Le Forum Catholique

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images/icones/croix.gif  ( 940041 )Mort de l'historien Flavien Bertran de Balanda (1979-2022) par Vexilla Galliae (2022-02-04 12:34:24) 

Flavien Bertran de Balanda est mort subitement le 19 janvier dernier, à l'âge de 43 ans. Il était un grand spécialiste de la Contre-révolution et, plus particulièrement, du philosophe Louis de Bonald. Il était par ailleurs le chanteur et fondateur du groupe « punko-royaliste » Paris Violence, sous le pseudonyme de Flav'.

Requiescat in pace.

images/icones/neutre.gif  ( 940044 )[réponse] par Meneau (2022-02-04 12:41:41) 
[en réponse à 940041]

Ca veut dire quoi "punko-royaliste" ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 940063 )[Réponse²] par Vexilla Galliae (2022-02-04 16:39:27) 
[en réponse à 940044]

Faut-il vraiment expliquer ? Cela nous semble pourtant clair...

Punk-rock pour la forme, contre-révolutionnaire pour le fond : c'est un terme qui avait été utilisé en 2015 par le magazine Lys noir pour qualifier le groupe.
images/icones/carnet.gif  ( 940065 )Et le Lys Noir par Ptitlu (2022-02-04 16:50:59) 
[en réponse à 940063]

C'était feu Rodolphe Cervelle, qui avait beaucoup d'idées et était connu des services.

Il s'était aussi fait remarquer quand il a prêté sa plume à un journal local pointilliste de droite (mais pour le savoir il faut aller voir dans le 82, où tout a été renversé de nouveau avec une relaxe générale, suite au prochain épisode) en quête de lecteurs, un vrai feuilleton cette histoire. C'était à priori pour démonter Aliot, raté.

Bref, le Mezzogiorno français, c'est quand même beau.
images/icones/carnet.gif  ( 940151 )À propos de Bonald et de l'art par Peregrinus (2022-02-06 14:19:57) 
[en réponse à 940063]

Bonald a eu dans Du Divorce (1801), où il polémique avec les sinistres Idéologues, quelques lignes assez intéressantes sur la poésie, l'opéra, le théâtre et le roman et leur évolution au XVIIIe siècle.


Nos grands poètes du dernier siècle, ou ceux du nôtre qui appartiennent encore à cette époque mémorable de l’esprit humain, avoient marché à la lumière que de profonds penseurs, leurs contemporains, avoient répandue sur la nature de Dieu et de l’homme, et sur leurs rapports ; et ils avoient exprimé avec une perfection inimitable, l’homme, ses devoirs, ses vertus et ses passions. Dans notre siècle, où une triste idéologie, qui n’est qu’un chapitre de la science de l’homme, substituée à la haute et intellectuelle métaphysique de Platon, de saint Augustin, de Descartes, de Mallebranche, de Fénélon, de Leibnitz, a fait toutes nos idées avec nos sensations, et où les sciences physiques ont été presque exclusivement cultivées, la poésie a pris le même caractère. Elle a réussi à peindre les sens et la matière ; le genre badin, voluptueux et même obscène, ou géorgique et descriptif, l’a emporté sur le genre lyrique et dramatique. […]
C’est à ce même principe qu’il faut rapporter la tendance sensible, dans les ouvrages d’esprit de notre temps, à descendre de l’imitation de la nature noble et publique, à l’imitation de la nature domestique et familière. La tragédie héroïque, la haute comédie, le grand opéra, commencèrent en France sous Louis XIV ; le drame, sorte de tragédie bourgeoise, les vaudevilles, les opéras bouffons, sont des inventions de notre temps ; et déjà nous avons vu la comédie, attaquant non plus les ridicules ou les vices, mais les personnes mêmes, revenir à la licence satyrique des pièces d’Aristophane.
C’est surtout dans les romans, expression nécessaire des temps auxquels ils sont écrits, qu’on remarque la différence des deux époques. Dans un temps, c’étoient de grands personnages et de beaux sentimens ; dans le nôtre, ce sont des personnages obscurs et de petites passions.
Les uns ne parlent que de tendresse à immoler au devoir ; les autres que de plaisirs à préférer à tout : ceux-là racontent des entreprises, des aventures ; ceux-ci des intrigues ; et même lorsqu’ils ne parlent que d’amour, dans les premiers, c’est le cœur d’une dame à obtenir ; dans les derniers, c’est, tout à découvert, une femme à séduire ; et Clarisse ne passe, avec raison, pour le meilleur roman de notre temps, que parce qu’il est l’expression fidèle de nos mœurs ; car un livre suffit pour peindre un siècle.



Bonald parle surtout de la France, mais ce qu'il dit pourrait s'appliquer presque exactement à l'opéra italien et à ses transformations des années 1760-1770.

Je me demande bien ce que le vicomte rouergat aurait pu penser du punk royaliste et de Paris Violence.

Peregrinus
images/icones/croix.gif  ( 940150 )Bien triste nouvelle par Peregrinus (2022-02-06 14:06:32) 
[en réponse à 940041]

Je l'avais rencontré une fois au Centre d'histoire du XIXe siècle, où il était bien connu - notamment en raison de débats homériques avec des collègues dont les opinions étaient, on s'en doute, fort éloignées des siennes - et où on l'appelait "le Baron".

Puisse Dieu lui accorder sans tarder le lieu de la lumière, du rafraîchissement et de la paix.

Peregrinus