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images/icones/abbe4.gif  ( 939003 )Le Père Georges Babolat, ancien supérieur des Chartreux, accusé de pédophilie ? par Bernard Joustrate (2022-01-21 11:00:57) 



Encore un prêtre lyonnais, ancien supérieur des Chartreux, accusé de pédophilie

TRIBUNE DE LYON - 21 JANVIER 2022, 10H19

Deux femmes ont mis en cause le père Georges Babolat, au cours d’une très discrète enquête préliminaire diligentée par le parquet de Lyon entre 2019 et 2020. À la suite de l’affaire Preynat, les plaignantes ont dénoncé des attouchements de l’ancien supérieur de l’institution des Chartreux, subis lors d’une colonie indépendante de l’établissement. Le dossier a été classé sans suite par extinction de l’action publique suite au décès du prêtre en 2006.

Une autre affaire initiée par des accusations post-mortem, risque de secouer le monde catholique lyonnais. Après la vague de révélations sur les agressions sexuelles du prêtre Louis Ribes, surnommé le Picasso des églises, vingt-huit ans après sa mort, d’autres voix mettent en cause une éminente personnalité du catholicisme lyonnais : le père Georges Babolat, ancien directeur de l’institution scolaire lyonnaise des Chartreux, accusés d’attouchements sexuels, treize ans après son décès, et plus de trente ans après les faits présumés.

Selon les informations exclusives de Tribune de Lyon, l’évêché de Lyon a été informé en 2016 par la mère d’une victime présumée, sur les suspicions pesant sur l’ancien prélat. Selon elle, il se serait livré à des attouchements sur des fillettes qui étaient âgées d’une dizaine d’années, dans les années 90. Les faits supposés se seraient déroulés dans le cadre d’une colonie de vacances située en Haute-Savoie, éloignée et indépendante des Chartreux, animée puis dirigée par Georges Babolat durant une quinzaine d’années.



Mgr Barbarin écrit : « Pardon au nom de toute l’Église pour ce scandale »

En réponse au courrier, le cardinal Philippe Barbarin lui a demandé « pardon au nom de toute l’Église pour ce scandale », en affirmant la nécessité « d’opérer une grande purification de la mémoire », et en promettant d’ouvrir les archives. Mais aucun élément n’est revenu à la mère de famille. Du coup, elle s’est adressée en avril 2019 au procureur de la République, et le parquet de Lyon a diligenté une enquête préliminaire, malgré le décès de l’homme mis en cause nommément.

Selon l’évêché, joint par Tribune de Lyon, “depuis le signalement de 2019, aucun autre témoignage ne s’est manifesté” auprès de l’institution, “même après le rapport de la CIASE, aucun cas supplémentaire n’a été rapporté“.

Georges Babolat, une haute personnalité de la société lyonnaise

Durant l’enquête, deux femmes entendues par les enquêteurs ont confirmé avoir subi des attouchements dans l’infirmerie de la colonie de Haute-Savoie. Un chargé de mission de l’évêché a été entendu. L’actuelle direction des Chartreux aussi, indiquant qu’aucun signalement n’était apparu au sein de l’établissement, et que les faits en cause se situaient dans une colonie sans lien avec l’école. La mise en cause posthume de Georges Babolat risque de provoquer un nouveau séisme, tant sa personnalité a marqué l’enseignement et la société catholique lyonnaise.

Après le séminaire en 1960, le père Babolat a dirigé les Chartreux durant 23 ans, jusqu’en 2001. Il a triplé le nombre d’élèves dans l’établissement synonyme d’excellence, et obtenu la Légion d’honneur à son départ à la retraite. À ses funérailles en 2006, présidées par le cardinal Barbarin, les hommages ont afflué de toutes parts, décrivant une personnalité engagée, paternaliste, appréciée de la communauté catholique.

Une victime : « Je n’ai rien dit, j’avais peur que tout cela se retourne contre nous »

Après un an d’investigations, le parquet a classé l’affaire sans suite, par extinction de l’action publique en raison du décès de l’auteur présumé, et faute d’avoir pointé une possible complicité. « Je n’ai rien dit, rien dénoncé. J’avais peur de me tromper. J’avais peur que tout cela se retourne contre nous. Il était le supérieur des Chartreux. Comment faire pour que cela ne se retourne pas contre ma fille ? », dit la mère à l’origine du signalement au parquet, contactée par Tribune de Lyon.

« Combien de petites filles ont subi ça ? »

« Je veux en parler pour que ça puisse aider d’autres à en parler, que cela ne se reproduise plus, mais je ne veux pas en faire un monstre, personne n’est tout noir », nous confie une des deux plaignantes, entendue durant l’enquête. « Si j’avais parlé à l’époque, j’aurais peut-être évité d’autres victimes. Il nous avait sous la main, des proies faciles, combien de petites filles ont subi ça ? Chaque été, pendant des années… », se demande la seconde victime entendue. Désormais mères de famille, les deux jeunes femmes souhaitent raviver le passé, même lointain, pour que « la société traite mieux ses enfants ».

Richard Schittly
images/icones/1i.gif  ( 939005 )Moui par Alexandre (2022-01-21 11:48:07) 
[en réponse à 939003]

Je ne connais pas l'affaire ni le prêtre, mais c'est facile d'accuser un mort : il ne pourra pas se défendre !
images/icones/carnet.gif  ( 939006 )Dans ce coin on n'a pas fini d'en trouver des affaires par Ptitlu (2022-01-21 12:04:37) 
[en réponse à 939003]

Que ce soit Lyon, St Etienne, Grenoble, Viviers (qui était aussi un lieu de vacances pour des religieux extérieurs au diocèse, souvent assez loin dans les collines, avec encore moins de contrôle), le Puy...
images/icones/neutre.gif  ( 939012 )Encore les RG ? par Roger (2022-01-21 13:57:42) 
[en réponse à 939006]

Ou le KGB ?

Bizarres ces allégations...
images/icones/carnet.gif  ( 939015 )Il suffit déjà par Ptitlu (2022-01-21 14:14:39) 
[en réponse à 939012]

De comparer ce qui est sorti dans les médias et les chiffres des diocèses (nombre de victimes qui se sont fait connaître et d'auteurs connus).

Il y a de la marge.

Par ailleurs à Grenoble et dans le diocèse d'Ardèche aussi, il y a relativement peu de chiffres officiels alors que diverses affaires existent et ont plus ou moins été enfouies dans les mémoires locales. Certaines ont aussi fait l'objet de diverses publications, ailleurs, puisque les responsables étaient d'autres diocèses/pays et venaient là en vacances.

Par ailleurs à l'échelle du pays on peut maintenant affirmer qu'il y a au moins un "Chavagnes" par diocèse, voire deux ou trois pour les plus grands, autrement dit un cas de masse (deux déjà rendus publics pour le diocèse de Lille), donc il suffit de mettre dans une colonne le nombre de diocèses, voire de "Chavagnes" potentiels et dans une autre ceux qui sont déjà sortis pour avoir une idée précise de ce qui reste à connaître, même en étant optimiste (c'est à dire un et pas deux ou trois par diocèse).

Spoiler : en Isère il y a au moins deux Chavagnes potentiels, et un certain dans le diocèse d'Avignon.

Tout de suite, les chiffres de la CIASE s'expliquent beaucoup mieux. Et j'ai des billes, oui.