Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 934382 )Connaissez-vous le film espagnol Catolicos,el conflicto? par Jean Kinzler (2021-11-27 10:26:36) 

Connaisse-vous le film espagnol Catolicos,el conflicto?
Ce film date de 1973, et se déroule dans un futur proche (fiction). À la suite d'un mouvement œcuménique (le concile Vatican IV), l'Église catholique s'est associée à d'autres religions et a éliminé une grande partie du dogme originel du catholicisme. Un groupe de moines irlandais s'est rebellé contre cette situation et a réagi en retournant dans le passé : ils ont commencé à dire la messe en latin et à agir selon le dogme catholique traditionnel. Ils ont commencé à avoir des adeptes dans le monde entier. En conséquence, Rome décide d'envoyer un représentant (Martin Sheen) pour enquêter sur ce qui se passe.

Pour voir le film, d'une durée de 75 mn, en VO espagnole , cliquez sur le lien Youtube : ICI
images/icones/neutre.gif  ( 934384 )Un film sans intérêt par Candidus (2021-11-27 10:43:41) 
[en réponse à 934382]

Je reproduis un commentaire que j'avais écrit en mars sur ce sujet :

Les deux définitions de la messe que le film oppose sont : "un rite symbolique" selon le camp progressiste et "un miracle" pour les tenants de la Tradition. Assez indigentes comme définitions....

Ce film présente une caricature de la vie monastique. Quand on connaît un peu le monachisme traditionnel, on ne le retrouve pas dans cette communauté irlandaise : des moines échevelés qui ne cessent de bavarder, y compris dans l'église, des moines qui manquent de respect au Père Abbé qui les traite de "bande de benêts". Des moines qui écoutent les conversations privées du Père Abbé, qui défendent la liturgie traditionnelle avec des arguments ridicules ("depuis Jésus la messe a toujours été dite en latin"...), et on pourrait continuer mais je passe directement au dénouement qui rend ce film absolument lamentable :

On apprend que le Père Abbé a perdu la foi à l'occasion d'un pèlerinage à Lourdes il y a quelques années, et que depuis lors il n'a plus jamais prié. Il reconnaît avoir "engagé les fidèles sur une fausse voie", -celle de la résistance à la nouvelle liturgie -. Mais, grâce à sa décision de renoncer à la liturgie traditionnelle, il retrouve une sorte de foi, la foi en un Dieu rendu présent par la prière : "la prière est le seul miracle. Nous essayons de prier, si les mots que nous prononçons deviennent une prière, Dieu viendra".

Le Père Abbé "traditionaliste" finit donc par accepter la définition moderniste de la messe :"un symbole".

Si c'est çà la Tradition, ce n'est pas beaucoup mieux que le prêtre progressiste faisant sa méditation yogique.

Par contre, la description du camp progressiste me paraît plus réussie, même si elle est aussi un peu caricaturale. Le film ayant été réalisé à une époque où la révolution ecclésiale battait son plein, c'était évidemment beaucoup plus facile pour le réalisateur d'en capturer l'essence.
images/icones/1n.gif  ( 934398 )Vous connaissez les moines par les livres pieux par JVJ (2021-11-27 13:53:54) 
[en réponse à 934384]

et les constitutions !

Les moines sont des êtres de chair, aussi.

Et vous regardez uniquement les films qui tiennent du documentaire ?

Vous croyez peut-être que les moines ne se tapaient jamais dessus ?! Il y eut des meurtres en nombre d'abbés, des empoisonnements, ... Hier comme dans vos communautés idéales d'aujourd'hui.

Des moines ont bien le droit de s'eng... à la récréation ou au réfectoire, quand ils ne supportent pas l'odeur du voisin, une réflexion, une manie, quand il s'agit d'aller voter...
Ceux qui me comprennent connaissent des moines, par de vrais livres qui reposent sur des sources ou par des liens d'amitié. Les autres planent ou veulent à tout prix planer pour défendre une boutique. Sauvegarder les apparences, comme disaient les Grecs.

C'est promis mon amour, jamais on ne se disputera ! Le mariage est un sacrement, etc (musique et trémolos).

Pourquoi à votre avis des abbayes ont tardé et tardent à élire un abbé ?! Et cela date d'avant le concile, aussi. Je rends grâce aux moines de Kergonan d'avoir donné des biographies d'abbés qui ne sentent pas le sucre. On ne cache pas grand'chose, y compris l'acédie d'un abbé ! Avant le concile ! C'est courageux. Ils préfèrent la vérité d'un homme, pécheur par nature et limité, aux convenances sociales et ecclésiales.

Des communautés se sont déchirées de tout temps, et je ne vois pas pourquoi cela ne continuerait pas.

Les séminaires sont peut-être des lieux totalement pacifiques ! Certains ont pu connaître, et c'est la vie, des amis séminaristes d'un même diocèse s'en vouloir à mort. Dans des lieux très classiques.
Il y a des vicaires généraux qui ne peuvent plus sentir leur évêque. En général ils quittent leur diocèse et prennent du retard dans leur avancement. C'est ainsi.

Le clergé, je ne cesse de le dire, a un privilège par rapport aux laïcs qu'il dresse. Le laïc est marié à vie. Les évêques changent d'épouse (d'Eglise) depuis le XIe s., les curés abandonnent leurs paroissiens au bout de 3, 6 ou 9 ans, les moines peuvent partir ailleurs, tel séculier se fait religieux...

Les maisons de retraite diocésaine des années 70, donc peuplées de vieux curés en soutane, étaient le lieu de tensions homériques et de coup de cannes. Ces prêtres n'avaient pas été habitués à vivre à plusieurs et à supporter quelqu'un d'autre qu'une gouvernante.

Mon vieux curé appelait l'évêché "la mafia". Il n'avait pas tort.

Un film est une question de sensibilité... comme les chapelles et les églises.

Aucune messe, même traditionnelle, ne ressemble à une autre.

Vous avez raison : un père abbé NE PEUT perdre la foi !
Vous ne connaissez pas le coeur humain, mais des robots qui marchent au pas de l'oie.

Aucun milieu n'est épargné par ces tonnerres et ces passions.

Si on a prévu le transitus pour les moines, c'est bien pour permettre une issue de secours par le haut. Des prêtres séculiers se font religieux en cours de vie.

Il y a des benêts partout, craintifs. Ce n'est pas du tout le problème. Les béni-oui-oui ou les "Monsieur-l'abbé-a-dit" peuvent parfois avoir un côté benêt, non ?

E. Lusset
Crime, châtiment et grâce dans les monastères au Moyen Âge (XIIe-XVe siècle)
Brepols 2017.

Ce livre analyse les crimes commis à l’intérieur des monastères médiévaux (violences, homicides ou encore vols) et la manière dont les religieux criminels étaient corrigés tant par les abbés, les évêques, les chapitres généraux des ordres religieux que par les organes de la curie romaine. Il compare, à l’échelle de l’Europe, les établissements de moines, chanoines réguliers et moniales, qu’ils appartiennent à un ordre (Cluny, Cîteaux, Prémontré, Grande Chartreuse) ou à une nébuleuse moins définie sur le plan juridique (abbayes et prieurés de moines bénédictins ou de chanoines réguliers). En explorant le fonctionnement de la justice claustrale, les peines prescrites ainsi que les mécanismes de réconciliation des criminels, l’ouvrage éclaire sous un angle nouveau les processus de construction institutionnelle et de réforme des ordres religieux entre les XIIe et XVe siècles.

Et les travaux existent pour tout l'Ancien régime, aussi.

images/icones/tele.gif  ( 934394 )Le Visiteur "the Catholics, the Conflict" par Cléopas (2021-11-27 12:27:09) 
[en réponse à 934382]

Hugues Kéraly avait présenté une critique de ce téléfilm « Le Visiteur » (ici en français) dans Itinéraires n° 203 p. 132.

images/icones/fleur.gif  ( 934395 )film d'un grand intérêt ! par JVJ (2021-11-27 13:37:25) 
[en réponse à 934382]

Pour l'époque, si proche de la fin triomphante du concile.

Tout ce qui peut être tourné dans un monastère des îles irlandaise, anglaise, écossaise, islandaise, scandinave... est louable !

La messe traditionnelle préservée alors que Rome la persécute.
Les moines ont de l'épaisseur et ne sont pas des saints de vitrail.

C'est très dépaysant.

Merci encore, à Meneau je crois, qui m'avait retrouvé le lien sur gloria.tv dans la version française.

Il ne s'agit que d'un film par ailleurs. On ne veut pas une démonstration d'intello avec un calepin, crayon à la main.

Montrer un père général en civil était gonflé en 1973. On peut croiser des pères abbés et des évêques en péquin dans le train ou en gare, la croix pectorale sagement mise dans la poche.

Il y a du Raspail et du Graham Greene dans ce film.

Le pape si soucieux de la religiosité populaire sauce Argentine (dernier numéro de Communio, cette semaine) devrait en prendre de la graine. A ceci près que la messe traditionnelle est devenu un phénomène urbain de manière écrasante, pour des urbains et d'un certain milieu. Hélas.

Un magnifique roman qui se passe en milieu monastique déchire aussi le coeur.
"La chute de Samuel", de Richard Kearney.

"Le nom de la rose" pour profs de gauche athées et autres lecteurs du Da Vinci code peut remballer... Les moines homosexuels et qui se fouettent le soir pour expier, l'abbé au gouvernement monarchique, les relations charnelles d'un moine avec une belle pauvresse, la misère des dépendants de l'abbaye relatent en revanche assez bien l'ambiance qui pouvait y être étouffante (sans rapport avec le concile...). Je ne crois pas que l'oblature médiévale soit souhaitable et je ne connais aucun tradi qui y risquerait d'embrigader ses enfants de 8/10 pour les donner à un monastère ou une cathédrale... Les cisterciens s'y sont opposés dès leur création.

Je reconnais que la quatrième de couverture de "La chute de Samuel" n'est pas terrible...

"Tête contre tête. Comme ça l'était juste avant le commencement. Deux qui ne font qu'un. Puis la lutte commune pour trouver de l'espace, pour se libérer de l'autre, et la grande bouffée d'air et cette terrible lumière où ils jaillissent au monde et se séparent. Ils sont frères". Après la mort de son frère jumeau, Jack lit le journal intime que Sam a rédigé durant leur enfance. Il découvre avec désarroi les sentiments qu'éprouvait Samuel à son égard, l'envie et l'admiration qui l'ont animé et torturé jusqu'à sa mystérieuse disparition. Ces carnets révèlent aussi la personnalité ambiguë de l'abbé Anselm qui a fait de Samuel son disciple alors que celui-ci est déchiré entre la foi et le désir charnel qu'il éprouve pour une femme. Construit comme un roman à suspense, La Chute de Samuel explore les conflits éternels entre l'âme et le corps, la pensée et l'action, l'amour et la mort.