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images/icones/carnet.gif  ( 941308 )«Il faut nous défaire de l'idée que nous devons évangéliser» (Mgr Vesco) par Cristo (2022-02-21 10:46:58) 

dixit le nouvel archevêque d'Alger ...

«Il faut nous défaire de l'idée que nous devons évangéliser»

Le 12 février 2022, Mgr Jean-Paul Vesco est devenu le nouvel archevêque d’Alger. A quelques jours de cet événement, il nous parle de la situation des catholiques en Algérie, davantage appelés à faire signe qu’à faire nombre. Et développe sa vision de la fraternité.

Laurence D’Hondt/Dimanche - Cath.ch



Jean-Paul Vesco a reçu la consécration épiscopale en janvier 2013, faisant de lui le nouvel évêque d’Oran. Depuis, l’homme s’est parfois senti isolé dans un pays où le prosélytisme est interdit et le nombre de fidèles réduit. Selon l’ONG Portes Ouvertes, ils ne seraient que 6’000 catholiques dans un pays qui compte 98,2% de musulmans. Les catholiques en Algérie sont essentiellement des étudiants ou migrants africains et quelques expatriés. A la question si souvent posée, «que faites-vous ici?», il apporte une réponse que lui inspire le pape François.

En ce mois de février, vous devenez archevêque d’Alger. Quel est le sens que vous voulez donner à votre nouvelle fonction?
Mgr Jean-Paul Vesco: Je serai archevêque d’Alger comme j’ai été évêque d’Oran. L’Église en Algérie vit sur une fracture entre deux mondes et cela participe à sa difficulté d’être là. Lors du voyage du pape François en Irak où il a rencontré l’Ayatollah Ali el-Sistani, la plus haute autorité chiite musulmane du pays, le pape a eu ces paroles: «Très souvent, il faut prendre des risques pour faire le pas de la fraternité. Il y a des critiques, on dit que le Pape est inconscient, qu’il fait des pas à l’encontre de la doctrine catholique…».

Ces paroles du pape François expriment très exactement ce que je vis et ressens: nous sommes d’abord des frères humains. Il a osé prendre le risque d’affirmer une fraternité humaine, au-delà des appartenances religieuses. Il montre ainsi que l’évangélisation se fait dans la fraternité et non dans la conversion. C’est révolutionnaire! Il affirme en quelque sorte que le baptême n’est pas la condition du salut.

Est-ce la réponse que vous apportez à votre rôle dans un pays musulman où la conversion n’est plus l’objectif…
Du fait de sa situation en terre musulmane, notre Église est sans cesse interrogée sur les raisons de sa présence. Pourquoi l’Église est-elle présente ici, dans un pays quasiment sans chrétien? Le 31 mars 2019, assis dans la cathédrale de Rabat, le pape François a rappelé que notre mission de baptisés n’était pas déterminée par l’espace que nous occupions, mais par la capacité que l’on a de susciter changement et compassion, par la manière dont nous vivons comme disciples de Jésus. Ainsi que l’a rappelé le pape Jean Paul II, «on ne demande pas à un signe de faire nombre». En d’autres termes, le nombre n’est pas l’indicateur de la fécondité d’une présence. Ou, pour le dire autrement, le problème n’est pas d’être peu nombreux; le problème serait de devenir ›insignifiant’.

Vous faites la distinction entre une Église confessante et une Église prosélyte. Pouvez-vous nous l’expliquer?
Nous sommes là, à la suite du Christ. Nous sommes confessants parce que nous ne cachons pas qui nous sommes: nous confessons l’existence de notre présence, dédiée en grande partie au service des autres. Mais, je tiens à souligner cette différence: nous ne sommes pas une ONG et nous n’avons pas d’action politique militante. Notre service aux autres se fait au nom de Dieu.

Dans votre lettre «Construire une fraternité», qui accompagne votre prise de fonction, vous soulignez que la fraternité n’est pas en soi, un rempart contre la violence. Elle peut même en être le creuset, comme nous le rappelle le meurtre d’Abel par Caïn…
La fraternité est une valeur humaine, viscérale. En terre musulmane, le mot frère a une acception précise: elle désigne l’appartenance à une même communauté culturelle et religieuse. C’est un terme qui a une dimension très communautaire. Ceux d’entre nous qui ont fait le choix de l’Algérie depuis des décennies savent bien que la force et la difficulté de leur témoignage dans ce pays réside dans le fait, tout à la fois, d’en être et de ne pas en être.

De même, les chrétiens natifs d’Algérie, s’ils ne vivent pas le même décalage culturel, font eux aussi la douloureuse expérience de la distance, y compris parfois avec leurs plus proches. Dans la discrétion, l’humilité et la compréhension, il leur faut redoubler de fraternité et résister à la tentation de se mettre à part. Si la fraternité humaine a besoin de limites, d’un «nous», pour exister, il me semble qu’elle doit aussi viser à son dépassement sauf à se condamner à l’enfermement.

Le défi pour nous est d’être à la fois frère de son frère et frère de tous les hommes. Tout l’enjeu de la fraternité me semble être de dépasser les limites dont la fraternité a en même temps besoin. C’est le passage nécessaire d’une fraternité reçue à une fraternité choisie. Cela est vrai aussi pour le chrétien: un bon chrétien qui n’est jamais sorti de sa communauté n’est pas chrétien pleinement.

L’Église protestante d’Algérie est en expansion. Elle s’ancre en Kabylie et se trouve dans une dynamique différente de la vôtre. Quelles sont vos relations avec cette Église?
Elles sont bonnes. Les Églises évangéliques répondent davantage à un schéma de pensée que l’on trouve dans la religion musulmane. Là où nous affirmons l’existence d’une fraternité universelle, les Églises évangéliques mettent en avant l’entrée dans une communauté à travers le baptême. En outre, les Églises protestantes ne sont pas considérées comme étrangères, puisqu’elles sont constituées essentiellement d’Algériens convertis. Nous sommes en quelque sorte plus «acculturés». Mais toutes les histoires de rencontre avec le Christ sont bouleversantes. Les Églises protestantes ne sont pas nos concurrentes. Elles ont aussi leur part de vérité qui peut-être nous échappe.

Concrètement, comment s’organise la vie chrétienne en Algérie?
Notre taille est modeste et aucun des prêtres ne consacre la totalité de son temps au service de la communauté chrétienne. C’est une chance qui nous est ainsi donnée de pouvoir vivre davantage une fraternité et une co-responsabilité qui ne fait pas trop cas de la distinction clercs-laïcs et permet à un étudiant venu d’Afrique de s’entretenir longtemps avec un évêque.

L’arrivée, depuis une vingtaine d’années, d’étudiants et de personnes en migration a pu faire craindre un recentrement pastoral sur la communauté chrétienne au détriment de la relation avec le monde algérien. Non seulement cela n’a pas été le cas, mais nos frères et sœurs étudiants ou en migration sont des acteurs privilégiés de la construction de la fraternité, une fraternité que nous vivons essentiellement avec les habitants de ce pays.

Vos activités sont essentiellement orientées vers le monde musulman qui vous entoure. Vous soignez, venez en aide, assistez vos voisins musulmans… Comment cela se passe-t-il?
Nous rencontrons quotidiennement des personnes qui nous disent connaître notre religion et savoir pourquoi elle n’est pas un véritable chemin vers Dieu. Il est difficile d’entendre ces discours avec le Coran comme argument irréfutable. En retour, méfions-nous de nous chaque fois que nous sommes tentés de porter un regard négatif sur l’islam. Il faut parvenir à nous défaire de l’idée que nous devons évangéliser, faire accéder les autres à notre vérité et accepter simultanément qu’il est peut-être aussi, dans l’islam, une part de vérité qui nous échappe.

D’autant que la majorité de vos partenaires sont musulmans…
Nous ne pouvons pas donner notre témoignage sans nos partenaires algériens musulmans. Ce sont les personnes qui portent avec nous la responsabilité de l’animation de nos centres, de nos activités, et même de notre vie ecclésiale. Ce sont tous les formateurs et formatrices, les femmes qui participent aux activités des ateliers d’artisanat, les étudiants qui travaillent dans nos bibliothèques, les parents des enfants qui nous sont confiés, les responsables d’associations avec lesquelles nous travaillons.
Peut-être doivent-ils braver des regards réprobateurs quand ils franchissent les portes de nos centres, quand ils nous confient leurs enfants pour des activités. Et pour cela, il leur faut aussi, comme nous, faire un grand saut dans la confiance et risquer la fraternité en actes. (cath.ch/cathobel/ldh/bh)

Bio express

Né le 10 mars 1962 à Lyon, Mgr Jean-Paul Vesco a d’abord exercé en tant qu’avocat d’affaires à Paris entre 1989 et 1995. Il entre ensuite chez les dominicains. Après une licence canonique en théologie de la Faculté catholique de Lyon, il est ordonné prêtre le 24 juin 2001.
Il s’installe ensuite en Algérie à Tlemcen (diocèse d’Oran) afin de refonder une présence dominicaine, six ans après l’assassinat de Mgr Pierre Claverie. En 2005, il est nommé vicaire général du diocèse. En décembre 2010, élu prieur provincial des dominicains de France, il revient à Paris. Le 1er décembre 2012, Benoît XVI le nomme évêque d’Oran. Le 27 décembre 2021, le pape François le nomme archevêque d’Alger.

Prosélytisme interdit
Selon l’organisation non gouvernementale Portes Ouvertes qui établit chaque année l’Index mondial des Chrétiens persécutés, l’Algérie, qui compte 98,2% de musulmans, est un des pays appartenant au monde arabo-musulman qui connaît le plus grand nombre de conversions. Une spécificité qui plonge ses racines en Kabylie, la vaste région d’Algérie de langue et de culture berbère.
Ce «réveil» chrétien en Kabylie remonte au début des années 1980. Les conversions ont commencé à se multiplier à l’occasion d’un épisode de guérison spectaculaire. La communauté est aujourd’hui organisée sous l’égide de l’Association de l’Eglise protestante d’Algérie (EPA). Mais après une période de liberté, l’étau a commencé à se resserrer sur ces convertis qui sont tous issus de famille musulmane. A cet égard, l’ordonnance du 28 février 2006 a constitué un tournant: en régulant la foi des non musulmans, elle a condamné tout prosélytisme qui serait de nature à ébranler la foi musulmane. Cette ordonnance empêche désormais la distribution de tout matériel appartenant à la foi chrétienne, telle l’Evangile ou même la Bible. Sur les 46 Églises membres de l’EPA, 16 sont aujourd’hui fermées par le gouvernement, y compris la grande Eglise Full Gospel Church de Tizi Ouzou, depuis octobre 2019. LDH

© Centre catholique des médias Cath-Info, 20.02.2022
images/icones/1b.gif  ( 941309 )Bah, un grand copain de Pontier et Aveline par Ptitlu (2022-02-21 10:48:22) 
[en réponse à 941308]

Dont la dernière grande idée était de faire lire des sourates dans le choeur de St Sulpice.
images/icones/croix.gif  ( 941311 )comme c'est triste et grave par Fran6 (2022-02-21 11:04:29) 
[en réponse à 941308]

" C'est pourquoi, toute personne qui se déclarera publiquement pour Moi, Je me déclarerai Moi aussi pour elle devant mon Père céleste ; mais celui qui Me reniera devant les hommes, Je le renierai Moi aussi devant mon Père céleste."

Prions pour les Judas de notre temps, qui contristent l'Esprit-Saint. Que Dieu sauve les âmes ! Et prions beaucoup pour les musulmans découvrant la Vérité et venant chercher le vrai Dieu au près des "catholiques" d'Alger et souvent violemment dissuadés. Que Dieu les assistent par d'autres moyens.

Quel monde ! Prions beaucoup !

Fran6
images/icones/2e.gif  ( 941316 )"le baptême n’est pas la condition du salut" par Semetipsum (2022-02-21 11:40:00) 
[en réponse à 941308]

Parlant du Pape : "C’est révolutionnaire! Il affirme en quelque sorte que le baptême n’est pas la condition du salut."
images/icones/carnet.gif  ( 941334 )profession d'apostasie publique en somme par Luc Perrin (2022-02-21 13:45:17) 
[en réponse à 941308]

C'est dans la ligne du personnage qui a un passé en la matière mais n'était pas allé aussi loin dans l'apostasie ouverte.

Pour mémoire, saint Paul VI a rédigé - en plus de la Bible et de toute la Tradition unanime pour le coup - un rappel vigoureux aux candidats à l'apostasie de son temps, déjà nombreux dans le clergé sous l'influence des délires issus de Karl Rahner, l'exhortation apostoslique post-synodale Evangelii nuntiandi (1975). L'archevêque d'Alger aurait grand profit à la relire pour éviter des propos d'apostat.

L'essentiel, que veut ignorer Mgr Vesco, est dit au n°5 alinéa 3 :

"Une telle Exhortation Nous est apparue capitale, car la présentation du message évangélique n’est pas pour l’Eglise une contribution facultative : c’est le devoir qui lui incombe, par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être sauvés. Oui, ce message est nécessaire. Il est unique. Il ne saurait être remplacé. Il ne souffre ni indifférence, ni syncrétisme, ni accommodation. C’est le salut des hommes qui est en cause. C’est la beauté de la Révélation qu’il représente. Il comporte une sagesse qui n’est pas de ce monde. Il est capable de susciter, par lui-même, la foi, une foi qui repose sur la puissance de Dieu[11]. Il est la Vérité. Il mérite que l’apôtre y consacre tout son temps, toutes ses énergies, y sacrifie, au besoin, sa propre vie."

On ne peut donc être le curieux "apôtre" qui ne consacre plus tout son temps, toutes ses énergies, au sacrifice éventuel de sa vie - le cas est notoire en Algérie - comme prétend l'être l'archevêque. Ce n'est plus être apôtre du tout.
images/icones/c_nul.gif  ( 941342 )Mgr Vesco renie Marc 16,15* ... par vistemboir2 (2022-02-21 14:58:05) 
[en réponse à 941308]

(*"[Jésus] leur dit : " Allez par tout le monde, et prêchez l’Évangile à toute créature."")

quand il ose affirmer :

"Il faut parvenir à nous défaire de l’idée que nous devons évangéliser, faire accéder les autres à notre [La ?] vérité (...)
Les Églises protestantes (...) ont aussi leur part de vérité qui peut-être nous échappe."


C'est à n'en pas douter une déclaration apostate, conséquence logique et inéluctable de Nostra Ætate, et plus globalement du relativisme introduit par Vatican II...

images/icones/neutre.gif  ( 941343 )Herméneutique de la rupture ? par AVV-VVK (2022-02-21 15:13:16) 
[en réponse à 941308]

A nouveau la question fondamentale.
images/icones/ancre2.gif  ( 941359 )Fondamentalement contraire à Vatican II ! par Paterculus (2022-02-21 18:23:06) 
[en réponse à 941308]

Qu'est-ce donc qu'un concile pastoral, sinon un concile destiné à mettre l'Eglise en ordre d'évangélisation ?

Cependant Monseigneur Vesco veut peut-être dire simplement que les conditions d'une évangélisation directe ne sont pas remplies, et que l'évangélisation ne peut se faire qu'indirectement, par le témoignage : ce fut l'option du Père de Foucauld, qu'il avait reprise aux Pères Blancs du Cardinal Lavigerie (mais à l'époque, c'étaient les gouvernements français qui interdisaient l'évangélisation, et la France en a été punie par une guerre atroce, de huit ans, dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences).

Mais dans ce cas, il faut être clair : le devoir d'évangéliser subsiste.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/mitre4.png  ( 941360 )Je me souviens du cardinal Decourtray par XA (2022-02-21 18:32:26) 
[en réponse à 941359]

déclarant lors de son passage à la regrettée Heure de Vérité sur Antenne 2, le 12 décembre 1988, « Notre but, à nous, Chrétiens, n’est pas d’évangéliser les musulmans ».
L’émission ne peut malheureusement être revue qu’en payant.
À l’époque, cette phrase m’a considérablement conforté dans mon choix de suivre la jeune Fraternité Saint Pierre.
images/icones/1i.gif  ( 941372 )Donc... quelle herméneutique ? par AVV-VVK (2022-02-21 19:33:31) 
[en réponse à 941359]

Comment peut un évêque être ne pas assez clair ??
images/icones/fleur.gif  ( 941386 )Petite correction par Quodvultdeus (2022-02-21 20:45:03) 
[en réponse à 941372]


Comment peut un évêque être ne pas assez clair ??



Cher AVV-VVK,
Vous écrivez habituellement dans un excellent français, mais là vous vous êtes emberlificoté dans une phrase à la fois négative et interrogative.

Permettez-moi donc de vous proposer une meilleure formulation :

Comment un évêque peut-il ne pas être assez clair ?

Est-ce bien cela que vous vouliez dire ?
images/icones/fleur.gif  ( 941392 )Merci par AVV-VVK (2022-02-21 21:08:14) 
[en réponse à 941386]

Ce fut le sens.
images/icones/neutre.gif  ( 941418 )Il y a cinquante ans par Sombreval (2022-02-22 11:11:53) 
[en réponse à 941308]

Louis Bouyer fustigeait déjà ces "catholiques épuisés qui prennent leurs propres abandons pour des ouvertures".

Dans cent ans, sauf imprévu, on aura les mêmes... Non pas des catholiques, encore moins des religieux, mais des "signes (?) qui ne sont pas là pour faire nombre". Dans toutes le entreprises du monde, les employés ont des objectifs à atteindre. Mais pas dans l'Eglise. La structure se suffit à elle-même. Elle devient autotélique*....

* def : une activité est autotélique lorsqu'elle est entreprise sans autre but qu'elle-même.
images/icones/carnet.gif  ( 941438 )"Le nouvel archevêque d’Alger contredit le Christ et saint Paul" par Cristo (2022-02-22 14:11:37) 
[en réponse à 941308]


Le nouvel archevêque d’Alger contredit le Christ et saint Paul
21 FÉVRIER, 2022
PROVENANCE: FSSPX.NEWS

Mgr Jean-Paul Vesco est le nouvel archevêque d’Alger. Evêque d’Oran depuis décembre 2012, il a été installé sur son siège archiépiscopal le 12 février dernier. A l’occasion de cette installation il a accordé un entretien au journal Dimanche.

Né en 1962, Jean-Paul Vesco entre dans l’ordre dominicain à l’âge de 32 ans après avoir été avocat d’affaires. Il passe quelques années en Algérie, puis revient en France, ayant été élu provincial des dominicains de France. Il est nommé évêque d’Oran par Benoît XVI en 2013.

Le pape François l’a nommé archevêque d’Alger en décembre 2021. Il a pris possession de son siège le 12 février dernier. A cette occasion il a donné un entretien à Laurence d’Hondt pour le compte du journal Dimanche (Belgique). Certaines de ses réponses sont pour le moins stupéfiantes.

Une étrange notion de l’évangélisation
Pour expliquer quel sera son rôle à la tête du diocèse d’Alger, le nouvel archevêque commence par citer le pape François lors de sa rencontre avec l’Ayatollah Ali el-Sistani : « Très souvent, il faut prendre des risques pour faire le pas de la fraternité. Il y a des critiques, on dit que le Pape est inconscient, qu’il fait des pas à l’encontre de la doctrine catholique. »

Puis l’évêque commente : « Ces paroles du pape François expriment très exactement ce que je vis et ressens : nous sommes d’abord des frères humains. Il a osé prendre le risque d’affirmer une fraternité humaine, au-delà des appartenances religieuses. Il montre ainsi que l’évangélisation se fait dans la fraternité et non dans la conversion. C’est révolutionnaire ! Il affirme en quelque sorte que le baptême n’est pas la condition du salut. »

Il y a un point sur lequel on peut être entièrement d’accord : « c’est révolutionnaire ! ». Car en effet, prétendre que l’évangélisation ne se fait pas dans la conversion est exactement contraire à ce que nous a enseigné Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné :

« Et Jésus s’approchant, leur parla ainsi : “Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé”. » (Mt 28, 18-20)

Ou bien encore : « Puis il leur dit : “Allez par tout le monde, et prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné.” » (Mc 16, 15-16)

Où il est bien clair, et c’est l’interprétation de toute la tradition, que l’évangélisation se fait dans la conversion et le baptême. Certes ce baptême peut être le baptême du sang, par le martyre, ou le baptême de désir, mais il faut nécessairement le baptême.

« Il faut parvenir à nous défaire de l’idée que nous devons évangéliser »
Mais le nouvel archevêque va encore plus loin. Il affirme, à l’occasion d’une question sur l’islam : « En retour, méfions-nous de nous chaque fois que nous sommes tentés de porter un regard négatif sur l’islam. Il faut parvenir à nous défaire de l’idée que nous devons évangéliser, faire accéder les autres à notre vérité et accepter simultanément qu’il est peut-être aussi, dans l’islam, une part de vérité qui nous échappe. »

Se défaire de l’idée que nous devons évangéliser… Saint Paul avait une autre conception. Voici ce qu’il nous enseigne : « Si j’annonce l’Evangile, ce n’est pas pour moi une gloire, c’est une obligation qui m’incombe, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! » (1 Cor 9, 16) Malheur à moi…

Mais en fait, il ne s’agit pas de saint Paul, il s’agit de l’Esprit Saint lui-même, puisque cette première épître aux Corinthiens fait partie du canon des livres sacrés inspirés par Dieu. C’est Dieu lui-même qui nous parle dans ces livres. De plus, il ne s’agit pas de « notre vérité », mais de Celui qui a dit « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 16, 6).

Ainsi, lorsque Dieu, par la bouche de l’Apôtre, nous enseigne que c’est une obligation d’évangéliser, particulièrement pour le clergé, et tout spécialement pour les évêques, Mgr Vesco nous affirme : « Il faut parvenir à nous défaire de l’idée que nous devons évangéliser ». Alors, qui croire ?

Un homme qui ne voit l’évangélisation que dans une fraternisation tout humaine, en excluant la conversion et même « en quelque sorte » le baptême ? Ou bien la Vérité incarnée, Jésus-Christ, Fils de Dieu et le Saint Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité ?

La devise de Mgr Vesco est : « Je veux vivre et donner envie de vivre ». Mais de quelle vie s’agit-il ? Il semble malheureusement qu’il ne s’agit pas de la vie divine, mais d’une pauvre vie humaine. Alors, malgré ses dénégations, l’archevêque d’Alger ne fait rien de plus que ce pourrait faire une ONG.

(Sources : cath.ch/Wikipedia – FSSPX.Actualités)
Illustration : © eglise-catholique-algerie.org

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