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Méditation sur la vie intérieure de la Très Sainte Vierge Marie avec M. Olier par ami de la Miséricorde (2021-12-04 23:43:57)
[en réponse à 935021]
CHAPITRE VI. MYSTÈRE DE LA VISITATION
EXPLICATION DU MAGNIFICAT
A ses yeux, les merveilles augustes que Dieu a opérées dans son âme, et les bontés magnifiques qu'il a eues pour elle, sont d'autant plus prodigieuses, qu'elles ont eu pour sujet une très-chétive et très-pauvre créature : Mon esprit a tressailli de joie dans Dieu mon Sauveur, parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante.
Ce n'est pas moi qui ai porté mes yeux sur lui; il m'a prévenue, lui-même a jeté ses regards sur ma misère, car il a en soi un poids qui l'attire vers les choses petites; il est par soi-même aimant les .choses humbles; et parce qu'il se plaît en cela, qu'il y prend sa complaisance, il a choisi ma pauvreté et ma vileté pour imprimer en elle l'oeuvre de sa sagesse, de sa toute-puissance et de son amour. Il a fait en moi son chef d'oeuvre, sa merveille; il y a fait son Verbe sensible, et a choisi ce pauvre petit néant pour étendre sur lui les traits les plus parfaits et les plus beaux de sa. splendeur et de sa majesté.
Sainte Élisabeth, dans un transport d'admiration, venait de lui dire : Eh ! que bienheureuse êtes-vous d'avoir cru; puisque tout ce qui vous a été annoncé de la part du Seigneur s'accomplira en vous. Marie, après avoir confessé que Dieu n'avait trouvé en elle que vileté et bassesse, ajoute que l'amour qu'il lui témoigne est d'autant plus prodigieux, qu'il la fera reconnaître et publier bienheureuse, non pas seulement par quelques personnes de sa propre famille, mais par toutes les nations du monde; que les Juifs et les gentils, les riches et les pauvres, que les peuples de tout pays et de toute langue, dans toute la succession des siècles, seront pénétrés de respect pour elle, ils avoueront et publieront à jamais ses grandeurs; qu'enfin les hommes et les anges la considéreront avec révérence, reconnaissance et amour, comme celle qui a engendré pour eux la source de leur vie, de leur grâce et de leur gloire.
Jusqu'ici ce sont les sentiments de la très-sainte Vierge sur ce qui se passa en elle au moment de l'Incarnation, à l'occasion de la première grâce qu'elle reçut alors, celle de la conception du Verbe.
Ce qui suit immédiatement dans son cantique est l'expression des bontés et des grâces du Verbe lui-même envers elle, du Verbe incarné habitant dans son sein et devant y faire son séjour pendant neuf mois entiers. Celui qui est puissant, dit-elle, a fait en moi de grandes choses. Ce mot de grand est en horreur aux âmes humbles, et Notre-Seigneur dit même que ce qui est grand devant les hommes est en abomination devant Dieu. La très-sainte Vierge, humble comme elle l'était, ne pouvait donc dire qu'il se fût passé en elle de grandes choses, que parce qu'elles étaient en effet excessives; et c'est pourquoi elles sont bien dignes d'être méditées et contemplées par la foi.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde