
( 932641 )
Méditation sur la vie intérieure de la Très Vierge Marie avec Monsieur Olier par ami de la Miséricorde (2021-11-02 22:29:24)
[en réponse à 932640]
CHAPITRE II. CONCEPTION ET NATIVITÉ DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE
PRATIQUES. DE M. OLIER POUR HONORER LA CONCEPTION ET LA NATIVITÉ DE MARIE
Me conformant à la pratique de l'Église , qui vénère le saint mystère de l'enfance de Notre-Seigneur pendant six semaines, je prendrai, pour honorer celle de la très-sainte Vierge, tout 1e temps qui sépare sa nativité de sa présentation au temple.
Il est vrai que ce mystère est passé, quant à l'extérieur; mais l'intérieur subsiste toujours : tout ce que Marie a jamais eu de vertus, de grâces, de sentiments de Dieu et e dispositions saintes, étant permanent en elle; en sorte que nous l'y trouvons toujours le même, comme jésus porte toujours dans son intérieur l'esprit et les dispositions intérieures de tous les mystères de sa vie.
Pendant cet espace de temps, je rendrai mes hommages à cette bénie enfant. Je respecterai ce saint tabernacle, cet intérieur caché à la plupart des hommes, quoiqu'il soit mille fois plus cher à Dieu, que ne le furent l'arche d'alliance et le temple de Salomon, qui n'en étaient que des figures mortes et sans vie.
L'esprit de sainte enfance si nécessaire, d'après l'Évangile, pour entrer au. royaume de Dieu, est bien rare dans l'Église. Peut-être cela vient-il du défaut d'amour et de respect envers l'enfance de Jésus et de Marie. C'est une bénédiction non pareille, quand une fois la Miséricorde de Dieu nous y applique, et nous y donne une spéciale dévotion.
Il me semble que la vie non-seulement d'un homme, mais de tous les chrétiens, serait bien employée dans la vénération du mystère de la nativité de Marie. Pour moi, j'y consacre la mienne : je m'estimerais heureux que tous mes jours y rendissent un continuel hommage; et je me voue à Dieu pour employer tous mes instants à le faire honorer.
1° Pour entrer dans cette dévotion, vous pourriez avoir chez vous un oratoire, où vous mettriez, non une crèche, comme on fait au temps de la nativité de Notre-Seigneur, mais un petit berceau, dans lequel serait une figure de la très-sainte Vierge, nouvellement née, ayant d'un côté sainte Anne, de l'autre saint Joachim : sa couche serait environnée d'Anges, dans l'expression du, respect, de la joie, de l'admiration: Vous iriez là tous les jours, pendant le temps de ce mystère, rendre vos devoirs à Marie enfant.
Il me semble que c'est une bien douce visite que celle que l'on peut faire en esprit à sainte Anne et à saint Joachim, pour leur demander l'entrée de leur sainte demeure, et l'accès au berceau de leursainte enfant, dont ils sont les gardiens et les anges visibles.
Après les avoir salués par l'oraison composée en leur honneur, on ira se mettre à genoux auprès du berceau; et là , en tout recueillement et piété, on s'unira aux saints anges, pour respecter et louer avec eux les grandeurs inconnues de Marie; et par la foi on se répandra dans l'intérieur de tous ces esprits célestes, afin de prendre part à tous les respects et les sentiments amoureux qu'ils offrent à ce chef - d'oeuvre de l'amour et de la sagesse divine.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 932647 )
Saint Martin de Porrès : une fraîcheur forte du Pérou par Glycéra (2021-11-03 10:29:49)
[en réponse à 932640]
Une vie qui rappelle celle de St Joseph de Cupertino.
Et même sa docilité :
- Vous faites trop de miracles, cela fait de l'ombre aux autres frères. Désormais venez me demander la permission auparavant.
Et il le fit.
sur le site du père Fabrice Chatelain
Aujourd'hui nous fêtons saint Martin de Porrès, qui est certainement peu connu en France, mais très connu au Pérou. Fils d'un caballero espagnol et d'une esclave noire, bien que reconnu par son père, il sera toute sa vie considéré comme un citoyen de seconde zone, autant par l'étrangeté de ses origines que par sa couleur de peau. Confirmé par celui qui deviendra saint Toribio de Mogrovejo, le premier archevêque de Lima, il est, à douze ans, apprenti coiffeur et assistant dentiste. Il fait la connaissance d'un père Dominicain, qui l'invite à venir au monastère, parce qu'il a déjà une réputation de sainteté par la droiteur de sa vie. Il ne peut cependant pas devenir frère, à cause de la couleur de sa peau, selon la coutume de l'époque. Peu importe : il sera un "donné". Il n'a pas accès au choeur en tant qu'acteur de la liturgie mais il peut cependant vivre au monastère et y rendre des services. Deux ans plus tard, son père vient lui rendre visite et, après avoir parlé avec le provincial, il est convenu que Martin devienne frère coopérateur. Ça reste une sous-catégorie, mais il est admis cependant à faire sa profession religieuse, ce qui n'est pas rien. Devenu le portier de la maison, il est connu pour sa charité sans borne : il sert tout le monde, qu'il s'agisse de soldats espagnols, d'esclaves ou d'indiens, personne n'est banni de sa générosité, personne n'est jugé, tous sont traités avec la même bienveillance. Il héberge même les chats, les chiens et jusqu'aux souris, qu'il protège des appétits des félins. D'autre part, il a des dons pour soigner les malades, et il exerce ses talents tant envers ses frères dominicains que dans la rue. Il ne faudrait pas croire cependant qu'on lui en rend grâce : la plupart du temps, c'est sous les insultes, les moqueries et les humiliations qu'il rend service. De plus, la jalousie provoquée par sa renommée de sainteté lui cause souvent du tort. Mais lui, heureux d'aimer, ne s'offusque pas, ne se défend pas, ne se décourage jamais. Son supérieur finit par lui imposer de venir demander l'autorisation avant de faire des miracles, tant sa réputation fait de l'ombre aux autres frères, et Martin, toujours docile, ne manque pas de lui obéir. Quand il va faire les courses pour le monastère, il n'est pas rare qu'il distribue, sur le chemin du retour, tout ce qu'il avait acheté aux pauvres. On comprend bien qu'il devenait compliqué de lui confier même les tâches les plus simples, car toutes étaient soumises à l'impératif de la charité, et devenaient secondaire dès qu'on lui demandait quelque service que ce soit. Sentant sa mort venir, il demanda un jour aux frères de chanter le Credo, et il remit son âme à Dieu au cours de cette prière.
Saint Martin de Porrès forme, avec saint Toribio de Mogrovejo et sainte Rose de Lima, ce qu'on pourrait appeler la "trinité" des saints du Pérou. Ils ont tous vécu à la même époque, au début du 17ème siècle, passant leur vie à faire connaître, dans ce pays nouveau, la joie qu'il y a à servir Dieu et à être disciple du Christ. Par des miracles, une vie chaste et droite, de grands sacrifices et beaucoup de souffrances supportées avec patience et bonne humeur, ils ont répandu l'Évangile et la bonne nouvelle du salut dans tout le pays, au point que même les autorités Incas de l'époque demandaient le baptême comme une grâce qui leur serait faite. L'histoire de l'évangélisation de ce pays est bien différente de la "légende noire" inventée beaucoup plus tard. Elle se fonde sur des saints qui ont su, par leur humilité, leur amour de Dieu et des pauvres, et leur générosité sans limite, non pas imposer une religion nouvelle par la force à une population réticente, mais évangéliser avec amour et don de soi, donnant envie à tout un peuple de marcher, à leur suite, dans leurs pas du Christ.