Le Forum Catholique
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( 932527 )
Question sur la mort. par le paon (2021-11-01 12:27:29)
Avec un jour d'avance, j'aimerais ouvrir un fil de réflexion sur la mort.
car "Heureux ceux qui ont une foi qui leur permet de ne pas se poser de questions", je les envie.
Un ami me faisait cette réflexion il y a peu: "Et si la mort n'était que la perte de conscience d'exister, comme quand nous dormons ?
Quand nous dormons il ne fait ni noir, ni clair, nous n'avons plus de notion du temps, nous ne savons plus que nous existons ... "
J'ai été interpellé par ce raisonnement d'autant que l’Église évoque constamment "le repos éternel," ...et dórmiunt in somno pacis."
Quand nous rendons visite lors du décès de quelqu'un, nous disons souvent "il a une belle figure, il se repose".
Comme chrétien, je m'interroge ma foi étant ouverte sur les interrogations.
S'il y a des liseurs avec un bagage métaphysique suffisant, je serais heureux de lire leur avis sur cette question.
Merci de ne pas m'assommer de réponses toutes faites ou de me me considérer mauvais chrétien qui doute de la parole du Christ.
Je pense qu'il n'est pas interdit de se poser des questions ou de se laisser interpeller.

( 932552 )
les morts sont conscients de leur état par jejomau (2021-11-01 16:03:54)
[en réponse à 932527]
Mort, nous savons que nous souffrons (plus ou moins intensément) et nous savons que nous sommes heureux selon que l'on est en enfer, au Purgatoire ou au Paradis.
Cette notion se retrouve dans toutes les grandes religions d'ailleurs, ce qui induit que, mort, nous avons conscience d'exister.
Je pense qu'on peut déjà partir sur cette réalité

( 932576 )
Je veux bien, mais par le paon (2021-11-01 20:09:52)
[en réponse à 932552]
Vous avez déjà été mort ? Ne le prenez pas mal si vous le voulez bien.
Personnellement, quand je dors je n'ai pas ou plus conscience d'exister.
Dans la foulée un ami, chrétien convaincu, voyant sa famille déchirée me disait "Comment expliquer que maman puisse être heureuse au Ciel en voyant que nous nous disputons entre frères et sœurs ?"

( 932616 )
Vu du Ciel par Glycéra (2021-11-02 11:58:48)
[en réponse à 932576]
Vous citez votre mère qui ne peut ignorer la zizanie parmi ses enfants, et vous souvenez sans doute de sa demande. J'ai entendu ainsi une dame dire aux siens : "Tout est bien pour vous, mais je tiens à ce que il y ait de l'entente entre vous !"
Le parallèle que je vous proposerai à méditer est :
Dieu nous voit nous battre, nous maudire, nous calomnier, nous manoeuvrer sournoisement, nous voler, et autres méfaits. Il en souffre, tout en étant impassible, puisque Il est Joie. Lui sait ce qui est bon pour nous, et le fait, l'a fait (en Jésus), et continue à appeler ses fils à Sa Paix, qui commence par la fraternelle.
Dieu voit, Sieur souffre, Dieu entend nos appels, et Dieu aide.
Il ne contraint pas, il aide. Il supplie l'homme de L'aider à mettre Son règne aussi sur terre.
Pas de plus grand bonheur pour Dieu que de faire ceci pour ses enfants.
Il n'a pas besoin d'Espérance, puisqu'Il sait où cela va.
Je suis sûre que si votre mère est auprès de Lui, elle respire ce même air. Si elle n'y est pas encore, elle réclame votre aide pour sortir de ses tourments, et enfin accéder au Ciel où elle pourra vous aider, mieux, et plus, sans les limites de maladies ni de fatigues, puisqu'au Ciel elles ne sont plus.
Mystère de la compassion de Dieu et de sa Joie infinie, inaltérable.
Glycéra

( 932578 )
Le "repos" de la mort par Meneau (2021-11-01 20:36:07)
[en réponse à 932527]
Si l'on parle de "repos", c'est parce que le corps semble dormir. C'est une image.
Mais seul le corps est inanimé : à l'heure de la mort l'âme immortelle, elle, fait face au jugement particulier. Pour pouvoir être jugée, elle a forcément conscience d'exister
Cordialement
Meneau

( 932606 )
"Dubito, ergo sum" par Glycéra (2021-11-02 10:38:50)
[en réponse à 932527]
dixit Saint Augustin, qui savait de quoi il parlait, lui qui a tant étudié, et écouté les réponses.
(Dubito, et non cogito)
En science, de Dieu ou des choses profanes, c'est de même. Parce que nous doutons, nous sommes vivants, donc en marche sur la voie qui va à notre vraie vie.
Il n'y a pas de réponse unique, car chacun vit une vie différente, avec des harmonies différentes.
Le corps sera inanimé, donc sans l'âme. Alors, il ne bouge plus.
Mais les mouvements matériels ne sont pas la vie, ce sont les choses visibles par nos yeux du corps.
Une âme est autre que son corps, son "véhicule" qui lui a permis d'aller et venir dans son parcours temporel (donc terrestre).
Certains sont "montés" directement avec leur corps. Mais ce n'est pas habituel à tout un chacun. Et c'est mieux ainsi : cela nous rappelle notre structure d'homme appelé à choisir (Dieu, oui ou non ?), et à avoir les oeuvres d'aide aux déjà-morts.
Jésus a parlé de "il dort" avant de ressusciter.
A Talitha, il dit "réveille-toi".
En effet, si nous ne sommes pas allés voir cette porte, ce couloir, ce passage nommé "mort", comment en parler ? Des langues plus nombreuses qu'avant se font entendre (les NDE, EMI, etc) donnent quelque aperçu quasi catéchétiques sur le sujet.
Il est des morts qui s'endorment en paix, en souriant, voire transfigurés. Ils espéraient, désiraient cette entrée, cette rencontre avec leur Seigneur. D'autres restent en colère contre eux-mêmes, contre leurs proches ou contre les "on" et les "ils" qui les fâchent encore à l'heure du dernier souffle. Et c'est pitié de lire leur visage torturé.
Mourir = muter.
Changer d'état.
"J'entre dans la vraie Vie" dit Ste Thérèse.
J'ai connu de vieilles personnes toutes attentives aux autres autour d'elle, toutes confiantes parce que "Dieu sait très bien faire tout ce qui est bon", "même me faire attendre encore un peu".
C'est autre chose que de grogner sans cesse de ce qui n'est pas encore parfait sur terre, ou de continuer à s'attacher à ses biens, ou ses animaux, etc.
"Un cercueil n'a pas de poches m'a dit un vieux juif."
Je n'ai pas de citations métaphysiques. Il me faudrait le temps de chercher. Mais je vous livre ma manière de vivre. Peu importe l'âge où l'on entend le Seigneur nous demander : "Veux-tu venir vivre dans Ma maison ?"
J'aime la vie que Dieu m'a faite ici, tous ces petits-enfants qui me rendent si joyeusement, mais j'ai plus encore envie de "rentrer à la maison du Père", là où nulle fatigue, ni maladie ne pourra plus jamais nous séparer, et où j'aurais toute latitude pour aider, soutenir ; comme je l'ai certainement été, et le sens encore parfois.
Bien à vous en ce jour de prières pour nos défunts.
Visiter un cimetière, y déambuler avec son chapelet, en main ou en tête (nous avons 10 doigts, c'est divinement bien fait) = aider les âmes qui n'ont pas encore fini de laver leur robe nuptiale. Si c'est aussi simple que d'aller cette semaine faire une visite en conscience, c'est grand rendement ! Tirons-en beau profit pour elles qui espèrent cette aide.
(N'importe que je comprenne ou non, DIeu sait ce qu'Il dit et fait)
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 932632 )
St Ambroise : chacun son tour ... par Glycéra (2021-11-02 15:24:30)
[en réponse à 932527]
(reçu du site evangelizo ce matin)
Saint Ambroise (v. 340-397)
évêque de Milan et docteur de l'Église
Sur la mort de son frère, I, 70-71 (trad. coll. Pères dans la foi, n°84, p. 50 rev.)
« Pourquoi pleures-tu ? » (Jn 20,13)
Qu'ils pleurent, ceux qui ne peuvent pas avoir l'espérance de la résurrection ; ce n'est pas la volonté de Dieu qui la leur ôte mais la dureté de ce qu'ils croient. Il faut qu'il y ait une différence entre les serviteurs du Christ et les païens. La voici : eux, ils pleurent les leurs qu'ils pensent morts pour toujours ; ils ne trouvent nulle fin à leurs larmes, n'atteignent nul repos pour leur tristesse, tandis que pour nous la mort n'est pas la fin de notre existence mais la fin de notre vie.
Puisque notre existence est restaurée par une condition meilleure, que donc l'arrivée de la mort balaie tous nos pleurs.
Combien notre consolation est plus grande, nous qui croyons que nos bonnes actions promettent des récompenses meilleures après la mort. Les païens ont leur consolation : c'est de penser que la mort est un repos pour tous nos maux. Comme ils pensent que leurs morts sont privés de jouir de la vie, ils pensent aussi qu'ils sont privés de toute faculté de sentir et libérés de la douleur des peines dures et incessantes que nous supportons dans cette vie.
Mais nous, de même que nous devons avoir l'esprit plus élevé à cause de la récompense attendue, nous devons aussi mieux supporter notre douleur grâce à cette consolation. Nos morts ont été envoyés non pas loin de nous, mais avant nous, eux que la mort ne prendra pas, mais que l'éternité recevra.

( 932634 )
[réponse] par Manfred (2021-11-02 15:37:34)
[en réponse à 932632]
Oui, en même temps Jésus a pleuré devant la tombe de Lazare...
J'ai toujours trouvé que ce discours culpabilisateur devant les larmes de deuil relevait largement plus de la dureté de coeur que de la foi.

( 932636 )
Les EMI contredisent cet angle de vue par Mboo (2021-11-02 17:22:04)
[en réponse à 932527]
Les témoignages sur les EMI (expériences de mort imminente) contredise le fait que si on est "comme endormi" alors nous n'avons plus conscience de nous même, ni de notre environnement!
Et même, pour reprendre votre exemple sur le sommeil, lorsqu'on est endormi, sauf exception, on fait des rêves. Donc ce n'est pas le néant et le noir absolu! en poursuivant avec cette analogie du sommeil donc, on peut toujours imaginer que la mort non plus n'est pas le néant absolu...