous ne le voyez pas, caché derrière son pilier. Bon, dis-moi, Alfred, tu sais que toi et moi nous sommes de même nature, n’est-ce pas ? Nous avons en commun la nature humaine. Tu as une certaine idée de ce qu’est la nature humaine : c’est ce qui est commun à tous les hommes. Les philosophes disent même que c’est ce qui fait que tout homme est vraiment homme. Si on dit qu’il n’y a pas de nature humaine, on ouvre la porte à toutes les formes de racisme, car c’est dans la nature humaine que se trouve la dignité commune à tous les hommes : les Esquimaux comme les Chinois, les Congolais comme les Apaches, les Français comme les Bochimans dont les femmes ont de la stéatopygie… La nature humaine est commune aux hommes et aux femmes, aux adultes et aux enfants. Bref, tu le vois, toi et moi sommes de même nature.
Mais quand on parle de la nature commune à Dieu le Père et à Dieu le Fils, tu le sais bien, Alfred, il ne s’agit plus de la nature humaine mais de la nature divine. Et là tu vois la différence : on dit que la nature humaine est commune à tous les hommes, mais on ne peut pas dire que la nature divine serait commune à tous les dieux, puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, comme nous le disons dans le Credo. Tout ce qui est Dieu ne fait qu’un. On pourrait peut-être dire que la nature divine est ce qui fait que Dieu est Dieu, mais Dieu est tellement différent de nous que nos expressions ne sont guère adaptées. En fait la nature divine est ce qui est particulier à Dieu. C’est donc vrai de dire que le Fils est de même nature divine que le Père, mais ce n’est pas suffisant : en fait le Fils ne fait qu’un avec le Père, tandis que toi et moi, Alfred, nous avons bien la même nature mais nous sommes deux êtres différents. Tandis que le Fils ne fait qu’un seul Dieu avec le Père et le Saint Esprit. C’est cela que veut dire « consubstantiel » : que les trois personnes de la Trinité ne sont qu’un seul être.
Maintenant, tu peux bien me demander pourquoi on utilise ce mot de « consubstantiel » pour dire que le Fils n’est qu’un seul être avec le Père. Je t’avoue qu’ici il y a une difficulté. Tu vois, Alfred, il y a un écrivain du XXème siècle, Thierry Maulnier, qui a dit « ‘Conservateur’, voilà un mot qui commence mal ! » Bon, tu souris, tu as compris. En fait cette syllabe vient d’un préfixe latin qui dérive de la préposition cum, qui signifie « avec » ; ensuite il y a la syllabe sub, qui signifie « en dessous de » ; et puis il y a un dérivé du verbe stare qui veut dire se tenir debout. On va commencer l’explication par ce dernier mot.
Stare a donné nos mots « station », « stable », etc. Ce verbe peut donc désigner non seulement ce qui se dresse debout, mais surtout, ici, il désigne quelque chose de stable, qui ne change pas. Il indique une permanence. Maintenant, l’addition de sub à stare indique que cette immobilité est fondamentale, puisque les fondations ou les fondements sont des choses situées en dessous, et dont dépend la stabilité de ce qui se trouve au-dessus. D’ailleurs tu te souviens qu’au catéchisme on t’a parlé de la substance à propos de l’eucharistie : la substance est ce qui ne change pas dans un être, et justement on parle de transsubstantiation pour dire que l’être fondamental du pain et du vin est changé : mais c’est un cas très particulier, seul un miracle peut changer la substance d’un être.
Bien, tu vois que dans « consubstantiel » on parle de quelque chose d’immuable, qui ne change jamais, ce qui est normal puisqu’il s’agit de Dieu. Alors quand on ajoute cum à « substantiel » on indique que cet être est dans une union, ou plutôt dans une unité fondamentale et immuable. Tu auras sans doute besoin d’y réfléchir encore, mais tu vois en tout cas que « consubstantiel », c’est bien plus que « de même nature ».
Merci, Alfred !
(A paraître bientôt sur Pageliasse.)
Votre dévoué Paterculus, juste pour donner un exemple d'homélie.
Et ici une petite réflexion marginale sur l'homélie.
( 941998 )Pourquoi les sermons sont ennuyeux par Super-Malouin (2022-03-04 02:33:16)
[en réponse à 941995]
Malgré le respect que je vous dois, Monsieur l’abbé, vous venez d’en donner le parfait exemple !
Intéressant à lire, un peu confus mais parfaitement sopo pour une homélie. Surtout si vous y faites de la grammaire !
( 941999 )Pas du tout d'accord par Etienne (2022-03-04 04:52:41)
[en réponse à 941998]
C'est didactique, la plupart y apprendra des choses, c'est suffisamment court pour que tout le monde ramène quelque chose à la maison. Moi je trouve ce sermon excellent.
( 942005 )Merci ! par Paterculus (2022-03-04 10:13:31)
[en réponse à 941999]
Il n'y a pas une once de grammaire dans ce sermon : seulement de l'étymologie.
Je crois que les sermons doivent expliquer les mots.
Un quinze août, je me suis trouvé sur une base aéronavale, pratiquement déserte vu la saison.
J'ai expliqué que le mot "Assomption" était proche du mot "assumer".
Quand on assume ses responsabilités, on les prends sur soi.
A l'Ascension, Jésus monte au ciel Lui-même, par sa puissance divine.
A l'Assomption, Jésus "assume" sa mère en ce sens qu'il la prend vers Lui.
Il y avait là un capitaine de frégate, breton, cinquante ans, qui avait connu le catéchisme à l'ancienne, avec questions et réponses.
Il était "célibataire géographique".
Il a été tellement frappé par cette explication que le soir il m'a dit avoir téléphoné à son épouse pour lui faire part de ce qu'il appelait mon "approche".
C'était une découverte pour eux deux.
Je suis persuadé que beaucoup de catholiques pratiquants n'adhèrent pas à certains dogmes, c'est parce qu'on ne les leur a pas expliqués (la résurrection c'est l'âme du Christ, qui n'a jamais cessé d'être unie au Verbe éternel de Dieu, qui reprend possession de son corps et le relève - resurgere - pour ne donner qu'un exemple ; et bien sûr cela exige qu'on ait aussi expliqué ce qu'est l'âme, etc.)
VdP
( 942006 )Sur la forme par Paterculus (2022-03-04 10:31:27)
[en réponse à 941998]
Je vous réponds sur le fond dans mon message à Etienne. Sa bienveillance s'y prêtait.
Sur la forme, souvenez-vous que vous avez lu un texte qui est fait pour être entendu.
Avant de le déclarer soporifique, tâchez de vous le présenter comme prononcé, avec les intonations qui conviennent, avec les silences qui permettent aux fidèles d'assimiler ce qui vient d'être dit avant de passer à l'affirmation suivante, etc.
Merci pour votre compliment : vous avez dit que cela vous a intéressé. N'est-ce pas le principal ?
N'est-ce pas ce qui soutient l'attention ? Et donc qui fait que ce n'est pas soporifique ?
Voyez-vous, je suis dans le clergé français un de ceux qui ont prêché devant les assemblées les plus variées.
Et partout mes sermons ont été appréciés.
Par les Coréens du camp américain de Manas, près de Bichkek ;
par les fidèles de la Montagne Saint Bernard, dans la banlieue de Saint Denis de la Réunion ;
par des militaires des armées françaises, de tous rangs, de toutes armes, de tous âges, en toutes sortes de circonstances ;
par des séminaristes congolais ou béninois ;
par les paroissiens de Gorée, devant Dakar, ou dans les banlieues de cette même ville ;
Devant les Bahavu de l'île Iko, dans la baie de Katana sur le lac Kivu ;
Devant les communautés francophones de multiples ports du Moyen-Orient ;
Et même dans des paroisses de France métropolitaine...
Et partout on a eu un avis différent du vôtre.
Votre dévoué Paterculus
( 942007 )C'est tellement évident ! par XA (2022-03-04 10:38:45)
[en réponse à 942006]
Le ton de l'orateur est évidemment extrêmement important. Dans un autre domaine, on le voit bien à l'occasion de la campagne électorale française.
Un bon sermon peut-être massacré par celui qui le prononce du fait même qu'il le lit sans détacher ses yeux de la feuille ou jamais regarder les fidèles. A contrario, un sermon un peu plus érudit peut être rendu accessible par celui qui le prononce du fait de sa capacité à le faire vivre, en recourant aussi à des anecdotes ou des rappels de scènes de la vie de tel ou tel saint. C'est donc un art complet.
Il me semble que certains ont plus de dons que d'autres. Ces derniers devraient alors travailler pour acquérir l'art oratoire. Et je crois que c'est bien un des aspects de l'enquête objet de ce fil de discussion, que de relever le fait que travail n'est pas toujours fait, notamment au sein des séminaires.
( 942018 )Nécessité de la grammaire dans les sermons par Paterculus (2022-03-04 13:42:40)
[en réponse à 941998]
Comme je le disais dans ma réponse à Etienne, il n'y a pas de grammaire dans le petit sermon que j'ai mis dans ce fil : seulement de l'étymologie.
Cela ne veut pas dire que je bannis absolument la grammaire dans les sermons : au contraire il y a des cas où elle est indispensable.
Par exemple, comment faire une catéchèse complète sur Credo in unum Deum ... et unam Ecclesiam sans faire de la grammaire ?
Car figurez-vous que cette formule credere in + accusatif n'existait pas en latin (ni son équivalent en grec) avant l'ère chrétienne. Pour indiquer que la foi n'est pas une adhésion extérieure à une idée, nos Pères dans la foi ont dû changer la grammaire : la forme in + accusatif indique un mouvement vers l'intérieur d'une réalité - ici la réalité, c'est Dieu Lui-même. Autrement dit il s'agit d'une adhésion personnelle qui nous incorpore en quelque sorte à Dieu.
Et il faut remarquer que la version latine du Credo n'est pas parfaite quand elle dit et unam ... Ecclesiam : l'original est grec, et il s'y trouve le mot eis qu'on aurait dû traduire par in mais qu'on a remplacé par et, alors que ce mot ne se trouve pas en grec (on aurait dans ce cas non pas eis, mais kai).
L'importance de ce détail se voit à ceci. Le futur Cardinal De Lubac (1), au début de ses Méditations sur l'Eglise, a écrit qu'on ne devait pas dire "je crois en l'Eglise, une, sainte, etc.", mais "je crois que l'Eglise est une, sainte, etc." Le texte latin permet cette interprétation, mais pas le texte original grec.
L'objection est la suivante : Dieu seul est objet de foi ; l'Eglise étant de l'ordre créé ne peut pas être objet de foi, l'expression "croire en l'Eglise" doit donc être rejetée.
La solution est sans doute la suivante : c'est le même acte de foi qui, en nous projetant en Dieu, nous projette en même temps dans l'Eglise en faisant de nous ses membres. Et donc la formule credo in Ecclesiam se justifie - il y a même un parallélisme entre credo in unum Deum et credo in unam Ecclesiam, simplement le in n'a pas exactement la même valeur si on le remet dans les deux contextes.
Bon, bien sûr, on n'est pas obligé de faire une catéchèse complète à des enfants qui préparent leur première communion, ni à des paroissiens peu familiarisés avec le contenu de la foi.
Mais quand les fidèles ont été amenés au bon niveau il ne faut pas hésiter à bien préciser les choses.
L'essentiel est donc de s'adapter, en faisant en sorte que les auditeurs aient toujours l'envie d'aller plus loin, et en se gardant donc de laisser croire que la réflexion est close.
VdP
(1) J'ai une grande admiration pour le Cardinal De Lubac, simplement là il s'est trompé. On a dû le lui faire remarquer, mais je n'ai pas lu le livre où il précise ce qu'il a voulu dire.
Malheureusement j'ai constaté que même des évêques avaient accepté son hypothèse sans sourciller...
( 942009 )Et que pensez-vous ... par Ion (2022-03-04 11:36:54)
[en réponse à 941995]
... cher Paterculus, de l'ancienne traduction anglaise "of one being with the Father" ?
Je la trouvais personnellement très pédagogique (*) même si l'avantage du consubstantiel est qu'il est désormais repris a priori dans la plupart des langues, recréant ainsi l'unité que donne le latin.
Ion
(*) "on utilise ce mot de « consubstantiel » pour dire que le Fils n’est qu’un seul être avec le Père" (Paterculus)
( 942015 )J'avoue n'y avoir jamais réfléchi ! par Paterculus (2022-03-04 13:06:28)
[en réponse à 942009]
Et malheureusement je crais de ne pas avoir le temps de la faire dans les jours qui viennent.
En cherchant la phrase entière, j'ai trouvé ceci, qui me paraît très intéressant.
VdP