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images/icones/carnet.gif  ( 938623 )Tensions autour des traditionalistes : querelle de clocher à l'abbaye de Lagrasse (La Dépêche) par Bernard Joustrate (2022-01-17 10:24:20) 

Tensions autour des traditionalistes : querelle de clocher à l'abbaye de Lagrasse


42 chanoines vivent à l’abbaye. Moyenne d’âge, 42 ans quand celle des prêtres est de 68 ans en France.

À Lagrasse, une communauté de chanoines traditionalistes ne fait pas l'unanimité. Elle est au cœur de tensions avec les catholiques modérés mais aussi avec des habitants du village. La parution d'un livre vendu au bénéfice de la rénovation de l'abbaye a mis de l'huile sur le feu. Il est question d’une reconquête théologique et politique qui dépasse de loin les frontières de l’Aude. En filigrane, les attaques contre le pape François, la remise en cause du Concile Vatican 2, et des chanoines qui se font sonner les cloches. Reportage.

Nicolas Diat, l’éditeur de la droite ultra-conservatrice, s’est offert un beau cadeau de Noël. Après avoir publié les frères de Villiers et le cardinal Robert Sarah – hostile au pape François – il a convaincu 14 écrivains de passer trois jours à l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude. À la clé, « Trois jours et trois nuits », un ouvrage collectif tendance « réac » édité par Fayard-Julliard, propriété du très catholique Vincent Bolloré. Pas vraiment du goût des progressistes. Même au sein de l’Eglise, on s’inquiète de voir ainsi mis en avant les chanoines de Lagrasse qui, pour cet évêque d’un département voisin, « pensent que l’avenir de l’Eglise et l’avenir du monde passent par une forme de retour en arrière au plan liturgique et politique ».

Des prêtres gênés

Ces accusations ne sont pas nouvelles. En atteste la lettre adressée par les prêtres du Narbonnais à l’évêque de Carcassonne en 2017, après une réunion qui s'est tenue le 13 décembre 2016. À l’époque, ils dénonçaient pêle-mêle « fondamentalisme biblique », « confessions à la Port-Royal », « réticences par rapport à la concélébration » et autres « allergies aux lectures bibliques faites par des fidèles laïcs ».



Dès 2017, les prêtres du Narbonnais ont alerté l'évêque de Carcassonne sur l'attitude des chanoines de Lagrasse.

Depuis, les chanoines s’étaient faits discrets en dehors de leur traditionnel footing et de quelques parties de foot en soutane – petits ponts interdits – sur le terrain communal. Patrick Boucheron, un historien spécialiste du Moyen Âge et de la Renaissance, membre de l’association Le Marque-Page qui occupe la partie publique de l’abbaye, avait même constaté que les chanoines avaient « épuré » les rayons de leur librairie ouverte au public. « Il y a 5 ans, on y trouvait toute la littérature d’extrême droite, anti-avortement, pro-life. Ils essaient de faire le ménage. »
Mais voilà que la sortie du livre « Trois jours et trois nuits » et le chantier de rénovation de l’abbaye les ont remis sur le devant de la scène pour le meilleur et pour le pire. Depuis, les commentaires vont bon train.

Une laïque aujourd’hui âgée de 65 ans et très impliquée dans la paroisse confirme que rien a changé pour les légalistes fidèles à l’esprit du Concile Vatican 2, c’est-à-dire qui célèbrent la messe en français et face aux fidèles, à l’inverse des chanoines qui célèbrent en latin et de dos depuis leur arrivée au village en 2004. « Il y a des chanoines qui sont adorables, dit-elle. Mais pleins de prêtres ont beaucoup de mal avec eux. Ils ne les comprennent pas. » Alors pour la Dépêche, les chanoines ont accepté de répondre aux critiques, y compris celles sur leur attitude depuis le début de la pandémie.

Les chanoines répondent aux critiques

Ils célèbrent dos aux fidèles et en latin, oui. « Ainsi, nous sommes tous tournés vers l’Orient (1), explique le Père Michel. Mais toute la liturgie de la parole est tournée vers les fidèles. Les lectures et l’homélie se font en français. Et on adhère à Vatican 2, sans aucune retenue. » Il oublie de dire que le rite ancien célébré à l’abbaye n’est pas celui demandé depuis le Concile, les chanoines lui préférant le rite ancien de Saint Pie V.

Ils ont aussi affiché une banderole « Jésus a vaincu la mort. Courage » sur le clocher pendant le confinement, en direction du village. Au point que le maire et les gendarmes ont été alertés. « Des gens nous ont remerciés pour ce message d’encouragement. Mais dès qu’on a appris que d’autres étaient gênés, on l’a enlevé. »


La banderole accrochée au clocher de l'abbaye de Lagrasse pendant le confinement a choqué beaucoup de monde au village

En dehors de cette banderole, les habitants du village disent d’ailleurs ne jamais avoir ressenti de prosélytisme à leur égard. « Ils savent à qui ils ont affaire », sourit un ancien.

Pas d’antimasques chez les frères

Et oui, voir les fidèles sans masque à la messe de Pâques a choqué l’an dernier. « Il y avait tellement de monde qu’on a été un peu dépassé », avoue le père Michel, en précisant que les choses avaient été différentes après, grâce aux « gendarmes qui ont fait leur travail avec pédagogie ». À le croire, il n’y aurait pas d’antimasques chez les frères, donc, même si tous ne le portaient pas pendant ce reportage alors qu’il y avait des cas contact parmi eux. Et il n’y aurait pas d’adeptes de la théorie raciste du Grand Remplacement, non plus. « On n’est tellement pas dans la politique qu’on en avait jamais entendu parler quand on a nommé l’opération de rénovation le Grand Relèvement. »

Dernier point abordé par le Père Michel, l’éventuel rachat de la partie publique de l’abbaye. « On a déjà suffisamment à faire pour restaurer notre côté et pas les sous pour ça. Donc, que certains le craignent, ça nous fait rire. »

Mais cela ne fait pas rire Jean-Michel Mariou, pilier de l’association Le Marque-page. Car si le Département – propriétaire de la partie publique de l’abbaye où est organisé le Banquet du livre – devait passer entre les mains du Rassemblement national, il craint que l'impensable se produise. Pour lui, l’attitude des chanoines et l'ouvrage Trois jours et trois nuits « tombent en résonance avec toute une mouvance de droite et d’extrême droite qui repart à la conquête de l’opinion française en ce moment ».

De la nostalgie pour les sœurs parties en 1975 mais pas le remake de Don Camillo

C’était mieux avant ! Voilà au moins un point commun entre les 42 chanoines de l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse, qui pratiquent le rite ancien de Saint Pie V depuis leur arrivée dans ce petit village de l’Aude en 2004, et les Lagrassiens, athées ou pas, qui regrettent le temps béni des sœurs qui occupaient l’abbaye jusqu’en 1975 ou même de la communauté de la Théophanie qui a pris la suite pendant quelques années. Étonnant pour un village situé au cœur d’une région décrite par l’éditeur Nicolas Diat comme « volontiers frondeuse et anticléricale ».

Mais le livre « Trois jours et trois nuits » qu’il a publié fin 2021 pour aider les chanoines à rénover la partie privée de l’abbaye n’en est pas à une caricature près. Des quatorze auteurs invités à participer à cet ouvrage collectif, le gentil trublion Frédéric Beigbeder est le seul à évoquer les voisins du Banquet du livre qui occupent la partie laïque de l’abbaye et surtout « l’incident » qui, en 2007, a tendu les relations entre la congrégation religieuse traditionaliste et la librairie attaquée chez ses voisins de la Maison du Banquet. À l’époque, 3000 livres avaient été arrosés de fioul et détruits. Des Scouts d'Europe (marqués très très à droite) avaient été suspectés mais l'enquête n'avait pas abouti.

Pour Beigbeder, la vie se résumerait depuis à un épisode de Don Camillo, « le curé qui se querelle en permanence avec Peppone, le maire communiste ». Mais le maire de Lagrasse est socialiste ; tirer à boulets rouges sur les chanoines n’est pas son truc. Et ces derniers ne sont pas vraiment en phase avec les consignes de la papauté qui, du coup, trouve grâce aux yeux des athées, des agnostiques et des croyants non pratiquants du village. Dans cette nouvelle querelle des anciens et des modernes, tous se retrouvent néanmoins sur un point, l'abbaye fait partie intégrante du patrimoine de Lagrasse. Et chacun veut y voir sa maison.

(1) Célébrer en direction de l'Orient, c'est se tourner vers la lumière et le soleil levant qui, pour les catholiques, symbolise le Christ ressuscité.

Béatrice Dillies
La Dépêche
images/icones/livre.gif  ( 938624 )« Trois jours et trois nuits sert l’opposition à Vatican2 et au pape François » analysent les membres du Banquet du livre par Bernard Joustrate (2022-01-17 10:27:07) 
[en réponse à 938623]

Après avoir publié les frères de Villiers et le cardinal Robert Sarah, Nicolas Diat, l’éditeur préféré de la droite ultra-conservatrice, a convaincu 14 écrivains connus de passer trois jours à l’abbaye de Lagrasse, dans l'Aude. "Trois jours et trois nuits", le livre cosigné par Pascal Bruckner, Sylvain Tesson, Jean-Marie Rouart et autres grands noms du gotha parisien, donne une vision surannée de la société. Mais que dit-il exactement? Morceaux choisis.

« La région est volontiers frondeuse et anticléricale. L’Église a presque disparu. En demeurant près des plus pauvres, les chanoines ont fini par s’imposer. »
De vrais héros ces chanoines ! Et modestes avec ça. C’est en tout cas l’image qu’en donne Nicolas Diat, l’éditeur de « Trois jours et trois nuits », et l’essentiel des quatorze écrivains invités à faire une courte retraite dans la célèbre abbaye Sainte-Marie de Lagrasse, comme si les chanoines étaient les derniers représentants de l’Église catholique dans l’Aude, apparente terre de reconquête pour des chrétiens qui se défient de Rome. Et l’écrivain voyageur Sylvain Tesson de citer Nerval pour qui « le temps va ramener l’ordre des anciens jours ».

De quels jours parle-t-il ? De ceux qui ont précédé 1789 ? Le père Emmanuel-Marie Le Fébure du Bus semble en tout cas les regretter lorsqu’il déplore dans la postface une église de Lagrasse « nue, dépouillée par la Révolution et les misères qui suivirent ».

Messes en latin : « un sujet éminemment politique » prévient Bruckner

Heureusement, pour retrouver le temps rêvé d’avant, il reste le latin, cette « langue qui favorise le sens de l’héritage, de la continuité avec les siècles passés dont elle forme un des ciments ». Une façon pour le père abbé de justifier l’emploi systématique de cette langue pour dire la messe, dos aux fidèles, contrairement aux usages en vigueur depuis Vatican 2.

Le propos est osé concernant un « sujet éminemment politique désormais », comme le rappelle Pascal Bruckner dans le livre. En juillet 2021, le pape François est revenu sur un décret de 2007 de son prédécesseur Benoît XVI autorisant largement la célébration de l’ancienne messe en latin.
Dans une lettre explicative, François a estimé que les concessions accordées dans le passé aux traditionalistes, dans un souci d’unité de l’Eglise, ont été utilisées de manière abusive en méprisant les réformes du Concile Vatican II, au nom de ce que les opposants « jugent être la vraie Église ».

Si les chanoines de Lagrasse prennent soin de ne pas entrer dans ce débat, « Trois jours et trois nuits » laisse apparaître en filigrane une remise en cause du Concile œcuménique initié par Jean XXIII en 1962. Du point de vue de Boualem Sansal, qui se définit comme « athée en recherche de Dieu », « Vatican 2 a répandu le wokisme et la cancel culture dans le monde occidental ».

Mais, « Patience, frères humains ! » anticipe Sylvain Tesson, tandis que Pascal Bruckner, l’agnostique, se montre pressé face au péril (sous-entendu islamiste d’un côté et antifa de l’autre) qui guette : « Frères chrétiens, réveillez-vous ! Vous n’êtes pas le paillasson sur lequel les extrémistes de notre pays peuvent venir s’essuyer les pieds ». Une critique à peine voilée de l’immobilisme actuel d’un pape au « christianisme prudent » regrette Franz-Olivier Giesbert. Mais ce dernier assume : « Comme s’il s’accommodait du déclin du christianisme, le pape François ne se départ jamais d’une superbe indifférence, l’autre nom de la sagesse, quand ce n’est pas celui de l’indolence ou du cynisme », écrit l’éditorialiste, visiblement plus respectueux de Benoît XVI et de l’abbaye de Lagrasse dont l’histoire est « celle d’une résurrection ».

Car heureusement, à Lagrasse, tels des « soldats de Dieu », les chanoines veillent. Le propos de Jean-René van der Plaetsen, un ancien militaire aujourd’hui à la tête de la rédaction du Figaro Magazine, fait écho à celui de l’Académicien Jean-Marie Rouart qui rappelle que, dans son « histoire riche en convulsions historiques », l’abbaye fut un temps « à la frontière des invasions maures ».

Dans ces conditions, « on ne peut que souhaiter dix, vingt ou cent Lagrasse sur le territoire national pour revivifier une croyance devenue trop modeste », écrit Bruckner selon qui « ce n’est pas la virulence de nos ennemis qu’il faut craindre, c’est la faiblesse de notre résistance ».

L’extrême droite à l’affût

Alors, quand Jean-Michel Mariou, une figure très impliquée dans le Banquet du livre voisin, s’en émeut et critique l’ouvrage, c’est toute l’extrême droite française qui réagit avec à sa tête Riposte laïque, qui voit en « Mariou, la caricature du laïque qui veut effacer les traditions chrétiennes ». L’ancien président du Marque-pages pourrait s’en amuser si le site n’affichait pas à la suite de son article une publicité d’Eric Zemmour souhaitant un « joyeux Noël » à ses lecteurs.

« Cela me conforte dans l’idée que ce livre participe d’une reconquête idéologique en opposition à Vatican 2 et au pape François, mais qui entre surtout en résonance avec toute une mouvance de droite et d’extrême droite qui repart à la conquête de l’opinion française en ce moment », déplore celui qui soutient maintenant la création d’un établissement public de coopération culturelle (EPCC) par le Département de l’Aude, la Région Occitanie, la mairie de Lagrasse et la communauté de communes, dans la partie publique de l’abbaye. Cette dernière restera le siège de la Maison du Banquet et des générations, du café associatif ainsi que de la librairie Le nom de l'homme, librairie qui au demeurant ne propose pas "Trois jours et trois nuits" à la vente dans son rayon spiritualité, mais qui a tout de même plusieurs livres de Sylvain Tesson ainsi qu'un titre de Frédéric Beigbeder à proposer, preuve qu'Aline, la libraire, ne confond pas tout.

Pour mémoire, les bénéfices de "Trois jours et trois nuits" vont être reversés à la rénovation de la partie privée de l'abbaye. Après avoir rénové le cloître et le clocher, les chanoines entendent maintenant lancer un grand chantier de 6 millions d’euros et une vaste opération de financement participatif appelée « le Grand Relèvement ».
Toute allusion à la théorie complotiste du Grand Remplacement serait purement fortuite, bien sûr, puisque les chanoines disent qu'ils n'en avaient jamais entendu parler avant que des journalistes les interpellent sur ce sujet !


Béatrice Dillies
La Dépêche
images/icones/carnet.gif  ( 938625 )L’abbaye de Lagrasse, fief traditionaliste : « Leur projet n’est pas un projet de savoir, c’est un projet de pouvoir » par Bernard Joustrate (2022-01-17 10:29:12) 
[en réponse à 938623]

L’abbaye de Lagrasse, fief traditionaliste : « Leur projet n’est pas un projet de savoir, c’est un projet de pouvoir »

Yann Potin est président de l’association Le Marque-page et un des moteurs du Banquet du livre. Patrick Boucheron est membre du conseil d’administration. Mais tous les deux sont d’abord historiens. C’est en tant que tels qu’ils apportent ici leur éclairage sur l’abbaye de Lagrasse, son importance à travers les siècles dans l'Aude, et la polémique liée aux chanoines réguliers de la Mère de Dieu depuis la sortie du livre «Trois jours et trois nuits», aux éditions Fayard/Juillard récemment passées sous le giron du très catholique Vincent Bolloré, comme l'ensemble du groupe Hachette.

Cet article de La Dépêche n'est pas en libre accès.
images/icones/carnet.gif  ( 938626 )Opposés sur les valeurs religieuses, croyants et non croyants ont une même envie de restaurer le patrimoine à Lagrasse par Bernard Joustrate (2022-01-17 10:31:55) 
[en réponse à 938623]

Opposés sur les valeurs religieuses, croyants et non croyants ont une même envie de restaurer le patrimoine à Lagrasse

Athées, agnostiques, simples croyants ou chanoines, les habitants de Lagrasse ont les yeux qui brillent quand ils parlent de LEUR patrimoine. Ce qui peut parfois les opposer sur le plan politique s'efface lorsqu'il est question des vieilles pierres dans ce village des Corbières classé parmi les plus beaux villages de France depuis 1986. Il attire chaque année près de 200.000 visiteurs.

Chanoine depuis 1995, le père Louis-Marie fait figure d’ancien du haut de ses 52 ans. De sa vie d’avant – il voulait devenir prof d’histoire géo – il a gardé l’amour des vieilles pierres et l’esprit potache. Dans une abbaye où la moyenne d’âge tourne autour de 42 ans, il n’est pas le dernier à railler amicalement ses camarades.

« Tiens, voilà le père Martin, dit le beau gosse », sourit l’ecclésiastique en se tournant vers son compagnon de cordée. Il y a quelques mois, l’écrivain Sylvain Tesson leur a proposé de descendre le clocher tout juste rénové en rappel. C’était dans leurs cordes. Ils ont accepté et en gardent un souvenir ému.

Ce sera difficile de faire aussi bien pour baptiser la rénovation du transept roman sud, transept qui s’est effondré au XIXe siècle. Mais le père Louis-Marie ne ménage pas sa peine pour que ce défi-là aussi soit relevé. Après la rénovation du cloître (qui a coûté 1 million d’euros) et celle du clocher, c’est un nouveau chantier à 6 millions d’euros qui s’ouvre. Le prix du « Grand Relèvement » pour ces amoureux du patrimoine.

Eux peuvent compter sur des mécènes aussi prestigieux que la fondation Bettencourt, la famille Dassault et autres grosses fortunes, sans oublier le loto du patrimoine qui a accordé 400.000 euros aux chanoines et 200.000 euros au conseil départemental propriétaire d’un tiers de l’abbaye.

Non loin de là, les bénévoles de l'association des Amis Notre Dame du Carla, qui retapent la chapelle, ont dû se contenter de 50.000 € de la mairie pour le toit. Difficile de faire plus dans une commune de 550 habitants. Les bénévoles sont donc en quête de 30.000 € supplémentaires pour refaire le plafond et finir le socle de la Croix à 200 mètres de là. Sans mécène, les travaux avancent lentement. Mais la ferveur des bénévoles ne faiblit pas, même pour un des doyens qui se revendique athée mais amoureux du patrimoine.

« Pas besoin d’être croyant pour l’entretenir, dit-il. Moi, ça me fait faire de l’exercice. C’est le Dr qui est content. Plus je travaille, moins il me voit. Et quand les chanoines font faire des travaux pour réhabiliter l’abbaye, moi aussi je suis content. C'est un bon truc. Ils sont très corrects ces chanoines, même si beaucoup au village vous diront qu'ils préféraient quand il y avait les sœurs.»

« Cette abbaye, c’est notre abbaye. La religion, c’est un sujet qu’on n’aborde pas », ajoutent ses amis. Mais c'est vrai qu'au temps des sœurs, c'était pas pareil. Elles touchaient le tabac des troupes, elles en donnaient à ceux qui travaillaient. Les sœurs étaient bien vues, qu'on soit croyant ou pas. Les enfants allaient jouer là-bas. Elles avaient compris que cette abbaye, c'était celle de tout le monde.»

Les enfants ont continué à aller jouer à l'abbaye avec les enfants de la Théophanie, une communauté orthodoxe de chrétiens de gauche qui a pris la suite des sœurs. «L'abbaye, c'était le paradis, un vrai terrain de jeu, se souvient Renaud, "athée" aujourd'hui comme hier. J'allais manger chez eux. Ils faisaient leur prière à table. On mangeait. Et après on allait jouer. Il n'y avait pas du tout de problème.»

Si, il y en a eu un quand même, quand ils ont fait couper le pin parasol vieux de 800 ans. Un monument du patrimoine lui aussi, mais qui faisait courir un danger au cloître. Alors...

« Ensuite, il y a eu un Allemand qui a fait n'importe quoi. Finalement, ça a été vendu aux chanoines en 2004. Depuis, c'est plus pareil, soupire un ancien. Enfin, ils ont jamais essayé de me convertir. Ils sont suffisamment intelligents pour savoir à qui ils ont affaire.» Et puisqu'ils viennent eux aussi à Notre Dame du Carla de temps en temps... « s'ils pouvaient nous prêter un échafaudage», tente son ami.


Béatrice Dillies
La Dépêche
images/icones/mitre4.png  ( 938628 )"Les traditionalistes se servent de Benoît XVI à tort", regrette l'évêque de l'Ariège par Bernard Joustrate (2022-01-17 10:35:08) 
[en réponse à 938623]

"Les traditionalistes se servent de Benoît XVI à tort", regrette l'évêque de l'Ariège

À Lagrasse, dans l'Aude, le projet de rénovation de l'abbaye par les chanoines fait couler beaucoup d'encre. À cause de son nom, "le Grand Relèvement", et à cause du livre écrit par 14 écrivains connus à son profit. Par leur attitude ou leurs écrits, les uns et les autres montrent une forme d'hostilité plus ou moins marquée à l'esprit du Concile Vatican 2 et au pape François. L'évêque de Carcassone étant trop occupé pour répondre à nos questions, c'est l'évêque de l'Ariège qui a accepté de mettre les choses en perspective, sans langue de bois.

Source : La Dépêche. Là encore, l'entretien n'est pas en libre accès.
Riposte Catholique en propose la lecture (partielle).

images/icones/neutre.gif  ( 938636 )Il faut dire la messe en latin par Leopardi (2022-01-17 12:30:40) 
[en réponse à 938628]

Quelqu'un peut-il transmettre à ce bon abbé copie de la constitution apostolique Veterum Sapientia, du "bon pape Jean", le "pape du concile"?

Veterum Sapientia

Cela dit, il est remarquable qu'en un an, de Jean (1962) à Paul (1963) on soit passé de Veterum Sapientiae


§ 2.
Ils veilleront avec une paternelle sollicitude à ce qu’aucun de leurs subordonnés, par goût de la nouveauté, n’écrive contre l’usage de la langue latine, soit dans l’enseignement des sciences sacrées, soit dans la liturgie, ou bien, par préjugé, n’atténue la volonté du Siège apostolique sur ce point ou n’en altère le sens.




à Sacrosanctum Concilium qui est beaucoup plus modéré


Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas.


images/icones/1v.gif  ( 938630 )C'est quoi le ministère par Adso (2022-01-17 10:37:23) 
[en réponse à 938623]

du service du tout-venant ??? Rien que cette appellation en dit beaucoup sur le délabrement du clergé local séculier !
images/icones/1e.gif  ( 938631 )Ah bon, y a un évêque en Ariège ?! par Ptitlu (2022-01-17 11:23:40) 
[en réponse à 938623]

Celui de Carcassonne ayant prudemment refusé d'aller cracher sur Lagrasse et les tradis dans la Dépêche, le journal rad-soc à pois à trouvé celui de l'Ariège.

Comme si Macron disait aux polonais de se vacciner...
images/icones/neutre.gif  ( 938633 )Oui c'est un ancien de par Marie-France (2022-01-17 11:57:40) 
[en réponse à 938631]

la Communauté Saint Martin!
images/icones/pelerouin1.gif  ( 938635 )Ces oppositions sont un bon signe par Jean-Paul PARFU (2022-01-17 12:19:04) 
[en réponse à 938623]

Elles prouvent que le Malin est dérangé !
images/icones/iphone.jpg  ( 938638 )« Des confessions à la Port-Royal » ! par Athanase (2022-01-17 13:47:38) 
[en réponse à 938623]

Pour ma part, j’ai bien ri quand j’ai lu la lettre des membres du prebyterium. Ils auraient pu accuser les chanoines de Lagrasse de manger des enfants ou de cultiver du cannabis… Parce que franchement…

Peut-on dire que les prêtres progressistes sont c… ? Parce que très honnêtement, cela devient flagrant.
images/icones/neutre.gif  ( 938642 )Je ne vois même pas... par Luc de Montalte (2022-01-17 13:58:58) 
[en réponse à 938638]

... ce que ça peut vouloir dire. Eux non plus je pense.
images/icones/info2.gif  ( 938646 )J'imagine que cela veut dire par Fenestri (2022-01-17 14:14:20) 
[en réponse à 938642]

que les chanoines proposent des guides ou des préparations musclés à la confession...
images/icones/1v.gif  ( 938650 )peut être ceci par Adso (2022-01-17 14:22:09) 
[en réponse à 938638]

" Le grand respect à avoir envers la sainteté auguste de l’Eucharistie, l’utilité salutaire de ne pas laisser communier les pénitents aussitôt après leur confession, mais d’exiger d’eux entre la confession et la communion un certain temps de satisfaction proportionnée à la gravité de leurs péchés, qui consiste dans l’éloignement de la Sainte Table et quelques œuvres de pénitence "

https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2010-3-page-479.htm
images/icones/1w.gif  ( 938641 )je ne vous dit pas ce que j'en pensr par jejomau (2022-01-17 13:57:15) 
[en réponse à 938623]

Sinon je vais déverser toute ma bile contre les racailleux qui ont pourri notre jeunesse de leurs idées soixante-huitarde LGBTistes écolos, la nôtre, notre pays et notre civilisation et qui s'accrochent encore comme des momies aux rênes du pouvoir politique, clérical, social avec leurs 10 rappels ARN mensuels.

Vivement qu'ils dégagent et laissent nos bons chanoines tranquilles ! Vivement le Printemps !!
images/icones/1v.gif  ( 938663 )Quelle Furia ! par Adso (2022-01-17 15:56:24) 
[en réponse à 938641]

mais je vous comprends... Prennez une revue, ce genre de littérature ci dessus n'est pas bonne pour votre estomac, et tenez donc une lampe allumée !
images/icones/neutre.gif  ( 938672 )Toute cette hostilité se résume en un mot : par Candidus (2022-01-17 18:37:42) 
[en réponse à 938623]

JALOUSIE ; les chanoines leur font de l'ombre. Ils font tout le contraire de ce qui a été présenté comme la panacée qui produirait une Nouvelle Pentecôte... et ça marche, alors qu'eux sombrent dans l'insignifiance.

La Nouvelle Pastorale devait attirer la jeunesse et ils voient le VOM devenir la "messe des jeunes". Ça les rend fous et cette folie est dans le plan de Dieu, elle les aveugle et contribue à les faire s'enfoncer un peu plus dans leurs ornières et prépare le véritable renouveau de l'Église.
images/icones/1w.gif  ( 938674 )Et relais grâce à la Dépêche du Midi par Jean-Paul PARFU (2022-01-17 18:52:39) 
[en réponse à 938672]

Qui est le quotidien radical de gauche de la grande région toulousaine. Il est dirigé par Jean-Michel Baylet, politicien radical-cassoulet lié à la Franc-Maçonnerie !
images/icones/1b.gif  ( 938677 )Grrrr par Meneau (2022-01-17 19:11:21) 
[en réponse à 938674]

Vous avez quelque-chose contre le cassoulet, plat traditionnel bien de chez nous ? On va pas être copains, c'est un de mes plats préférés que je me fais régulièrement livrer depuis la France !

Plus sérieusement, je ne connaissais pas l'emploi du mot dans une telle locution. Ca veut dire quoi exactement "radical-cassoulet" ?

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 938681 )cassoulet veut dire par Yves Daoudal (2022-01-17 19:54:46) 
[en réponse à 938677]

du sud-ouest mais plus précisément de l'aire du cassoulet, autrement dit autour de l'axe Toulouse-Carcassonne (Castelnaudary au milieu, et Castres au nord). Le Lauragais. Région où les "rad-socs" ont été et sont toujours très nombreux.

Il fut un temps où au Front national on appelait Bernard Antony l'ayatollah cassoulet...
images/icones/neutre.gif  ( 938683 )Merci par Meneau (2022-01-17 20:22:42) 
[en réponse à 938681]

J'avais pensé que ça pouvait être une certaine opposition à la gauche-caviar.

Merci pour vos éclaircissements

Cordialement
Meneau
images/icones/1v.gif  ( 938787 )Cassoulet, Sud-Ouest ... par baudelairec2000 (2022-01-18 19:55:51) 
[en réponse à 938681]

1/ J'en ai marre qu'on passe son temps dans les médias et ailleurs - sur ce Forum - à mettre l'Aude dans le Sud-Ouest. Dois-je rappeler à certains que le méridien de Greenwich passe par Carcassonne, ce qui, me semble -t-il, place l'Aude au Sud ainsi que le département du Tarn. Ou alors je ne comprends plus rien à la géographie physique. Toulouse est en Occitanie, nom récent de la région Languedoc.

2/ Quant au cassoulet, l'associer aux rad-socs est une insulte faite à un plat infiniment digne qui aurait pour origine Castelnaudary dans le Lauragais, à l'est du Seuil de Naurouze,qui, comme tous les érudits le savent, est la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l'Atlantique. Qu'on le revendique ou qu'on le déguste avec des variantes à Toulouse ou à Castres, cela importe peu: on est dans le Sud !

Au fait, si vous passez par Castelnaudary, une seule adresse pour manger un bon cassoulet: la charcuterie Escudier qui vous le livrera dans une cassole de rêve...
images/icones/fleche2.gif  ( 938791 )l'Aude est bien dans le sud ouest par Ptitlu (2022-01-18 21:19:36) 
[en réponse à 938787]

Mais pas sur le plan géographique. En revanche c'est un pays protestantisé et maçon (même si localement on parle plus volontiers des cathares, mais "l'esprit cathare" ne recouvre pas la même chose à Béziers et dans l'Aude).

C'est surtout un département du Mezzogiorno français où le passé droit prime franchement sur la loi et quelqu'un protégé par les liens du sang, des cercles occultes et du rad-soc (ce qui souvent revient au même) est sûr de son impunité tant qu'un média du Nord ne s'y intéresse pas, quoi qu'il fasse.

C'est aussi un département où une autorité qui ne s'inscrit pas dans ce cadre n'est certaine de rien - son travail accompli le jour est défait le soir venu.

C'est un département où, en règle générale, et avant toute chose, il faut savoir qui va où, qui traite avec qui, qui vient d'où et les liaisons des gens avant d'agir. Le code pénal, civil, des marchés publics ou des impôts même n'ont aucune importance.

L'Hérault et le Gard, plus haut, sont à la limite. Le droit, l'autorité, peuvent primer. Il n'est pas nécessaire d'être un radis à pois pour réussir.
images/icones/1g.gif  ( 938794 )De quoi parlez-vous ? par baudelairec2000 (2022-01-18 22:01:12) 
[en réponse à 938791]

"L'Aude est bien dans le Sud-Ouest", affirmez-vous. A quel point de vue? Moi, le point de vue de Wikipedia, je m'en tape ... Vous reconnaissez qu'il y a un point de vue géographique; tant mieux ! Le pays que l'on parcourt à pied, en voiture, à vélo, du nord au sud et d''ouest en est, ses terroirs (le Minervois, les Corbières, le Cabardès, la Haute Vallée de l'Aude), voilà ce qui m'importe. Les Cathares n'ont rien laissé: les boulangeries Cathares, les restaurants Cathares, de la foutaise. Le catharisme, une invention du XXe siècle; argument à la fois touristique et politique - quand le folklore occitan et légèrement séparatiste est récupéré par la gauche du coin.

Quant à la suite de votre message, pour avoir vécu 15 ans dans ce département et pour y passer encore 1/3 de l'année, j'avoue que j'ai du mal à me reconnaître dans ce que vous écrivez.

Ce que je sais, c'est peut-être ce que vous avez essayé de dire, c'est qu'on est toujours un étranger pour un Audois, si on n'est pas né dans son périmètre immédiat. Une anecdote: un habitant d'un petit village derrière Fanjeaux était considéré et se considérait comme un étranger dans ce village, alors qu'il était natif d'un autre village situé à peine à quatre kilomètres. C'est vous dire à quel point les Parisiens sont des martiens pour de nombreux audois.
images/icones/find.gif  ( 938682 )L'expression aurait été inventée par Edouard Hérriot par Jean-Paul PARFU (2022-01-17 20:17:02) 
[en réponse à 938677]

On parlait aussi sous la 3ème République du "parti radis" pour désigner le parti radical. On voulait dire par là qu'il était rouge à l'extérieur et blanc à l'intérieur. Dans le même ordre d'idées, mais inversement en quelque sorte, on dit aujourd'hui des "Verts" qu'ils sont le parti pastèque, vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur.

On parle aussi de gauche caviar et on parle de gauche cassoulet pour désigner la gauche du sud-ouest. Que vous aimiez le cassoulet ou que j'apprécie le caviar ne fait rien à l'affaire.

Ne reprenez pas à votre compte la mode de la victimisation. En outre, vous semblez ne pas connaître l'histoire de la vie politique de notre pays et de son langage fleuri, lorsqu'on pouvait encore parler sans craindre d'être cité devant un tribunal. Lire ici et
images/icones/fleur.gif  ( 938684 )Les radis(caux)... par Ptitlu (2022-01-17 20:26:25) 
[en réponse à 938682]

Rouge dehors, blanc dedans, et toujours près de l'assiette au beurre !
images/icones/1i.gif  ( 938685 )Maiiiis par XA (2022-01-17 20:30:21) 
[en réponse à 938682]

C’est une blague, votre dernier paragraphe ???
images/icones/neutre.gif  ( 938686 )Eh oh ! par Meneau (2022-01-17 20:31:25) 
[en réponse à 938682]

Y'en a un peu marre de vos extrapolations abusives.


Ne reprenez pas à votre compte la mode de la victimisation.

Vous manquez visiblement d'humour.


En outre, vous semblez ne pas connaître l'histoire de la vie politique de notre pays

Rien ne vous permet d'affirmer cela. Les 40 premières années de ma vie (37 pour être exact), je les ai quand même passées en France ! Ce n'est pas parce que j'avoue ne pas connaître une expression que je ne connais rien à l'histoire de la vie politique française. Et ce n'est pas parce que je vis en Allemagne que je ne suis pas ce qui se passe dans ma patrie.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleur.gif  ( 938692 )Dont acte ! par Jean-Paul PARFU (2022-01-17 21:14:15) 
[en réponse à 938686]

J'ai simplement été surpris par votre post. Je ne m'attendais pas à déclencher une quelconque réaction, même humoristique, à cause de cette expression.

Elle était autrefois très employée. Beaucoup de politiciens étaient alors, en effet, originaires du sud-ouest de la France et membres du parti radical, parti aujourd'hui réduit à presque rien. Je suis simplement plus âgé que vous. Toutes mes excuses !
images/icones/neutre.gif  ( 938767 )C'était l'époque du rugby cassoulet par Regnum Galliae (2022-01-18 15:46:29) 
[en réponse à 938692]

Mais Castres n'est pas dans le pays cassoulet. Ce dernier correspond au sud de la Montagne Noire.
images/icones/fleche2.gif  ( 938738 )Jean-Michel Baylet dit "le veau sous la mère" par Cristo (2022-01-18 09:34:56) 
[en réponse à 938674]

en référence à son Evelyne de daronne ... Toute une histoire dans le Landerneau toulousain.
36 15 google pour en savoir plus.