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Méditation sur la vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie avec M. Olier par ami de la Miséricorde (2021-12-14 22:31:52)
[en réponse à 935859]
CHAPITRE VII. NATIVITÉ DE JÉSUS-CHRIST; MARIE EST LA MÈRE SPIRITUELLE DE TOUS LES CHRÉTIENS
Mais Dieu n'avait rendu Marie la Mère de son Fils par l'Incarnation, que pour produire encore par elle et avec elle tous les membres de Jésus-Christ.
L'ayant tout embaumée de cette sainte fécondité originaire, il réside toujours en Marie : il la fait Mère de toutes les âmes saintes, de toutes les sociétés et de toutes les congrégations qui se forment dans son Église; toutes vénèrent et aiment en elle ce titre de Mère.
En mettant son Fils au monde, Marie n'a donc rien perdu de la vie divine qu'elle contenait auparavant; Jésus-Christ n'est pas moins vivant en elle par son esprit qu'il ne l'avait été avant sa naissance.
Sans doute, l'honneur d'avoir formé de sa substance, d'avoir porté dans ses entrailles le corps de Jésus-Christ, de l'avoir nourri de son lait, est dans Marie une grandeur auguste, digne de toute vénération.
D'où vient que l'Église, considérant cette divine Vierge en sa qualité de Mère du Fils de Dieu, ne peut s'empêcher de s'écrier à haute voix, dans la personne de cette femme de l'Évangile, dont parle saint Luc, qu'heureux est le sein qui porta le Fils de Dieu, et que bienheureuses sont les mamelles qui lallaitèrent.
Toutefois le corps de Jésus-Christ, habitant et renfermé dans les entrailles de sa mère, ne lui communiquait pas par lui-même la vie divine, comme ce corps adorable n'en fait non plus aucune communication aux espèces sacramentelles ou aux ciboires dans lesquels il est renfermé.
C'est pourquoi entendant cette pieuse femme faire tant d'estime de Marie, pour cela seulement que cette divine Vierge l'avait engendré et nourri, Jésus-Christ, qui sait le prix infini de sa vie divine, et ce que vaut l'âme de sa sainte Mère, toute transformée en lui par la plénitude de cette vie qu'elle possède, répond que la béatitude de Marie est bien autre pour la possession intime de la vie divine au fond, de son âme, dont elle éprouve les effets, et expérimente les opérations, que pour avoir porté son corps et l'avoir allaité; bien plus heureux, reprend-il, ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent dans leur coeur.
Or si Dieu a ainsi établi sa résidence en Marie, et s'est comme revêtu d'elle pour produire sous cet extérieur les effets de sa paternité par la génération de cent millions d'enfants adoptifs; s'il veut faire voir en elle sa Miséricorde, sa charité, sa compassion pour nous; s'il nous montre ainsi par elle ses entrailles de Père, c'est à cause des ardents et insatiables désirs qu'elle a témoignés de le faire connaître et aimer, et de lui donner des adorateurs.
D'après l'interprétation de l'Église, Marie exprime elle-même dans le livre de l'Ecclésiastique les effets de sa charité maternelle à notre égard; elle nous apprend que tous les soins dé sa vie sur la terre, tous les saints empressements de son âme n'ont eu pour objet que d'établir, dans l'esprit et dans les coeurs des hommes, la connaissance et l'amour de Dieu, c'est-à-dire la vie divine.
J'ai cherché et désiré le repos de Dieu par l'établissement de son règne dans tous les hommes, dit-elle : in omnibus requiem quoesivi; pareillement j'ai désiré pour les hommes le bonheur et la paix dans la possession de Dieu; j'ai cherché enfin pour moi-même la paix et le repos, et n'ai pu les trouver que dans l'héritage et la possession de Jésus-Christ et de tous sels membres : et in hoereditate Domini morabor. Ce zèle si fervent pour le salut
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde