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Bourges : l'abbé Spinoza devant les juges dans le procès de l'Angélus
Lundi 22 novembre 2021 à 17:04 - Par Michel Benoît, France Bleu Berry
Bourges
Le directeur de l'Angélus, l'institution catholique hors contrat, fermée par les autorités à Presly dans le Cher, en juin 2017 comparait pour violence habituelle et travail dissimulé. Deux enseignants sont également poursuivis pour violence sans incapacité.
Le directeur de l'Angélus a répondu aux nombreuses questions de la présidente du tribunal correctionnel de Bourges
Le procès du directeur de l'Angélus, une institution catholique hors contrat du Cher fermée par les autorités à Presly, a débuté ce mardi devant le tribunal correctionnel de Bourges. Son ex-directeur, l’abbé Régis Spinoza, et deux surveillants comparaissent pour violence habituelle et travail dissimulé. Devant la cour, l'abbé Spinoza a tenté de démontrer que la violence, les brimades et les conditions d'hébergement difficiles avaient été exagérées par certains enfants et leurs familles.
Qu'il aille en prison
L'enquête a désigné une cinquantaine d'enfants victimes mais on ne compte que quatre parties civiles à l'audience, comme cet élève qui a passé deux ans à l'Angélus qui s'exclame, "Qu'il aille en prison. Qu'il subisse à son tour, ce qu'il nous a fait subir : ne pas manger et vivre dans le froid." Le jeune homme assiste à l'audience avec ses parents, "tous les lundis quand je l'emmenais, il pleurait " se rappelle sa maman. "Ce n'est pas digne que le directeur soit encore abbé ! Le pire, c'est qu'il prenait notre enfant par l'épaule pour le réconforter. Il cachait très bien son jeu. Lors de l'entretien pour l'inscription de notre enfant, il ne nous a jamais dit qu'il allait le gifler ou le battre, sinon, on ne l'aurait jamais inscrit. On a eu confiance, et on a été trahis."
L'avocat de l'abbé remet en cause les faits
Le directeur de l'Angélus reconnait avoir donné quelques claques parfois, mais de manière ponctuelle. Pour son avocate, Me Lamoure, les témoignages à charge ne sont pas étayés, "vous n'avez pas de date, vous n'avez pas de fait précis. Les conditions d'audition de ces enfants sont très contestables. Ce que reconnait l'abbé, c'est que c'était des enfants très compliqués. Ils étaient placés dans un établissement privé, catholique, avec des règles. Il ne reconnait absolument pas des violences habituelles, telles qu'elles sont rapportées. Un établissement privé fera de l'éducation en plus de l'instruction. Un établissement public ne fait que de l'instruction."
Une "pédagogie de la trouille"
Et pour l'abbé Spinoza, donner parfois une gifle relève d'un acte d'éducation. La présidente du tribunal a évoqué une "pédagogie de la trouille". C'est une expression utilisée par certains enfants dans leurs dépositions, entendez par là, une violence qui aurait été institutionnalisée à l'Angélus. L'abbé Spinoza, en longue soutane noire à la barre, relativise.
Il reconnait avoir donné quelques coups de pied aux fesses, parfois une gifle mais de manière ponctuelle. Pareil pour la brimade du poireau : l'élève reste isolé plusieurs heures, près de la vie scolaire, parfois une journée entière debout les mains sur la tête, affirment certains enfants. A peine une heure ou deux, reconnait l'abbé. Des vers dans le fromage ou la brioche ? "C'est arrivé une seule fois", clame le directeur de l'Angélus, d'ailleurs les autorités n'ont délivré aucun pv sanitaire argumente Me Lamoure pour la défense.
L'abbé est prolixe : il bat en brèche chaque accusation. Les salles peu chauffées ? La chaudière était sous-dimensionnée, elle a d'ailleurs été changée. Quant au ménage que les jeunes devaient faire tout au long du weekend ? "Là encore ils exagèrent, ce n'est pas possible puisqu'ils devaient aller à la messe et faire leurs devoirs." Le procès se poursuit ce mercredi.
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