Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=939389

( 939389 )
Motu proprio : « Pourquoi chercher à éradiquer une mouvance qui est une source précieuse de conversions ? » par XA (2022-01-25 19:37:33)
« Loin d’être un rite de repli sur soi, le rite traditionnel est éminemment missionnaire, source de beaucoup de retours à Dieu et de nombre de vocations. » La tribune de Laurent Dandrieu en défense des catholiques traditionalistes dans la Croix.
" Dans une tribune publiée le 27 décembre dans La Croix, Mgr François Blondel s’en prend aux catholiques traditionalistes. Sa thèse est résumée dès le titre : la « violence réactionnaire » de leurs réactions au motu proprio Traditionis Custodes du pape François montre tout le bien-fondé de celui-ci. Notons que Mgr Blondel ne donne aucun exemple de cette « violence réactionnaire » : pour notre part, nous avons entendu des réactions blessées, un fort sentiment d’injustice, beaucoup d’incompréhension, de la colère même, mais rien qui puisse justifier cette expression.
Une sorte de réserve d’Indiens ecclésiale
Blessure, sentiment d’injustice, incompréhension, colère : ces réactions des traditionalistes devant le motu proprio Traditionis Custodes (partagées par beaucoup de fidèles qui ne fréquentent aucunement la liturgie traditionnelle) sont-elles illégitimes ? Mgr Blondel les accuse de ne pas supporter qu’on leur « fasse des remarques » : l’expression paraît faible pour qualifier les mesures extrêmement dures prises à leur encontre par le pape François.
En demandant aux évêques de ne pas autoriser de nouvelles célébrations traditionnelles, en exigeant que celles existantes soient chassées des églises paroissiales, en soumettant leur autorisation à un contrôle de la « conformité ecclésiale » de ces communautés (ce qui introduit à leur égard un soupçon de non-communion), en soumettant les nouveaux prêtres désireux de célébrer selon ce rite à une autorisation préalable de Rome (curieuse conception de la synodalité…), le pape dresse un véritable cordon sanitaire autour des traditionalistes, relégués dans une sorte de réserve d’Indiens ecclésiale. Jusqu’à extinction, puisque le pape précise dans une lettre aux évêques que le rite ancien ne sera autorisé que le temps dont ces fidèles auront besoin « pour revenir au rite romain ».
Une dureté sans trace de « sollicitude paternelle »
La raison de cette dureté ? Le rite traditionnel, écrit le pape, aurait été instrumentalisé pour rejeter le concile Vatican II et entretenir le « rejet de l’Église et de ses institutions » par des fidèles et des prêtres qui se considéreraient comme « la vraie Église ». Le ton est sec, disciplinaire, sans aucune trace de cette « sollicitude paternelle » affirmée par le Saint-Père au début de son motu proprio. Il justifie le sentiment de blessure et la colère, naturelle quand cette sollicitude à laquelle on vous reconnaît le droit vous est pratiquement déniée.
Quant à l’injustice, elle naît de cette description biaisée dans laquelle les traditionalistes ne reconnaissent rien de ce qu’ils vivent au jour le jour. L’expérience montre au contraire que, grâce à la libéralité du motu proprio Summorum pontificum promulgué en 2007 par Benoît XVI (et abrogé par celui de François), les catholiques « des deux rites » avaient cessé de se regarder en chiens de faïence, pour voir leurs ressemblances plutôt que ce qui les séparait. Contrairement à ce qui est dit, l’immense majorité des traditionalistes ne rechigne aucunement à fréquenter également le rite selon le missel de Paul VI. Dans les paroisses où les deux rites sont célébrés, on a appris à se connaître et à travailler ensemble.
Le rite traditionnel attire les jeunes
Le pape François parle de faire revenir au rite nouveau « ceux qui sont enracinés dans la forme de célébration précédente » : c’est oublier que le rite traditionnel attire un nombre impressionnant de jeunes, qui souvent reviennent à la foi catholique ou la découvrent par ce rite. C’est lui qui les a attirés au Christ, qui nourrit leur pratique, leur foi et leur spiritualité, c’est dans ce rite qu’ils trouvent la force d’accomplir les œuvres de charité et d’évangélisation auxquelles ils s’adonnent. Loin d’être un rite de repli sur soi, le rite traditionnel est éminemment missionnaire, source de beaucoup de retours à Dieu et de nombre de vocations.
Quant à l’accusation faite aux traditionalistes de se croire la « vraie Église », de rejeter l’Église et ses institutions, elle apparaît totalement fantasmatique à qui fréquente les paroisses diocésaines où est célébré ce rite, ou bien les communautés Ecclesia Dei, qui sont nées précisément du désir de vivre la liturgie traditionnelle en pleine communion avec l’Église universelle. La blessure n’est-elle pas ressentie si durement justement parce qu’elle vient du Saint-Père, qui est pour les traditionalistes comme pour tous les catholiques le pasteur suprême ?
Combat d’arrière-garde
« Dans la situation actuelle grave, lourde, l’incroyance, la mission nécessaire, la question des vocations, l’accueil des cultures, que veut dire ce combat d’arrière-garde ? » La question que pose Mgr Blondel pour « ringardiser » les traditionalistes, passibles de s’attacher à des débats d’avant-hier, on pourrait facilement la lui retourner : devant la gravité de la situation actuelle, où l’incroyance progresse à grands pas, où les vocations se réduisent drastiquement, où les ouvriers pour mettre en œuvre la mission à laquelle le Christ nous appelle sont bien trop rares, que veut dire ce combat d’arrière-garde consistant à rallumer une guerre de sensibilités et de liturgies entre les différentes chapelles de la Maison du Père ?
N’y a-t-il pas mieux à faire, vraiment, que de chercher noise à des catholiques qui ne demandent qu’à nourrir leur foi par un rite dont la sainteté a été éprouvée par les siècles, sans rien retirer à personne ? N’y a-t-il pas mieux à faire que de chercher à éradiquer une mouvance qui est une source précieuse et trop rare de conversions et de vocations ? N’y a-t-il pas plus urgent, à l’heure où l’image de l’Église est si altérée, que d’offrir le spectacle d’une division inutile en traitant en pestiférés des catholiques fidèles à Rome qui ne demandent qu’à vivre en paix de la spiritualité qui les élève vers Dieu ? « À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35)."
Laurent Dandrieu
A retrouver sur le site de La Croix en cliquant
ici.

( 939390 )
Probablement parce qu'ils ne veulent plus de conversions par Ptitlu (2022-01-25 19:42:51)
[en réponse à 939389]
Justement.
Puisqu'ils veulent renoncer à proclamer partout la primauté du catholicisme et de la vérité sur l'erreur.
Et qu'en pratique, ils se fichent de ne plus avoir de fidèles, ou que les églises soient vides.

( 939409 )
exactement par jejomau (2022-01-25 22:39:20)
[en réponse à 939390]
votre titre a parfaitement résumé la chose : on gêne !

( 939415 )
Ce qui gêne, c'est ce qui rend possible une comparaison. par Scrutator Sapientiæ (2022-01-25 23:31:51)
[en réponse à 939409]
Bonsoir jejomau,
Ce qui gêne, c'est ce qui rend possible une comparaison quelque peu défavorable à la cause du renouveau conciliaire.
Formulé autrement, ce qui précède revient à dire ce qui suit : le maintien en vie du catholicisme traditionnel équivaut au maintien en vie de tout un référentiel, qui est "coupable", en ce qu'il rend possible une comparaison, pas toujours très avantageuse pour le néo-catholicisme, notamment sur le plan liturgique.
Un autre aspect des choses doit être pris en compte : le maintien en vie d'un référentiel éclairant, exigeant, non amollissant ni attiedissant, mais fixe et stable, et aussi attractif, chez certains jeunes, contraste singulièrement avec un néo-catholicisme qui, dans certains domaines, s'éloigne de plus en plus, non seulement de ce qu'il a été de la fin des années 1920 à la fin des années 1950, mais aussi de ce qu'il a été sous Jean XXIII puis sous Paul VI, jusqu'à l'année 1968 incluse, en ce que l'année 1968 à été l'année de la Profession de foi et celle d'Humanae vitae, et a été la dernière année avant celle du début de l'entrée en vigueur du novus ordo missae.
Enfin, le néo-catholicisme a tendance à rendre acritique ad extra et amnésique ad intra, notamment dans l'ordre du croire ; or, comment voulez-vous et pourquoi voudriez-vous que des clercs qui fonctionnent d'une manière acritique ad extra et amnésique ad intra supportent ou tolèrent le maintien en vie d'un cadre de références non seulement critique ad extra et "mnesique" ad intra, mais aussi, ce qui n'est pas rien, propice, depuis plusieurs siècles, avant tout à la sainteté in Christo, et non avant tout à la "sympathie" in mundo ?
Bonne soirée.
Scrutator.

( 939423 )
Merci beaucoup par Roger (2022-01-26 07:56:48)
[en réponse à 939415]
Je trouve cette analyse très intéressante.

( 939428 )
C'est tout simplement par Leopardi (2022-01-26 10:06:13)
[en réponse à 939423]
le choix de l'avant ou après mai 68, l'ordre ancien ou le désordre nouveau.
Comme dans la vie civile.

( 939592 )
Ce qui gêne, c'est ce qui rend possible fécondité et fidélité. par Scrutator Sapientiæ (2022-01-28 21:49:18)
[en réponse à 939409]
Bonsoir jejomau,
N'oublions pas ce qui est aussi important que ce qui a déjà été évoqué : ce qui gêne, c'est aussi à ce qui contribue à de la fécondité surnaturelle et à de la fidélité théologale, qui plus est d'une manière "contra-positionnelle" à l'égard du laiser-aller doctrinal et spirituel ambiant.
Il est des sursauts qui ne peuvent pas être pardonnés, et qui ne peuvent être que condamnés par ceux qui sont chargés de gérer le déclin jusqu'à son aboutissement le plus envisageable, à vues humaines.
Bonne soirée.
Scrutator.

( 939424 )
Vous oubliez le "nerf de la guerre"... par vistemboir2 (2022-01-26 08:30:17)
[en réponse à 939390]
Et qu'en pratique, ils se fichent de ne plus avoir de fidèles, ou que les églises soient vides.
IIs se fichent sans doute de fidèles qui prient et vont à la messe, mais pas de ceux qui donnent au denier du culte ou leur font des donations. L'ennui, pour eux, c'est que ce sont souvent les mêmes...

( 939392 )
Intéressante façon... par Meneau (2022-01-25 20:12:50)
[en réponse à 939389]
de mettre à disposition l'intégralité d'un article de La Croix réservé aux abonnés...
Cordialement
Meneau

( 939393 )
Alors c’est fait sans la moindre malice ! par XA (2022-01-25 20:34:43)
[en réponse à 939392]
Je n’ai fait que copier coller le message de l’auteur sur LinkedIn!

( 939397 )
Effectivement par Meneau (2022-01-25 20:40:35)
[en réponse à 939393]
Si l'auteur lui-même publie l'article ainsi, on peut au moins présumer de son accord.
Cordialement
Meneau

( 939429 )
Un truc pratique pour les non abonnés par Leopardi (2022-01-26 10:09:13)
[en réponse à 939397]
Pour les non-abonnés, lorsqu'un article est disponible 2 secondes avant de disparaître suivi du message "réservé aux abonnés".
Tant que le message est visible, faites immédiatement Ctrl A puis collez dans une feuille word. Revoilà l'article.
C'est beau!

( 939445 )
Ctrl A ? par Candidus (2022-01-26 13:25:16)
[en réponse à 939429]
Aussi sur Mac ?

( 939471 )
Je ne suis pas de cette religion par Leopardi (2022-01-26 19:49:00)
[en réponse à 939445]
Désolé.
Google saura vous dire comment tout sélectionner d'un geste.

( 939478 )
Pour les membres de la secte par Candidus (2022-01-26 20:44:46)
[en réponse à 939471]
L'équivalent de Ctrl A sur PC est Cmd A sur Mac.
Ceci dit, êtes-vous sûr que cette manoeuvre suffit ? Vous sélectionnez certes l'intégralité de la page mais ne faut-il pas ensuite la copier par un Ctrl C ou cmd C (Mac) avant de pouvoir la coller avec un Ctrl V ou un cmd V (Mac) ?

( 939519 )
Ah ben oui par Leopardi (2022-01-27 15:39:36)
[en réponse à 939478]
J'ai écrit puis vous la collez, verbe qui pour moi incluait tout le processus de copier coller. Désolé si ce n'était pas clair.

( 940114 )
Vous pouvez aussi… par Luc de Montalte (2022-02-05 17:53:27)
[en réponse à 939429]
… utiliser une extension qui bloque les scripts divers et variés (dont ceux qui empêchent de voir l’article). Par exemple :
NoScript ; pensez à régler le mode par défaut en non bloquant, sinon il faut autoriser les sites au cas par cas. Ça permet aussi d’accélérer votre navigation sur les sites mal codés comme ceux de la presse trop souvent.

( 939394 )
N'est-il pas en accès libre ? par ptk (2022-01-25 20:35:19)
[en réponse à 939392]
Cet article apaisé et intelligent ?

( 939395 )
L'article original par Meneau (2022-01-25 20:37:33)
[en réponse à 939394]

( 939396 )
Le lien vers l'article sur le filet par ptk (2022-01-25 20:38:34)
[en réponse à 939394]

( 939400 )
Merci beaucoup par Roger (2022-01-25 21:46:41)
[en réponse à 939389]
Merci beaucoup pour cette incroyable tribune que La Croix a osé publier !
Deux observations
- les réformateurs ont moins confiance en eux...
- la légitimité de l attachement à la liturgie traditionnelle semble désormais admise...
Bref les choses évoluent dans le bon sens
« À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn XIII, 35).

( 939416 )
L'unique question à poser par Jean-Paul PARFU (2022-01-25 23:42:20)
[en réponse à 939389]
est : pourquoi le pape veut-il liquider la Tradition liturgique de l'Eglise ?

( 939419 )
La Tradition s'oppose à l'autorité, au renouveau et à l'unité. par Scrutator Sapientiæ (2022-01-26 06:13:25)
[en réponse à 939416]
Bonjour Jean-Paul PARFU,
La Tradition liturgique de l'Eglise, en elle-même, est réfractaire ou s'oppose à l'autorité du pape et des évêques, à la poursuite du renouveau néo-catholique post-conciliaire, et à la poursuite du cheminement en direction et au service de l'unité.
Par ailleurs, d'une part le maintien en vigueur de la Tradition liturgique est souvent considéré comme une anomalie, voire comme une pathologie, d'autre part le rapport le plus fréquent à cette Tradition, de la part des catholiques traditionnels, est souvent tenu pour propice à un refus, par eux, de l'esprit du Concile et de ses avatars successifs, enfin il n'est pas exclure que le pape se soit engagé à en finir avec ce qu'il reste de tridentinité, afin et avant de commencer à déployer la synodalite.
La tendance qui est à l'oeuvre, depuis V II, est une tendance à l'équivaluation, interconfessionnelle, interreligieuse et interconvictionnelle. On peut comprendre qu'un pape qui ne fait pas semblant d'être rupturiste veuille en finir avec une Tradition qui favorise un état d'esprit résilient, voire résistant, face à cette tendance.
Bonne journée.
Scrutator.

( 939420 )
Pourquoi l'autre type de rejet du Concile est-il jugé légitime ? par Scrutator Sapientiæ (2022-01-26 07:30:18)
[en réponse à 939389]
Bonjour XA,
Apparemment le crime impardonnable commis par les catholiques traditionnels n'est autre que "le rejet du Concile".
En l'occurrence, il s'agirait d'un rejet du Concile par rétrogradation tridentinisee, au contact des sacro-saintes intuitions prophétiques du Concile.
Mais pourquoi l'autre type de rejet du Concile, à savoir son rejet par amplification disproportionnée de ces intuitions prophétiques, est-il jugé légitime, ou, en tout cas, n'est-il pas jugé aussi illégitime que le type de rejet évoqué ci-dessus, alors que cette amplification est non seulement disproportionnée, mais aussi contre-productive, sous les angles de la fidélité doctrinale et de la fécondité spirituelle ?
Les papes qui sont allés encore plus loin que Paul VI, depuis l'intérieur et le sommet de l'Eglise du Concile, ou de l'Eglise du dialogue, ne sont-ils pas également allés plus loin que ce que le Concile, en tant qu'ensemble d'enseignements, prescrit, en tirant parti de ce que le Concile, en tant qu'événement, rend possible ?
Enfin, quid du refus, par le pape François, du rejet du Concile, par ignorance ou négligence plus ou moins volontaire, de la part de bien des catholiques qui, nés à partir du début des années 1980, s'intéressent assez peu au Concile des Trente glorieuses qu'est, à plusieurs titres, le Concile Vatican II ?
Pourquoi ne s'en prendre qu'à un seul type de rejet de Vatican II ?
Bonne journée.
Scrutator.

( 939422 )
Questions faciles par Roger (2022-01-26 07:55:53)
[en réponse à 939420]
Cher Scrutator il s agit de psychologie.
Les uns et les autres ont le concile en commun. Certes pour les uns le Concile suffit, et pour les autres il faudrait le completer par un autre. Mais ils ont une base commune. Les jeunes Woytila et Ratzinger étaient fiers d'avoir participé au Concile.
Ensuite n oubliez pas en passantvque de nombreux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle acceptent aussi Vatican II.
Enfin, la crise sanitaire l à rappelé, nos milieux sont devenus très méfiants à l égard des autorités instituées...alors que les ordinaires sont plutôt disciplinés.
Pour moi la vraie question serait plutôt : pourquoi sont ils à ce point attachés au dialogue avec les protestants, les juifs ou les musulmans...et si peu avec les traditionnels ? Cela étant sur ce point je sens une évolution...bienfait paradoxal de Traditionis custodes ?

( 939430 )
Vatican II: le pass sanitaire catho par Leopardi (2022-01-26 10:14:27)
[en réponse à 939422]
Que voulez-vous dire concrètement par:
de nombreux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle acceptent aussi Vatican II
Qu'acceptent-ils concrètement dans le concile? Tout le concile?
C'est quoi Vaticandeu?
J'aimerais qu'enfin on me dise: j'adhère à cet texte, tel autre, tel aspect ou action que V2 a permis et que V1 ne permettait pas, etc...
J'ai l'impression que cette acceptation est une formule rituelle mais vide. Une sorte de mot de passe ou de pass liturgico sanitaire.

( 939456 )
Non par Roger (2022-01-26 15:24:05)
[en réponse à 939430]
Il faut savoir que la moitié environ des fidèles ED sont issus de la forme ordinaire- de même la moitié des séminaristes ED. Ils adhérent,bon gré mal gré, au magistère des papes récents. Simplement ils préfèrent la liturgie traditionnelle pour des raisons diverses...
L autre moitié à refusé les sacres de 1988 et respectent l autorité de la hiérarchie visible de l Église.
Un écart se creuse avec la FSSPX qui reste très hostile au Concile Vatican II.

( 939425 )
Ils veulent éradiquer la messe traditionnelle par Pétrarque (2022-01-26 09:31:01)
[en réponse à 939389]
...parce qu'elle est catholique, au sens plein et traditionnel du terme.
Elle n'est pas oecuménique, elle n'est pas protestanto-compatible, pas assez horizontale, pas assez adaptable à toutes les pitreries toutes plus impies les unes que les autres qui jalonnent depuis 50 ans la mise en place de la nouvelle messe.
Les tenants du NOM, dont certains persistent à venir ici tenter de nous faire avaler leur soupe frelatée, sont incapables de compter sur les doigts des deux mains les endroits et les moments où celui-ci est -ou a été- célébré depuis 1969 dans un sens pleinement traditionnel.
On voit mal comment quelque chose d'intrinsèquement vicié pourrait être, une fois institutionnalisé et dans un contexte de fuite en avant et d'impiété généralisée, célébré vertueusement...
La messe traditionnelle est la butte-témoin de la persistance de la Tradition catholique, donc elle n'est pas acceptable pour la Rome moderniste.
Pour cette raison même, l'attachement à cette messe de tout traditionaliste conséquent est irrévocable, puisqu'il s'enracine dans la Foi.
Tout chantage à l'obéissance et à la soi-disant communion est donc nul et non avenu, tout comme le sont les prétendues sanctions canoniques qui découleraient d'un maintien de la Tradition envers et contre la Rome moderniste.
Être suspens ou excommuniés par des gens qui, jusqu'en 1962, auraient été mis au ban de l'Eglise et rangés parmi les hérétiques et les schismatiques, voilà plutôt un titre de gloire...
Quant à savoir si l'on peut se contenter d'un strapontin dans le zoo conciliaire, la situation actuelle en montre assez la précarité et la contradiction...

( 939431 )
Oui merci Pétrarque ! par Jean-Paul PARFU (2022-01-26 10:15:01)
[en réponse à 939425]
Tout est dit et bien dit ! Excellent !

( 939433 )
Comme d'habitude... par Fennec (2022-01-26 10:40:45)
[en réponse à 939425]
Vous avez parfaitement tout résumé, avec des formules tout-à-fait adéquates !
En particulier :
Être suspens ou excommuniés par des gens qui, jusqu'en 1962, auraient été mis au ban de l'Eglise et rangés parmi les hérétiques et les schismatiques, voilà plutôt un titre de gloire...
Merci Pétrarque !

( 939464 )
Convergence paradoxale par Roger (2022-01-26 18:07:59)
[en réponse à 939425]
La FSSPX et les réformateurs radicaux convergent pour défendre la thèse du Concile rupture !
A côté de cette convergence des extrêmes existe une thèse intermédiaire selon laquelle les réformes effectuées par le second Concile Vatican s inscrivent dans une forme de continuité et doivent donc etre interprétées en recherchant l harmonie avec la Tradition.
C est par exemple la ligne des dominicains de Chemere !

( 939470 )
Haha ! par Jean-Paul PARFU (2022-01-26 19:47:50)
[en réponse à 939464]
Ah, cher Roger ! Vous êtes tellement prévisible.
Vous êtes l'homme du juste milieu contre les extrêmes, l'homme de la respectabilité bourgeoise et du propre sur soi.
Politiquement, vous vous situez entre le Modem et l'Udi, entre Pécresse et Macron. Vous votez Valérie Macron !
Vous êtes pour l'union du centre, car comme le disait votre maître à tous VGE : "Les batailles che gagnent au chentre !"
Vous êtes le prince de l'eau tiède ! Mais rappelez vous aussi ce que le Christ dit des tièdes.

( 939501 )
Je vous rassure je suis de ceux là par Jerailu (2022-01-27 05:19:45)
[en réponse à 939470]
mais je suis loooooin de la bourgeoisie. Nous existons.
In Christo,
Jerailu.

( 939480 )
Cette ligne n'est-elle pas de plus en plus difficile à soutenir ? par Candidus (2022-01-26 21:17:11)
[en réponse à 939464]
Les tenants d'une herméneutique de continuité affirment que si le magistère vivant soutient une interprétation traditionnelle de Vatican II, nous ne pouvons pas lui opposer notre interprétation rupturiste qui relève du libre examen, mais quid si le magistère vivant soutient lui aussi une interprétation rupturiste de Vatican II ?
François est en train de priver les wojtylo-ratzingeriens du socle sur lequel repose leur conservatisme.
Les conservateurs soutiennent que Vatican II ne peut pas constituer une rupture parce que toute rupture magistérielle aussi bien diachronique (dans le temps) que synchronique (dans le moment présent) est inenvisageable.
Et puis voilà que les conservateurs se retrouvent en dissidence synchronique avec le magistère vivant à l'instar des traditionalistes qu'ils dénoncent (dénonciation de plus en plus discrète certes, mais dont on a encore entendu un faible écho dans la dernière intervention du Cardinal Burke).

( 939484 )
Merci par Peregrinus (2022-01-26 21:44:44)
[en réponse à 939480]
C'est un excellent résumé du problème de la ligne continuiste. Sauver le Concile pour mieux perdre le magistère vivant des papes chargés d'en fournir l'interprétation authentique, cela n'a guère de sens.
Peregrinus

( 939505 )
Convergence conséquente au contraire... par Pétrarque (2022-01-27 08:57:39)
[en réponse à 939464]
La FSSPX et les réformateurs radicaux convergent pour défendre la thèse du Concile rupture !
Le Concile-rupture n'est pas une
thèse, cher Roger.
C'est une
réalité constatable, d'abord -et dès octobre 1962- dans
la mise en route des débats conciliaires eux-mêmes.
Ensuite, tout au long du Concile,
le fond et la forme des débats, qu'orientent
les moyens et
la stratégie des novateurs, incarnent également une rupture patente.
Par ailleurs,
la vitesse avec laquelle les orientations conciliaires se traduisent par
des réformes rapidement outrancières traduisent à l'évidence une rupture complète.
Comparez simplement ce qui se fait dans la liturgie en 1966 avec ce qu'elle était en 1962... Quel précédent, dans l'histoire de l'Eglise, d'une rupture aussi
rapide, aussi
complète, et, en dernière instance, aussi
impie ?
Enfin, la ligne réformatrice choisie par le Vatican, les allocutions de Paul VI (
Humanae Vitae apparaît bien,
paradoxalement mais assez largement, dès sa publication et pour des épiscopats entiers, comme une
incongruité , comme une
rupture avec "
l'esprit du Concile") et la conduite des autorités à l'encontre des tenants de la Tradition achèvent de matérialiser le Concile-rupture.
Vatican II est bien plus qu'une
rupture. C'est une
révolution. Et elle est logiquement vue comme telle, à la fois par ses promoteurs et pas ses détracteurs.
Entre les deux, une position de
compromis est singulièrement difficile à tenir, l'échec de la ligne de Benoît XVI venant signer cette évidence. Il y a en revanche une large place pour les
compromissions.
Le paradoxe n'est donc pas où vous le voyez, mais bien dans le fait de vouloir rendre traditionnel quelque chose qui ne peut pas l'être, et cela
dès son intention première.

( 939507 )
Ce que beaucoup ne saisissent pas par Jean-Paul PARFU (2022-01-27 10:06:51)
[en réponse à 939505]
Et pour différentes raisons : modernisme bien sûr, mais aussi conception absolutiste de la papauté, temps qui passe et habitude de cette situation, oubli de la normalité antérieure, volonté de rester dans les courants "mainstream" et d'avoir la paix, de paraître raisonnable, c'est qu'un concile ne peut pas être réuni pour adapter l'Eglise au monde et qu'on ne peut supprimer la liturgie traditionnelle et la remplacer par une liturgie fabriquée.
Et merci encore Pétrarque pour vos posts.

( 939604 )
Ni que même un concile oecuménique, par ptk (2022-01-28 23:53:23)
[en réponse à 939507]
détourné par une camarilla bien organisée, peut rester sourd aux inspirations du Saint Esprit et poursuivre des buts étrangers à Ses volontés.

( 940107 )
Le caractère contre-nature de V II est rarement bien compris par Scrutator Sapientiæ (2022-02-05 12:58:10)
[en réponse à 939507]
Rebonjour,
Vou avez bien raison .
J'ajoute ce qui suit.
Vatican II n'est pas un concile porteur de définitions assorties de condamnations, dans le domaine de la dogmatique, ni un concile porteur de régulations assorties de sanctions, dans celui de la discipline.
Or il se trouve que les mêmes clercs, qui n'auraient évidemment pas supporté un concile Vatican II qui aurait été disciplinant ou dogmatisant d'une manière tridentine, confèrent à ce concile une autorité, une importance, une influence non seulement considérables, mais aussi non négociables.
Pour eux, la dynamique que Vatican II a autorisée ou rendue possible fait manifestement bien plus autorité que les dogmes catholiques et les vertus chrétiennes, tels que celles-ci et ceux-là peuvent et doivent être compris, quand on les prend pleinement au sérieux, d'une manière un tant soit peu propice à la vigilance voire à la résistance ad extra, face à une évolution des mentalités qui n'est pas d'inspiration chrétienne ni même d'inspiration humaniste.
Rien que cela, je répète, RIEN QUE CELA, devrait nous mettre en vigilance sur l'ampleur et la portée du caractère contre-nature du concile Vatican II, non seulement par rapport à bon nombre de conciles antérieurs, mais aussi en tant que concile non avant tout oecuménique, mais avant tout oecuméniste, ce qui n'est pas la même chose.
Et le simple fait que fort peu de catholiques réfléchissent d'une manière un tant soit peu approfondie sur l'aspect des choses évoqué ci-dessus en dit assez long sur le coma mental, ou sur l'hébétude inclusive, qui sévit aujourd'hui.
Bonne journée.
Scrutator.

( 940113 )
Intéressant mais... par Roger (2022-02-05 17:51:30)
[en réponse à 940107]
J hésite à vous suivre
Vatican II avait pour objectif d adapter l Église aux besoins des hommes des années 60 en sauvant ce qui pouvait l être de la Tradition
Aujourd'hui les réformateurs veulent rompre entièrement avec la Tradition et se soumettre entièrement aux caprices de nos contemporains : anti racisme, écologie, féminisme, homosexualisme...

( 940131 )
Je souligne le caractère paradoxal de l'autorité du Concile. par Scrutator Sapientiæ (2022-02-06 09:03:14)
[en réponse à 940113]
Bonjour Roger,
Je me suis contenté de pointer du doigt le caractère paradoxal de l'autorité du Concile : comment se fait-il que des hommes d'Eglise qui ont voulu une telle plate-forme magistérielle, ni dogmatisante, ni disciplinante, et dans laquelle ne figure aucun enseignement organique sur la foi catholique et sur la morale chrétienne, aient également voulu que cette plate-forme magistérielle fasse autorité en plénitude, en ce qu'elle permet la poursuite du déploiement de toute une dynamique ?
Par ailleurs, vous semblez distinguer entre une logique d'adaptation en surface de l'Eglise catholique au monde contemporain, logique qui semble avoir été elle du Concile Vatican II, et une logique de conformation en profondeur de l'Eglise catholique au monde contemporain, logique qui semble être celle du pontificat actuel.
Certes, des textes tels que l'encyclique Ecclesiam suam et le Discours de Paul VI à l'ONU ne sont pas des documents du Concile, mais enfin ils sont contemporains su Concile et ils émanent du pape du Concile.
Or, ces deux textes ont amplement contribué au passage, néo-catholique post-conciliaire s'il en est, de la logique d'adaptation à la logique de conformation évoquée ci-dessus, même si les papes de l'après-Concile ont tenu bon, à tout le moins officiellement, sur la foi catholique et sur la morale chrétienne, au moins jusqu'à la probable éviction de Benoît XVI.
Pour conclure, je reviens un instant sur le caractère paradoxal de l'autorité du Concile, ce caractère paradoxal devant pouvoir nous mettre la puce à l'oreille sur la vraie nature du nouveau régime ecclesial qui est à l'oeuvre : nul ne conteste l'autorité effective dont bénéficient Dignitatis humanae et Nostra aetate, depuis 1965, or il se trouve que ces deux textes ne sont pas des constitutions dogmatiques ni même des décrets d'application, mais sont seulement des déclarations pastorales.
N'est-il pas suspect que, depuis 1965, de tels textes bénéficient d'une autorité effective qui devrait plutôt bénéficier aux deux constitutions dogmatiques que sont Dei verbum et Lumen gentium ?
Bon dimanche.
Scrutator.

( 940133 )
Très intéressant par Roger (2022-02-06 09:19:05)
[en réponse à 940131]
Vos observations sont très importantes et j ai du mal à y répondre.
Peut être faut il voir une division parmi les conciliaires entre un parti de l ordre attaché à une lecture modérée des textes ? Et un parti du mouvement attaché (comme Mgr lefebvre!) A voir surtout les ruptures.
Quant à Paul VI il a été dans les deux camps : rupture au début puis ordre vers 75. Tout en notant que ce pape croyait exprimer ce qui aurait été la vraie Tradition de l Église- celles de Sainte Thérèse contre celle de Pie IX .
Maintenant les réformateurs se moquent bien du Concile dont ils ne lisent et ne citent jamais les textes...