INA
Le nouveau président avait réservé ses premières sorties à l'étranger à Rome et donc au pape.
Pour éviter de chausser ses lunettes, De Gaulle apprit, évidemment, son discours.
Il demande la bénédiction apostolique pour la France. Qui l'a demandée, depuis ?
Il parle, comme on le doit, à la troisième personne. Il est revêtu aussi d'une décoration pontificale.
Si un futur président d'un bord honni par le courant dominant de l'Eglise de France se mettait à tutoyer le pape, je sais ce qui ferait la une de La Croix le lendemain...
Sarkozy jouait du téléphone devant Benoît XVI après lui avoir présenté Bigard en même temps que Buisson (qui l'avait remercié pour le motu proprio très bien reçu en France, sic) et Gallo.
Hollande avait une journaliste de La Croix et le président du secours catholique qui avait appelé à voter pour lui.
Notre président immature a dû faire pleurer la rédaction de La Croix par tant de familiarité franciscaine. En français, on sait ce que le tutoiement signifie.
Le roi des Espagnes peut tutoyer tout le monde. Notre président transitoire ne sait pas se tenir et considère le pape comme un vulgaire chancelier. Mais après tout, François fait tout pour rabaisser sa fonction. (Je sais qu'on pourra dire que la renonciation de Benoît XVI aide aussi à ce rabaissement, mais un pape vieillard ou aussi malade que Jean-Paul II n'est pas franchement souhaitable quand on a la chrétienté sur le dos).
Vous ne trouverez dans AUCUN livre d'histoire ou de souvenirs que De Gaulle voulait une messe de requiem d'avant le concile pour ses obsèques. Il n'y a que le témoignage de ses parents et de son dernier confesseur qui tenait l'harmonium aux obsèques (qui plus tard fera entrer la FSSPX à Joinville et qui fut débarqué de sa cure de Joinville pour n'avoir pas appliqué le nouveau catéchisme). Le chanoine Bernard Chabod.
Comme l'a sous-entendu Meneau, après tout, que ces deux-là s'entendent ainsi, tant pis, tant mieux.
Il y a une conférence à l'Institut historique allemand de Paris (que vous pourriez suivre en ligne si vous demandez) sur les papes abominables du Xe s. aux ordres de l'empereur ou des factions aristocratiques romaines.
La fonction ne fait pas l'homme, ni un président, ni un pape.
Je n'ai jamais cru à la leçon de catéchisme qui prétend que la grâce tombe dessus celui qui l'a reçoit et transforme son récipiendaire de manière irrésistible.
Il y a trop d'exemples par centaines ou par milliers qui prouvent le contraire.
Le droit canon ou le catéchisme éthéré est une chose, les faits, une autre.
On n'arrête pas un char allemand en 40, un arabe à Poitiers (je ne donne pas d'années...) ou un cancer du pancréas avec la prière ou un coup d'eau bénite.