DES ACTES DU IIe CONCILE DU VATICAN. L'Église dans le monde de ce temps.
« Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier ».
La compénétration de la cité terrestre et de la cité céleste ne peut être perçue que par la foi ; elle demeure même comme le mystère de l'histoire humaine, perturbée par le péché jusqu'à la pleine révélation de la gloire des fils de Dieu. L'Église, en poursuivant sa fin propre, le salut, ne fait pas seulement que l'homme communie à la vie divine ; elle répand aussi sa lumière en la faisant rejaillir en quelque sorte sur le monde entier ; et cela surtout du fait qu'elle guérit et surélève la dignité de la personne humaine, qu'elle fortifie la cohésion de la société, et qu'elle donne à l'activité quotidienne des hommes une orientation et une signification plus profondes. C'est ainsi, l'Église le croit, que, par chacun de ses membres comme par toute la communauté qu'elle constitue, elle peut beaucoup contribuer à humaniser davantage la famille des hommes et son histoire. ~
L'Église, tandis qu'elle aide le monde et reçoit beaucoup de lui, tend à un seul but : que vienne le règne de Dieu et que s'établisse le salut de l'humanité. Tout le bien que le peuple de Dieu, au temps de son pèlerinage terrestre, peut procurer à la famille humaine, découle de ce fait que l'Église est « le sacrement universel du salut », elle qui manifeste et réalise en même temps le mystère de l'amour de Dieu envers l'homme.
Car le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s'est lui-même fait chair afin, devenu homme parfait, de sauver tous les hommes et de récapituler en lui toutes choses. Le Seigneur est le but final de l'histoire humaine, le point vers lequel convergent les aspirations de l'histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, la joie de tous les cœurs et l'accomplissement plénier de leurs désirs. Il est celui que le Père a ressuscité d'entre les morts, a exalté et a fait siéger à sa droite en le constituant juge des vivants et des morts. Vivifiés et rassemblés dans son Esprit, nous marchons vers cette consommation de l'histoire qui s'accorde pleinement avec son dessein d'amour : Saisir l'univers entier, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre en réunissant tout sous un seul chef le Christ.
Le Seigneur le dit lui-même : Voici que je viens sans tarder ; et j'apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun, selon ce qu'il aura fait. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.
Analyser un tel texte en si peu de lignes, c'est une gageure !
Certes, mais c'est la question posée qui était une gageure. Et si j'ai mis si longtemps à répondre, c'est que je cherchais une analyse suffisamment courte (mais tout en n'omettant pas l'essentiel) pour avoir sa place sur ce forum.