Publié ce 1er décembre
Diocèse de Paris : le discret mais influent Mgr Migliore
Arrivé au printemps 2020, le nonce apostolique a presque aussitôt été informé du « cas » Aupetit. Va-t-il conseiller au pape de démettre l’archevêque ?
Quelques remarques
Bien que Mgr Aupetit a assuré à ses prêtres que sa démission n'était pas à l'ordre du jour, en réalité, c'est 50/50.
Rome se trouve face à un choix compliqué :
- soit Mgr Aupetit est démis, ce qui crée un dangereux précèdent et baisse nettement le seuil à partir duquel un évêque serait désavoué (ce qui ne va pas favoriser les candidatures, on s'en doute. Un
tiers des pressentis refusent -
officiellement).
- soit Mgr Aupetit est confirmé, mais comme son diocèse est un champ de bataille, qu'il a été
désavoué par un peu tout le monde et que les sujets de fâcherie ne manquent pas, c'est aussi prendre le risque qu'il se prenne un SCUD par semaine jusqu'à celui qui lui fera lâcher prise.
Par ailleurs le site Benoît et Moi a traduit un article
sorti la semaine dernière dans la presse italienne dont voilà quelques extraits intéressants
L’appel téléphonique avec les journalistes a alarmé l’archevêque, qui a donc annoncé son intention de démissionner à son conseil épiscopal la veille de la publication de l’enquête. En outre, « Le Point » accuse Aupetit d’une gestion autoritaire et restrictive du pouvoir, lui reprochant notamment la démission de son ancien vicaire, connu pour son engagement auprès des migrants, Mgr Benoist de Sinety, et la fermeture du centre pastoral « arc-en-ciel », Saint Merry.
En bref, en plus de la « bombe » concernant la liaison présumée avec une femme, l’enquête du Point a recueilli des jugements négatifs sur l’archevêque provenant des secteurs les plus progressistes de la communauté catholique parisienne. D’ailleurs, les accusations d’autoritarisme et de manque d’écoute portées par une partie du clergé parisien avaient déjà été rapportées par « Libération », indiquant l’ancien vicaire Benoist de Sinety comme source. Un éventuel retrait d’Aupetit ne ferait toutefois pas s’arracher les cheveux des secteurs les plus conservateurs, puisque l’archevêque a été le protagoniste d’une des applications les plus restrictives de Traditionis custodes, limitant la célébration en forme extraordinaire à seulement cinq églises du diocèse et suscitant les protestations des fidèles.
Les relations avec le président Macron ne sont pas non plus idylliques, [Aupetit] ayant critiqué son silence sur les chrétiens dans les jours qui ont suivi l’incendie de Notre-Dame et ses restrictions de culte pour lutter contre la pandémie.
La nouvelle de la démission d’Aupetit intervient le jour même où Tim Stanley et Henry Samuel ont révélé en exclusivité dans le Telegraph ce à quoi pourrait ressembler la cathédrale Notre-Dame après sa rénovation : selon les sources consultées par les deux journalistes, quatorze chapelles intérieures auront des peintures murales et des phrases contemporaines projetées sur les murs et l’œuvre finale ressemblera à « une salle d’exposition expérimentale qui mutilerait l’œuvre d’Eugène Viollet-le-Duc »
L'article de Libé qui cite Sinety