Le Forum Catholique

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images/icones/heho.gif  ( 933085 )Nullité de TC: François approuve un Missel romain "anglican", zaïrois et amazonien par Gaspard (2021-11-10 10:01:33) 

L'article 1 du motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021 stipule :

Art. 1. Les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux Décrets du concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du Rite romain.


Cet article est nul puisque immédiatement contredit par les articles suivants qui donnent des règles pour la célébration du missel de 1962.

Mais cet article est également nul car contredit par l'existence de plusieurs autres déclinaisons du rite romain promulgués, voulus ou même célébrés par... François lui-même.

Ainsi en 2015, François a promulgué le Divine Worship, le missel de l'Ordinariat à l'usage des ex-Anglicans, en le définissant comme an "clearly and recognizably an expression of the Roman Rite" (Rubrical Directory, n. 6, indique Joseph Shaw de la Latin Mass Society).

Ainsi en décembre 2019, François célébrait lui-même à la basilique Saint-Pierre selon le "missel romain pour les diocèses du Zaïre" approuvé en 1988. La librairie vaticane publiait en décembre 2020 un livre sur ce missel préfacé par François. Vatican News le présente ainsi :

Ce livre qui sortira en librairie (en italien) le 9 décembre 2020 et qui est présenté ce mardi après-midi à 15h30 en Salle Marconi au Vatican, explore différents aspects du Missel Romain pour les diocèses du Zaïre, approuvé en 1988 par la Congrégation pour le Culte divin. Il y a exactement un an, le dimanche 1er décembre 2019, le Pape François avait ouvert le temps de l’Avent en célébrant une messe en rite zaïrois à la basilique Saint-Pierre, à l’occasion du Jubilé de l’aumônerie congolaise de Rome.

Dans sa préface de ce livre, qui a pour sous-titre «un rite prometteur pour d’autres cultures», le Pape François présente le rite zaïrois comme «un exemple d’inculturation liturgique» qui pourrait donc représenter une source d’inspiration pour d’autres aires géographiques, comme l’Amazonie. Dans son exhortation Querida Amazonia, le Pape argentin invitait à intégrer dans la liturgie «beaucoup d’éléments propres de l’expérience des indigènes dans leur contact intime avec la nature et à favoriser des expressions autochtones en chants, danses, rites, gestes et symboles. Déjà, le Concile Vatican II avait demandé cet effort d’inculturation de la liturgie chez les peuples autochtones, mais plus de cinquante ans se sont écoulés et nous avons fait peu de progrès dans cette ligne», reconnaissait le Pape dans ce texte.

Reconnaître et intégrer les spécificités culturelles
Mais dans cette préface, le Pape écrit que «le cas du rite zaïrois suggère une voie prometteuse également pour l'élaboration éventuelle d'un rite amazonien, dans la mesure où les besoins culturels d'une zone spécifique du contexte africain sont pris en compte, sans bouleverser la nature du Missel romain, comme garantie de continuité avec la tradition ancienne et universelle de l'Église».

Cette forme de célébration met en valeur «une culture et une spiritualité animées par des chants religieux au rythme africain, le son des tambours et autres instruments de musique qui constituent un réel progrès pour l'enracinement du message chrétien dans l'âme congolaise». Toujours attaché à la piété populaire, François souligne que chaque peuple ayant rencontré Jésus-Christ doit pouvoir chercher à «invoquer Dieu, qui s'est révélé par Jésus-Christ avec ses paroles, avec son langage religieux, poétique, métaphorique, symbolique et narratif».

Le christianisme peut s’enraciner dans plusieurs cultures
En référence à l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, le Pape rappelle que «le christianisme n'a pas un modèle culturel unique», mais «restant pleinement lui-même, dans une fidélité totale à l'annonce de l'Évangile et à la tradition ecclésiale, il apportera aussi le visage des nombreuses cultures et des nombreux peuples dans lesquels il est accueilli et enraciné».

Ainsi, dans les différents peuples qui font l'expérience du don de Dieu selon leur propre culture, «l’Église exprime son authentique catholicité» et montre «la beauté de ce visage multiforme». Ainsi, «l'Esprit Saint embellit l'Église en lui montrant les nouveaux aspects de la Révélation et en lui donnant un nouveau visage».



Le missel romain de 1962 exprime à l'évidence la culture " de nombreux peuples dans lequel il est accueilli et enraciné" pour reprendre l'expression de François. Le motu proprio Traditionis custodes qui veut déraciner ce missel traditionnel est un texte en contradiction totale avec l'action liturgique de François. Traditiones custodis doit donc être abrogé dans la logique même de François - pour retrouver la paix instaurée par saint Jean-Paul II et Benoît XVI.

images/icones/tele.gif  ( 933088 )2019. François célèbre selon le rite romain... en forme zaïroise par Gaspard (2021-11-10 10:19:58) 
[en réponse à 933085]

Et François abolit purement et simplement cette forme du rite romain par l'article 1 de Traditiones custodis qui ne reconnaît que les livres publiés par Paul VI et Jean-Paul II... Ou plutôt : reconnaissons que ce n'est pas son intention, que son motu proprio est littéralement nul et qu'il a été rédigé par un incompétent complet en matière liturgique.
images/icones/neutre.gif  ( 933103 )Que devient par Montes Gelboe (2021-11-10 11:53:58) 
[en réponse à 933085]

le rit gothique ou mozarabe en Espagne ?

Jadis confiné dans quelques églises tolédanes, il renait plus largement à présent, dans la grande nef de la Cathédrale de Tolède ou je l'ai vu célébré fastueusement et entièrement en latin, et ailleurs encore.
Le "missale gothicum" récemment publié a été à peine retouché. Le "Breviarium gothicum" a été publié à nouveau, intouché dans la version "Loranzana"du XVIIIe s.
Cette liturgie vénérable va-t-elle sombrer aussi sous les coups du pape François et de ses sbires ? Elle qui, entre le XIe et le XVIe siècle, a failli disparaitre sous la persécution pontificale et cléricale.
Les nouveaux mozarabes devront-ils former à nouveau la "Chrétienté romaine sans pape" ? Selon le titre du grand ouvrage de Thomas Deswarte (Garnier, Paris 2010, 6669 p.)
En ce cas ils pourraient bien être des précurseurs...
images/icones/fleur.gif  ( 933146 )Mes félicitations de citer Deswarte et le beau titre de son livre par JVJ (2021-11-10 17:46:26) 
[en réponse à 933103]

Ce n'est pas la première fois que je me dis que vous me plaisez... Intellectuellement s'entend.

Vous l'avez lu ?

La Gaule catholique était elle-aussi sans pape de toutes les manières. Et même après. Les papes de la réforme grégorienne ont essayé doucement d'envoyer légats et nonces, mais cela ne s'est pas fait en un jour.

Et l'Islande au XIe s. donc ! La Livonie au XIIIe s. ! La Nouvelle Espagne au XVIe s. !

Cela dit, je préfère un pape qui papise à un pape qui déconstruit.

Quand j'étais jeune, Jean-Paul II était la seule bouée de secours et le rocher qu'on savait exister à Rome, par-dessus mon évêque et certains prêtres ou laïcs. Pas d'internet, quelques revues et encore, tout dépend à quelle type de familles vous apparteniez. On savait aussi que ses encycliques seraient reçues pour rien, comme un nouveau catéchisme.
Mais on savait que quelqu'un part de l'autre côté des Alpes, l'évêque de Rome tenait bon, un peu contre tous.
On supportait même son lamentable curé, la veille de Longchamp, disant devant tout le monde à la messe "oh le vieux a fait son temps, il devrait donner sa démission !".

Aujourd'hui, on peut avoir et un évêque, et le pape, qui déraillent sec et ne disent rien qui vaille. Ils ont pour la fraternité universelle et l'open society, sauf en liturgie et ce qui va avec. Le pape fait dans l'herméneutique de la rupture, finalement comme la FSSPX, on l'a déjà dit ici. Il est vrai que Benoît XVI avait tenté vaille que vaille de faire croire le contraire. Les choses étaient apaisées et fructueuses.
On peut toujours dire la messe dans un pot en gré ou se tenir main dans la main autour de l'autel, tenir des propos politiques très à gauche ou communier sans croire en la Présence réelle, inventer une messe en fabriquant son missel du jour, se passer le plat à hosties, no problem.

images/icones/neutre.gif  ( 933149 )Cher correspondant et confrère, Merci. par Montes Gelboe (2021-11-10 18:02:31) 
[en réponse à 933146]

L'ouvrage de Deswarte est un grand livre, fondamental pour connaitre l'Espagne et sa place dans la chrétienté et la chrétienté elle-même.
Quand j'étais jeune le pape était Pie XII...Dans les conversations que j'entendais, on lui savait encore gré d'avoir levé les sanctions de Pie XI contre l'Action française. Ce que l'un fait l'autre défera.
Bref comme disait Héraclite : Panta rèi.. Tout s'écoule...
images/icones/fleur.gif  ( 933156 )Je suis né sous Paul VI... par JVJ (2021-11-10 18:23:41) 
[en réponse à 933149]

J'espère un jour pouvoir échanger plus librement avec vous.

J'apprécie ordinairement ce que vous écrivez et, ma foi, citer Deswarte m'épate. C'est de la lecture aride. Je l'ai connu tout petit chargé de TD à Dijon... (sans oser lui parler).

J'ai cité récemment (mais j'entends bien qu'on ne me lise pas systématiquement) les secrets de la confession parfaitement divulgués, dans la plus parfaite indifférence.

Je pense aux travaux d'Arnaud Fossier, par exemple, et en général sur tous ceux qui travaillent et éditent (ou analysent plutôt...) les archives de la Pénitencerie. Il n'y a qu'une historienne qui ait édité un registre pour les diocèses qui couvrent l'actuelle Belgique.

Et ceux qui connaissent le travail des inquisiteurs au XIIIe s. savent que le secret de la confession est aussi observé que ce qu'en dit La Fontaine dans Les femmes et le secret...

Et puis la confession a aussi une histoire.

Du moment qu'une chose ne remonte pas aux Evangiles (et je vois peu de choses qui.), tout peut s'amender ou se discuter, s'être appliqué de manière fort différente selon les lieux, les époques, les types de communauté.

La confession orale in articulo mortis (non auriculaire) d'un moine, d'un évêque ou d'un Grand au XIIe s. ou au XVe s. était parfaitement d'usage, avant d'être extrémisé.

Il n'y a pas un moule pour tout, et encore moins un formulaire.

Que voulez-vous...

Ne faites pas de moi pour autant un anarchiste en liturgie ou dans quelque autre domaine que ce soit.
Ou alors un anarchiste de droite assez spécial, car soucieux des rites et de certaines traditions.
Je préfère la Newman society à l'Eglise synodale, le Bulletin Monumental aux bulletins diocésains, lire la lettre des amis de Kergonan à celle de Fleury, Barbey d'Aurevilly aux visions fumeuses de je ne sais quelle voyante.

Joli titre nom ? Les comptes rendus que j'avais sont tous élogieux, comme c'est l'usage funeste des renvois d'ascenseur pour des universitaires en pleine ascension. Etrange, car l'auteur connaît bien ses archives, mais mal les cardinaux et même les pénitenciers dont il ignore parfois la carrière subséquente.

Fossier a écrit un texte assez percutant sur l'Eglise qui adore contrôler la sexualité, hier comme aujourd'hui. Il y a dix ans, j'aurais dit "pauvre type", sans même lire. Aujourd'hui, je lis, je trie, mais je me dis que c'est tout de même bien vu.
Il parle aussi du contrôle par le silence et le secret. Les affaires de moeurs (je suis toujours stupéfait des frères Philippe...) l'ont amplement prouvé. J'étais encore bien trop naïf. Il y a une mauvaise blague (si XA le permet) que je connais depuis longtemps et que je pensais être issue des bas-fonds anticléricaux. Que nenni ! (pourquoi les scouts ont les cheveux bien mis sur les côtés (faire le geste sur leur tête) Après, je m'autocensure. Cette blague de très mauvais goût et irrévérencieuse à la vérité visait juste, parfois).


Vous citez Héraclite. Citez-moi Empédocle et je regrette de m'être marié... Vous connaissez sa fin.
Vous êtes aussi un petit malin, car il est plus agréable de lire des fragments parfois abstrus, que les trois tomes de Mgr Daloz dit Lulu commentant les Evangiles. Lisez le poète Guillevic, c'est très agréable, fut-il communiste et athée.
Il y a une certaine paresse à lire, comme moi, des correspondances ou des journaux. Cela nécessite moins d'attention et de suivi. La différence entre des annales et des chroniques.


Voyez-vous, il y a une grande différence entre lire le livre de Deswarte avec un stylo pour surligner dans un travail solitaire exigeant et une notice de wikipedia qui fait croire qu'on lit des spécialistes et qu'on a abordé un aspect du sujet.
Il y a l'organiste qui a derrière lui des milliers d'heures à suer et celui qui met un CD pour entendre des orgues (moi).
Les exégètes savent que leur vie n'est pas suffisante pour faire le seul tour d'un Evangile... C'est ce qu'un ami de 95 ans, prêtre, m'a dit quand je lui demandais si la Bible lui était familière (moi, non, n'étant ni protestant ni adepte de citer des passages comme des sourates pour justifier des positions).