Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=936506
images/icones/carnet.gif  ( 936506 )Les Responsa de Rome : une sévérité insoutenable (C. Geffroy - La Nef) par Bernard Joustrate (2021-12-21 18:43:37) 



Les Responsa de Rome : une sévérité insoutenable

ÉDITORIAL


À quelques jours de Noël – beau cadeau ! n’y avait-il rien de plus urgent en ces temps de pandémie et de drame des abus sexuels sur mineur ? –, la Congrégation pour le Culte divin a rendu public le 18 décembre dernier des Responsa ad dubia (réponses aux doutes) « sur certaines dispositions » de Traditionis custodes. Dans la lignée du motu proprio du pape et de sa lettre d’accompagnement aux évêques, le ton est brutal, sans aucun souci de ménager les personnes concernées. Et le fond ne l’est pas moins, qui interdit grosso modo tous les sacrements selon les anciens rituels, excepté la messe. La volonté de faire disparaître à terme ce que l’on nommait il y a encore peu la forme extraordinaire du rite romain est explicitement affirmée, la Congrégation allant jusqu’à demander qu’aucune publicité ne soit faite dans les diocèses pour ces messes : à l’heure où l’on ne cesse de vanter le « vivre ensemble » et l’accueil sous toutes ses formes, Rome assume de regarder certains de ses prêtres et de ses fidèles comme des chrétiens de seconde zone, juste tolérés par une « concession limitée », en attendant qu’ils s’adaptent et intègrent les paroisses « ordinaires », comme si unité rimait avec uniformité : on n’a jamais vu dans l’Église, depuis longtemps, une mouvance en son sein aussi méchamment traitée ! Que ces chrétiens-là puissent se sentir meurtris et rejetés par ceux-là mêmes qui devraient exercer un ministère de paternité, nous le comprenons sans peine. Ils ont aussi de quoi se sentir trahis par le fait que le Siège apostolique revient sur des engagements solennels pris par les prédécesseurs du pape François de « garantir le respect de leurs aspirations ».
Résoudre ainsi le problème « tradi » ?
Certes, qu’il y ait un problème chez certains « tradis » est une réalité indéniable, nous l’avons déjà évoqué. Nous entendons par « problème » le fait souligné par François de rejeter l’enseignement du concile Vatican II et la réforme liturgique promulguée par saint Paul VI. Un tel rejet est néanmoins minoritaire, il demeure que les instituts traditionalistes qui revendiquent l’exclusivisme liturgique refusent toute célébration du nouveau missel, en s’abritant derrière des constitutions qui ne peuvent abroger le bénéfice du droit commun, ainsi que Rome l’avait explicité en 1999, et ils n’ont pas évolué d’un iota sur cette question, malgré les demandes très claires des papes – notamment de Benoît XVI en 2007 à l’occasion de Summorum Pontificum – qui sont restées lettres mortes.
Que François n’accepte pas une remise en cause radicale du Magistère sur des points aussi importants qu’un concile œcuménique (où tout, cependant, n’a pas le même degré d’autorité) ou la promulgation d’une réforme de la messe romaine (comme si Rome pouvait donner une pierre à ses enfants avec une liturgie défaillante ou inférieure), on le comprend aisément. Mais la façon dont François cherche à régler ce problème est-elle la bonne ? Cette méthode autoritaire ne relève-t-elle pas d’une forme de cléricalisme, celle-là même que François aime à fustiger, où l’on tient pour rien le bien spirituel des laïcs concernés à aucun moment consultés ? À l’heure du synode, pourquoi Rome, depuis la promulgation du motu proprio, a-t-elle refusé le dialogue sollicité par les responsables des communautés traditionnelles ? Comment ne pas craindre que cette façon de faire aboutisse au résultat inverse de celui escompté et accroisse au contraire les aigreurs et les divisions pour finalement encourager les plus durs à rejoindre les rangs de la Fraternité Saint-Pie X ? Contenir la rupture lefebvriste ne semble ainsi plus être une priorité pour Rome, guère gênée de voir prêtres et fidèles rejoindre cette mouvance dissidente, c’est quand même ahurissant !
Ajoutons que ces Responsa trahissent une incroyable défiance envers les évêques, censés « rependre la main » à en croire le motu proprio de juillet dernier, et qui se retrouvent ramenés au rang de simples exécutants sans initiative propre possible, tout devant passer par Rome.
Une dureté inouïe
Ces Responsa de la Congrégation pour le Culte divin – il s’agit d’un texte purement disciplinaire – sont d’autant plus surprenantes qu’elles relèvent d’un caractère bureaucratique d’un autre âge, pinaillent d’une façon incroyablement mesquine et ignorent les réalités sur le terrain tout comme la diversité du monde « tradi » ; il y a là un aveuglement sur les réalités liturgiques et un refus de prendre en compte l’attrait de la messe traditionnelle auprès de jeunes étrangers aux querelles liturgiques de leurs aînés. Ajoutons qu’elles contredisent ce que le pape François a dit aux évêques français lors de leurs visites ad limina à l’automne dernier : il se voulait alors rassurant, invitant les évêques à continuer comme avant là où cela se passait bien, c’est-à-dire en France dans la grande majorité des diocèses.
Face à ces mesures d’une dureté inouïe, on comprend que les « tradis » manifestent leurs inquiétudes, en fassent part aux autorités compétentes et demandent inlassablement leur révision. S’il est légitime de résister dans un esprit d’Église, le danger en de pareilles situations est de se rebeller contre l’autorité qui édicte des lois injustes. Souffrir par l’Église est assurément une douloureuse épreuve, mais elle invite à redoubler de confiance surnaturelle en l’Église, notre Mère.
Christophe Geffroy

© LA NEF, le 21 décembre 2021
images/icones/neutre.gif  ( 936511 )Bonne analyse, MAIS par Marc B. (2021-12-21 19:20:25) 
[en réponse à 936506]

Pourquoi ces piques incessantes contre certains tradis?
Il justifie ces decisions romaines en jouant à ce jeu.
images/icones/neutre.gif  ( 936755 )La ligne de La Nef par Bertrand (2021-12-23 14:40:45) 
[en réponse à 936511]

c'est la ligne des putschistes de la FSSP et visiblement, en bon petits mesquins, ces gens-là aussi prennent leur revanche !

Dommage pour eux, comme ils ont fait long feu alors, ils disparaîtront dans le néant cette fois...
images/icones/neutre.gif  ( 936512 )Mauvaise analyse....Il faut remonter à la cause par lumineux (2021-12-21 19:26:26) 
[en réponse à 936506]

Si vous ne remontez pas à la cause des maux actuels de l'eglise, vous ne pourrez jamais soigner les effets. Autant gonfler un pneu crevé ..
C'est quand même curieux, cette insistance que certains ont de ne pas vouloir remettre en cause ce concile, cet esprit conciliaire, cette ouverture au monde.... qui a produit un champ de ruines ...

Depuis le concile, les églises se sont vidées, les séminaires se sont vidés, la pratique religieuse s'est effondrée, alors qu'ils nous avaient annoncé un sursaut de l' Eglise...
Concile magnifique mais effets désastreux ?
Et non comme dit Notre Seigneur on juge l'arbre à ses fruits :
Effets désastreux et funeste concile.
images/icones/fleche3.gif  ( 936515 )Si le Concile avait été ce qu'il devait être... par Pétrarque (2021-12-21 20:14:49) 
[en réponse à 936512]

...il eût probablement porté d'autres fruits.

Dès les premiers jours de son déroulement, il s'est présenté en rupture avec ce qui le précédait, à commencer par ses propres schémas préparatoires, qui avaient été particulièrement travaillés et soignés, et qui, s'ils avaient servi de base de discussion aux Pères conciliaires, auraient pu amener le "printemps de l'Eglise" tant souhaité.

Il faut absolument relire toute la collection de l'excellente revue Itinéraires, entre 1962 et les années 1980, pour comprendre pourquoi le Concile n'a pas été fidèle à ses promesses, particulièrement en France.

Lorsque l'on s'aventure à un bilan, quelque soixante ans plus tard, quel résultat l'inventaire de la "nouvelle Pentecôte" peut-il donner à contempler ?

Une Eglise blessée, défigurée, vidée de ses oeuvres et de ses congrégations, une liturgie approximative, horizontale et multiforme qui peine encore, plus de cinquante ans après sa mise en place brutale et sans miséricorde, à convaincre de nombreux fidèles, à qui on ne propose de nouveau que la schlague pour en découvrir les soi-disant richesses...

Une hiérarchie largement défaillante, trop rarement fidèle et trop souvent partagée entre la timidité et la prévarication, face à un monde et à des sociétés plus que jamais en nécessité d'entendre la voix de l'Epouse du Christ, et dans lesquels l'Ennemi se déchaîne, avec la complicité objective -quand ce n'est pas le délirant concours- de trop nombreux hiérarques.

Un clergé périodiquement souillé des scandales révoltants de certains de ses membres, et dont beaucoup d'autres sont complètement désorientés, découragés, désespérés même...

Ce bilan est consternant. Il devrait remplir de honte la Rome moderniste et la pousser à demander pardon, à genoux devant la Chaire de Saint-Pierre, en chemise blanche, un cierge à la main, les pieds nus et la tête couverte de cendres.

Au lieu de cela, comble d'arrogance, les intrus qui la composent trouvent les dernières forces, avec l'énergie du désespoir, de jeter les dérisoires et ultimes coups de griffes de leur rage agonisante.

Quant à nous, tradis, prions-nous assez ?

Il y a quelques temps, dans l'un de ses sermons, un abbé FSSPX disait cela : "Peut-être que ce que fait le pape aujourd'hui contre la Messe vient du fait que nous ne prions pas assez pour lui."

Malgré nos fragilités humaines, qui sont évidentes, tout montre cependant que le droit et la raison dans la lutte sont de notre côté.

Tout montre aujourd'hui que Mgr Lefebvre a eu raison, du début à la fin.

Tout montre aujourd'hui que le salut se trouve dans la Tradition.

Le saint évêque le disait lui-même : "Un jour, on viendra chercher mes prêtres."

Oui, tous ses prêtres.

Et aussi tous ceux qui, revenus des lubies postconciliaires et de l'ouverture au monde, tels les ouvriers de la onzième heure, auront compris plus tard et, dégrisés, viendront coucourir eux aussi à la restauration de l'Eglise.

Tout, à commencer par les malheurs qui menacent de s'abattre sur de malheureuses congrégations qui incarnent la mauvaise conscience des Judas qui tiennent le gouvernail de la barque, tout montre aujourd'hui que la bataille titanesque qui dure depuis soixante ans sera bientôt perdue par ceux-là même qui l'ont déclenchée.

Convainquons-nous-en, ils sont déjà morts.
images/icones/fleche2.gif  ( 936631 )Un autre après-Concile aurait-il été possible ? par Scrutator Sapientiæ (2021-12-22 14:04:10) 
[en réponse à 936515]

Bonjour Petrarque,

Un autre après-Concile aurait-il été possible ? Oui, si les clercs néo-catholiques post-conciliaires avaient valorisé le plus possible, dans leur pensée, dans leur propos et dans leur action, Dei verbum, Lumen gentium, Sacrosancto concilium et Ad gentes, en incitant à recevoir ces documents à la lumière du Magistère de Pie XI de Pie XII, et non les idées réellement présentes au sein ou virtuellement présentes autour de Dignitatis humanae, de Gaudium et spes, de Nostra aetate et de Unitatis redintegratio, ou les idées folles alors présentes dans le monde contemporain.

Or, le moins que l'on puisse dire est que cette approche, réformatrice mais pas transformatrice, n'a pas du tout intéressé les clercs néo-catholiques d'hier, et n'intéresse pas davantage ceux d'aujourd'hui : même Benoît XVI n'a pas voulu faire référence à la nécessité de prendre appui sur le Magistère de Pie XI et de Pie XII, dans le cadre d'une mise en oeuvre en plénitude d'une véritable herméneutique du renouveau dans la continuité.

Mais il est vrai qu'une telle tentative de transformation d'une aimable virtualité en une ardente obligation l'aurait probablement conduit à bénéficier de l'éméritat bien avant fevrier 2013...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 936581 )Eh oui, il fallait 'aerer'.... par Pol (2021-12-22 07:44:40) 
[en réponse à 936512]

....la vieille Sainte Eglise...
Voila...le funeste concile et ses agents infiltrés depuis plusieurs décennies ont parfaitement reussi le Grand Plan. Ils pourraient tout aussi bien se démasquer maintenant.On aurait su et vu leurs vrais visages.
Important, il n'y aura pas de panique a bord, au contraire, plus que jamais nous faisons confiance à la Providence, de grands évènements se préparent. Notre Seigheur Jesus-Christ , l'Esprit Saint vont nous guider, Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
images/icones/fleche2.gif  ( 936623 )Ils ont agi à ciel ouvert et à visage découvert. par Scrutator Sapientiæ (2021-12-22 13:28:27) 
[en réponse à 936581]

Bonjour Pol,

L'identité des philosophes et des théologiens néo-catholiques ante-conciliaires est bien connue, et elle a d'ailleurs commencé à l'être, au sein du paysage intellectuel catholique, dès le début des années 1930.

De même, l'identité des experts et des pères du Concile qui ont eu la plus grande part de responsabilité dans l'élaboration puis dans la ratification des documents conciliaires les plus disruptifs, par rapport au Magistère pontifical antérieur à l'annonce du Concile, est, elle aussi, bien connue.

Aussi je ne comprends pas très bien votre allusion à des agents infiltrés et à un Grand Plan que nous ne connaîtrions pas encore, mais que nous pourrions connaître bientôt, compte tenu du caractère apocalyptique de ce que nous subissons depuis février - mars 2013.

Les auteurs et les acteurs dont il est question ici ont voulu affranchir ou libérer l'esprit et la vie de l'Eglise et des fidèles de la composante tridentine de la Tradition, et si certains, dont Jean-Paul II et Benoit XVI, l'ont plus appliqué avec diplomatie et pédagogie qu'impose avec brutalité et "tabula-rasisme", il n'est pas certain du tout que cela change grand-chose, en définitive.

Nous devrions peut-être plutôt nous demander par quel mystère d'aveuglement volontaire, ou de confusion entre docilité et servilité, certains persistent à ne pas ouvrir les yeux, ou à se soumettre à toute une logique de detridentinisation décatholicisante qui est pourtant flagrante, dans le cadre du déroulement du pontificat actuel.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 936680 )Catastrophe... par Pol (2021-12-22 18:41:01) 
[en réponse à 936623]

....cher Scrutator Sapientiae, j'ai ecrit une assez longue réponse et je viens de la perdre par accident...Je n'ai pas le courage de recommencer a cette heure !
Mais, je suis avec vous a 100% comme vous l'imaginez très bien.
images/icones/fleche2.gif  ( 936643 )Vatican II est un échec, comme Latran V. par Scrutator Sapientiæ (2021-12-22 14:56:45) 
[en réponse à 936512]

Bonjour lumineux,

Vatican II est un concile qui a échoué, comme le concile de Latran V (1512-1517), mais il est absolument déconcertant que certains catholiques, pourtant a priori parmi les mieux informés et les plus lucides, refusent aveuglément ou obstinément de le reconnaître.

Pourtant, Paul VI lui-même à su très vite à quoi s'en tenir sur l'ampleur et la portée de l'échec du Concile, d'où l'année de la foi, en 1967-1968, dont les effets positifs ont été littéralement anéantis par la réforme ou la subversion de la liturgie, à partir de 1969-1970.

Il est vrai que cela peut faire vraiment beaucoup de peine de reconnaître, avec un optimum de lucidité dans l'esprit et d'intensité dans le coeur, que les hommes d'Eglise des années 1960-1970 et ceux des années 1980-1990, jusqu'à ceux d'aujourd'hui, ont vraiment imposé la prise de leurs désirs pour des réalités, non en dépit mais en raison d'au moins quatre textes du Concile...

Est-ce que certains sont prêts à accepter de s'exposer au risque de ne pas pouvoir dormir pendant plus d'une heure, dans la nuit qui suivra le soir au cours duquel ils auront enfin commencé à ouvrir les yeux, d'une manière un tant soit peu critique, sur la chimère et sur le chimérisme qui sont à l'oeuvre, encore plus depuis le début des années 1960 que depuis celui des années 1930 ?

Est-ce que certains sont prêts à pleurer comme on peut difficilement imaginer de pouvoir le faire, après avoir commencé à comprendre la part d'arnaque et part d'esbroufe qui sont présentes au coeur de cette chimère ?

Enfin, est-ce que certains sont prêts à accepter les conséquences relationnelles de l'ouverture de leurs yeux sur les origines, les composantes et les conséquences de l'imposition du néo-catholicisme à l'Eglise et aux fidèles, au moment et au moyen du Concile ?

Je me demande parfois si la servitude volontaire de certains conciliaires n'est pas comparable à celle de certains communistes, dans les années 1970-1980...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 936527 )Un texte de Rome qui interdit aux prêtres de biner par Ptitlu (2021-12-21 22:01:42) 
[en réponse à 936506]

Est inapplicable, en l'état, d'après mes divers interlocuteurs.

Comme TC ces dubia semblent s'inscrire dans une logique binaire nord-américaine tout à fait inadaptée à l'Europe.

Bref, vivement que François prenne sa retraite, et qu'on laisse les historiens tirer un trait sur le gâchis phénomènal que constitue ce pontificat.
images/icones/fleche3.gif  ( 936580 )Humiliation des évêques par Justin Petipeu (2021-12-22 07:28:03) 
[en réponse à 936506]

La première réponse aux dubia qui va jusqu’à fixer les annonces des feuilles paroissiales a d’abord suscité l’indignation. Puis la moquerie, certains se demandant s’il faudrait envoyer d’autres dubia pour ce qui concerne la couleur et le grammage du papier. Et maintenant, chacun s’aperçoit que cette disposition dérisoire est néanmoins symbolique des dommages causés à l’autorité des évêques diocésains par ces textes destinés d’abord à écrabouiller les « tradis ».

Certes, comme le dit l’expression : on n’est jamais mieux servi que par soi-même. D’où les dispositions très détaillées prises par François dans le motu proprio et dans la réponse de la Congrégation pour le culte divin. Certains évêques, qui se félicitaient que TC les remette au centre du jeu là où Benoît XVI donnait des pouvoirs aux curés, doivent avec un peu de recul, être bien déçus. Ils ne sont en fait que la courroie de transmission de directives extrêmement pointilleuses et comme l’a dit Daoudal, mesquines. Le genre de fonctionnaire qui prend note, exécute et rend compte. Il n’est pas question ici de gouvernement ou d’être le « régulateur » de la liturgie diocésaine.

L’interdiction d’un trait de plume du Pontifical pré-conciliaire ne manque pas de piquant non plus...Le Pontifical est à l’usage de tous les évêques, y compris celui de Rome. De nombreux évêques en ont usé ces dernières années pour confirmer les fidèles, notamment, et ils l’ont fait de leur plein gré. Sans contrainte mais parce qu’ils le voulaient et qu’ils avaient la liberté de le faire. Elle vient d’être supprimée. Comme ça. De même qu’on interdit aux prêtres de baptiser, confesser ou célébrer des mariages selon le rite traditionnel, de même on interdit aux évêques d’utiliser le Pontifical. Ils font partie de la charrette ??
Oh certes beaucoup ne vont pas pleurer mais tout de même, l’aspect expéditif de la chose montre bien en quelle estime ils sont tenus...La confiance ne règne pas ; c’est le moins qu’on puisse dire.

Dans le motu proprio comme dans les réponses, on ne parle finalement que...de Rome. C’est impressionnant. Les évêques doivent exécuter, rendre compte, demander l’autorisation, transmettre, etc. De « pape en son diocèse », on passe à petit télégraphiste. Ce n’est pas la même chose. Bon gars, Mgr Roche précise que tout cela a pour but d’aider l’évêque dans son discernement. Ben voyons...

Cela montre surtout que François en fait une affaire personnelle. C'est un règlement de compte. Une vengeance dictée par l'amertume. Il est prêt à tout pour y arriver, y compris piétiner les évêques diocésains qui n'ont plus qu'à fermer leur bouche et compter les cadavres.
images/icones/mitre4.png  ( 936624 )Question sur le Pontifical par Candidus (2021-12-22 13:30:22) 
[en réponse à 936580]

Le Pontifical règle aussi la liturgie célébrée "pontificalement" par un évêque, n'est-ce pas ?

Si l'utilisation du Pontifical est prohibée, cela signifie-t-il que désormais les évêques qui décident de célébrer le NOM ne pourront le faire que comme de simples prêtres ?
images/icones/neutre.gif  ( 936629 )Caeremoniale episcoporum par Lycobates (2021-12-22 13:55:04) 
[en réponse à 936624]


Le Pontifical règle aussi la liturgie célébrée "pontificalement" par un évêque, n'est-ce pas ?



Le Pontifical règle l'administration des sacrements et sacramentaux par un évêque.

Quant à la liturgie (messe pontificale et vêpres) en tant que telle, c'est le cérémonial des évêques qui la traite, un autre bouquin en latin.
images/icones/neutre.gif  ( 936681 )Donc plus d'ordres mineurs et de sous-diaconat... par Candidus (2021-12-22 19:01:23) 
[en réponse à 936629]

Cela va directement à l'encontre de leur identité. Si Dieu n'intervient pas, l'année 2022 se clora sur un champ de ruines.
images/icones/fleche3.gif  ( 936628 )C'est l'histoire du bon et du mauvais tradi par Cristo (2021-12-22 13:52:36) 
[en réponse à 936506]

Tant que Rome tape sur les mauvais, y'a bon. Quand vient le tour des bons car Rome ne fait pas de distingo, au nombre desquels M. Geoffroy se compte, le camp du Bien pousse des cris de vierge effarouchée.


Mais ce n'est que le début, camarade d'équipage ! On va déguster tous ensemble.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 936650 )Ce que n'arrive pas à comprendre Geoffroy par Jean-Paul PARFU (2021-12-22 15:14:57) 
[en réponse à 936628]

Et les gens comme lui, c'est que le combat dans l'Eglise est un combat idéologique, de foi, dont la liturgie et la messe sont un élément central. Geoffroy et ses amis en font seulement une affaire de sensibilité et d'obéissance à "Rome"/

Or, le pape actuel vient tout simplement leur rappeler que l'Eglise n'est pas peuplée de bisounours et que le combat est un combat à l'intérieur de l'Eglise entre d'une part les partisans de l'Eglise de Jésus-Christ, d'une Eglise surnaturelle ou d'autre part pour l'Eglise au service du "prince de ce monde", une Eglise "Masdu", une Eglise "maçonnisée", une Eglise laïcisée, sécularisée, "naturalisée" et ... neutralisée ... !
images/icones/fleche2.gif  ( 936751 )M. Geffroy a-t-il pris en compte L'hérésie du XXeme siècle ? par Scrutator Sapientiæ (2021-12-23 12:19:34) 
[en réponse à 936650]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

Christophe Geffroy, et non, bien sûr, Geoffroy, a-t-il pris en compte L'hérésie du XXeme siècle, de Jean Madiran, alors qu'il s'agit de l'un des livres les plus propices à la compréhension de ce qui se manifeste, avant tout en philosophie et en théologie, depuis la fin des années 1920 ou le début des années 1930 ?

Telle est la question qu'il faudrait pouvoir lui poser, ou qu'il faudrait pouvoir poser à tout intellectuel catholique qui s'imagine, apparemment, que la crise de l'Eglise est avant tout une question de sensibilités, sur le plan linguistico-liturgique, à charge, pour "Rome", de respecter la sensibilité traditionnelle, et à charge, pour les adeptes de cette sensibilité, de s'opposer le moins possible à la poursuite de la mutation de l'Eglise.

Le catholicisme n'est pas passé impunément, ou n'est pas passé sans conséquences destructrices

- d'une prise d'appui sur saint Augustin et sur saint Thomas à une prise d'appui sur des valeurs et sur une vision assez proches de celles de Kant et/ou de Hegel,

- d'une prise d'appui sur une ecclésiologie controversiste (anti-protestante, anti-libérale, anti-moderniste) à une prise d'appui sur une ecclésiologie consensualiste (non seulement oecuméniste, mais aussi inclusiviste, voire unanimiste).

Sans doute ce qui précède est-il formulé d'une manière schématique, mais il est difficile de s'exprimer autrement sur un forum.

Le plus important : François nous rappelle que l'adhésion ou la soumission au néo-catholicisme, dans son acception non conciliaire conservatrice, mais conciliaire transformatrice, n'est pas amendable, facultative, négociable ou optionnelle.

Sous cet angle, il est, somme toute, beaucoup plus cohérent et réaliste que Jean-Paul II et Benoît XVI, le "compromis wojtylien" ayant eu pour effet, sinon pour objet, de laisser entendre, pour ainsi dire, qu'il pouvait y avoir plusieurs demeures dans la maison du Père...

Certains sont-ils pour ou contre l'esprit du Concile, l'esprit d'Assise, l'esprit d'Abou Dhabi et l'esprit d'Amazonie ? Il est concevable que certains soient pour, il est concevable que certains soient contre, il est même concevable de n'être "ni pour, ni contre, bien au contraire", mais est-il très honnête ou intègre, sur le plan intellectuel, de n'être ni pour ni contre, alors que l'on voit de mieux en mieux, merci François, jusqu'où peut souffler chacun de ces esprits ?

Bonne journée.

Scrutator.